| CELEX | 62025TJ0204_RES |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 10 juin 2026 |
Affaire T‑204/25
IQ
contre
Agence européenne de défense
Arrêt du Tribunal (troisième chambre) du 10 juin 2026 (Extraits)
« Fonction publique – Agents temporaires – Personnel de l’AED – Rejet de la demande d’ouverture d’une procédure d’invalidité – Article 77 du statut des agents de l’AED – Abus de droit – Erreur d’appréciation »
Fonctionnaires – Personnel de l’Agence européenne de défense (AED) – Invalidité – Ouverture de la procédure d’invalidité – Conditions – Ouverture à la demande de l’intéressé – Demande introduite après plus de douze mois d’absence pour cause de maladie et à une date proche de celle de la fin prévue du contrat de travail de l’intéressé – Absence d’incidence
(Décision 2016/1351 du Conseil, art. 53 et 77, § 1, et annexe V, art. 2, § 1)
(voir points 40-51, 54-56, 60, 65, 66)
Résumé
Saisi d’un recours par IQ, agent temporaire au sens du statut des agents de l’Agence européenne de défense (AED) (1), le Tribunal annule la décision de cette dernière rejetant la demande d’IQ d’ouvrir une procédure d’invalidité à son égard, ainsi que la décision ayant rejeté la réclamation introduite par le requérant à l’encontre de la première de ces décisions. À cette occasion, le Tribunal complète la jurisprudence afférente à la procédure d’invalidité en matière de fonction publique, notamment en ce qui concerne les conditions d’admission d’une demande tendant à l’ouverture d’une telle procédure.
En novembre 2016, le requérant a été engagé par l’AED. En mai 2020, son contrat de travail a été renouvelé pour une période de quatre ans expirant à la mi-novembre 2024. Le requérant avait été placé en congé de maladie à plusieurs reprises en 2020, en 2021 et en 2022. En février 2023, le requérant a été à nouveau placé en congé de maladie, lequel a été prolongé à plusieurs reprises, et ce jusqu’à une date postérieure à l’expiration de son contrat.
En mai 2024, le requérant, qui était toujours en congé de maladie, a sollicité l’ouverture d’une procédure d’invalidité à son égard sur le fondement de l’article 77 du statut des agents de l’AED.
L’AED a refusé de faire droit à sa demande au motif que celle-ci présentait un caractère abusif, car, d’une part, l’AED ne disposait pas d’éléments indiquant la nécessité d’ouvrir la procédure d’invalidité et, d’autre part, il ressortait du moment de l’introduction de cette demande, à savoir après plus de douze mois d’absence pour cause de maladie et à une date proche de celle de la fin du contrat de travail du requérant, que ce dernier poursuivait une stratégie financière visant à bénéficier de manière prolongée des avantages liés à sa relation d’emploi.
Appréciation du Tribunal
À titre liminaire, le Tribunal rappelle qu’en vue d’assurer l’effectivité du droit à une allocation d’invalidité, qui ne peut être reconnu qu’au terme de la procédure d’invalidité, celui-ci comporte nécessairement, pour l’agent qui est tenu de suspendre son service auprès de son institution à cause de l’impossibilité dans laquelle il se trouve de continuer ce service en raison de son état d’invalidité, le droit d’obtenir l’ouverture de la procédure d’invalidité, s’il remplit les conditions prévues par les dispositions de l’article 2, paragraphe 1, de l’annexe V du statut des agents de l’AED.
Conformément à cette disposition, l’allocation d’invalidité est versée à l’agent âgé de moins de 65 ans qui, au cours de la période durant laquelle il acquérait des droits à pension, est reconnu comme atteint d’une invalidité permanente totale et le mettant dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions et qui, pour ce motif, est tenu de suspendre son service à l’AED.
Ainsi, l’autorité compétente est tenue d’ouvrir la procédure d’invalidité dès lors qu’elle constate que ces conditions se trouvent réunies. Il ne peut en aller autrement que si la demande de l’agent en ce sens présente un caractère abusif.
Par conséquent, s’agissant, tout d’abord, du constat de l’AED selon lequel le requérant a attendu bien au-delà de la période de douze mois de congé de maladie pour introduire la demande d’ouverture de la procédure d’invalidité, le Tribunal relève qu’aucune disposition du statut des agents de l’AED n’impose à ses agents une limitation maximale pour introduire une demande d’ouverture de la procédure d’invalidité.
Le seul fait que la demande d’ouverture de la procédure d’invalidité ait été introduite par le requérant après une période de douze mois de congé de maladie ne permet donc pas de considérer que cette demande a un caractère abusif justifiant son refus.
Ensuite, s’agissant de la proximité de la demande d’ouverture de la procédure d’invalidité avec la fin prévue du contrat de travail du requérant, le Tribunal observe que la circonstance que cette demande ait été introduite environ six mois avant la fin prévue du contrat de travail du requérant ne permet pas de considérer qu’elle était abusive. Au contraire, le droit de demander l’ouverture d’une procédure d’invalidité revêt, en pratique, dans le cas d’un agent temporaire, une importance d’autant plus grande que, à la différence d’un fonctionnaire, l’agent temporaire, du fait même de son statut, court le risque, alors même qu’il se trouve en congé de maladie, de voir sa relation d’emploi se terminer à l’expiration de son contrat à durée déterminée.
Enfin, le Tribunal constate que, même prises ensemble, les circonstances selon lesquelles le requérant a introduit sa demande d’ouverture de la procédure d’invalidité après une période de plus de quinze mois de congé de maladie et à une date proche de celle de la fin de son contrat de travail ne sont pas de nature à établir à suffisance de droit qu’il a mis en place une stratégie financière consistant à percevoir le plus longtemps possible un salaire complet, puis à percevoir l’allocation d’invalidité à l’expiration de son contrat de travail, ni qu’il a eu la volonté de créer artificiellement les conditions pour qu’une procédure d’invalidité soit ouverte ou pour retarder l’ouverture d’une telle procédure.
1 Décision (UE) 2016/1351 du Conseil, du 4 août 2016, relative au statut des agents de l’AED, et abrogeant la décision 2004/676/CE (JO 2016, L 219, p. 1, ci-après le « statut des agents de l’AED »).
Arrêt de la Cour (grande chambre) du 16 juin 2026.#WebGroup Czech Republic, a.s. e.a. contre Ministre de la Culture e.a.#Renvoi préjudiciel – Commerce électronique – Directive 2000/31/CE – Services de la société de l’information – Article 2, sous h) – Domaine coordonné – Article 3 – Restriction à la libre circulation des services de la société de l’information en provenance d’un autre État membre – Dérogation – Article 14 – Hébergement – Article 15 – Absence d’obligation générale de surveillance – Service électronique d’accès à du contenu pornographique – Réglementation nationale interdisant la fourniture de tels contenus à des mineurs et obligeant le prestataire à mettre en place un système de vérification d’âge – Articles 1 et 24 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne – Service électronique d’aide à la conduite ou à la navigation par géolocalisation – Réglementation nationale interdisant la rediffusion d’informations portant sur certains contrôles routiers.#Affaires jointes C-188/24 et C-190/24.
16/06/2026
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16/06/2026