| CELEX | 62025CJ0342 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 11 juin 2026 |
ARRÊT DE LA COUR (première chambre)
11 juin 2026 (*)
« Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Coopération judiciaire en matière pénale – Lutte contre la corruption impliquant des fonctionnaires des États membres de l’Union européenne – Corruption passive – Exclusion des éléments de preuve collectés de manière irrégulière – Éléments de preuve à décharge – Article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE – Article 47, premier et deuxième alinéas, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Protection juridictionnelle effective – Droit à un recours effectif – Directive 2012/13/UE – Droit à l’information dans le cadre des procédures pénales – Article 7, paragraphes 2 et 3 – Droit d’accès aux pièces du dossier – Article 51, paragraphe 1, de la charte des droits fondamentaux – Réglementation nationale ne mettant pas en œuvre le droit de l’Union – Incompétence – Article 267 TFUE – Nécessité d’une interprétation du droit de l’Union pour que la juridiction de renvoi puisse rendre son jugement – Absence – Irrecevabilité »
Dans l’affaire C‑342/25 [Stogenchev] (i),
ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Sofiyski gradski sad (tribunal de la ville de Sofia, Bulgarie), par décision du 20 mai 2025, parvenue à la Cour le 20 mai 2025, dans la procédure pénale contre
DS,
KW,
LA COUR (première chambre),
composée de M. F. Biltgen, président de chambre, Mme I. Ziemele, MM. A. Kumin, S. Gervasoni et M. Bošnjak (rapporteur), juges,
avocat général : M. R. Norkus,
greffier : M. A. Calot Escobar,
vu la procédure écrite,
considérant les observations présentées :
– pour la Commission européenne, par MM. P. J. O. Van Nuffel, M. Wasmeier et I. Zaloguin, en qualité d’agents,
vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,
rend le présent
Arrêt
1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE, de l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (ci-après la « Charte ») ainsi que de l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13/UE du Parlement européen et du Conseil, du 22 mai 2012, relative au droit à l’information dans le cadre des procédures pénales (JO 2012, L 142, p. 1).
2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’une procédure pénale engagée contre DS et KW pour corruption passive.
Le cadre juridique
Le droit de l’Union
La convention sur la corruption
3 La convention établie sur la base de l’article K.3, paragraphe 2, sous c), du traité sur l’Union européenne, relative à la lutte contre la corruption impliquant des fonctionnaires des Communautés européennes ou des fonctionnaires des États membres de l’Union européenne (JO 1997, C 195, p. 2) (ci-après la « convention sur la corruption »), entrée en vigueur le 28 septembre 2005, prévoit, à son article 2, intitulé « Corruption passive » :
« 1. Aux fins de la présente convention, est constitutif de corruption passive le fait intentionnel, pour un fonctionnaire, directement ou par interposition de tiers, de solliciter ou de recevoir des avantages de quelque nature que ce soit, pour lui-même ou pour un tiers, ou d’en accepter la promesse, pour accomplir ou ne pas accomplir, de façon contraire à ses devoirs officiels, un acte de sa fonction ou un acte dans l’exercice de sa fonction.
2. Chaque État membre prend les mesures nécessaires pour assurer que les comportements visés au paragraphe 1 sont érigés en infractions pénales. »
4 L’article 5, paragraphe 1, de cette convention stipule :
« Chaque État membre prend les mesures nécessaires pour assurer que les comportements visés aux articles 2 et 3, ainsi que la complicité et l’instigation auxdits comportements, sont passibles de sanctions pénales effectives, proportionnées et dissuasives, incluant, au moins dans les cas graves, des peines privatives de liberté pouvant entraîner l’extradition. »
La directive 2012/13
5 Les considérants 9, 10 et 14 de la directive 2012/13 énoncent :
« (9) L’article 82, paragraphe 2, [TFUE] prévoit l’établissement de règles minimales applicables dans les États membres pour faciliter la reconnaissance mutuelle des jugements et décisions judiciaires, ainsi que la coopération policière et judiciaire dans les matières pénales ayant une dimension transfrontière. Ledit article vise “les droits des personnes dans la procédure pénale” comme l’un des domaines dans lesquels des règles minimales peuvent être établies.
(10) Des règles minimales communes devraient accroître la confiance dans les systèmes de justice pénale de tous les États membres, ce qui devrait ainsi conduire à une coopération judiciaire plus efficace dans un climat de confiance mutuelle. Le droit à l’information dans le cadre des procédures pénales devrait faire l’objet de telles règles minimales communes.
[...]
(14) La présente directive [...] fixe des normes minimales communes à appliquer en matière d’information des personnes soupçonnées d’une infraction pénale ou poursuivies à ce titre, sur leurs droits et sur l’accusation portée contre elles, en vue de renforcer la confiance mutuelle entre les États membres. Elle s’appuie sur les droits énoncés dans la [Charte], et notamment ses articles 6, 47 et 48, en développant les articles 5 et 6 de la [convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950] tels qu’ils sont interprétés par la Cour européenne des droits de l’homme. [...] »
6 Aux termes de l’article 2, paragraphe 1, de cette directive :
« La présente directive s’applique dès le moment où des personnes sont informées par les autorités compétentes d’un État membre qu’elles sont soupçonnées d’avoir commis une infraction pénale ou qu’elles sont poursuivies à ce titre, et jusqu’au terme de la procédure, qui s’entend comme la détermination définitive de la question de savoir si le suspect ou la personne poursuivie a commis l’infraction pénale, y compris, le cas échéant, la condamnation et la décision rendue sur tout appel. »
7 L’article 7, paragraphes 2 et 3, de ladite directive dispose :
« 2. Les États membres veillent à ce que les suspects ou les personnes poursuivies, ou leur avocat, aient accès au minimum à toutes les preuves matérielles à charge ou à décharge des suspects ou des personnes poursuivies, qui sont détenues par les autorités compétentes, afin de garantir le caractère équitable de la procédure et de préparer leur défense.
3. Sans préjudice du paragraphe 1, l’accès aux pièces visé au paragraphe 2 est accordé en temps utile pour permettre l’exercice effectif des droits de la défense et, au plus tard, lorsqu’une juridiction est appelée à se prononcer sur le bien-fondé de l’accusation. Si les autorités compétentes entrent en possession d’autres preuves matérielles, elles autorisent l’accès à ces preuves matérielles en temps utile pour qu’elles puissent être prises en considération. »
Le droit bulgare
La Constitution bulgare
8 L’article 121 de la Konstitutsia na Republika Bulgaria (Constitution de la République de Bulgarie) (ci-après la « Constitution bulgare ») prévoit :
« 1. Les juridictions assurent l’égalité et le respect du principe du contradictoire entre les parties à un procès.
2. La procédure dans l’affaire garantit l’établissement de la vérité.
[...] »
9 L’article 122 de la Constitution bulgare énonce :
« 1. Les citoyens et les personnes morales ont le droit de se défendre à tous les stades de la procédure.
2. Les modalités d’exercice des droits de la défense sont déterminées par la loi. »
Le code pénal
10 Aux termes de l’article 301, paragraphe 1, du Nakazatelen kodeks (code pénal), dans sa version applicable à l’affaire au principal :
« Le fonctionnaire qui sollicite ou accepte un don ou un avantage qui ne lui est pas dû, ou qui accepte une offre ou une promesse de don ou d’avantage pour accomplir ou ne pas accomplir un acte en vertu de sa fonction ou pour avoir accompli ou ne pas avoir accompli un tel acte, est puni pour corruption d’une peine de privation de liberté n’excédant pas six ans et d’une amende n’excédant pas [5 000 leva bulgares (BGN) (environ 2 550 euros)]. »
11 L’article 302 du code pénal est libellé comme suit :
« Pour la corruption passive commise :
1. [...] par un policier ou un enquêteur de police,
2. au moyen d’une extorsion par abus de pouvoir,
[...]
la sanction est :
a) dans les cas visés à l’article 301, paragraphes 1 et 2, une peine privative de liberté de trois à dix ans, une amende pouvant aller jusqu’à [20 000 BGN (environ 10 200 euros)] et une privation des droits visés à l’article 37, paragraphe 1, points 6 et 7.
[...] ».
Le code de procédure pénale
12 L’article 29, paragraphe 2, du Nakazatelno-protsesualen kodeks (code de procédure pénale), dans sa version applicable à l’affaire au principal, dispose :
« Ne peut participer à une formation de jugement, le juge ou le juré qui, en raison d’autres circonstances, peut être considéré comme partial ou comme ayant un intérêt direct ou indirect à l’issue du litige. »
13 L’article 105 de ce code est rédigé comme suit :
« 1. Les moyens de preuve servent à reproduire, dans le cadre de la procédure pénale, des éléments de preuve ou d’autres moyens de preuve.
2. Les moyens de preuve qui n’ont pas été recueillis ou préparés dans les conditions et selon les modalités prévues par le présent code ne sont pas admis. »
14 L’article 292 dudit code prévoit :
« Les parties participant aux plaidoiries ne peuvent invoquer que des éléments de preuve qui ont été recueillis et vérifiés au cours de l’instruction judiciaire selon les modalités prévues par le présent code. »
La procédure au principal et les questions préjudicielles
15 Le Sofiyski gradski sad (tribunal de la ville de Sofia, Bulgarie), qui est la juridiction de renvoi, est saisi, dans le cadre d’une procédure pénale, d’un acte de mise en accusation reprochant à deux fonctionnaires de police, DS et KW, une extorsion par abus de pouvoir, constitutive d’une infraction de corruption passive.
16 Cette juridiction considère que l’autorisation judiciaire des techniques spéciales de renseignement utilisées au cours de l’enquête dont DS et KW ont fait l’objet ainsi que les perquisitions et les saisies réalisées au cours de celle-ci sont entachées d’irrégularités procédurales, dès lors que la première n’a pas été motivée et que les secondes ont été effectuées sans autorisation judiciaire préalable.
17 En vertu de l’article 105, paragraphe 2, du code de procédure pénale, les moyens de preuve recueillis de manière irrégulière sont exclus du dossier. Il en résulte que, conformément à l’article 292 du code de procédure pénale, même la défense ne pourrait pas s’appuyer sur ces moyens de preuve pour décharger les prévenus des faits qui leur sont reprochés. Seuls les moyens de preuve recueillis dans le respect des règles de procédure, à savoir principalement un témoignage à charge, pourraient être pris en compte.
18 Toutefois, la juridiction de renvoi expose que les irrégularités procédurales constatées n’ont pas d’incidence sur la crédibilité des éléments de preuve en cause, qui sont entièrement à décharge des prévenus au principal.
19 Le 27 mai 2024, estimant que l’article 105, paragraphe 2, du code de procédure pénale était susceptible de violer la Constitution bulgare en tant que cette disposition ne contribue pas à établir la vérité et qu’elle fait obstacle à ce que ces prévenus puissent exercer leurs droits de la défense de manière effective, cette juridiction a saisi le Konstitutsionen sad (Cour constitutionnelle, Bulgarie) d’une demande tendant à ce que l’article 105, paragraphe 2, du code de procédure pénale soit déclaré non conforme à la Constitution bulgare.
20 Le 27 juin 2024, le Konstitutsionen sad (Cour constitutionnelle) a rejeté cette demande comme étant irrecevable. Selon la juridiction de renvoi, la motivation retenue à cet égard serait fondée sur la prémisse que l’exclusion systématique des preuves recueillies de manière irrégulière prévue à l’article 105, paragraphe 2, du code de procédure pénale est nécessairement favorable aux prévenus.
21 La juridiction de renvoi a tenu une audience au cours de laquelle elle a informé les prévenus au principal et leurs avocats des irrégularités procédurales commises dans le cadre de la collecte des éléments de preuve en cause, à la suite de laquelle l’instruction s’est achevée. Lors des plaidoiries, ces avocats ont demandé l’acquittement de ces prévenus, en plaçant au centre de leur argumentation les éléments de preuve à décharge qui étaient entachés d’irrégularité.
22 Selon la juridiction de renvoi, cette argumentation est fondée et les éléments de preuve en cause, qu’elle précise ne pas avoir encore exclus, sont essentiels pour étayer ladite argumentation. À la lumière de ce constat, cette juridiction a, le 27 février 2025, demandé à nouveau au Konstitutsionen sad (Cour constitutionnelle) de déclarer l’inconstitutionnalité de l’article 105, paragraphe 2, du code de procédure pénale, demande que cette dernière a rejetée par une ordonnance du 8 mai 2025.
23 La juridiction de renvoi doute de la compatibilité avec le droit de l’Union de l’interprétation de l’article 122, paragraphe 1, de la Constitution bulgare retenue par le Konstitutsionen sad (Cour constitutionnelle), qui aboutit, selon elle, à ce que l’article 105, paragraphe 2, du code de procédure pénale ait pour unique effet pratique de porter atteinte aux intérêts juridiques des prévenus en les privant de la possibilité de se défendre par l’invocation des éléments de preuve à leur décharge.
24 À cet égard, au regard de l’article 5 de la convention sur la corruption, les règles de procédure ne sauraient faire obstacle, selon cette juridiction, à des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives ainsi qu’à l’exercice du droit fondamental de se défendre contre les accusations pénales.
25 En outre, il découlerait de l’arrêt du 17 janvier 2019, Dzivev e.a. (C‑310/16, EU:C:2019:30, point 33), que les procédures pénales engagées pour des infractions en matière de TVA constituent une mise en œuvre du droit de l’Union, au sens de l’article 51, paragraphe 1, de la Charte. Il devrait en être de même s’agissant des infractions visées par la convention sur la corruption.
26 Dans ces conditions, la réglementation en cause au principal, pour être conforme à l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE et à l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la Charte, devrait garantir aux prévenus le respect du droit à une protection juridictionnelle effective, du droit à un procès équitable et des droits de la défense. À cet égard, seule la nécessité de garantir l’équité de la procédure au moyen de la possibilité effective pour la défense de comprendre la pertinence des éléments de preuve pourrait justifier l’exclusion d’éléments de preuve obtenus de manière irrégulière.
27 Par ailleurs, la juridiction de renvoi s’interroge sur la question de savoir si l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13, qui confère aux suspects et aux personnes poursuivies le droit d’accéder aux pièces du dossier, implique le droit d’obtenir des informations concernant l’éventuelle exclusion de certains éléments de preuve dont la collecte est entachée d’irrégularités procédurales.
28 À cet égard, cette juridiction indique que le moment auquel doit être vérifiée la régularité de la collecte des éléments de preuve n’est pas clairement déterminé par le droit national. Ladite juridiction estime qu’une telle appréciation doit être effectuée avant le jugement mettant fin à l’instance, de manière à permettre aux parties de s’exprimer sur cette question. Cela étant, elle se demande si elle doit se récuser de l’affaire au motif qu’elle a perdu son impartialité en informant les parties que certains éléments de preuve ont été collectés de manière irrégulière.
29 Dans ces conditions, le Sofiyski gradski sad (tribunal de la ville de Sofia) a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :
« 1) Est-il conforme à l’article 19, paragraphe 1, second alinéa TUE, et à l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la [Charte] d’interpréter une disposition constitutionnelle conférant à un accusé un droit de se défendre dans le procès (article 122, paragraphe 1, de la Constitution [bulgare]) en ce sens que :
– le droit des accusés de se défendre contre l’atteinte à leur sphère privée commise dans le cadre de la collecte des preuves se matérialise par l’exclusion des preuves concernées et
– le droit de se défendre contre l’accusation se matérialise lui aussi par l’exclusion de ces preuves,
lorsque la violation de la sphère privée des accusés est de la forme la plus légère possible, que cette violation n’a pas affecté la crédibilité des preuves recueillies, que ces preuves sont entièrement à décharge et essentielles pour étayer la thèse de l’innocence des accusés et que, après consultation de leur conseil, les accusés dûment informés de la violation dans la collecte de ces preuves déclarent clairement qu’ils souhaitent s’en prévaloir ?
2) Est-il compatible avec l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13 ainsi qu’avec l’article 47, deuxième alinéa, de la Charte d’interpréter la législation nationale en ce sens que, si la juridiction constate que certains éléments de preuve peuvent ou doivent être exclus en raison d’irrégularités procédurales dans leur collecte, elle en informe les accusés afin qu’ils puissent préparer adéquatement leur défense ? »
Sur la compétence de la Cour
30 À titre liminaire, il importe de rappeler que, en vertu d’une jurisprudence constante, il appartient à la Cour elle-même d’examiner les conditions dans lesquelles elle est saisie par le juge national, en vue de vérifier sa propre compétence ou la recevabilité de la demande qui lui est soumise (arrêt du 11 juillet 2024, Hann-Invest e.a., C‑554/21, C‑622/21 et C‑727/21, EU:C:2024:594, point 29 ainsi que jurisprudence citée).
31 Il convient de rappeler également que, dans le cadre d’un renvoi préjudiciel au titre de l’article 267 TFUE, la Cour peut uniquement interpréter le droit de l’Union dans les limites des compétences qui lui sont attribuées (arrêt du 11 juillet 2024, Hann-Invest e.a., C‑554/21, C‑622/21 et C‑727/21, EU:C:2024:594, point 30 ainsi que jurisprudence citée).
32 En l’occurrence, par ses questions, la juridiction de renvoi sollicite de la Cour l’interprétation, notamment, de l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE ainsi que de l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la Charte, s’agissant du traitement procédural qu’elle doit réserver à des éléments de preuve obtenus de manière irrégulière dans le cadre d’une procédure pénale engagée pour des faits de corruption passive.
33 À cet égard, en premier lieu, en vertu de l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE, les États membres établissent les voies de recours nécessaires pour assurer aux justiciables le respect de leur droit à une protection juridictionnelle effective dans les domaines couverts par le droit de l’Union. Ainsi, il appartient aux États membres de prévoir un système de voies de recours et de procédures assurant un contrôle juridictionnel effectif dans ces domaines (arrêt du 11 juillet 2024, Hann-Invest e.a., C‑554/21, C‑622/21 et C‑727/21, EU:C:2024:594, point 34 ainsi que jurisprudence citée).
34 S’agissant du champ d’application ratione materiae de l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE, cette disposition vise « les domaines couverts par le droit de l’Union », indépendamment de la situation dans laquelle les États membres mettent en œuvre ce droit (arrêt du 11 juillet 2024, Hann-Invest e.a., C‑554/21, C‑622/21 et C‑727/21, EU:C:2024:594, point 35 ainsi que jurisprudence citée).
35 Ainsi, cette disposition a, notamment, vocation à s’appliquer à l’égard de toute instance nationale susceptible de statuer, en tant que juridiction, sur des questions portant sur l’interprétation ou l’application du droit de l’Union et relevant ainsi de domaines couverts par ce droit (arrêt du 11 juillet 2024, Hann-Invest e.a., C‑554/21, C‑622/21 et C‑727/21, EU:C:2024:594, point 36 ainsi que jurisprudence citée).
36 En l’occurrence, la juridiction de renvoi est appelée à statuer sur la responsabilité pénale de deux fonctionnaires de police mis en accusation pour corruption passive. Cette infraction est prévue à l’article 301, paragraphe 1, et à l’article 302 du code pénal, conformément à l’article 2 de la convention sur la corruption, de sorte que le litige au principal relève d’un domaine couvert par le droit de l’Union. Par conséquent, cette juridiction est tenue de respecter les exigences d’une protection juridictionnelle effective découlant de l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE.
37 Partant, la Cour est compétente pour interpréter cette dernière disposition dans la présente affaire.
38 En second lieu, s’agissant de l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la Charte, il importe de rappeler que le champ d’application de la Charte, pour ce qui est de l’action des États membres, est défini à l’article 51, paragraphe 1, de celle-ci, aux termes duquel les dispositions de la Charte s’adressent aux États membres « lorsqu’ils mettent en œuvre le droit de l’Union », cette disposition confirmant la jurisprudence de la Cour selon laquelle les droits fondamentaux garantis dans l’ordre juridique de l’Union ont vocation à être appliqués dans toutes les situations régies par le droit de l’Union, mais pas en dehors de celles-ci [arrêt du 26 février 2026, Commission/Hongrie (Droit de fournir des services de médias dans une radiofréquence), C‑92/23, EU:C:2026:108, point 95 et jurisprudence citée].
39 La notion de « mise en œuvre du droit de l’Union », au sens de l’article 51, paragraphe 1, de la Charte, présuppose l’existence d’un lien de rattachement entre un acte du droit de l’Union et la mesure nationale concernée qui dépasse le voisinage des matières visées ou les incidences indirectes de l’une des matières sur l’autre (arrêt du 29 juillet 2024, protectus, C‑185/23, EU:C:2024:657, point 42 et jurisprudence citée).
40 Dès lors, afin de déterminer si une mesure nationale relève de la « mise en œuvre du droit de l’Union », au sens de l’article 51, paragraphe 1, de la Charte, il y a lieu de vérifier, parmi d’autres éléments, si la réglementation nationale en cause au principal a pour but de mettre en œuvre une disposition du droit de l’Union, le caractère de cette réglementation et si celle-ci poursuit des objectifs autres que ceux couverts par le droit de l’Union, même si elle est susceptible d’affecter indirectement ce dernier, ainsi que s’il existe une réglementation du droit de l’Union spécifique en la matière ou susceptible de l’affecter (arrêt du 29 juillet 2024, protectus, C‑185/23, EU:C:2024:657, point 43 et jurisprudence citée).
41 À cet égard, la Cour a déjà conclu à l’inapplicabilité des droits fondamentaux de l’Union par rapport à une réglementation nationale en raison du fait que les dispositions de droit de l’Union relatives au domaine concerné n’imposaient aucune obligation spécifique aux États membres à l’égard de la situation en cause (voir, en ce sens, arrêts du 6 mars 2014, Siragusa, C‑206/13, EU:C:2014:126, point 26, ainsi que du 10 juillet 2014, Julián Hernández e.a., C‑198/13, EU:C:2014:2055, point 35).
42 En l’occurrence, la juridiction de renvoi considère, en substance, que l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la Charte est applicable à la situation en cause au principal dès lors que, dans la procédure au principal, les dispositions nationales pertinentes relèvent de la mise en œuvre de la convention sur la corruption et de l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13.
43 Premièrement, s’agissant des règles de droit pénal matériel prévues par la convention sur la corruption, il y a lieu de rappeler que la Cour a déjà jugé que la relation entre, d’une part, les dispositions de droit pénal matériel de l’Union contenues dans la décision-cadre 2004/757/JAI du Conseil, du 25 octobre 2004, concernant l’établissement des dispositions minimales relatives aux éléments constitutifs des infractions pénales et des sanctions applicables dans le domaine du trafic de drogue (JO 2004, L 335, p. 8), ainsi que dans la décision-cadre 2008/841/JAI du Conseil, du 24 octobre 2008, relative à la lutte contre la criminalité organisée (JO 2008, L 300, p. 42), et, d’autre part, les dispositions de droit procédural pénal bulgare qui régissent l’accord de règlement d’une affaire, ne dépasse pas le voisinage ou les incidences indirectes des premières sur les secondes, de sorte qu’un lien de rattachement, au sens de la jurisprudence rappelée au point 39 du présent arrêt, ne peut être établi entre elles [voir, en ce sens, arrêt du 28 novembre 2024, PT (Accord entre le procureur et l’auteur d’une infraction), C‑432/22, EU:C:2024:987, point 40].
44 Il en va de même pour la relation entre, d’une part, les dispositions de droit pénal matériel de l’Union contenues dans la convention sur la corruption, qui, notamment, à l’article 2, paragraphe 1, de celle-ci, définit l’infraction de corruption passive et, à l’article 5, paragraphe 1, de cette convention, lu conjointement avec cet article 2, paragraphe 1, prévoit les exigences relatives aux sanctions attachées à cette infraction et, d’autre part, les règles nationales de procédure pénale à caractère général concernant l’inadmissibilité des éléments de preuve dont la collecte a été entachée d’irrégularités ou les conséquences d’une telle inadmissibilité.
45 En effet, cette convention n’impose aucune obligation spécifique aux États membres en matière d’admissibilité des éléments de preuve.
46 Ce constat n’est pas remis en cause par l’arrêt du 17 janvier 2019, Dzivev e.a. (C‑310/16, EU:C:2019:30, point 33), mentionné par la juridiction de renvoi, dans lequel la Cour a interprété la Charte en réponse à une question préjudicielle portant sur la compatibilité avec celle-ci de la réglementation bulgare en matière d’admissibilité des éléments de preuve, qui était soulevée dans le cadre d’une procédure pénale ouverte pour des infractions en matière de TVA.
47 En effet, dans cet arrêt, la Cour a estimé que la Charte s’appliquait à l’affaire en cause au principal en tenant compte de la spécificité des infractions en cause, notamment en ce qu’elles portaient nécessairement atteinte aux intérêts financiers de l’Union et en ce que leur répression assurait l’effectivité du régime juridique de la TVA, qui est harmonisé au niveau de l’Union (voir, en ce sens, arrêt du 17 janvier 2019, Dzivev e.a., C‑310/16, EU:C:2019:30, points 25 à 28). Or, une telle analyse ne saurait être transposée à la situation en cause au principal, qui concerne une procédure ouverte pour infraction de corruption passive.
48 Par ailleurs, il y a lieu de relever que la circonstance que la convention sur la corruption est mise en œuvre par des dispositions nationales de droit pénal matériel incriminant l’infraction de corruption passive ne saurait rendre la Charte applicable à tous les aspects d’une procédure pénale ouverte contre une personne soupçonnée de corruption passive.
49 Compte tenu de ce qui précède, les dispositions du code de procédure pénale que la juridiction de renvoi est appelée à appliquer, en particulier l’article 105, paragraphe 2, de celui-ci, ne constituent pas une « mise en œuvre », au sens de l’article 51, paragraphe 1, de la Charte, des dispositions de la convention sur la corruption.
50 Deuxièmement, s’agissant de l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13, il y a lieu d’observer, tout d’abord, que le libellé de cette disposition ne se réfère ni à l’inadmissibilité de certains éléments de preuve ni aux informations dont les suspects ou les personnes poursuivies devraient bénéficier concernant les éléments de preuve auxquels ils ont eu accès.
51 Ensuite, les considérants 9, 10 et 14 de cette directive indiquent que celle-ci a pour seul objet d’établir des règles minimales communes, ce qui sous-entend qu’elle n’opère pas une harmonisation exhaustive des règles relatives à la procédure pénale. Au regard de la portée limitée de l’harmonisation opérée par ladite directive, les questions qui ne sont pas régies par celle-ci relèvent du droit national (voir, par analogie, arrêt du 1er août 2025, Dimnev, C‑404/24, EU:C:2025:595, point 27 et jurisprudence citée).
52 Il découle des considérations qui précèdent que l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13 ne régit pas les questions d’admissibilité des éléments de preuve et, partant, n’impose aucune obligation spécifique à l’égard d’une situation telle que celle en cause au principal.
53 Partant, il ne saurait être considéré que les dispositions nationales en cause au principal constituent une mise en œuvre de l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13.
54 Eu égard à l’ensemble de ce qui précède, la Cour n’est pas compétente pour répondre aux questions posées en ce qu’elles portent sur l’interprétation de l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la Charte.
Sur la recevabilité de la demande de décision préjudicielle
55 Selon une jurisprudence constante, les questions relatives à l’interprétation du droit de l’Union posées par le juge national dans le cadre réglementaire et factuel qu’il définit sous sa propre responsabilité, et dont il n’appartient pas à la Cour de vérifier l’exactitude, bénéficient d’une présomption de pertinence. Le rejet par la Cour d’une demande formée par une juridiction nationale n’est possible que s’il apparaît de manière manifeste que l’interprétation sollicitée du droit de l’Union n’a aucun rapport avec la réalité ou l’objet du litige au principal, lorsque le problème est de nature hypothétique ou encore lorsque la Cour ne dispose pas d’éléments de fait et de droit nécessaires pour répondre de façon utile aux questions qui lui sont posées (arrêt du 17 mars 2026, Županijsko državno odvjetništvo, C‑8/24, EU:C:2026:210, point 55 et jurisprudence citée).
56 Il est également de jurisprudence constante que la procédure instituée à l’article 267 TFUE constitue un instrument de coopération entre la Cour et les juridictions nationales, grâce auquel la première fournit aux secondes les éléments d’interprétation du droit de l’Union qui leur sont nécessaires pour la solution des litiges qu’elles sont appelées à trancher. La justification du renvoi préjudiciel tient non pas dans la formulation d’opinions consultatives sur des questions générales ou hypothétiques, mais dans le besoin inhérent à la solution effective d’un litige (arrêt du 11 juillet 2024, Hann-Invest e.a., C‑554/21, C‑622/21 et C‑727/21, EU:C:2024:594, point 39 ainsi que jurisprudence citée).
57 Ainsi qu’il ressort des termes mêmes de l’article 267 TFUE, la décision préjudicielle sollicitée doit être « nécessaire » pour permettre à la juridiction de renvoi de « rendre son jugement » dans l’affaire dont elle se trouve saisie (arrêt du 11 juillet 2024, Hann-Invest e.a., C‑554/21, C‑622/21 et C‑727/21, EU:C:2024:594, point 40 ainsi que jurisprudence citée).
58 Dans le cadre de la procédure préjudicielle instituée par cette disposition, il doit donc exister entre le litige au principal et les dispositions du droit de l’Union dont l’interprétation est sollicitée un lien de rattachement tel que cette interprétation réponde à un besoin objectif pour la décision que la juridiction de renvoi doit prendre [arrêt du 9 janvier 2024, G. e.a. (Nomination des juges de droit commun en Pologne), C‑181/21 et C‑269/21, EU:C:2024:1, point 65 ainsi que jurisprudence citée].
59 En l’occurrence, la première question préjudicielle vise à savoir, en substance, si l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une réglementation nationale en vertu de laquelle le juge pénal doit exclure en toute circonstance les éléments de preuve obtenus de manière irrégulière, c’est-à-dire même lorsque ceux-ci sont à décharge de l’accusé.
60 En vertu de cette disposition, les États membres établissent les voies de recours nécessaires pour assurer une protection juridictionnelle effective dans les domaines couverts par le droit de l’Union.
61 Ladite disposition impose à tout État membre d’assurer que les instances qui sont appelées, en tant que « juridiction », au sens du droit de l’Union, à statuer sur des questions liées à l’application ou à l’interprétation de ce droit et qui relèvent ainsi de son système de voies de recours dans les domaines couverts par le droit de l’Union satisfont aux exigences d’une protection juridictionnelle effective (arrêt du 4 septembre 2025, AW « T », C‑225/22, EU:C:2025:649, point 47 et jurisprudence citée).
62 La juridiction de renvoi éprouve des doutes quant à la compatibilité avec la même disposition de l’article 105, paragraphe 2, du code de procédure pénale, en tant qu’il lui impose d’exclure les éléments de preuve obtenus de manière irrégulière, y compris lorsqu’ils sont susceptibles d’être invoqués à décharge pour la défense des prévenus.
63 Cela étant, il y a lieu de constater, premièrement, qu’il ne ressort pas de la demande de décision préjudicielle que le litige au principal présente, quant au fond, un lien de rattachement avec le droit de l’Union, notamment, avec l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE, sur lequel porte la première question, et que la juridiction de renvoi serait dès lors appelée à appliquer ce droit, et notamment la convention sur la corruption, ou ladite disposition, aux fins de dégager la solution de fond dans la procédure au principal [voir, par analogie, arrêt du 26 mars 2020, Miasto Łowicz et Prokurator Generalny, C‑558/18 et C‑563/18, EU:C:2020:234, point 49].
64 En effet, bien que les faits en cause au principal soient susceptibles de relever de l’infraction de corruption passive, telle que définie dans cette convention, il reste que la juridiction de renvoi est appelée à statuer sur le fondement du droit pénal bulgare et n’indique pas que l’interprétation de ladite convention, ou de l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE, répond à un besoin objectif pour la décision que la juridiction de renvoi doit prendre au fond dans le cadre de la procédure au principal.
65 Deuxièmement, la juridiction de renvoi n’identifie pas non plus, dans ses considérations développées pour justifier la nécessité d’une réponse à la première question préjudicielle, d’éventuelles dispositions procédurales du droit de l’Union qu’elle serait tenue d’appliquer pour rendre son jugement [voir, par analogie, arrêt du 26 mars 2020, Miasto Łowicz et Prokurator Generalny, C‑558/18 et C‑563/18, EU:C:2020:234, point 50].
66 Troisièmement, une réponse de la Cour à cette question ne paraît pas davantage de nature à pouvoir fournir à la juridiction de renvoi une interprétation du droit de l’Union lui permettant de trancher des questions procédurales de droit national avant de pouvoir statuer sur le fond de l’affaire dont elle se trouve saisie [voir, par analogie, arrêt du 26 mars 2020, Miasto Łowicz et Prokurator Generalny, C‑558/18 et C‑563/18, EU:C:2020:234, point 51].
67 En l’occurrence, la juridiction de renvoi, qui est compétente pour apprécier la responsabilité pénale des prévenus au principal, est en mesure d’effectuer une telle appréciation sur la base, notamment, de son évaluation de la force probante des éléments de preuve.
68 Par conséquent, l’interprétation demandée de l’article 19, paragraphe 1, second alinéa, TUE ne répond pas à un besoin objectif pour la décision que la juridiction de renvoi doit prendre. Il s’ensuit que la première question est irrecevable.
69 Par la seconde question préjudicielle, la juridiction de renvoi demande, en substance, si l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13 s’oppose à une réglementation nationale en vertu de laquelle le juge pénal doit informer les prévenus lorsqu’il constate que la collecte de certains éléments de preuve versés au dossier est entachée d’irrégularités, de sorte que ces éléments de preuve doivent être exclus en vertu du droit national.
70 À cet égard, il résulte de l’article 2, paragraphe 1, de cette directive que l’article 7, paragraphes 2 et 3, de celle-ci est applicable à la procédure au principal.
71 Cela étant, il ressort de la demande de décision préjudicielle que, d’une part, conformément à l’article 7, paragraphe 2, de ladite directive, les prévenus au principal se sont vu accorder l’accès aux preuves matérielles, à charge ou à décharge, détenues par les autorités compétentes et que, d’autre part, ces prévenus ont préparé leur défense en sachant que certains éléments de preuve avaient été collectés de manière irrégulière, circonstance qui, en vertu de la réglementation bulgare, entraîne l’inadmissibilité de ces éléments de preuve.
72 Il ressort également de la demande de décision préjudicielle que la juridiction de renvoi n’a aucun doute quant à la compatibilité avec l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la même directive de son interprétation de la réglementation bulgare, selon laquelle la question de l’admissibilité des éléments de preuve doit être tranchée avant le jugement mettant fin à l’instance, les doutes de cette juridiction portant sur la question de savoir si cette interprétation est compatible avec l’exigence d’impartialité découlant de l’article 47, deuxième alinéa, de la Charte. Or, la Cour n’est pas compétente pour interpréter cette dernière disposition dans la présente affaire, comme il ressort du point 54 du présent arrêt.
73 Il s’ensuit que la seconde question est irrecevable dès lors que l’interprétation sollicitée de l’article 7, paragraphes 2 et 3, de la directive 2012/13 n’a aucun rapport avec la réalité du litige au principal.
74 Il découle de tout ce qui précède que la Cour n’est pas compétente pour répondre aux questions posées par la juridiction de renvoi en tant qu’elles portent sur l’article 47 de la Charte, et que la demande de décision préjudicielle est irrecevable pour le surplus.
Sur les dépens
75 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.
Par ces motifs, la Cour (première chambre) dit pour droit :
1) La Cour est incompétente pour répondre aux questions préjudicielles posées par le Sofiyski gradski sad (tribunal de la ville de Sofia, Bulgarie), par décision du 20 mai 2025, en ce qu’elles visent une interprétation de l’article 47, premier et deuxième alinéas, de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
2) Pour le surplus, la demande de décision préjudicielle introduite par le Sofiyski gradski sad (tribunal de la ville de Sofia, Bulgarie), par décision du 20 mai 2025, est irrecevable.
Signatures
* Langue de procédure : le bulgare.
i Le nom de la présente affaire est un nom fictif. Il ne correspond au nom réel d’aucune partie à la procédure.
Ordonnance du président du Tribunal du 12 juin 2026.#Elettra 1938 SpA contre Commission européenne.#Référé – Concurrence – Décision de la Commission infligeant une amende – Garantie bancaire – Demande de mesures provisoires – Fumus boni juris – Urgence – Mise en balance des intérêts.#Affaire T-140/26 R.
12/06/2026
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 11 juin 2026.#NKO AO National Settlement Depository (NSD) contre Conseil de l'Union européenne.#Pourvoi – Mesures restrictives prises au regard de l’agression militaire contre l’Ukraine – Décision 2014/145/PESC – Article 2, paragraphe 1, sous f) – Règlement (UE) no 269/2014 – Article 3, paragraphe 1, sous f) – Gel de fonds et de ressources économiques – Notion de “soutien matériel ou financier au gouvernement de la Fédération de Russie” – Obligation de motivation – Interprétation – Droit de propriété – Limitations – Principe de proportionnalité – Prise en compte de la situation des clients de la requérante et de leurs intérêts économiques.#Affaire C-801/24 P.
11/06/2026
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 11 juin 2026.#Centro Petroli Roma Srl contre Agenzia delle Dogane e dei Monopoli.#Renvoi préjudiciel – État de droit – Indépendance des juges – Article 267 TFUE – Obligation de renvoi préjudiciel des juridictions nationales statuant en dernier ressort – Responsabilité individuelle des juges – Fiscalité – Régime général d’accise – Directive 2008/118/CE – Article 16, paragraphe 1 – Entrepôt fiscal – Ouverture et exploitation – Autorisation – Conditions – Fixation par la réglementation nationale – Distinction selon la capacité de stockage des entrepôts – Critère tenant à l’existence de “réelles nécessités opérationnelles et [d’un] besoin effectif d’approvisionnement de l’installation” pour tous les entrepôts – Critère supplémentaire tenant à la livraison d’une quantité minimale de produits sur une période de référence ou à la dépendance à un autre entrepôt fiscal pour les entrepôts de petite capacité – Justification – Principe de proportionnalité.#Affaire C-386/24.
11/06/2026
Arrêt de la Cour (quatrième chambre) du 11 juin 2026.#LH contre OTP banka d.d., anciennement NOVA KREDITNA BANKA MARIBOR.#Renvoi préjudiciel – Rapprochement des législations – Services financiers – Accès à un compte de paiement assorti de prestations de base – Directive 2014/92/UE – Article 16, paragraphe 4 – Prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme – Directive (UE) 2015/849 – Consommateur figurant sur la liste de l’Office du contrôle des actifs étrangers du Trésor américain – Refus d’ouverture d’un tel compte de paiement.#Affaire C-81/24.
11/06/2026