| CELEX | 62025TJ0313 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 3 juin 2026 |
ARRÊT DU TRIBUNAL (cinquième chambre, siégeant avec cinq juges)
3 juin 2026 (*)
« Renvoi préjudiciel – Union douanière – Tarif douanier commun – Nomenclature combinée – Position 9021 – Articles et appareils d’orthopédie – Autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité – Bras robotisé fixé à un fauteuil roulant électrique »
Dans l’affaire T‑313/25,
ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Finanzgericht Hamburg (tribunal des finances de Hambourg, Allemagne), par décision du 23 avril 2025, parvenue à la Cour le 29 avril 2025, dans la procédure
Kinova Europe GmbH
contre
Hauptzollamt Hannover,
LE TRIBUNAL (cinquième chambre, siégeant avec cinq juges),
composé de MM. S. Papasavvas, président, M. Sampol Pucurull, J. Laitenberger, Mme M. Stancu (rapporteure) et M. W. Valasidis, juges,
avocat général : M. J. Martín y Pérez de Nanclares,
greffier : M. P. Cullen, administrateur,
vu la transmission par la Cour de la demande préjudicielle au Tribunal le 20 mai 2025, en application de l’article 50 ter, troisième alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne,
vu la matière visée à l’article 50 ter, premier alinéa, sous d), du statut de la Cour de justice de l’Union européenne et l’absence de question indépendante d’interprétation au sens de l’article 50 ter, deuxième alinéa, dudit statut,
vu la phase écrite de la procédure,
à la suite de l’audience du 22 janvier 2026,
considérant les observations présentées :
– pour Kinova Europe, par Mes D. Bell, H.-H. von Cölln, S. Dahlhoff, Rechtsanwälte, et M. F.-P. Ziegler, conseiller fiscal,
– pour la Commission européenne, par Mmes A. Demeneix et B. Eggers, en qualité d’agentes, assistées de Mme H. Ketolainen, en qualité d’experte,
vu la décision prise, l’avocat général entendu, de juger l’affaire sans conclusions,
rend le présent
Arrêt
1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de la position 9021 de la nomenclature combinée figurant à l’annexe I du règlement (CEE) no 2658/87 du Conseil, du 23 juillet 1987, relatif à la nomenclature tarifaire et statistique et au tarif douanier commun (JO 1987, L 256, p. 1), dans sa version résultant du règlement d’exécution (UE) 2019/1776 de la Commission, du 9 octobre 2019 (JO 2019, L 280, p. 1) (ci-après la « NC »).
2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant Kinova Europe GmbH au Hauptzollamt Hannover (bureau principal des douanes de Hanovre, Allemagne) au sujet du classement tarifaire d’un bras robotisé fixé à un fauteuil roulant électrique.
Cadre juridique
Droit international
3 Le système harmonisé de désignation et de codification des marchandises (ci-après le « SH ») a été élaboré par le Conseil de coopération douanière, devenu l’Organisation mondiale des douanes (OMD). Il a été institué par la convention internationale sur le système harmonisé de désignation et de codification des marchandises, faite à Bruxelles le 14 juin 1983 (JO 1987, L 198, p. 3, ci-après la « convention sur le SH »), approuvée, avec son protocole d’amendement du 24 juin 1986, au nom de la Communauté économique européenne, par la décision 87/369/CEE du Conseil, du 7 avril 1987 (JO 1987, L 198, p. 1).
4 En vertu de l’article 3, paragraphe 1, sous a), de la convention sur le SH, chaque partie contractante s’engage à ce que ses nomenclatures tarifaires et statistiques soient conformes au SH, à utiliser toutes les positions et les sous-positions de celui-ci, sans adjonction ni modification, ainsi que les codes numériques y afférents, et à suivre l’ordre de numérotation du SH. La même disposition impose également aux parties contractantes l’obligation d’appliquer les règles générales pour l’interprétation du SH ainsi que toutes les notes de sections, de chapitres et de sous-positions du SH et de ne pas modifier la portée de ses sections, chapitres, positions ou sous-positions.
5 L’OMD approuve, dans les conditions fixées à l’article 8 de la convention sur le SH, les notes explicatives et les avis de classement adoptés par le comité du SH.
6 Le point I des notes explicatives du SH relatives à la position 9021 de ce système, intitulé « Articles et appareils d’orthopédie », contient le passage suivant :
« Les articles et appareils orthopédiques [...] servent :
– soit à prévenir ou à corriger certaines difformités corporelles ;
– soit à soutenir ou à maintenir des parties du corps à la suite d’une maladie, d’une opération ou d’une blessure. »
7 En vertu du point V des notes explicatives du SH relatives à la position 9021 de ce système, appartiennent au groupe des « autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », notamment :
« 1) Les appareils destinés à faciliter la phonation des personnes ayant perdu l’usage des cordes vocales à la suite d’un traumatisme ou d’une intervention chirurgicale. [...] Appuyés sur la paroi extérieure du cou, par exemple, ils produisent, à l’intérieur du pharynx, des vibrations que le patient module et transforme en langage audible.
2) Les appareils du genre pacemaker, par exemple ceux destinés à stimuler le muscle cardiaque, en cas de déficience de celui‑ci. Ces appareils [...] sont implantés sous la peau du patient. [...]
3) Les appareils permettant aux aveugles de se guider. [...]
4) Les appareils à implanter dans l’organisme destinés à soutenir ou à remplacer la fonction chimique de certains organes (sécrétion d’insuline, par exemple). »
Droit de l’Union
NC
8 La première partie de la NC contient un ensemble de dispositions préliminaires. Dans cette partie, sous le titre I, intitulé « Règles générales », le point A de ce titre, portant sur les règles générales pour l’interprétation de la NC, dispose :
« Le classement des marchandises dans la [NC] est effectué conformément aux principes ci-après.
1. Le libellé des titres de sections, de chapitres ou de sous-chapitres est considéré comme n’ayant qu’une valeur indicative, le classement étant déterminé légalement d’après les termes des positions et des notes de sections ou de chapitres [...].
[...] »
9 La position 9021, figurant au chapitre 90 de la NC, intitulé « Instruments et appareils d’optique, de photographie ou de cinématographie, de mesure, de contrôle ou de précision ; instruments et appareils médicaux-chirurgicaux ; parties et accessoires de ces instruments ou appareils », est structurée comme suit :
| Code NC | Désignation des marchandises | Taux du droit conventionnel (%) | Unité supplémentaire |
| [...] | [...] | [...] | [...] |
| 9021 | Articles et appareils d’orthopédie, y compris les ceintures et bandages médico-chirurgicaux et les béquilles ; attelles, gouttières et autres articles et appareils pour fractures ; articles et appareils de prothèse ; appareils pour faciliter l’audition aux sourds et autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité | | |
| 9021 10 | – Articles et appareils d’orthopédie ou pour fractures | | |
| 9021 10 10 | – – Articles et appareils d’orthopédie | exemption | — |
| [...] | [...] | [...] | [...] |
| | – autres articles et appareils de prothèse | | |
| [...] | [...] | [...] | [...] |
| 9021 39 90 | – – – autres | exemption | — |
10 La note no 6 du chapitre 90 de la NC est libellée comme suit :
« Au sens du no 9021, on considère comme “articles et appareils orthopédiques” les articles et appareils servant :
– soit à prévenir ou à corriger certaines difformités corporelles,
– soit à soutenir ou à maintenir des parties du corps à la suite d’une maladie, d’une opération ou d’une blessure.
[...] »
Notes explicatives de la NC
11 S’agissant de la position 9021 de la NC, les notes explicatives de la NC de l’Union européenne (JO 2019, C 119, p. 1, ci-après les « notes explicatives de la NC »), établies par la Commission européenne en vertu de l’article 9, paragraphe 1, sous a), deuxième tiret, du règlement no 2658/87, indiquent :
« Au sens de cette position, on entend par “compenser une déficience ou une infirmité” uniquement des appareils qui reprennent ou remplacent vraiment la fonction de la partie du corps déficiente ou infirme.
Sont toutefois exclus de la présente position les appareils qui servent uniquement à atténuer les effets d’une déficience ou d’une infirmité.
[...] »
12 En ce qui concerne la sous-position 9021 10 10 de la NC, intitulée « Articles et appareils d’orthopédie », les notes explicatives de la NC précisent :
« Relèvent de cette sous-position les “articles et appareils d’orthopédie” qui sont spécialement conçus pour une fonction orthopédique déterminée, par opposition aux produits ordinaires qui pourraient être utilisés à des fins diverses (par exemple, les produits pour les articulations, ligaments ou tendons sursollicités par les activités sportives ou la dactylographie, ainsi que les produits qui servent uniquement à atténuer la douleur de la partie du corps déficiente ou infirme causée, par exemple, par une réaction inflammatoire).
Les “articles et appareils d’orthopédie” doivent empêcher complètement un mouvement spécifique de la partie du corps déficiente ou infirme (par exemple des articulations, ligaments ou tendons) afin de prévenir d’autres blessures ou (une aggravation de) certaines difformités corporelles, par opposition aux produits ordinaires qui permettent les mouvements non désirés, tout en empêchant les réflexes (c’est-à-dire des mouvements effectués de manière non délibérée) en raison de leur rigidité relative due à la présence, par exemple, de gouttières souples, pelotes de compression, matières textiles non élastiques ou sangles de type “velcro”.
[...] »
Litige au principal et questions préjudicielles
13 Le 11 mai 2020, la requérante au principal a demandé la délivrance d’un renseignement tarifaire contraignant pour un bras robotisé d’assistance fixé à un fauteuil roulant électrique auprès du bureau principal des douanes de Hanovre.
14 Il ressort de la décision de renvoi que le bras robotisé en cause au principal est un dispositif technique qui a une structure composée de six articulations motorisées, d’une « main » avec deux ou trois « doigts » motorisés et d’une base avec des connexions externes, notamment pour le contrôleur, les prises USB ou l’alimentation électrique. Ce bras robotisé se fixe sur un fauteuil roulant électrique et peut être actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets. Il est utilisé par des personnes atteintes d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras en raison d’une tétraplégie ou d’une myopathie avancée.
15 Par sa décision en matière de renseignement tarifaire contraignant du 1er octobre 2020, le bureau principal des douanes de Hanovre a classé le bras robotisé en cause au principal dans la sous-position 8479 89 97 de la NC, correspondant aux machines et appareils mécaniques ayant une fonction propre, non dénommés ni compris ailleurs dans le chapitre 84, autres que les produits relevant des sous‑positions 8479 10 00 à 8479 89 70 (unité fonctionnelle).
16 La requérante au principal a introduit une réclamation contre cette décision du bureau principal des douanes de Hanovre en considérant, en substance, que le bras robotisé en cause au principal constituait une prothèse et relevait, à ce titre, de la sous‑position 9021 39 90 de la NC.
17 Par sa décision du 10 mai 2023, le bureau principal des douanes de Hanovre a rejeté cette réclamation au motif que les prothèses ne comprenaient que les produits destinés à remplacer totalement ou partiellement une partie défectueuse du corps, alors que le bras robotisé en cause au principal ne substituait pas au bras naturel un bras artificiel, mais constituait plutôt un dispositif technique d’assistance pour des patients dont les bras, du fait d’une pathologie, ne fonctionnaient plus ou fonctionnaient seulement de manière limitée. Partant, cette autorité a estimé que ce bras robotisé ne constituait pas une prothèse et ne relevait pas de la sous‑position 9021 39 90 de la NC.
18 Le 15 juin 2023, la requérante au principal a introduit un recours contre la décision du 10 mai 2023 du bureau principal des douanes de Hanovre devant le Finanzgericht Hamburg (tribunal des finances de Hambourg, Allemagne), qui est la juridiction de renvoi. Elle y fait valoir, en substance, que la notion de « prothèse » n’implique pas qu’une partie du corps soit effectivement remplacée, mais seulement que la prothèse remplace la fonction perdue d’une partie du corps. À cet égard, s’agissant du bras robotisé en cause au principal, celui-ci pourrait être utilisé tant par des personnes qui seraient totalement ou partiellement privées d’un bras ou d’une main depuis la naissance ou en raison d’un accident, d’une amputation ou d’une maladie, que par des personnes dont la mobilité des bras et/ou des mains serait fortement réduite. Ce bras robotisé viserait à remplacer le bras humain. Par ailleurs, le fait que la personne concernée ne porte pas ledit bras robotisé directement à même le corps n’empêcherait pas le classement de ce produit dans la sous-position 9021 39 90 de la NC. En effet, le point déterminant serait que ce bras est connecté au corps grâce aux nouvelles technologies.
19 En premier lieu, la juridiction de renvoi estime que le bras robotisé en cause au principal pourrait être considéré comme étant un « articl[e ou] apparei[l] d’orthopédie », au sens de la position 9021 de la NC. En effet, la fonction de ce bras robotisé serait de remédier à une difformité corporelle ou à une déficience physique dont est affectée une personne, de manière que celle-ci soit en mesure d’effectuer de façon autonome, à l’aide dudit bras robotisé, les gestes du quotidien impliquant le bras ou la main.
20 Toutefois, il ressortirait de la jurisprudence nationale qu’un appareil ne pourrait être utilisé pour corriger des difformités ou des déficiences que lorsqu’il contribue au retour d’une ou de plusieurs parties affectées du corps à un état sain. Or, le bras robotisé en cause au principal ne contribuerait pas au retour des membres difformes ou déficients d’une personne à un état sain, mais constituerait un système d’assistance sous la forme d’un bras manipulateur. La juridiction de renvoi observe cependant que les béquilles sont explicitement mentionnées parmi les « [a]rticles et appareils d’orthopédie » de la position 9021 de la NC, alors même qu’elles ne corrigent pas de difformité ou de déficience.
21 En second lieu, dans l’hypothèse où le bras robotisé en cause au principal ne pourrait être considéré comme étant un « articl[e ou] apparei[l] d’orthopédie » au sens de la position 9021 de la NC, la juridiction de renvoi s’interroge sur la question de savoir si ce bras robotisé pourrait être considéré comme étant un « autr[e] apparei[l] à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », au sens de cette position.
22 La juridiction de renvoi estime que, à l’instar des béquilles ou du chariot roulant relevant de la position 9021 de la NC, le bras robotisé en cause au principal compense une déficience ou une infirmité qui consiste, pour la personne concernée, à ne pas disposer de membres fonctionnels ou à ne plus pouvoir utiliser ses membres, de sorte que ce bras robotisé assume ou remplace la fonction des parties endommagées, manquantes ou inutilisables des bras et des mains.
23 Toutefois, se poserait la question de savoir si le bras robotisé en cause au principal est un appareil à porter sur le corps. Selon une première interprétation, ce bras robotisé ne serait pas directement relié au corps de la personne concernée et ne serait pas attaché directement à cette personne. À cet égard, la juridiction de renvoi se demande si, aux fins de l’interprétation de la position 9021 de la NC, il serait déterminant que l’appareil soit fixé d’une certaine manière au corps même de la personne concernée, c’est-à-dire que la personne concernée porte l’appareil sur elle-même.
24 Selon une seconde interprétation, il serait possible de considérer qu’un lien direct avec le corps n’est pas nécessaire et qu’un élément de rattachement permettant de relier la personne concernée à l’appareil est suffisant. Concrètement, une personne atteinte d’une déficience ou d’une infirmité serait, en raison de son handicap, reliée ou rattachée au fauteuil roulant, lequel constituerait en même temps l’élément de rattachement entre cette personne et le bras robotisé en cause au principal. Ainsi, ce dernier serait relié au corps et formerait une unité fonctionnelle avec celui-ci, par l’intermédiaire du fauteuil roulant. Sur la base de cette interprétation, le bras robotisé en cause au principal pourrait être considéré comme étant un « autr[e] apparei[l] à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », au sens de la position 9021 de la NC.
25 Dans ces conditions, le Finanzgericht Hamburg (tribunal des finances de Hambourg) a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour les questions préjudicielles suivantes :
« 1) La notion d’“appareils d’orthopédie” visée dans la position 9021 de la [NC] doit-elle être interprétée en ce sens qu’elle couvre également un bras robotisé monté sur un fauteuil roulant et permettant à une personne se déplaçant en fauteuil roulant d’assumer les fonctions d’un bras naturel et/ou d’une main naturelle ?
2) En cas de réponse négative à la première question : la notion d’“autres appareils [pour] compenser une déficience ou une infirmité” visée dans la position 9021 de la [NC] doit-elle être interprétée en ce sens qu’elle couvre également un bras robotisé monté sur un fauteuil roulant et permettant à une personne se déplaçant en fauteuil roulant d’assumer les fonctions d’un bras naturel et/ou d’une main naturelle ? »
Sur les questions préjudicielles
26 Par ses questions, qu’il convient d’examiner ensemble, la juridiction de renvoi demande, en substance, si la position 9021 de la NC doit être interprétée en ce sens que les expressions « [a]rticles et appareils d’orthopédie » et « autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », visées par cette position, couvrent un bras robotisé fixé sur un fauteuil roulant électrique qui est actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets.
27 À titre liminaire, il y a lieu de rappeler que, lorsque le juge de l’Union est saisi d’un renvoi préjudiciel en matière de classement tarifaire, sa fonction consiste davantage à éclairer la juridiction nationale sur les critères dont la mise en œuvre permettra à cette dernière de classer correctement les produits concernés selon la NC qu’à procéder lui-même à un tel classement. Ce classement résulte d’une appréciation purement factuelle qu’il n’appartient pas au juge de l’Union d’effectuer dans le cadre d’un renvoi préjudiciel (voir arrêt du 8 mai 2025, Prisum Healthcare, C‑252/24, EU:C:2025:339, point 33 et jurisprudence citée).
28 Il importe également de rappeler que, conformément à la règle générale pour l’interprétation de la NC no°1, le classement tarifaire des marchandises est déterminé selon les termes des positions et des notes de sections ou de chapitres de cette nomenclature. Dans l’intérêt de la sécurité juridique et de la facilité des contrôles, le critère décisif pour le classement tarifaire de ces marchandises doit être recherché, d’une manière générale, dans leurs caractéristiques et leurs propriétés objectives, telles que celles-ci sont définies par le libellé de la position de la NC et des notes de sections ou de chapitres correspondantes. La destination du produit concerné peut constituer un critère objectif de classement, pour autant qu’elle est inhérente à ce produit, et doit s’apprécier en fonction des caractéristiques et des propriétés objectives de celui-ci (voir arrêt du 8 mai 2025, Prisum Healthcare, C‑252/24, EU:C:2025:339, point 34 et jurisprudence citée).
29 En outre, la Cour a itérativement jugé que, bien que les notes explicatives du SH et de la NC n’aient pas de force contraignante, elles constituaient des instruments importants afin d’assurer une application uniforme du tarif douanier commun et fournissaient, en tant que telles, des éléments utiles pour l’interprétation de celui-ci (voir arrêt du 8 mai 2025, Prisum Healthcare, C‑252/24, EU:C:2025:339, point 35 et jurisprudence citée).
30 Conformément au libellé de la position 9021 de la NC, celle-ci comprend les « [a]rticles et appareils d’orthopédie, y compris les ceintures et bandages médico-chirurgicaux et les béquilles ; attelles, gouttières et autres articles et appareils pour fractures ; articles et appareils de prothèse ; appareils pour faciliter l’audition aux sourds et autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité ».
31 En l’occurrence, le bras robotisé en cause au principal n’est visé explicitement ni par le libellé de la position 9021 de la NC, ni par celui des notes du chapitre 90 de la NC, ni par les notes explicatives de la NC.
32 Il convient dès lors d’examiner si, au vu des caractéristiques et des propriétés objectives de ce bras robotisé telles que décrites par la juridiction de renvoi, il peut être considéré qu’il répond aux caractéristiques des produits visés par la position 9021 de la NC.
33 S’agissant des caractéristiques et des propriétés objectives d’un bras robotisé tel que celui en cause au principal, il ressort de la décision de renvoi que ce bras est un dispositif technique qui a une structure composée de six articulations motorisées, d’une « main » avec deux ou trois « doigts » motorisés et d’une base avec des connexions externes, notamment pour le contrôleur, les prises USB ou l’alimentation électrique, qui se fixe sur un fauteuil roulant électrique et qui peut être actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale par des personnes atteintes d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras, afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets.
34 En premier lieu, en ce qui concerne les « [a]rticles et appareils d’orthopédie, y compris [...] les béquilles », au sens de la position 9021 de la NC, il ressort tant du point I des notes explicatives du SH relatives à la position 9021 de ce système que de la note no 6 du chapitre 90 de la NC que ces articles et appareils d’orthopédie sont notamment les articles et appareils qui servent « à prévenir ou à corriger certaines difformités corporelles ». À cet égard, la juridiction de renvoi éprouve des doutes plus particulièrement sur la question de savoir si le bras robotisé en cause au principal a pour fonction de corriger une difformité corporelle ou une déficience physique de la personne concernée.
35 Or, en l’occurrence, il convient de constater que les caractéristiques et les propriétés objectives d’un bras robotisé tel que celui en cause au principal ne correspondent pas à celles des « [a]rticles et appareils d’orthopédie » telles que définies par les libellés de la position 9021 de la NC, du point I des notes explicatives du SH relatives à la position 9021 de ce système et de la note no 6 du chapitre 90 de la NC.
36 En effet, premièrement, il ressort des caractéristiques et des propriétés objectives d’un bras robotisé tel que celui en cause au principal, telles que décrites dans la décision de renvoi et résumées au point 33 ci‑dessus, que la fonction principale de celui-ci est de servir de dispositif technique actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets.
37 Si un bras robotisé tel que celui en cause au principal peut être actionné également par des personnes atteintes d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras et, de ce fait, améliore, indiscutablement, le confort de vie de ces personnes, il ne semble pas que sa fonction principale, qui est celle de servir de dispositif technique actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets, permette de corriger une déficience ou une infirmité au sens de la position 9021 de la NC, en l’occurrence celle caractérisée par des bras immobiles ou manquants, mais uniquement qu’elle permette d’atténuer les effets d’une telle déficience ou d’une telle infirmité.
38 Deuxièmement, les notes explicatives de la NC précisent, en ce qui concerne la sous-position 9021 10 10, que les « [a]rticles et appareils d’orthopédie » doivent empêcher complètement un mouvement spécifique de la partie du corps déficiente ou infirme (par exemple des articulations, des ligaments ou des tendons) afin de prévenir d’autres blessures ou une aggravation de certaines difformités corporelles.
39 Toutefois, force est de constater qu’un bras robotisé tel que celui en cause au principal ne semble pas répondre à de telles caractéristiques, dès lors que, ainsi que cela est indiqué au point 33 ci-dessus, il apparaît qu’un tel bras robotisé peut être actionné, notamment, au moyen d’une manette (joystick), de sorte qu’il n’empêche pas complètement un mouvement spécifique du bras déficient ou infirme, mais peut au contraire requérir un tel mouvement.
40 Troisièmement, ne s’opposent pas à un tel constat les notes explicatives de la NC relatives à la position 9021 de la NC, d’après lesquelles les appareils relevant de cette position doivent « repren[dre] ou remplace[r] vraiment la fonction de la partie du corps déficiente ou infirme », et non pas uniquement servir « à atténuer les effets d’une déficience ou d’une infirmité ».
41 À cet égard, il y a lieu de constater que l’adverbe « vraiment » figurant dans les notes explicatives de la NC relatives à la position 9021 de la NC laisse entendre que, afin qu’il puisse relever de la position 9021 de la NC, un produit doit complètement reprendre ou remplacer la fonction de la partie du corps déficiente ou infirme.
42 En l’occurrence, ainsi qu’il ressort des caractéristiques et des propriétés objectives d’un bras robotisé tel que celui en cause au principal, telles que décrites dans la décision de renvoi et résumées au point 33 ci‑dessus, celui‑ci est fixé sur un fauteuil roulant électrique et actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale. Il est utilisé comme dispositif technique d’assistance par les personnes atteintes d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras, lesquelles peuvent le diriger au moyen de cette manette (joystick) ou de cette commande occipitale afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets. Ainsi, il ne semble pas qu’un tel bras robotisé reprenne ou remplace vraiment la fonction de la partie du corps déficiente ou infirme au sens des notes explicatives de la NC relatives à la position 9021 de la NC, en l’occurrence les bras immobiles ou manquants, mais qu’il serve uniquement à atténuer les effets d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras.
43 Quatrièmement, s’agissant de la destination essentielle des articles et des appareils d’orthopédie, il découle des notes explicatives de la NC relatives à la position 9021 de la NC que ces articles et appareils correspondent aux produits qui sont spécialement conçus pour une fonction orthopédique déterminée, par opposition aux produits ordinaires qui pourraient être utilisés à des fins diverses.
44 À cet égard, la Cour a déjà jugé que les critères susceptibles de différencier des produits simples ou ordinaires de ceux répondant à une fonction médicale comprenaient la méthode de fabrication du produit concerné, la nature des matières constitutives de celui-ci, sa faculté d’adaptation aux handicaps qu’il avait pour fonction de corriger ou d’autres caractéristiques particulières, notamment la spécificité de sa fonction (arrêt du 7 novembre 2002, Lohmann et Medi Bayreuth, C‑260/00 à C‑263/00, EU:C:2002:637, point 39).
45 En outre, la Cour a également jugé que les articles relevant de la position 9021 de la NC avaient pour point commun qu’ils étaient spécialement adaptés aux handicaps qu’ils avaient pour fonction de corriger et étaient spécialement conçus pour une personne déterminée (arrêt du 24 mars 1994, 3M Medica, C‑148/93, EU:C:1994:123, point 12).
46 En l’occurrence, eu égard aux caractéristiques et aux propriétés objectives du bras robotisé en cause au principal, telles que décrites dans la décision de renvoi et résumées au point 33 ci‑dessus, et compte tenu du fait que ce bras robotisé ne permet pas de corriger certaines difformités corporelles, à savoir l’absence de bras fonctionnels ou l’incapacité d’utiliser les bras, conformément à la note no 6 du chapitre 90 de la NC, il ne semble pas que ce bras robotisé ait été spécialement conçu pour une fonction orthopédique ou pour une personne déterminée, ni qu’il soit spécialement adapté à un handicap.
47 Cinquièmement, en ce qui concerne la comparaison, faite par la juridiction de renvoi, avec les béquilles, expressément mentionnées dans la position 9021 de la NC, et avec les chariots roulants, en tant qu’« articles [ou] appareils d’orthopédie » au sens de cette position, la Cour a jugé, d’une part, que la fonction principale des béquilles était de compenser une déficience ou une infirmité des membres inférieurs de façon à ce qu’une personne atteinte d’un tel handicap soit capable, à l’aide des béquilles, de marcher toute seule (arrêt du 22 décembre 2010, Premis Medical, C‑273/09, EU:C:2010:809, point 51).
48 La Cour a relevé, d’autre part, que la fonction principale du chariot roulant était également de servir d’appui à une personne pour la marche. Même si, à la différence des béquilles, le chariot roulant suppose l’usage des deux membres inférieurs, il compense, comme les béquilles, une déficience ou une infirmité consistant en général dans l’impossibilité pour la personne concernée de coordonner le mouvement des membres inférieurs en maintenant l’équilibre indispensable pour la marche (arrêt du 22 décembre 2010, Premis Medical, C‑273/09, EU:C:2010:809, point 52).
49 Il en résulte qu’un chariot roulant permet à une personne de compenser l’absence de l’équilibre indispensable pour la marche de manière à lui permettre de marcher toute seule. Dans la mesure où la capacité de compenser l’absence de l’équilibre en marchant est inhérente à la marche elle-même, un tel chariot roulant remplit une fonction analogue à celle des béquilles. Autrement dit, un chariot roulant permet à une personne d’exécuter une performance consistant à se déplacer en sécurité sur ses propres jambes alors que, sans cet appui, tout comme sans l’appui de béquilles, cette personne ne serait pas, compte tenu de son état de santé, capable d’une telle performance (arrêt du 22 décembre 2010, Premis Medical, C‑273/09, EU:C:2010:809, points 53 et 54).
50 En revanche, eu égard aux caractéristiques et aux propriétés objectives d’un bras robotisé tel que celui en cause au principal, telles que décrites dans la décision de renvoi et résumées au point 33 ci‑dessus, un tel bras robotisé, qui est utilisé comme dispositif technique d’assistance, n’a, sur l’aptitude de la personne atteinte d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras à exécuter elle-même des gestes du quotidien impliquant le bras ou la main que son infirmité ne lui permet pas d’effectuer, aucun effet similaire à celui que les béquilles et le chariot roulant relevant des « [a]rticles et appareils d’orthopédie », au sens de la position 9021 de la NC, ont sur la capacité d’une personne de se déplacer toute seule, en sécurité, sur ses propres jambes, afin de compenser une déficience ou une infirmité dont elle est atteinte.
51 Il s’ensuit qu’un bras robotisé tel que celui en cause au principal ne saurait relever des « [a]rticles et appareils d’orthopédie » au sens de la position 9021 de la NC.
52 En second lieu, ainsi que cela a été constaté aux points 40 et 41 ci-dessus, s’agissant des « autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », il ressort des notes explicatives de la NC relatives à la position 9021 de la NC que, au sens de cette position, on entend par « compenser une déficience ou une infirmité » uniquement des appareils qui reprennent ou remplacent vraiment la fonction de la partie du corps déficiente ou infirme. Sont toutefois exclus de cette position les appareils qui servent uniquement à atténuer les effets d’une déficience ou d’une infirmité.
53 À cet égard, premièrement, ainsi qu’il ressort du point 42 ci‑dessus, il ne semble pas qu’un bras robotisé tel que celui en cause au principal reprenne ou remplace vraiment la fonction de la partie du corps déficiente ou infirme au sens des notes explicatives de la NC relatives à la position 9021 de la NC, en l’occurrence les bras immobiles ou manquants, mais qu’il serve uniquement à atténuer les effets d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras.
54 Deuxièmement, il y a lieu de relever qu’il ressort du libellé de la position 9021 de la NC que la caractéristique des appareils indiqués dans cette position consiste dans le fait qu’ils sont tenus à la main, portés sur la personne ou implantés dans l’organisme.
55 À cet égard, il ressort du point V des notes explicatives du SH relatives à la position 9021 de ce système que relèvent de cette position, notamment, les « appareils destinés à faciliter la phonation des personnes ayant perdu l’usage des cordes vocales à la suite d’un traumatisme ou d’une intervention chirurgicale », les « appareils du genre pacemaker », les « appareils permettant aux aveugles de se guider » et les « appareils à implanter dans l’organisme destinés à soutenir ou à remplacer la fonction chimique de certains organes ».
56 Il découle de ce qui précède que sont à classer dans la position 9021 de la NC les produits qui sont susceptibles d’être implantés dans l’organisme, qui sont tenus à la main ou qui sont fixés directement sur le corps de la personne concernée en vue de remplacer une partie du corps infirme ou de reprendre la fonction de celle-ci, ce qui, par voie de conséquence, les distingue de produits ordinaires.
57 En l’occurrence, il ressort de la description mentionnée dans la décision de renvoi et résumée au point 33 ci‑dessus qu’un bras robotisé tel que celui en cause au principal est fixé sur un fauteuil roulant électrique et actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale. Un tel bras robotisé n’est ainsi pas directement relié au corps de la personne concernée, puisqu’il n’est ni tenu à la main, ni porté sur la personne, ni implanté dans l’organisme. Ainsi que la Commission l’a relevé, en substance, dans ses observations écrites, un tel bras robotisé, fixé sur un fauteuil roulant électrique et non sur le corps de la personne atteinte d’une déficience ou d’une infirmité caractérisée par l’absence de bras fonctionnels ou par l’incapacité d’utiliser les bras, ne présente pas un lien physique direct et durable suffisant avec le corps de la personne concernée.
58 Par ailleurs, un tel lien physique direct et durable ne pourrait pas non plus être établi par une manette (joystick) ou une commande occipitale. En effet, le contact avec le corps de la personne concernée établi de cette manière est instantané et se limite au temps nécessaire pour effectuer la commande afin de faire fonctionner un bras robotisé tel que celui en cause au principal.
59 Il s’ensuit qu’un bras robotisé tel que celui en cause au principal ne saurait relever de la catégorie des « autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », au sens de la position 9021 de la NC.
60 Eu égard à ce qui précède, il y a lieu de répondre aux questions posées que la position 9021 de la NC doit être interprétée en ce sens que les expressions « [a]rticles et appareils d’orthopédie » et « autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », visées par cette position, ne couvrent pas un bras robotisé fixé sur un fauteuil roulant électrique qui est actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets.
Sur les dépens
61 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations au Tribunal, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.
Par ces motifs,
LE TRIBUNAL (cinquième chambre, siégeant avec cinq juges)
dit pour droit :
La position 9021 de la nomenclature combinée figurant à l’annexe I du règlement (CEE) no 2658/87 du Conseil, du 23 juillet 1987, relatif à la nomenclature tarifaire et statistique et au tarif douanier commun, dans sa version résultant du règlement d’exécution (UE) 2019/1776 de la Commission, du 9 octobre 2019,
doit être interprétée en ce sens que :
les expressions « [a]rticles et appareils d’orthopédie » et « autres appareils à tenir à la main, à porter sur la personne ou à implanter dans l’organisme, afin de compenser une déficience ou une infirmité », visées par cette position, ne couvrent pas un bras robotisé fixé sur un fauteuil roulant électrique qui est actionné au moyen d’une manette (joystick) ou d’une commande occipitale afin d’exécuter des mouvements imitant ceux d’un bras humain pour manipuler certains objets.
| Papasavvas | Sampol Pucurull | Laitenberger |
| Stancu | Valasidis |
Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 3 juin 2026.
Signatures
* Langue de procédure : l’allemand.
Arrêt de la Cour (deuxième chambre) du 18 juin 2026.#Z.R. et Ś. contre U. et Z.#Renvoi préjudiciel – Coopération judiciaire en matière civile – Règlement (CE) no 44/2001 – Compétence judiciaire, reconnaissance et exécution des décisions en matière civile et commerciale – Article 5, point 3 – Compétence spéciale en matière délictuelle ou quasi délictuelle – Lieu où le fait dommageable s’est produit ou risque de se produire – Personnes physiques et morales alléguant une atteinte à leurs droits de la personnalité résultant de la diffusion d’un contenu audiovisuel à la télévision et sur Internet – Compétence internationale des juridictions d’un État membre autre que l’État membre de production de ce contenu – Lieu de la matérialisation du dommage – Centre des intérêts de ces personnes – Contenu comportant des éléments permettant d’identifier indirectement une personne en tant qu’individu – Recours tendant à obtenir des mesures visant à éliminer et à prévenir les effets d’une telle atteinte ainsi qu’à la réparation du préjudice moral.#Affaire C-232/25.
18/06/2026
Arrêt de la Cour (première chambre) du 18 juin 2026.#Datenschutzbehörde et Dr. G S contre Bundesministerin für Justiz et D GmbH.#Renvoi préjudiciel – Protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel – Règlement (UE) 2016/679 – Articles 77 et 79 – Voies de recours – Exercice parallèle – Articulation entre l’introduction d’une réclamation auprès d’une autorité nationale de contrôle et l’exercice d’un recours juridictionnel – Risque de décisions contradictoires – Principe de protection juridictionnelle effective – Autonomie procédurale des États membres – Principe d’effectivité – Principe d’équivalence.#Affaire C-414/24.
18/06/2026
Arrêt de la Cour (cinquième chambre) du 18 juin 2026.#NTH Haustechnik GmbH contre EM.#Renvoi préjudiciel – Protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel – Règlement (UE) 2016/679 – Article 5, paragraphe 1, sous e) – Limitation de la conservation – Article 6, paragraphe 1, premier alinéa, sous e) – Licéité du traitement desdites données relatif à un contrat de travail dans le cadre d’une procédure judiciaire – Article 17, paragraphe 3, sous e) – Absence d’obligation de procéder à l’effacement des mêmes données en cas de traitement nécessaire à la constatation, à l’exercice ou à la défense de droits en justice – Données collectées par l’employeur en vue d’établir un manquement grave de l’employé à ses obligations – Utilisation de preuves obtenues de manière illégale.#Affaire C-484/24.
18/06/2026
Jurisprudence CJUE — 62024CJ0522
18/06/2026