| CELEX | 62025TJ0412 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 17 juin 2026 |
DOCUMENT DE TRAVAIL
ARRÊT DU TRIBUNAL (huitième chambre)
17 juin 2026 (*)
« Marque de l’Union européenne – Procédure d’opposition – Demande de marque de l’Union européenne verbale PARKNER – Marque de l’Union européenne verbale antérieure PARKSTER – Marque nationale figurative antérieure Parkster – Motif relatif de refus – Risque de confusion – Similitude des produits et des services – Article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 »
Dans l’affaire T‑412/25,
Parkster AB, établie à Lund (Suède), représentée par Mes J. Norderyd, C. Sundén et J. Nilsson, avocats,
partie requérante,
contre
Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par M. M. Eberl, en qualité d’agent,
partie défenderesse,
l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO, intervenant devant le Tribunal, étant
Ühisteenused AS, établie à Tallinn (Estonie), représentée par Me T. Toomela, avocat,
LE TRIBUNAL (huitième chambre),
composé de M. I. Gâlea (rapporteur), président, Mme M. J. Costeira et M. T. Tóth, juges,
greffier : M. V. Di Bucci,
vu la phase écrite de la procédure,
vu l’absence de demande de fixation d’une audience présentée par les parties dans le délai de trois semaines à compter de la signification de la clôture de la phase écrite de la procédure et ayant décidé, en application de l’article 106, paragraphe 3, du règlement de procédure du Tribunal, de statuer sans phase orale de la procédure,
rend le présent
Arrêt
1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Parkster AB, demande l’annulation et la réformation de la décision de la deuxième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 6 mai 2025 (affaire R 1944/2024‑2) (ci-après la « décision attaquée »).
Antécédents du litige
2 Le 20 octobre 2022, l’intervenante, Ühisteenused AS, a présenté à l’EUIPO une demande d’enregistrement de marque de l’Union européenne pour le signe verbal PARKNER.
3 La marque demandée désignait les produits et les services relevant des classes 9, 36, 39 et 42 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale de produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondant, pour les services relevant de la classe 39, à la description suivante :
« Services de parcs de stationnement ; mise à disposition d’informations en matière de services de stationnement de véhicules ; location de garages et de places de stationnement ; stationnement et stockage de véhicules ; location de systèmes mécaniques de stationnement ; location d’emplacements de véhicules ; location de places de stationnement ; réservation de places de stationnement ; stationnement de véhicules ; services de parcs de stationnement de voitures ; mise à disposition d’informations en matière de location de systèmes de stationnement mécaniques ; services relatifs à des garages [remises] pour véhicules ; services de stationnement dans les aéroports ; services de stationnement dans des garages ».
4 Le 24 janvier 2023, la requérante a formé opposition à l’enregistrement de la marque demandée pour l’ensemble des produits et des services visés dans la demande d’enregistrement.
5 L’opposition était fondée sur la marque de l’Union européenne verbale antérieure PARKSTER, déposée le 14 mars 2013 et enregistrée le 12 août 2013 sous le numéro 11654647 pour des produits et des services relevant notamment des classes 9 et 36, et sur la marque suédoise figurative antérieure, déposée le 3 juin 2022 et enregistrée le 4 juillet 2022 sous le numéro 622359, reproduite ci-après :
6 Cette dernière désignait les produits et les services relevant des classes 9, 35, 36 et 38 correspondant, en ce qui concerne les produits et les services relevant des classes 9 et 36, notamment à la description suivante:
– classe 9 : « Logiciels pour le paiement de droits de stationnement ; applications mobiles téléchargeables pour le paiement de droits de stationnement ; parcmètres » ;
– classe 36 : « Services de paiement pour le paiement de frais de stationnement au moyen d’applications mobiles ».
7 Le motif invoqué à l’appui de l’opposition était celui visé à l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1).
8 Par décision du 7 août 2024, la division d’opposition a partiellement fait droit à l’opposition, sur base de la marque suédoise figurative antérieure mentionnée au point 5 ci-dessus, au motif qu’il existait un risque de confusion. Elle a refusé l’enregistrement de la marque demandée pour l’ensemble des produits et des services compris dans les classes 9, 36 et 42 et a rejeté l’opposition pour tous les services compris dans la classe 39.
9 Le 4 octobre 2024, la requérante a formé un recours auprès de la chambre de recours de l’EUIPO contre la décision de la division d’opposition, demandant que celle-ci soit partiellement annulée dans la mesure où elle avait rejeté l’opposition pour tous les services compris dans la classe 39.
10 Par la décision attaquée, la chambre de recours a rejeté le recours. Elle a estimé que les services visés par la marque demandée, étant pour l’essentiel des services de mise à disposition de places de stationnement, compris dans la classe 39, étaient différents, d’une part, des logiciels et applications mobiles pour le paiement des droits de stationnement et des parcomètres compris dans la classe 9, et, d’autre part, des services de paiement pour le paiement des frais de stationnement au moyen d’applications mobiles compris dans la classe 36 couverts par la marque suédoise antérieure et par la marque de l’Union européenne antérieure (ci-après « les marques antérieures»). Partant, la chambre de recours a conclu que, indépendamment du degré de similitude, de l’identité des signes en conflit ou encore de l’éventuelle renommée des marques antérieures, il n’existait pas de risque de confusion.
Conclusions des parties
11 La requérante conclut en substance à ce qu’il plaise au Tribunal :
– annuler la décision attaquée ;
– faire droit à l’opposition pour l’intégralité des services visés par la marque demandée compris dans la classe 39 ;
– condamner l’EUIPO aux dépens ;
– condamner l’intervenante aux dépens exposés devant l’EUIPO.
12 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter le recours ;
– condamner la requérante aux dépens en cas de convocation à une audience.
13 L’intervenante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter le recours ;
– condamner la requérante aux dépens.
En droit
14 À l’appui de son recours, la requérante soulève un moyen unique, tiré de la violation de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.
Sur le fond
Sur la demande en annulation
15 Par son moyen unique, la requérante fait valoir notamment que, contrairement à ce que la chambre de recours a estimé dans la décision attaquée, les services compris dans la classe 39 visés par la marque demandée doivent être considérés comme similaires aux produits et aux services compris dans les classes 9 et 36, couverts par les marques antérieures.
16 L’EUIPO et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.
17 L’EUIPO soutient que les produits et les services en cause ne sont pas similaires. À cet égard, il fait valoir que ceux-ci ne sont pas complémentaires, en ce que les consommateurs ne s’attendraient généralement pas à l’existence d’un lien entre les produits et les services en cause permettant de penser qu’ils proviennent de la même entreprise.
18 Aux termes de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sur opposition du titulaire d’une marque antérieure, la marque demandée est refusée à l’enregistrement lorsque, en raison de son identité ou de sa similitude avec une marque antérieure et en raison de l’identité ou de la similitude des produits ou des services que les deux marques désignent, il existe un risque de confusion dans l’esprit du public du territoire sur lequel la marque antérieure est protégée. Le risque de confusion comprend le risque d’association avec la marque antérieure.
19 Constitue un risque de confusion le risque que le public puisse croire que les produits ou les services en cause proviennent de la même entreprise ou d’entreprises liées économiquement. Le risque de confusion doit être apprécié globalement, selon la perception que le public pertinent a des signes et des produits ou des services en cause, et en tenant compte de tous les facteurs pertinents en l’espèce, notamment de l’interdépendance de la similitude des signes et de celle des produits ou des services désignés [voir arrêt du 9 juillet 2003, Laboratorios RTB/OHMI – Giorgio Beverly Hills (GIORGIO BEVERLY HILLS), T‑162/01, EU:T:2003:199, points 30 à 32 et jurisprudence citée].
20 Aux fins de l’application de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, un risque de confusion présuppose à la fois une identité ou une similitude des marques en conflit et une identité ou une similitude des produits ou des services qu’elles désignent. Il s’agit là de conditions cumulatives [voir arrêt du 22 janvier 2009, Commercy/OHMI – easyGroup IP Licensing (easyHotel), T‑316/07, EU:T:2009:14, point 42 et jurisprudence citée].
21 Lorsque la chambre de recours constate qu’il n’y a aucune similitude entre les produits et les services visés par les marques en conflit, elle peut rejeter l’opposition fondée sur l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, sans qu’il soit besoin de procéder à une appréciation globale du risque de confusion et ainsi de tenir compte de tous les facteurs pertinents, tels que le niveau d’attention du public pertinent ou la perception qu’il a des marques et des produits ou des services en cause [arrêt du 17 avril 2024, Coinbase/EUIPO – Coinbase Global (coinbase), T‑126/22, non publié, EU:T:2024:252, point 68].
22 C’est à la lumière de ces considérations qu’il y a lieu d’examiner si c’est à juste titre que la chambre de recours a conclu qu’il n’existait pas de risque de confusion dans l’esprit du public pertinent concernant les produits et les services en cause, au sens de l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001.
23 À titre liminaire, il convient de constater que la chambre de recours a rappelé au point 7 de la décision attaquée les constatations de la division d’opposition au sujet du public pertinent, selon lesquelles les logiciels pour le paiement de droits de stationnement et les services de paiement pour le paiement de frais de stationnement au moyen d’applications mobiles couverts par les marques antérieures peuvent cibler les mêmes utilisateurs finaux que ceux qui utilisent des services de stationnement visés par la marque demandée. Bien que la chambre de recours n’ait pas explicitement analysé le public pertinent pour les produits et les services en cause, elle a implicitement admis, aux points 19 à 22 de la décision attaquée, que ces produits et ces services s’adressaient au grand public, à savoir les personnes ayant besoin de se garer, à l’exception des parcomètres compris dans la classe 9 couverts par les marques antérieures qui s’adresseraient plutôt aux municipalités, aux propriétaires ou aux entreprises qui gèrent des places et des sites de stationnement et non aux utilisateurs de garages et de places de stationnement. Le constat selon lequel les logiciels et applications mobiles pour le paiement des droits de stationnement et les parcomètres (classe 9), les services de paiement pour le paiement des frais de stationnement au moyen d’applications mobiles (classe 36), couverts par les marques antérieures, ainsi que les services compris dans la classe 39 visés par la marque demandée s’adressent au grand public n’est pas en tant que tel contesté par la requérante.
Sur la comparaison des produits et des services
24 Pour apprécier la similitude entre les produits ou les services en cause, il y a lieu de tenir compte de tous les facteurs pertinents qui caractérisent le rapport entre eux. Ces facteurs incluent, en particulier, leur nature, leur destination, leur utilisation ainsi que leur caractère concurrent ou complémentaire. D’autres facteurs peuvent également être pris en compte, tels que les canaux de distribution des produits concernés [arrêt du 29 septembre 1998, Canon, C‑39/97, EU:C:1998:442, point 23 ; voir, également, arrêt du 14 mai 2013, Sanco/OHMI – Marsalman (Représentation d’un poulet), T‑249/11, EU:T:2013:238, point 21 et jurisprudence citée].
25 Il convient également de relever qu’aux fins de l’examen de la similitude des services, il y a lieu de prendre en considération les caractéristiques et les qualités objectives des services en cause, tels que figurant dans la liste des services visés par la marque demandée, et de ceux couverts par les marques antérieures [voir arrêt du 12 février 2015, Klaes/OHMI – Klaes Kunststoffe (Klaes), T‑453/13, non publié, EU:T:2015:98, point 29 et jurisprudence citée].
26 Il est de jurisprudence constante que les produits ou les services complémentaires sont ceux entre lesquels existe un lien étroit, en ce sens que l’un est indispensable ou important pour l’usage de l’autre, de sorte que les consommateurs peuvent penser que la responsabilité de la fabrication de ces produits ou de la fourniture de ces services incombe à la même entreprise. Cette définition jurisprudentielle implique que les produits ou les services complémentaires soient susceptibles d’être utilisés ensemble, ce qui présuppose qu’ils soient adressés au même public (voir arrêt du 22 janvier 2009, easyHotel, T‑316/07, EU:T:2009:14, points 57 et 58 et jurisprudence citée).
27 Il convient également de rappeler que les principes applicables à la comparaison des produits s’appliquent également à la comparaison entre les produits et les services. Certes, du fait de leur nature même, les produits sont généralement différents des services, mais il n’en demeure pas moins qu’ils peuvent être complémentaires ou que les services peuvent avoir le même objet ou la même destination que les produits et se trouver, de ce fait, en concurrence avec ces derniers. Il s’ensuit que, dans certaines circonstances, une similitude peut être constatée entre des produits et des services [arrêt du 8 février 2023, UniSkin/EUIPO – Unicskin (UNISKIN by Dr. Søren Frankild), T‑787/21, non publié, EU:T:2023:56, point 32].
28 C’est à la lumière de cette jurisprudence qu’il convient d’examiner les arguments présentés par la requérante.
29 En l’espèce, la chambre de recours a considéré, tout d’abord, au point 18 de la décision attaquée, que les services visés par la marque demandée étaient différents des produits et des services couverts par les marques antérieures, par leur nature et leur destination et qu’ils ne coïncidaient pas par leur utilisation, ni par leurs canaux de distribution.
30 Elle a également constaté, au point 19 de la décision attaquée, que les entreprises fournissant des services de parcs de stationnement ou des services de location de places de stationnement ne participaient normalement pas au développement de logiciels ou de dispositifs informatiques spécialisés, tout en les sous-traitant à des entreprises informatiques. À l’inverse, une société proposant un logiciel ou une application mobile pour la réservation de services de parcs de stationnement n’offrirait généralement pas de services de parcs de stationnement. D’après la chambre de recours, un logiciel proposé par une telle entreprise est un outil qui permet aux consommateurs d’avoir une vue d’ensemble des places de stationnement disponibles et les plus pratiques, ainsi que des prix proposés par diverses autres entreprises, et de réserver la place de stationnement proposée par l’entreprise choisie.
31 Ensuite, au point 20 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré que les produits et les services couverts par les marques antérieures et les services visés par la marque demandée n’étaient pas non plus complémentaires. À cet égard, elle a distingué la complémentarité de l’usage combiné ou l’utilisation conjointe des produits et des services. Ainsi, l’utilisation conjointe des produits en cause serait purement facultative et non indispensable ou importante, le lien étroit nécessaire faisant défaut. La chambre de recours a ajouté, au point 22 de la décision attaquée, que le simple fait que des logiciels puissent être utilisés dans le cadre de la fourniture des services de la requérante ou pour faciliter l’accès des clients aux services de la requérante, voire à tout service, ne suffit pas pour conclure à l’existence d’une complémentarité.
32 Par ailleurs, au point 23 de la décision attaquée, la chambre de recours a considéré que les parcomètres couverts par les marques antérieures, en particulier, ne ciblaient pas le même public, s’adressant aux municipalités, aux propriétaires ou aux entreprises qui gèrent des places et des sites de stationnement et non pas aux utilisateurs de garages et de places de stationnement.
33 Enfin, au point 24 de la décision attaquée, elle a estimé que les produits et les services comparés n’étaient pas indispensables ou importants les uns pour les autres, étant donné que le paiement des frais de stationnement ne doit pas nécessairement être effectué par le biais d’une application mobile ou d’un logiciel, mais peut également se faire au moyen d’une caisse ou d’un parcomètre. De ce fait, selon la chambre de recours, aucun consommateur ne percevra un lien si étroit entre les produits et les services en cause qu’il présumerait qu’ils proviennent de la même entreprise. Elle a également conclu que les services en cause n’étaient pas concurrents, faute de pouvoir se substituer les uns aux autres.
34 La requérante estime, en substance, que la chambre de recours a commis une erreur d’appréciation en ce qui concerne la comparaison des produits et des services en cause. En premier lieu, elle soutient que la similitude des produits et des services en cause ressort du fait que lesdits produits et lesdits services sont tous liés au stationnement ou qu’ils se rapportent tous explicitement au stationnement. La finalité des produits et des services pertinents des deux parties serait la même, ils emprunteraient les mêmes canaux de distribution et viseraient le même public.
35 En deuxième lieu, la requérante fait valoir que les produits et les services en cause sont complémentaires. Elle affirme que différentes municipalités, telles que Berlin (Allemagne), Copenhague (Danemark), Stockholm (Suède) et Malmö (Suède), offrent des services de paiement pour le paiement des frais de stationnement par l’intermédiaire d’applications mobiles. À cet égard, selon la requérante, les services de mise à disposition de places de stationnement compris dans la classe 39 seraient nécessaires à une utilisation et à un fonctionnement adéquat des produits et des services couverts par les marques antérieures. L’inverse serait également vrai, compte tenu du caractère numérique de la société actuelle et du nombre important de services de stationnement qui seraient actuellement payés au moyen d’applications mobiles.
36 En troisième lieu, la requérante remet en cause les appréciations de la chambre de recours selon lesquelles les entreprises fournissant des services de location de places de stationnement ne se livrent normalement pas au développement de logiciels et les sociétés fournissant des applications mobiles de stationnement ne proposent généralement pas elles-mêmes des services de stationnement. En outre, elle soutient que son modèle d’entreprise, qui serait courant dans le secteur du stationnement, consisterait dans la fourniture, par la même société, de services de stationnement et de services de paiement, au même consommateur, par l’intermédiaire d’une application mobile. Selon la requérante, son application mobile ne permettrait pas au consommateur de trouver et de payer toute place de stationnement disponible, mais uniquement les places de stationnement proposées par cette application.
37 En quatrième et dernier lieu, la requérante estime que les services en cause ciblent le même public.
38 L’EUIPO et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.
39 En premier lieu, l’EUIPO soutient que le fait que les produits et les services comparés s’adressent à des consommateurs identiques ne saurait être considéré en soi et à lui seul comme un facteur important dans l’appréciation de la similitude entre les produits et les services, en particulier lorsque ces services s’adressent au grand public.
40 En deuxième lieu, l’EUIPO considère que les consommateurs ne s’attendraient généralement pas à l’existence d’un lien entre les produits et les services en cause, de sorte que ceux-ci soient complémentaires. Ainsi, ces mêmes consommateurs ne seraient pas amenés à croire que l’entreprise responsable de la fourniture des services de stationnement est la même entreprise qui fournit l’application, même si le paiement des frais de stationnement via une application peut jouer un rôle important dans le choix d’une place de stationnement. De surcroît, il souligne le fait que la requérante même a montré dans sa requête qu’il est possible, dans certaines villes, de payer la place de stationnement auprès de plusieurs fournisseurs d’applications pour le même service de stationnement.
41 En troisième lieu, l’EUIPO remarque que le fournisseur de l’application, tel que la requérante, ne ferait que faciliter le paiement des services de stationnement et le fait que ces derniers services soient de nos jours très probablement accessibles également via une application mobile n’entraînerait pas forcément une similitude avec les produits et les services logiciels couverts par les marques antérieures.
42 En quatrième lieu, l’EUIPO relève qu’en reconnaissant la similitude par le biais de la complémentarité dans les cas où les produits et les services sont proposés par voie électronique et où une marque antérieure couvre des programmes informatiques ou des logiciels, irait au-delà de la protection légale pour le titulaire d’une marque. De son avis, une telle position conduirait à une situation dans laquelle l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne désignant des logiciels exclurait en pratique l’enregistrement ultérieur de tout autre droit désignant les produits et les services fournis par voie électronique.
43 L’intervenante souscrit aux conclusions de la chambre de recours quant au fait que les services relevant de la classe 39 couverts par les marques antérieures ne présentent aucune similitude avec les produits et les services de la requérante. Elle ajoute également, en ce qui concerne l’argument de la requérante selon lequel les sociétés fournissant des services de stationnement sont engagées dans le développement de logiciels ou la fourniture de services informatiques, qu’une telle combinaison d’activités commerciales, par la même entité, n’est manifestement pas courante et que l’évaluation à cet égard devrait reposer sur la situation globale du marché et non pas sur le modèle commercial individuel de la requérante.
44 Il convient d’emblée de constater, à l’instar de la chambre de recours, que les produits et les services en cause sont différents par leur nature, leur destination et leur utilisation. En effet, les services relevant de la classe 39 et visés par la marque demandée comprennent notamment des services de parcs de stationnement, de location de garages et de places de stationnement, des services de stationnement dans des garages et des aéroports, de stockage de véhicules, ainsi que de mise à disposition d’informations à ce sujet, désignés dans leur ensemble par la chambre de recours en tant que services de « mise à disposition de places de stationnement ». Ainsi, ces services sont utilisés essentiellement pour occuper physiquement un emplacement de stationnement pendant une courte durée, ou pour mettre à disposition des informations à cet égard, alors que ceux des marques antérieures sont utilisés pour payer et gérer ledit stationnement.
45 De ce fait, lesdits produits et lesdits services ne coïncident pas dans leur destination car ils répondent à des besoins différents, même si le public visé coïncide pour certains des produits et des services en cause, à savoir les personnes ayant besoin de trouver un stationnement.
46 Néanmoins, il y a lieu d’examiner l’appréciation de la chambre de recours concernant la complémentarité des produits et des services en cause.
47 Aux fins de l’appréciation du caractère complémentaire des produits et des services en cause, il convient de vérifier, en premier lieu, si, conformément à la jurisprudence citée au point 26 ci-dessus, il existe un lien étroit entre les produits et les services en cause, en ce sens que l’un est indispensable ou important pour l’usage de l’autre et, en deuxième lieu, si ce lien étroit est tel que les consommateurs attribueraient la même origine commerciale auxdits produits et auxdits services.
48 En premier lieu, s’agissant de la première condition mentionnée au point 47 ci-dessus, il y a lieu de constater tout d’abord, tel qu’il ressort du point 21 de la décision attaquée, que les produits et les services comparés sont susceptibles d’être utilisés ensemble, caractéristique qui d’ailleurs n’est pas contesté par les parties.
49 Ensuite, en ce qui concerne le caractère indispensable ou important de l’utilisation d’un produit ou d’un service pour l’utilisation de l’autre, il y a lieu de constater que, comme le soutient à juste titre la requérante, la mise à disposition de places de stationnement qui englobe la plupart des services compris dans la classe 39 visés par la marque demandée, tels que les services de parcs de stationnement, de location de garages et de places de stationnement, des services de stationnement dans des garages et des aéroports, de stockage de véhicules, est nécessaire, à savoir indispensable, pour l’utilisation et le fonctionnement adéquats des produits et des services couverts par les marques antérieures, à savoir les logiciels et les applications mobiles pour le paiement de droits de stationnement (classe 9), les parcomètres (classe 9) et les services de paiement pour le paiement de frais de stationnement au moyen d’applications mobiles (classe 36), étant donné que la spécification dans l’enregistrement des marques antérieures vise les logiciels, les applications mobiles et les services de paiement « pour le paiement des droits de stationnement ». En effet, il n’est objectivement pas possible de payer le stationnement par le biais d’un logiciel ou un service de paiement sans recourir au service de se garer ou de stationner.
50 En ce qui concerne les services de mise à disposition d’informations en matière de services de stationnement de véhicules et de mise à disposition d’informations en matière de location de systèmes de stationnement mécaniques relevant également de la classe 39, il y a lieu de relever que ceux-ci sont à tout le moins « importants » pour les produits et les services couverts par les marques antérieures, mentionnés ci-dessus.
51 À l’inverse, les services couverts par les marques antérieures, notamment les logiciels et les applications mobiles pour le paiement des frais de stationnement (classe 9) et les services de paiement pour le paiement des frais de stationnement par le biais des applications mobiles (classe 36), doivent être qualifiés d’« importants » pour le bon fonctionnement des services de parcs de stationnement, de location de garages et de places de stationnement, des services de stationnement dans des garages et des aéroports, de stockage de véhicules, ainsi que de mise à disposition des informations à ce sujet (classe 39) afférents à la marque demandée.
52 En effet, ainsi que l’EUIPO l’admet dans son mémoire en réponse, dans la société actuelle caractérisée par le numérique, « le paiement des frais de stationnement via une application peut jouer un rôle important dans le choix d’une place de stationnement ».
53 La conclusion énoncée aux points 49 à 51 ci-dessus n’est pas remise en cause par la circonstance que le paiement des frais de stationnement peut se faire également par d’autres moyens qu’une application mobile, comme une caisse ou un parcomètre, contrairement à ce que la chambre de recours a conclu dans la décision attaquée. À cet égard, le fait que le stationnement peut être payé par plusieurs moyens, non contesté par les parties, écarte le caractère « indispensable » des produits et des services couverts par les marques antérieures pour les services visés par la marque demandée, sans pour autant exclure leur caractère « important ». Or, comme l’a relevé la requérante, en présentant des captures d’écran relatives aux modalités de paiement des droits de stationnement dans certaines villes, sans être contredite sur ce point par l’EUIPO, le paiement du stationnement via des applications mobiles est une méthode de paiement désormais courante.
54 Par ailleurs, s’agissant de l’appréciation de la chambre de recours selon laquelle les produits et les services comparés sont utilisés ensemble de manière purement facultative, que ce soit par choix ou par commodité, de sorte que le lien étroit nécessaire entre les deux ferait défaut, il est vrai que le Tribunal a jugé que même si certains produits couverts par la marque demandée sont susceptibles d’être utilisés, voire consommés, en accompagnement des produits couverts par la marque antérieure, leur utilisation en tant que telle est facultative et n’est absolument pas indispensable à la consommation desdits produits[voir, en ce sens, arrêt du 28 octobre 2015, Monster Energy/OHMI – Home Focus (MoMo Monsters), T‑736/14, non publié, EU:T:2015:809, point 29].
55 Sur ce point, il convient toutefois de rappeler, conformément à la jurisprudence citée au point 26 ci-dessus, que les produits complémentaires sont ceux entre lesquels existe un lien étroit, en ce sens que l’un est indispensable « ou important » pour l’usage de l’autre. Or, en l’espèce, ainsi que cela ressort du point 52 ci-dessus, bien que l’emploi des logiciels et des applications mobiles de paiement des frais de stationnement et des services de paiement par le biais des applications mobiles pour les frais de stationnement ne soit pas indispensable au sens de la jurisprudence rappelée au point 54 ci-dessus, cet usage constitue néanmoins une alternative importante pour le paiement des services de stationnement, à côté des modalités physiques de paiement, de sorte que l’emploi des applications mobiles pour ces fins possède à ce titre un caractère complémentaire.
56 Eu égard à l’ensemble des considérations qui précèdent, il convient de relever que le constat de la chambre de recours, énoncé au point 24 de la décision attaquée, selon lequel les produits et les services en cause ne sont ni indispensables ni importants les uns pour les autres, est entaché d’une erreur d’appréciation. Il résulte ainsi de ce qui précède que les produits et les services en cause présentent un lien étroit entre eux.
57 En second lieu, aux fins d’apprécier la seconde condition de la complémentarité, mentionnée au point 47 ci-dessus, il y a lieu d’examiner si, compte tenu de l’existence d’un lien étroit entre les produits et les services en cause, relevée au point 56 ci-dessus, les consommateurs peuvent penser que la responsabilité de la fabrication de ces produits ou de la fourniture de ces services incombe à la même entreprise.
58 Selon la jurisprudence citée au point 26 ci-dessus, la seconde condition doit être appréciée au regard du public pertinent, à savoir si ce public peut croire que les produits et les services en cause partagent la même origine commerciale.
59 En l’espèce, ainsi qu’il a été rappelé au point 23 ci-dessus, les logiciels et les applications mobiles pour le paiement de droits de stationnement (classe 9) et les services de paiement pour le paiement de frais de stationnement au moyen d’applications mobiles (classe 36) couverts par les marques antérieures peuvent cibler les mêmes utilisateurs finaux que les services de stationnement (classe 39) visés par la marque demandée, à savoir les personnes ayant besoin de trouver une place stationnement. Cet aspect n’est pas examiné par la chambre de recours ni contesté par les parties. L’EUIPO admet d’ailleurs que « les produits et [les] services comparés s’adressent à des consommateurs identiques ».
60 Ainsi, il convient de constater que les consommateurs coïncident en ce qui concerne les services visés par la marque demandée dans la classe 39 et, au moins, les logiciels et les applications mobiles pour le paiement de droits de stationnement compris dans la classe 9 et les services de paiement pour le paiement des frais de stationnement au moyen d’une application mobile compris dans la classe 36, couverts par les marques antérieures.
61 Néanmoins, ainsi que le souligne l’EUIPO, la concordance de public pertinent en ce qui concerne au moins une partie des services comparés, bien qu’importante dans l’appréciation de la complémentarité, ne suffit pas en soi pour conclure au sens de la similitude. Dès lors, il y a lieu de déterminer si lesdits consommateurs, compte tenu du lien étroit entre les produits et les services en cause, peuvent leur attribuer une origine commerciale commune.
62 En l’espèce, il convient de constater que, d’une part, comme indiqué au point 53 ci-dessus, le paiement du stationnement via des applications mobiles est une méthode de paiement désormais courante. D’autre part, dans la société contemporaine dominée par le numérique, il est bien habituel que le consommateur interagisse avec une seule entité ou entreprise, qui fournisse tant le logiciel et/ou l’application mobile de stationnement que la possibilité de choisir, d’occuper effectivement une place de stationnement des véhicules ou, voire, d’obtenir des informations en matière de location de systèmes de stationnement. En effet, il ressort des éléments de preuve fournis par la requérante (annexes A.7 et A.8 à la requête), que, selon ce modèle d’entreprise, adopté également par elle-même, le fournisseur d’une application mobile de stationnement agit comme unique intermédiaire entre les propriétaires des places de stationnement et les consommateurs qui souhaitent en trouver une, en leur proposant ces places pour le compte des propriétaires par le biais de l’application mobile. Ainsi, la seule marque avec laquelle le consommateur entre en contact est celle du fournisseur de l’application mobile.
63 Dès lors, dans ce cas, peu importe, aux yeux du consommateur moyen, si la société qui propose le logiciel ou l’application mobile de stationnement sous sa propre marque est effectivement propriétaire de la place de stationnement. Partant, le fournisseur de l’application mobile de stationnement est susceptible d’être perçu aussi comme le fournisseur des services de stationnement et non pas seulement comme celui qui a développé le logiciel ou l’application mobile. De ce fait, ainsi que le fait valoir à juste titre la requérante, les services de mise à disposition de places de stationnement, ainsi que de mise à disposition des informations à ce sujet visés par la marque demandée, peuvent emprunter, dans un tel cas, des canaux de distribution communs avec certains produits et services couverts par les marques antérieures, à savoir les applications mobiles et les logiciels pour le paiement du stationnement.
64 Partant, il convient de constater que l’appréciation de la chambre de recours au point 19 de la décision attaquée selon laquelle une société proposant un logiciel ou une application mobile pour la réservation de services de parcs de stationnement n’offre généralement pas de services de parcs de stationnement est entachée d’erreur d’appréciation.
65 Par ailleurs, la chambre de recours a estimé, au point 19 de la décision attaquée qu’à l’inverse, les entreprises qui fournissent des services de parcs de stationnement ne participaient en principe pas au développement de logiciels ou de dispositifs informatiques spécialisés, en préférant sous-traiter le développement de tels logiciels ou dispositifs à des entreprises informatiques. Il convient de relever sur ce point que à supposer même cette allégation établie, la circonstance que le développement d’applications mobiles de stationnement est externalisé ne fait pas obstacle à ce que les consommateurs puissent attribuer la même origine commerciale à des services de paiement pour le paiement des frais des stationnement au moyen d’une application mobile (classe 36), au logiciel ou à l’application mobile de stationnement mêmes (classe 9) et aux services de mise à disposition des places de stationnement (classe 39).
66 À cet égard, selon la jurisprudence citée au point 26 ci-dessus, l’une des conditions pour que les produits ou services en conflit soient complémentaires est que le public pertinent puisse penser que la responsabilité de la fabrication de ces produits ou de la fourniture de ces services incombe à la même entreprise. Certes, les entreprises qui fournissent des services de parcs de stationnement, de location de places de stationnement et de mise à disposition d’informations à ce sujet ne participent normalement pas à la « fabrication » de logiciels ou à la fourniture de services de paiement fondés sur une application mobile. Toutefois, il y a lieu de constater que la chambre de recours n’a pas pris en compte la possibilité que ces entreprises soient responsables de la « fourniture » d’une application de paiement du stationnement, comme c’est justement le cas des municipalités indiquées par la requérante.
67 Par conséquent, il convient de constater que le public pertinent, à savoir les consommateurs ayant besoin de stationner un véhicule, peut percevoir un fournisseur d’applications mobiles de paiement des frais de stationnement, comme la requérante, en tant que prestataire de services de mise à disposition des places de stationnement et de mise à disposition d’information à cet égard. Partant, c’est à tort que la chambre de recours a conclu aux points 22 et 24 de la décision attaquée qu’aucun consommateur ne percevrait un lien si étroit entre les produits et les services en cause qu’il croirait qu’ils proviennent de la même entreprise.
68 Cette conclusion ne saurait être remise en cause par l’argument de l’EUIPO présenté au point 42 ci-dessus, selon lequel en reconnaissant la similitude par le biais de la complémentarité dans les cas où les produits et les services sont proposés par voie électronique et où une marque antérieure comprend des programmes informatiques ou des logiciels, irait au-delà de la protection légale pour le titulaire d’une marque.
69 Certes, il a été jugé que, dans la société très technologique d’aujourd’hui, la majorité des produits et des services sont également fournis par voie électronique ou avec le recours à des ordinateurs, sous une forme ou une autre, de sorte qu’il existe une multitude de logiciels ou programmes aux fonctions radicalement variées. Admettre une complémentarité et, partant, une similitude dans tous les cas où les produits et services sont fournis également par voie électronique et où la marque verbale antérieure couvre des programmes ou des logiciels informatiques, reviendrait assurément à outrepasser l’objet de la protection accordée par le législateur au titulaire d’une marque. Une telle position conduirait à une situation dans laquelle l’enregistrement d’une marque de l’Union européenne désignant des logiciels ou des programmes serait pratiquement susceptible d’exclure l’enregistrement ultérieur de tout autre droit désignant les produits et les services fournis par voie électronique (voir arrêt du 17 avril 2024, coinbase, T‑126/22, non publié, EU:T:2024:252, point 33 et jurisprudence citée).
70 Néanmoins, une telle considération, formulée à titre général s’agissant de « programmes ou des logiciels informatiques » sans spécification particulière, ne saurait viser la situation dans laquelle cette spécification limite, de manière précise, la destination des programmes ou logiciels pour lesquels la marque est enregistrée. Or, en l’espèce il s’agit de logiciels, d’applications mobiles et de services de paiement spécifiques puisqu’ils sont liés au « paiement des frais de stationnement ». Ainsi, pour apprécier utilement la complémentarité entre les produits et services en cause, la fonction ou la destination constitue un critère important, à prendre en considération. À cet égard, il a été jugé que, pour apprécier utilement le degré de similitude entre des programmes et logiciels, le critère de la fonction, et donc de la destination, revêt, parmi les facteurs pertinents à prendre en compte, une importance primordiale [voir, en ce sens et par analogie, arrêt du 30 juin 2021, Zoom/EUIPO – Facetec (ZOOM), T‑204/20, non publié, EU:T:2021:391, point 53].
71 En l’occurrence, dans la mesure où la destination des produits et services en cause est spécifiée avec un certain degré de précision, elle contribue à les différencier au-delà de leur nature commune de logiciels et services de paiement au moyen d’applications mobiles (voir, en ce sens et par analogie, arrêt du 30 juin 2021, ZOOM, T‑204/20, non publié, EU:T:2021:391, point 57). Partant, cette précision doit être prise en considération dans l’appréciation du caractère complémentaire des produits et des services en cause. Ainsi, en présence de produits et de services spécifiques et identifiés avec un degré de précision élevé, la complémentarité ne peut pas être exclue. Il ne s’agit donc pas en l’espèce d’une complémentarité entre les services de stationnement et tout logiciel, toute application mobile ou tout service de paiement, mais uniquement avec les logiciels, les applications mobiles et les services de paiement « pour le paiement de frais de stationnement ». Pour cette raison, l’argument de l’EUIPO doit être écarté.
72 À la lumière de tout ce qui précède, il y a lieu de constater que les appréciations de la chambre de recours selon lesquelles les services visés par la marque demandée relevant de la classe 39 ne sont pas complémentaires des logiciels et aux applications mobiles pour le paiement des droits de stationnement (classe 9) et des services de paiement pour le paiement des droits de stationnement par le biais d’une application mobile (classe 36) couverts par les marques antérieures, et de ce fait, similaires, au moins à un faible degré, sont entachées d’erreur d’appréciation. Ce constat vise d’ailleurs l’ensemble des services visés par la marque demandée compris dans la classe 39 qui sont tous, en substance, des services de parcs de stationnement, de location des garages et de places de stationnement, ainsi que de mise à disposition d’informations à cet égard, examinés d’une manière globale par la chambre de recours.
73 Dès lors, il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu d’accueillir le moyen unique de la requérante et, par conséquent, d’annuler la décision attaquée, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres arguments avancés par cette dernière.
Sur la demande en réformation
74 Par son deuxième chef de conclusions, la requérante demande au Tribunal de faire droit à l’opposition pour l’intégralité des services visés par la marque demandée compris dans la classe 39.
75 Il y a lieu de relever, à l’instar de l’EUIPO, que par ce chef de conclusion, la requérante demande au Tribunal, en substance, que le Tribunal prenne la décision que la requérante souhaiterait que la chambre de recours ait adoptée. Par conséquent, il y a lieu d’interpréter le deuxième chef de conclusions de la requérante comme visant à demander au Tribunal d’exercer son pouvoir de réformation, tel qu’il est prévu à l’article 72, paragraphe 3, du règlement 2017/1001 [voir, en ce sens, arrêt du 20 septembre 2018, Kwizda Holding/EUIPO – Dermapharm (UROAKUT), T‑266/17, EU:T:2018:569, point 84].
76 Or, selon la jurisprudence, le pouvoir de réformation reconnu au Tribunal n’a pas pour effet de conférer à celui-ci le pouvoir de substituer sa propre appréciation à celle de la chambre de recours et, pas davantage, de procéder à une appréciation sur laquelle ladite chambre n’a pas encore pris position. L’exercice du pouvoir de réformation doit, par conséquent, en principe, être limité aux situations dans lesquelles le Tribunal, après avoir contrôlé l’appréciation portée par la chambre de recours, est en mesure de déterminer, sur la base des éléments de fait et de droit tels qu’ils sont établis, la décision que la chambre de recours était tenue de prendre (arrêt du 5 juillet 2011, Edwin/OHMI, C‑263/09 P, EU:C:2011:452, point 72).
77 En l’espèce, la chambre de recours n’a examiné qu’une seule des conditions cumulatives prévues à l’article 8, paragraphe 1, sous b), du règlement 2017/1001, à savoir la condition de l’identité ou de la similitude des produits et services en cause. Elle a constaté l’absence de risque de confusion, sans avoir à procéder à une appréciation globale dudit risque et ainsi sans avoir à tenir compte de tous les facteurs pertinents.
78 Par conséquent, la demande de réformation de la requérante exigerait que le Tribunal procède à des appréciations sur lesquelles la chambre de recours n’a pas encore pris position, notamment s’agissant de la similitude des signes en conflit. Ainsi, conformément à la jurisprudence citée au point 76 ci-dessus, le Tribunal n’est pas en mesure d’exercer son pouvoir de reformation et, partant, le deuxième chef de conclusions de la requérante doit être rejeté.
Sur les dépens
79 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.
80 En l’espèce, l’EUIPO ayant succombé en ses conclusions, il y a lieu de le condamner à supporter, outre ses propres dépens, ceux exposés par la requérante, conformément aux conclusions de cette dernière.
81 L’intervenante a succombé, mais la requérante n’a pas conclu à la condamnation de celle-ci aux dépens du présent recours. En conséquence, l’intervenante supportera uniquement ses propres dépens exposés devant le Tribunal.
82 En revanche, la requérante a conclu à ce que l’intervenante soit condamnée aux dépens exposés devant la chambre de recours et la division d’opposition.
83 À cet égard, il suffit de relever qu’il appartiendra à la chambre de recours de statuer, à la lumière du présent arrêt, sur les frais afférents à ces procédures [voir, en ce sens, arrêt du 29 mai 2018, Uribe-Etxebarría Jiménez/EUIPO – Núcleo de comunicaciones y control (SHERPA), T‑577/15, EU:T:2018:305, point 94].
Par ces motifs,
LE TRIBUNAL (huitième chambre)
déclare et arrête :
1) La décision de la deuxième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 6 mai 2025 (affaire R 1944/2024‑2) est annulée.
2) Le recours est rejeté pour le surplus.
3) L’EUIPO supportera ses propres dépens ainsi que ceux exposés par Parkster AB aux fins de la procédure devant le Tribunal.
4) Ühisteenused AS supportera ses propres dépens exposés aux fins de la procédure devant le Tribunal.
| Gâlea | Costeira | Tóth |
Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 17 juin 2026.
Signatures
* Langue de procédure : l’anglais.
Ordonnance du Tribunal (troisième chambre) du 6 août 2026.#Albos-Energy EOOD contre Commission européenne.#Recours en carence – Aide d’État – Régime bulgare d’aide à la production d’énergie à partir de sources renouvelables – Informations fournies dans une plainte traitées comme des renseignements d’ordre général concernant le marché – Contournement de l’expiration du délai pour introduire un recours en annulation – Irrecevabilité.#Affaire T-688/25.
06/08/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 4 août 2026.#Christoph Klein contre Commission européenne.#Référé – Clause de sauvegarde – Dispositif médical – Demande de sursis à exécution – Demande de mesures provisoires – Défaut d’urgence.#Affaire T-267/26 R.
04/08/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 3 août 2026.#Broadcom Inc. et VMware International Unlimited Company contre Commission européenne.#Référé – Concurrence – Article 18, paragraphe 3, du règlement (CE) no 1/2003 – Demande de renseignements – Demande de sursis à exécution et de mesures provisoires – Non-lieu à statuer partiel – Défaut de fumus boni juris – Mise en balance des intérêts.#Affaire T-280/26 R.
03/08/2026
Jurisprudence CJUE — 62026TO0017
22/07/2026