| CELEX | 62025TJ0562 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | mercredi 15 juillet 2026 |
ARRÊT DU TRIBUNAL (deuxième chambre, siégeant avec cinq juges)
15 juillet 2026 (*)
« Renvoi préjudiciel – Fiscalité – Droits d’accise – Taxation des produits énergétiques et de l’électricité – Notion de “produits énergétiques destinés à des usages autres que ceux de carburant ou de combustible” – Article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96/CE – Propane utilisé pour des essais de brûleurs »
Dans l’affaire T‑562/25,
ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Finanzgericht München (tribunal des finances de Munich, Allemagne), par décision du 26 juin 2025, parvenue à la Cour le 28 juillet 2025, dans la procédure
XXX
contre
Hauptzollamt München,
LE TRIBUNAL (deuxième chambre, siégeant avec cinq juges),
composé de Mme N. Półtorak, présidente, M. G. Hesse (rapporteur), Mme G. Steinfatt, MM. D. Petrlík et I. Dimitrakopoulos, juges,
avocate générale : Mme M. Brkan,
greffier : M. V. Di Bucci,
vu la transmission par la Cour de la demande préjudicielle au Tribunal le 13 août 2025, en application de l’article 50 ter, troisième alinéa, du statut de la Cour de justice de l’Union européenne,
vu la matière visée à l’article 50 ter, premier alinéa, sous b), du statut de la Cour de justice de l’Union européenne et l’absence de question indépendante d’interprétation au sens de l’article 50 ter, deuxième alinéa, dudit statut,
vu la phase écrite de la procédure,
considérant les observations présentées :
– pour XXX, par M. P. Kalski, directeur, et Me R. Schwerin, Rechtsanwalt,
– pour la Commission européenne, par MM. M. Björkland et C. Vollrath, en qualité d’agents,
vu la décision prise, l’avocate générale entendue, de juger l’affaire sans conclusions,
rend le présent
Arrêt
1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96/CE du Conseil, du 27 octobre 2003, restructurant le cadre communautaire de taxation des produits énergétiques et de l’électricité (JO 2003, L 283, p. 51).
2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant une entreprise de technologie énergétique au HauptzollamtMünchen (bureau principal des douanes de Munich, Allemagne, ci-après le « bureau des douanes ») au sujet du refus de ce dernier d’appliquer un dégrèvement de la taxe sur l’énergie concernant le propane pour l’année 2021.
Cadre juridique
Droit de l’Union
Directive 2003/96
3 Les considérants 2 à 5, 22 et 24 de la directive 2003/96 sont libellés comme suit :
« (2) L’absence de dispositions communautaires soumettant à une taxation minimale l’électricité et les produits énergétiques autres que les huiles minérales peut être préjudiciable au bon fonctionnement du marché intérieur.
(3) Le bon fonctionnement du marché intérieur et la réalisation des objectifs des autres politiques communautaires nécessitent que des niveaux minima de taxation soient fixés au niveau communautaire pour la plupart des produits énergétiques, y compris l’électricité, le gaz naturel et le charbon.
(4) D’importants écarts entre les niveaux nationaux de taxation de l’énergie appliqués par les États membres pourraient s’avérer préjudiciables au bon fonctionnement du marché intérieur.
(5) La fixation à des niveaux appropriés des minima communautaires de taxation peut permettre de diminuer les écarts actuels entre les niveaux nationaux de taxation.
[...]
(22) Les produits énergétiques doivent principalement être soumis à un cadre réglementaire communautaire lorsqu’ils sont utilisés comme carburant ou comme combustible. À cet égard, il est inhérent à la nature et à la logique de la fiscalité d’exclure du champ d’application de ce cadre les produits énergétiques à double usage ou utilisés autrement que comme combustibles ou carburants, ainsi que les procédés minéralogiques. [...]
[...]
(24) Il y a lieu de permettre aux États membres d’appliquer certaines autres exonérations ou des niveaux réduits de taxation, lorsque cela ne nuit pas au bon fonctionnement du marché intérieur et n’entraîne pas de distorsions de concurrence. »
4 L’article 1er de la directive 2003/96 dispose :
« Les États membres taxent les produits énergétiques et l’électricité conformément à la présente directive. »
5 L’article 2 de la directive 2003/96 contient, à ses paragraphes 1 et 4, les dispositions suivantes :
« 1. Aux fins de la présente directive, on entend par “produits énergétiques” les produits :
[...]
b) relevant des codes NC 2701, 2702 et 2704 à 2715 inclus ;
[...]
4. La présente directive ne s’applique pas :
[...]
b) aux utilisations ci‑après des produits énergétiques et de l’électricité :
– produits énergétiques destinés à des usages autres que ceux de carburant ou de combustible,
– produits énergétiques à double usage.
[...] »
Directive 2008/118/CE
6 La directive 2008/118/CE du Conseil, du 16 décembre 2008, relative au régime général d’accise et abrogeant la directive 92/12/CEE (JO 2009, L 9, p. 12), a été abrogée par la directive (UE) 2020/262 du Conseil, du 19 décembre 2019, établissant le régime général d’accise (JO 2020, L 58, p. 4). Néanmoins, la directive 2008/118 reste applicable ratione temporis aux faits du litige au principal.
7 L’article 1er, paragraphe 1, de la directive 2008/118 disposait :
« 1. La présente directive établit le régime général des droits d’accise frappant directement ou indirectement la consommation des produits suivants, ci-après dénommés “produits soumis à accise” :
a) les produits énergétiques et l’électricité relevant de la directive 2003/96/CE ;
[...] »
Droit allemand
8 L’article 25 de l’Energiesteuergesetz (loi relative à la taxe sur l’énergie), du 15 juillet 2006 (BGBl. 2006 I, p. 1534), dans sa version applicable au litige au principal (ci-après l’« EnergieStG »), prévoit :
« (1) Les produits énergétiques visés à l’article 4 peuvent être utilisés en exonération de taxe à des fins autres que
1. leur utilisation comme carburant ou combustible,
[...] »
9 L’article 47 de l’EnergieStG dispose :
« (1) Un dégrèvement fiscal est accordé sur demande
[...]
3. pour les huiles lourdes, le gaz naturel, les gaz liquéfiés et les hydrocarbures gazeux dont il est prouvé qu’ils ont été taxés, ainsi que pour les produits énergétiques qui leur sont assimilés conformément à l’article 2, paragraphes 4 et 4a, et qui ont été utilisés aux fins visées à l’article 25,
[...] »
Litige au principal et question préjudicielle
10 La requérante au principal est une entreprise de technologie énergétique. Dans le cadre de son activité, elle exploite, sur un site, des bancs d’essai pour les brûleurs de turbines à gaz. Dans ce cadre, elle a consommé, en 2021, un total de 51 509,279 kilogrammes de propane, qu’elle a acquis en payant la taxe sur l’énergie.
11 Sur le fondement de l’article 47, paragraphe 1, point 3, de l’EnergieStG, la requérante au principal a demandé un dégrèvement de la taxe sur l’énergie pour le propane qu’elle a consommé en 2021.
12 Par décision du 26 juillet 2023, le bureau des douanes a rejeté cette demande au motif que le propane avait été utilisé en tant que combustible.
13 La requérante au principal a présenté une réclamation contre cette décision, qui a été rejetée le 11 octobre 2023.
14 À la suite de ce rejet, la requérante au principal a introduit un recours devant le Finanzgericht München (tribunal des finances de Munich, Allemagne), qui est la juridiction de renvoi. Devant cette juridiction, la requérante au principal soutient qu’elle n’a pas utilisé le propane comme combustible puisque l’énergie thermique issue de la combustion dudit propane dans les bancs d’essai n’est ni produite de manière intentionnelle ni utilisée, mais constitue un déchet. L’objectif des essais ne serait pas de produire ou d’utiliser de l’énergie thermique. Elle estime donc avoir droit à un dégrèvement de taxe. À l’inverse, le bureau des douanes relève que, pour être concluants, les essais doivent être réalisés dans des conditions simulant l’exploitation réelle. Il en déduit que la requérante au principal utilise consciemment et volontairement l’énergie thermique produite lors de la combustion du propane pour atteindre son objectif économique, qui est l’obtention de résultats probants lors des essais. Une telle utilisation du propane ne pourrait pas donner lieu à un dégrèvement de taxe.
15 La juridiction de renvoi considère que la solution du litige au principal dépend de l’interprétation de l’expression « usages autres que ceux de combustible » au sens de l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96. Elle s’interroge sur le sens à donner à l’expression « usage [comme] combustible » dans le contexte de l’utilisation du propane pour créer un environnement de test afin d’obtenir des données de mesure.
16 La juridiction de renvoi relève que la requérante au principal a fondé sa demande sur l’article 47, paragraphe 1, point 3, de l’EnergieStG. Cette disposition accorde un dégrèvement fiscal, sur demande, pour, notamment, les gaz liquéfiés – tel le propane – dont il est prouvé qu’ils ont été taxés et qui ont été utilisés aux fins visées à l’article 25 de l’EnergieStG. Dans ce contexte, la juridiction de renvoi estime qu’elle doit déterminer si le propane en cause a été utilisé aux fins visées à l’article 25, paragraphe 1, première phrase, point 1, de l’EnergieStG. Selon la juridiction de renvoi, la notion d’utilisation « comme combustible » au sens de cette disposition renvoie à l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96 selon lequel cette directive ne s’applique pas aux utilisations des produits énergétiques destinés à des usages autres que ceux de carburant ou de combustible.
17 Bien qu’elle considère, d’une part, que, dans le cadre de l’essai d’un brûleur, un transfert d’énergie thermique a lieu qui contribue également à réunir les conditions de température nécessaires à la simulation de conditions réelles, lesquelles sont indispensables à l’exactitude des mesures prises, et, d’autre part, que la finalité de la combustion n’est pas pertinente pour déterminer s’il y a utilisation comme combustible, la juridiction de renvoi doute que l’utilisation du propane pour créer un environnement de test afin d’obtenir des données de mesure relève de la notion d’usage « [comme] combustible » au sens de l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96, car il ne s’agit pas d’une exploitation du propane comme source d’énergie au sens traditionnel du terme.
18 Dans ces conditions, le Finanzgericht München (tribunal des finances de Munich) a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour la question préjudicielle suivante :
« La notion d’“usage [comme] combustible” au sens de l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive [2003/96] doit-elle être interprétée en ce sens qu’elle s’applique au gaz propane brûlé lors de l’essai d’un brûleur en conditions réelles afin de produire des données de mesure, et dont la chaleur de combustion n’est pas utilisée par la suite ? »
Sur la question préjudicielle
19 Par sa question, la juridiction de renvoi demande, en substance, si la notion d’usage « [comme] combustible », visée par l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96, doit être interprétée en ce sens qu’elle couvre l’utilisation de propane lors de l’essai d’un brûleur en conditions réelles afin de produire des données de mesure, la chaleur de combustion du propane n’étant pas utilisée par la suite.
20 À titre liminaire, il y a lieu de relever que, selon l’article 1er de la directive 2003/96, les États membres ont l’obligation de taxer les produits énergétiques conformément à cette directive, celle‑ci visant à imposer, ainsi qu’il ressort de ses considérants 2 et 3, des niveaux minimaux de taxation au niveau de l’Union européenne pour la plupart de ces produits.
21 En prévoyant un régime de taxation harmonisée des produits énergétiques, la directive 2003/96 vise, ainsi qu’il ressort de ses considérants 2 à 5 et 24, à promouvoir le bon fonctionnement du marché intérieur dans le secteur de l’énergie, en évitant, notamment, les distorsions de concurrence (voir arrêt du 13 mars 2025, Alsen, C‑137/23, EU:C:2025:179, point 64 et jurisprudence citée).
22 Il y a également lieu de relever que les produits énergétiques auxquels s’applique la directive 2003/96 sont définis à l’article 2, paragraphe 1, de cette directive par référence aux codes de la nomenclature combinée. Ainsi, en vertu de l’article 2, paragraphe 1, sous b), de la directive 2003/96, lu en combinaison avec le paragraphe 5 de cet article, les produits relevant des codes 2701, 2702 et 2704 à 2715 de la nomenclature combinée, à savoir, notamment, le propane, constituent des produits énergétiques au sens de cette directive.
23 En outre, il ressort de la lecture combinée des paragraphes 1 et 4 de l’article 2 de la directive 2003/96 que les dispositions de celle-ci s’appliquent aux produits qui, à la fois, y sont définis comme produits énergétiques et relèvent de son champ d’application (arrêt du 6 juin 2018, Koppers Denmark, C‑49/17, EU:C:2018:395, point 25). À cet égard, l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96 dispose que ladite directive ne s’applique pas aux produits énergétiques qui sont destinés à des usages autres que ceux de carburant ou de combustible.
24 S’agissant de la notion d’usage « [comme] combustible » au sens de l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96, certaines versions linguistiques de cette disposition, telles que celles en langues française (combustible) et tchèque (paliva), visent les usages autres que ceux de « combustible » sans autre précision, laissant ainsi entendre que la seule libération de la chaleur pourrait être suffisante aux fins de l’interprétation de cette notion. En revanche, d’autres versions linguistiques, telles que la version en langues allemande (als Heizstoff), anglaise (heating fuels), italienne (combustibile per riscaldamento), espagnole (el de combustible para calefacción), polonaise (paliwa do ogrzewania) ou slovaque (vykurovacie palivá), utilisent l’expression « combustible de chauffage », étant entendu que l’adjonction des termes « de chauffage » au terme « combustible » pourrait être comprise comme renvoyant à l’exploitation de la source d’énergie concernée en vue du chauffage, par exemple, d’un espace, tel qu’un bâtiment ou une de ses parties. Dans ces conditions, l’interprétation littérale de ladite disposition ne permet pas, à elle seule, de déterminer si la notion d’usage « [comme] combustible » au sens de cette disposition est susceptible d’inclure un usage aux fins de l’essai d’un brûleur.
25 Selon une jurisprudence constante, la formulation utilisée dans une des versions linguistiques d’une disposition de droit de l’Union ne saurait servir de base unique à l’interprétation de cette disposition ou se voir attribuer un caractère prioritaire par rapport aux autres versions linguistiques. Une telle approche serait incompatible avec l’exigence d’uniformité d’application du droit de l’Union. En cas de divergence entre les versions linguistiques, la disposition en cause doit être interprétée en fonction de l’économie générale et de la finalité de la réglementation dont elle constitue un élément (voir arrêt du 25 mars 2010, Helmut Müller, C-451/08, EU:C:2010:168, point 38 et jurisprudence citée).
26 En ce qui concerne l’économie de la directive 2003/96, il résulte de celle-ci et notamment de son article 2, paragraphe 4, sous b), que l’utilisation d’un produit énergétique n’est soustraite au champ d’application de cette directive que si ledit produit est lui-même utilisé autrement que comme carburant ou combustible. Ainsi, en excluant du champ d’application de ladite directive les produits destinés à de tels usages, le législateur de l’Union a entendu lier l’application de la taxe à la fonction de carburant ou de combustible de ces produits (voir, en ce sens, arrêt du 2 octobre 2014, X, C‑426/12, EU:C:2014:2247, point 23).
27 À cet égard, il ressort des éléments fournis au Tribunal que, dans le banc d’essai pour les brûleurs de turbines à gaz, tel que celui en cause dans le litige au principal, le brûleur assure le mélange de l’air, du propane et d’un flux complémentaire de gaz naturel. Il est constant que le propane est brûlé et que le processus de combustion du propane produit de la chaleur. Dans une turbine à gaz opérationnelle, l’énergie produite (chaleur) serait convertie en un mouvement rotatif. Toutefois, dans le banc d’essai, faute de turbine, l’énergie produite n’est pas convertie en énergie mécanique. Les gaz résultant de la combustion du propane traversent le banc d’essai sans qu’une telle récupération d’énergie intervienne et sont ensuite évacués, par une cheminée, vers l’atmosphère sous forme de gaz d’échappement, en dissipant l’essentiel de l’énergie issue de la combustion.
28 Il ressort de la demande de décision préjudicielle que, dans les scénarios de test de la requérante au principal, l’objectif de la simulation concernée réside dans l’exploitation des propriétés de dilatation et d’expansion de volume des gaz utilisés, tout en visant, plus globalement, l’obtention d’un rendement élevé, d’émissions minimales et d’une flamme stable. Il est constant que, à défaut de conditions thermiques analogues à celles d’un fonctionnement réel, les mesures ainsi obtenues seraient dépourvues de valeur significative.
29 Il s’ensuit que, sous réserve des vérifications à effectuer par la juridiction de renvoi, dans le banc d’essai en cause dans le litige au principal, le propane est brûlé et l’énergie thermique ainsi produite est transférée au mélange de gaz mentionné au point 27 ci-dessus, contribuant ainsi à créer des conditions réelles de fonctionnement d’une turbine à gaz et à obtenir des mesures significatives. Bien que l’énergie thermique ainsi produite ne soit pas convertie en énergie mécanique, elle est transmise au flux gazeux et utilisée dans le cadre du processus industriel d’essai, dont elle constitue un élément essentiel.
30 Ainsi, dans une situation telle que celle en cause dans le litige au principal, le propane est brûlé pour son contenu énergétique, l’énergie thermique ainsi produite étant mise à profit à des fins de chauffage, pour obtenir des conditions thermiques analogues à celles du fonctionnement réel d’une turbine à gaz.
31 La circonstance que l’énergie thermique ainsi produite ne soit pas récupérée par une turbine ne saurait permettre de considérer que, dans une situation telle que celle en cause au principal, le propane est utilisé autrement que comme combustible, au sens de l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96. En effet, ainsi que cela découle du point 26 ci-dessus, aux fins de la qualification d’usage « [comme] combustible », il est pertinent que le produit énergétique soit brûlé pour permettre l’utilisation de la chaleur qui en résulte, aux fins de l’essai effectué, indépendamment de son utilisation ultérieure à d’autres fins ou de son évacuation.
32 Cette interprétation est confirmée par les finalités poursuivies par la directive 2003/96, cette dernière s’inscrivant, en vertu de l’article 1er, paragraphe 1, sous a), de la directive 2008/118, dans le régime général des droits d’accise de l’Union.
33 À cet égard, l’objectif de l’accise sur les produits énergétiques, en tant que taxe à la consommation, milite en faveur de l’interprétation selon laquelle l’expression « destinés à des usages [...] de combustible », figurant à l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96, vise tous les cas où lesdits produits sont brûlés et où l’énergie ainsi produite sert à chauffer, quelle que soit la finalité du chauffage (voir, par analogie, arrêt du 29 avril 2004, Commission/Allemagne, C‑240/01, EU:C:2004:251, point 56), y compris celle de l’essai d’un brûleur afin d’obtenir des données de mesure.
34 Par conséquent, dans la mesure où, dans une situation telle que celle en cause au principal, le propane est brûlé et, donc, consommé pour mettre à profit son contenu thermique aux fins de simuler des conditions réelles de fonctionnement d’une turbine à gaz, ce qu’il appartient à la juridiction de renvoi de vérifier, il fait l’objet d’une utilisation en tant que combustible. À cet égard, la finalité du chauffage, c’est-à-dire l’établissement de conditions thermiques analogues à celles d’un fonctionnement réel d’une turbine à gaz, est sans pertinence.
35 Le fait que les gaz ne sont pas conservés dans le banc d’essai, mais sont évacués en continu sans autre utilisation, ne permet pas de remettre en cause cette interprétation et de considérer, dans une situation telle que celle en cause au principal, que le propane est utilisé autrement que comme combustible, au sens de l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96. En effet, le fait que les gaz résultant de la combustion ne restent pas dans le banc d’essai, mais sont continuellement évacués est sans incidence sur la circonstance que le propane a été brûlé, que sa chaleur a été transférée à ces gaz, que ces derniers ont été utilisés dans le cadre du processus industriel d’essai et que le propane a donc été consommé en tant que combustible aux fins de ce processus.
36 Eu égard à ce qui précède, il convient de répondre à la question posée que l’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96 doit être interprété en ce sens que la notion d’usage « [comme] combustible », visée par cette disposition, doit être interprétée en ce sens qu’elle couvre l’utilisation de propane lors de l’essai d’un brûleur en conditions réelles afin de produire des données de mesure, la chaleur de combustion du propane n’étant pas utilisée par la suite.
Sur les dépens
37 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi, il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations au Tribunal, autres que ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.
Par ces motifs,
LE TRIBUNAL (deuxième chambre, siégeant avec cinq juges)
dit pour droit :
L’article 2, paragraphe 4, sous b), premier tiret, de la directive 2003/96/CE du Conseil, du 27 octobre 2003, restructurant le cadre communautaire de taxation des produits énergétiques et de l’électricité, doit être interprété en ce sens que la notion d’usage « [comme] combustible », visée par cette disposition, doit être interprétée en ce sens qu’elle couvre l’utilisation de propane lors de l’essai d’un brûleur en conditions réelles afin de produire des données de mesure, la chaleur de combustion du propane n’étant pas utilisée par la suite.
| Półtorak | Hesse | Steinfatt |
| Petrlík | Dimitrakopoulos |
Ainsi prononcé en audience publique à Luxembourg, le 15 juillet 2026.
Signatures
* Langue de procédure : l’allemand.
Ordonnance du président du Tribunal du 4 août 2026.#Christoph Klein contre Commission européenne.#Référé – Clause de sauvegarde – Dispositif médical – Demande de sursis à exécution – Demande de mesures provisoires – Défaut d’urgence.#Affaire T-267/26 R.
04/08/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 3 août 2026.#Broadcom Inc. et VMware International Unlimited Company contre Commission européenne.#Référé – Concurrence – Article 18, paragraphe 3, du règlement (CE) no 1/2003 – Demande de renseignements – Demande de sursis à exécution et de mesures provisoires – Non-lieu à statuer partiel – Défaut de fumus boni juris – Mise en balance des intérêts.#Affaire T-280/26 R.
03/08/2026
Jurisprudence CJUE — 62026TO0017
22/07/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 22 juillet 2026.#Marek Lovás contre Parquet européen.#Référé – Rejet du recours principal – Non-lieu à statuer.#Affaire T-272/26 R.
22/07/2026