LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilDroit européen62025TO0192
Jurisprudence CJUE62025TO0192

Ordonnance du Tribunal (quatrième chambre) du 9 juillet 2026.#AW contre Parlement européen.#Fonction publique – Fonctionnaires – Sécurité sociale – Article 73 du statut – Assurance accidents et maladies professionnelles – Refus de remboursement de frais médicaux – Délai de recours – Tardiveté – Irrecevabilité.#Affaire T-192/25.

CELEX62025TO0192
TypeJurisprudence CJUE
Datejeudi 9 juillet 2026

Texte intégral

DOCUMENT DE TRAVAIL

ORDONNANCE DU TRIBUNAL (quatrième chambre)

9 juillet 2026 (*)

« Fonction publique – Fonctionnaires – Sécurité sociale – Article 73 du statut – Assurance accidents et maladies professionnelles – Refus de remboursement de frais médicaux – Délai de recours – Tardiveté – Irrecevabilité »

Dans l’affaire T‑192/25,

AW, représenté par Me J. Martins, avocat,

partie requérante,

contre

Parlement européen, représenté par Mmes M. Mão Cheia Carreira et A. Krachler, en qualité d’agentes,

partie défenderesse,

LE TRIBUNAL (quatrième chambre),

composé de MM. G. De Baere, président, J. Svenningsen et Mme D. Jočienė (rapporteure), juges,

greffier : M. V. Di Bucci,

rend la présente

Ordonnance

1 Par son recours fondé sur l’article 270 TFUE, le requérant, AW, demande l’annulation de la décision du 21 mars 2024, par laquelle la cheffe de l’unité « Pensions et assurances sociales » du Parlement européen (ci-après la « cheffe d’unité ») a accepté partiellement la réouverture d’un dossier relatif à un accident (ci‑après la « décision du 21 mars 2024 »), ainsi que de la décision du secrétaire général du Parlement du 9 décembre 2024, par laquelle celui-ci a rejeté sa demande introduite le 22 juillet 2024 et qualifiée de « réclamation » (ci-après la « décision du 9 décembre 2024 »).

Antécédents du litige

2 Le requérant est un ancien fonctionnaire du Parlement mis à la retraite le 1er mai 2017 pour cause d’invalidité.

3 À la suite d’un accident survenu le 16 août 2010, le requérant a subi une première intervention chirurgicale, suivie de plusieurs autres interventions ayant eu lieu respectivement en 2011, en 2012, en 2015, en 2018 et en 2020.

4 Le 6 février 2018, le requérant a introduit, en raison de la prétendue aggravation de son état de santé, une demande de réouverture de son dossier relatif à l’accident survenu en 2010.

5 Le 19 octobre 2018, l’autorité investie du pouvoir de nomination (ci‑après l’« AIPN ») a communiqué au requérant un projet de décision acceptant partiellement la réouverture du dossier relatif à l’accident survenu en 2010.

6 Le 15 décembre 2018, le requérant a contesté le projet de décision de l’AIPN et a demandé que la commission médicale, prévue à l’article 22 de la réglementation commune relative à la couverture des risques d’accident et de maladie professionnelle des fonctionnaires des Communautés européennes, soit consultée.

7 Sur la base du rapport de la commission médicale du 18 janvier 2024, la cheffe d’unité a adopté la décision du 21 mars 2024, par laquelle elle a accepté partiellement la réouverture du dossier relatif à l’accident du requérant. Cette décision a été transmise à ce dernier par courriel du 25 mars 2024.

8 Par courriel du 26 mars 2024, le requérant a répondu au courriel du 25 mars 2024 en indiquant que le fichier « Portfolio », joint à ce courriel, était vide. Il a donc invité le Parlement à le lui envoyer à nouveau. En réponse à cette invitation, le Parlement a transmis, par courriel du 27 mars 2024, ledit « Portfolio » au requérant.

9 Par courriel du 27 mars 2024, le requérant, par l’intermédiaire de son avocat, a demandé à la cheffe d’unité de modifier la décision du 21 mars 2024.

10 Par courriel du 22 avril 2024, la cheffe d’unité a répondu au courriel du requérant du 27 mars 2024 en indiquant à ce dernier qu’elle confirmait sa décision du 21 mars 2024.

11 Par courriel du 6 juillet 2024, le requérant, par l’intermédiaire de son avocat, a demandé à la cheffe d’unité des renseignements sur la procédure à suivre pour l’introduction d’une réclamation ainsi que sur les méthodes de notification des décisions de l’AIPN.

12 Par courriel du 11 juillet 2024, la cheffe d’unité a indiqué au requérant que l’administration était en droit de communiquer ses décisions par voie électronique et lui a fourni des renseignements quant à la procédure à suivre pour introduire une réclamation.

13 Par courriel du 12 juillet 2024, le requérant, par l’intermédiaire de son avocat, a demandé si, au vu de son courriel du 27 mars 2024 (voir point 9 ci‑dessus), il devait introduire à nouveau une réclamation à l’encontre de la décision du 21 mars 2024.

14 Par courriel du 16 juillet 2024, la cheffe d’unité a répondu au requérant qu’elle n’était pas « l’AIPN pour les réclamations au titre de l’article 90 du statut [des fonctionnaires de l’Union européenne] » et que le courriel du 27 mars 2024 avait été considéré comme une « demande de réexamen » à laquelle elle avait « répondu directement en confirmant [sa] décision ». Elle a également précisé quelles étaient les démarches à suivre afin d’introduire une réclamation au titre de l’article 90 du statut des fonctionnaires de l’Union européenne (ci-après le « statut »).

15 Par courriel du 22 juillet 2024, le requérant, par l’intermédiaire de son avocat, a introduit une demande, qualifiée de « réclamation », auprès du secrétaire général du Parlement (ci-après la « demande du 22 juillet 2024 »).

16 Par la décision du 9 décembre 2024, le secrétaire général du Parlement a traité la demande du 22 juillet 2024 comme une réclamation et rejeté celle-ci comme étant irrecevable en raison de sa tardiveté et, en tout état de cause, comme étant non fondée.

17 Par courriel du 17 décembre 2024, le requérant, par l’intermédiaire de son avocat, a indiqué au secrétaire général du Parlement qu’il n’avait, à cette date, pas encore reçu la réponse à sa demande du 22 juillet 2024.

18 Par courriel du 18 décembre 2024, le service juridique du Parlement a répondu au requérant que la décision sur la demande du 22 juillet 2024 lui avait été envoyée par courrier recommandé le 9 décembre 2024 et lui a proposé de la lui envoyer par voie électronique, ce qu’il a refusé le jour même.

19 La décision du 9 décembre 2024, relative à la demande du 22 juillet 2024, a été réceptionnée le 19 décembre 2024.

20 Le 19 mars 2025, le requérant a introduit le présent recours en annulation.

Conclusions des parties

21 Le requérant conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– annuler la décision du 21 mars 2024 ainsi que la décision du 9 décembre 2024 ;

– condamner le Parlement aux dépens.

22 Par acte séparé, déposé au greffe du Tribunal le 17 juillet 2025, le Parlement a soulevé une exception d’irrecevabilité sur le fondement de l’article 130, paragraphe 1, du règlement de procédure du Tribunal, dans laquelle il conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :

– rejeter le recours comme irrecevable ;

– condamner le requérant aux dépens.

23 Dans ses observations sur l’exception d’irrecevabilité déposées au greffe du Tribunal le 29 août 2025 et dans sa réponse à une question posée par le Tribunal dans le cadre d’une mesure d’organisation de la procédure, le requérant demande notamment au Tribunal de rejeter l’exception d’irrecevabilité soulevée par le Parlement, de considérer que le recours a été formé dans le délai imparti et de poursuivre l’examen au fond.

En droit

Sur l’exception d’irrecevabilité soulevée par le Parlement

24 En application de l’article 130, paragraphe 1, du règlement de procédure, si le défendeur demande que le Tribunal statue sur l’irrecevabilité ou l’incompétence, sans engager le débat au fond, il présente sa demande par acte séparé dans le délai visé à l’article 81 dudit règlement de procédure. En l’espèce, le Parlement soulève une exception d’irrecevabilité du recours sur le fondement de cet article 130, paragraphe 1, du règlement de procédure. Le requérant rétorque que cette exception d’irrecevabilité est tardive et donc irrecevable.

Sur le prétendu dépôt tardif de l’exception d’irrecevabilité

25 Le requérant soutient que l’exception d’irrecevabilité introduite par le Parlement a été soumise au Tribunal après l’expiration du délai de deux mois prévu à l’article 81, paragraphe 1, du règlement de procédure.

26 À cet égard, l’article 81, paragraphe 1, du règlement de procédure prévoit que, dans les deux mois qui suivent la signification de la requête, le défendeur présente un mémoire en défense. L’article 60 de ce règlement prévoit que les délais de procédure sont augmentés d’un délai de distance forfaitaire de dix jours.

27 Par ailleurs, en vertu de l’article 7, deuxième alinéa, de la décision du Tribunal du 10 juillet 2024 relative au dépôt et à la signification d’actes de procédure par la voie de l’application e-Curia (JO L, 2024/2096), un acte de procédure est signifié au moment où le destinataire demande l’accès à cet acte ou, à défaut, à l’expiration du septième jour qui suit celui de l’envoi du courrier électronique d’avertissement.

28 En l’espèce, il ressort de l’application e-Curia que le Parlement a été averti du dépôt la requête par courriel du 2 mai 2025 et a demandé l’accès à celle-ci le 8 mai 2025. Ainsi, le délai de deux mois et dix jours prévu par le règlement de procédure (voir points 24 et 26 ci‑dessus) a débuté le 8 mai 2025 à minuit ou, en d’autres termes, le 9 mai 2025 à 00 h 00.

29 Par conséquent, le délai pour déposer l’exception d’irrecevabilité expirait le 18 juillet 2025 à minuit, conformément à l’article 130, paragraphe 1, du règlement de procédure, lu conjointement avec les articles 58, 60 et 81 de ce même règlement.

30 Le Parlement ayant déposé l’exception d’irrecevabilité au greffe du Tribunal le 17 juillet 2025, il y a lieu de constater que cette exception a été introduite dans le délai prévu.

31 Il s’ensuit que l’allégation du requérant selon laquelle l’exception d’irrecevabilité est tardive manque en fait et doit donc être rejetée.

Sur le bien-fondé de l’exception d’irrecevabilité

32 Le Parlement excipe de l’irrecevabilité du présent recours aux motifs, d’une part, que la demande du 22 juillet 2024, qualifiée de « réclamation », a été introduite tardivement devant l’AIPN et, d’autre part, que la requête ne répond pas aux exigences de l’article 76, sous d), du règlement de procédure. Il convient de débuter par l’analyse du second motif d’irrecevabilité invoqué par le Parlement.

– Sur le prétendu non-respect des exigences de l’article 76, sous d), du règlement de procédure

33 Le Parlement fait valoir que la requête ne répond pas aux exigences de l’article 76, sous d), du règlement de procédure, dans la mesure où elle n’expose pas de manière suffisamment claire, intelligible et cohérente les moyens avancés par le requérant.

34 Le requérant conteste ces arguments.

35 À cet égard, il convient de rappeler que, en vertu de l’article 76, sous d), du règlement de procédure, la requête doit contenir les moyens et arguments invoqués ainsi qu’un exposé sommaire desdits moyens. Ces éléments doivent être suffisamment clairs et précis pour permettre à la partie défenderesse de préparer sa défense et au Tribunal de statuer sur le recours, le cas échéant, sans autres informations. Afin de garantir la sécurité juridique et une bonne administration de la justice, il est nécessaire, pour qu’un recours soit recevable, que les éléments essentiels de fait et de droit, sur lesquels celui-ci se fonde, ressortent d’une façon cohérente et compréhensible du texte de la requête elle-même (ordonnance du 13 mai 2020, Lucaccioni/Commission, T‑308/19, non publiée, EU:T:2020:207, point 34, et arrêt du 8 décembre 2021, JP/Commission, T‑247/20, non publié, EU:T:2021:871, point 139).

36 En l’espèce, bien que les arguments soulevés dans la requête ne soient pas présentés de manière particulièrement ordonnée, il en ressort que le requérant invoque, en substance, deux moyens à l’appui de son recours.

37 À l’appui de son premier moyen, le requérant soutient que le Parlement a commis une erreur lorsqu’il a considéré que sa demande du 22 juillet 2024, qualifiée de « réclamation », était tardive et donc irrecevable.

38 Le second moyen invoqué par le requérant s’articule en deux branches. Par la première branche du second moyen, le requérant soutient que le Parlement a violé le principe de bonne administration et l’obligation de motivation en se fondant sur un rapport de la commission médicale qui ne tenait pas compte de l’avis du médecin qu’il avait désigné. Par la seconde branche du second moyen, lue conjointement avec le reste de la requête, le requérant fait valoir que le Parlement a commis des erreurs manifestes d’appréciation au motif qu’il s’est fondé sur un rapport de la commission médicale qui comporte lui-même des erreurs et des incohérences.

39 Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que les éléments essentiels de fait et de droit sur lesquels le recours se fonde ressortent à suffisance du texte de la requête et donc que cette dernière est suffisamment claire et précise pour permettre au Parlement de préparer sa défense et au Tribunal d’exercer son contrôle.

40 L’exception d’irrecevabilité soulevée par le Parlement doit donc être rejetée en ce qu’elle est tirée du non-respect des exigences de l’article 76, sous d), du règlement de procédure.

– Sur le prétendu caractère irrégulier de la procédure précontentieuse en raison du caractère tardif de la demande du 22 juillet 2024

41 Le Parlement soutient que la demande du 22 juillet 2024, qualifiée de « réclamation », a été introduite tardivement par le requérant, de sorte que le présent recours est irrecevable. En effet, le requérant aurait pris connaissance de la décision du 21 mars 2024, adoptée par la cheffe d’unité, au plus tard le 27 mars 2024. Ainsi, la demande du 22 juillet 2024 n’aurait pas été introduite dans le délai de trois mois prévu à l’article 90, paragraphe 2, du statut.

42 Le Parlement précise à cet égard que, dans le courriel du 22 avril 2024, par lequel la cheffe d’unité a répondu au courriel du requérant du 27 mars 2024, cette dernière a uniquement confirmé la décision du 21 mars 2024. Ainsi, selon le Parlement, ce courriel du 22 avril 2024 ne constitue pas un acte faisant grief et ne peut pas avoir pour effet d’ouvrir un nouveau délai pour introduire la réclamation.

43 En outre, le Parlement estime, en substance, que le requérant ne peut pas se prévaloir du fait qu’il s’attendait à recevoir la décision du 21 mars 2024 également par voie postale. En tout état de cause, le Parlement soutient que le requérant a bel et bien pris connaissance de la décision du 21 mars 2024, car il a répondu, par ses courriels des 26 et 27 mars 2024, au courriel du Parlement du 25 mars 2024 auquel ladite décision était annexée.

44 Le requérant rétorque que le délai pour l’introduction de la réclamation a commencé à courir le 22 avril 2024, à savoir lorsque la cheffe d’unité a confirmé la décision du 21 mars 2024.

45 Le requérant ajoute que la notification d’une décision individuelle par voie électronique ne fait courir le délai pour introduire une réclamation qu’en cas d’acceptation de ce mode de notification par le destinataire. Or, en l’espèce, le requérant soutient qu’il n’a pas accepté ce mode de notification.

46 À cet égard, l’article 90, paragraphe 1, du statut prévoit que toute personne visée audit statut peut saisir l’AIPN d’une demande l’invitant à prendre à son égard une décision. Selon cette disposition, l’autorité notifie sa décision motivée à l’intéressé dans un délai de quatre mois à partir du jour de l’introduction de la demande. Selon cette même disposition, à l’expiration de ce délai, le défaut de réponse à la demande vaut décision implicite de rejet susceptible de faire l’objet d’une réclamation au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut.

47 Par ailleurs, l’article 90, paragraphe 2, premier alinéa, du statut dispose que toute personne visée audit statut peut saisir l’AIPN d’une réclamation dirigée contre un acte lui faisant grief, soit que ladite autorité ait pris une décision, soit qu’elle se soit abstenue de prendre une mesure imposée par le statut. Cette disposition précise que la réclamation doit être introduite dans un délai de trois mois.

48 En outre, selon l’article 91, paragraphe 2, du statut, un recours à la Cour de justice de l’Union européenne n’est recevable que si, en premier lieu, l’AIPN a été préalablement saisie d’une réclamation au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut dans le délai prévu à cette disposition, et si, en second lieu, cette réclamation a fait l’objet d’une décision explicite ou implicite de rejet.

49 Selon une jurisprudence constante, la qualification juridique exacte d’une lettre ou d’une note relève de la seule appréciation du juge, et non de la volonté des parties, dès lors qu’il est indispensable, afin de garantir les finalités que poursuivent les délais de réclamation et de recours, de déterminer, selon des critères objectifs, l’événement qui les déclenche de manière certaine (arrêt du 29 juin 2000, Politi/ETF, C‑154/99 P, EU:C:2000:354, point 16 ; voir également, en ce sens, ordonnance du 7 septembre 2005, Krahl/Commission, T‑358/03, EU:T:2005:301, point 61).

50 En l’espèce, en premier lieu, la décision du 21 mars 2024 constitue un acte faisant grief au requérant, à savoir un acte produisant des effets juridiques obligatoires de nature à affecter directement et immédiatement ses intérêts en modifiant, de façon caractérisée, sa situation juridique (voir, par analogie, arrêt du 27 novembre 2025, Heßler/Commission, C‑137/24 P, EU:C:2025:918, point 31).

51 En effet, dans la décision du 21 mars 2024, la cheffe d’unité, en sa qualité d’AIPN, a notamment décidé, sans ambiguïté, d’accepter la demande de réouverture du dossier relatif à l’accident du requérant, en vue d’une reprise chirurgicale de la paroi abdominale de ce dernier, entre le 13 janvier et le 13 mars 2020 (article 1er). En revanche, ladite cheffe d’unité a décidé que la cure chirurgicale d’une hernie inguinale gauche n’était pas acceptée (article 2), que les frais médicaux de psychiatrie ne donnaient pas lieu à un remboursement complémentaire (article 3) et que les honoraires et frais accessoires du médecin du requérant ainsi que la moitié des honoraires et des frais accessoires du troisième médecin qui faisait partie de la commission médicale étaient à la charge du requérant (article 4).

52 En deuxième lieu, il convient de souligner que l’article 25, deuxième alinéa, du statut dispose que toute décision individuelle prise en application dudit statut doit être communiquée par écrit. En l’absence de dispositions prescrivant des modalités particulières de notification, telles que la lettre recommandée avec avis de réception, l’administration est en principe libre de choisir la méthode qu’elle estime la plus appropriée au regard des circonstances de l’espèce afin de procéder à la notification d’une décision (voir arrêt du 23 octobre 2024, Lianopoulou/Commission, T‑1136/23, non publié, EU:T:2024:748, point 19 et jurisprudence citée ; voir également, en ce sens, arrêt du 3 mars 2021, Barata/Parlement, T‑723/18, EU:T:2021:113, point 27).

53 Ainsi, à la lumière de la jurisprudence rappelée au point 52 ci-dessus, le requérant n’est pas fondé à soutenir que la notification d’une décision individuelle par voie électronique fait courir le délai pour introduire une réclamation uniquement lorsque le destinataire a accepté ce mode de notification, ce qu’il n’aurait pas fait en l’espèce.

54 Par ailleurs, afin d’établir qu’une décision notifiée par courriel a été dûment notifiée à son destinataire à une date précise et que, dès lors, le délai de réclamation a commencé à courir à partir de cette date, la partie intéressée doit démontrer, en fournissant les éléments nécessaires à cet égard, non seulement que cette décision a été communiquée à son destinataire, en ce sens qu’elle a été transmise à l’adresse électronique de ce destinataire et que celui-ci l’a reçue à cette adresse, mais également que ledit destinataire a été mis en mesure de prendre utilement connaissance du contenu de ladite décision à ladite date, c’est-à-dire qu’il a pu ouvrir le courriel contenant la décision en cause et en prendre ainsi dûment connaissance à la même date (voir, en ce sens, arrêts du 1er août 2022, Kerstens/Commission, C‑447/21 P, non publié, EU:C:2022:612, point 22, et du 27 février 2025, Lukoil/Registre de transparence e.a., C‑223/24 P, non publié, EU:C:2025:129, point 62).

55 En l’espèce, le Parlement démontre, sur la base des pièces du dossier soumis au Tribunal, que, le 27 mars 2024, le requérant a pris connaissance du contenu de la décision du 21 mars 2024 et donc qu’il a été en mesure de comprendre de façon effective et complète le sens et la portée de cette décision (voir points 8 et 9 ci‑dessus). Ainsi, la décision du 21 mars 2024 a été notifiée au requérant le 27 mars 2024 au sens de la jurisprudence rappelée au point 52 ci‑dessus.

56 En troisième lieu, il convient de rappeler que les articles 90 et 91 du statut subordonnent la recevabilité d’un recours introduit par un fonctionnaire contre l’institution à laquelle il appartient à la condition du déroulement régulier de la procédure administrative préalable (voir, en ce sens, ordonnances du 4 juin 1987, P./CES, 16/86, EU:C:1987:256, point 6, et du 11 mai 1992, Whitehead/Commission, T‑34/91, EU:T:1992:64, point 18).

57 Lorsqu’il existe déjà une décision prise par l’AIPN et qu’elle constitue un acte faisant grief au fonctionnaire, une demande, au sens de l’article 90, paragraphe 1, du statut, n’aurait aucun sens et le fonctionnaire doit alors utiliser la procédure de la réclamation, prévue à l’article 90, paragraphe 2, du statut, lorsqu’il entend demander l’annulation, la réformation ou le retrait de la décision qui lui fait grief (voir, en ce sens, ordonnances du 25 février 1992, Torre/Commission, T‑67/91, EU:T:1992:23, point 21, et du 7 décembre 1999, Reggimenti/Parlement, T‑108/99, EU:T:1999:310, point 20).

58 Il convient d’en déduire que, dès lors que l’autorité compétente a pris, à l’égard d’un fonctionnaire, une décision faisant grief à ce dernier, celui‑ci n’est plus recevable à engager la phase précontentieuse au stade de la demande, mais doit présenter directement à l’AIPN une réclamation dirigée contre cet acte lui faisant grief, comme le prescrit l’article 90, paragraphe 2, du statut (ordonnance du 25 février 1992, Torre/Commission, T‑67/91, EU:T:1992:23, point 21).

59 Ainsi, à la suite de la notification, intervenue le 27 mars 2024, de la décision du 21 mars 2024 qui lui faisait grief, le requérant pouvait uniquement introduire une réclamation contre cet acte lui faisant grief, au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut, dans le délai de trois mois prévu par cette disposition, à savoir au plus tard le 27 juin 2024.

60 En quatrième lieu, il convient de rappeler que la qualification d’un acte relève de la seule appréciation du juge, et non de la volonté des parties (voir point 49 ci‑dessus). Par ailleurs, constitue une réclamation au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut la lettre par laquelle un fonctionnaire, sans demander expressément le retrait de la décision en cause, manifeste sa volonté de la contester et vise clairement à obtenir satisfaction de ses griefs à l’amiable (voir, en ce sens, arrêt du 22 mars 1995, Kotzonis/CES, T‑586/93, EU:T:1995:54, point 21, et ordonnance du 7 septembre 2005, Krahl/Commission, T‑358/03, EU:T:2005:301, points 61 et 62).

61 Il ressort également de la jurisprudence que la réclamation administrative introduite par un fonctionnaire ne doit pas revêtir une forme particulière (voir, en ce sens, arrêts du 31 mai 1988, Rousseau/Cour des comptes, 167/86, EU:C:1988:266, point 8, et du 16 février 2005, Reggimenti/Parlement, T‑354/03, EU:T:2005:54, point 43). Ainsi, un acte introduit par voie électronique et manifestant de façon non équivoque la volonté de son auteur de contester une décision lui faisant grief doit être considéré comme une réclamation au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut (voir, en ce sens, ordonnance du 17 juillet 2007, Hartwig/Parlement et Commission, F‑141/06, EU:F:2007:145, point 27).

62 En l’espèce, il ressort du dossier que, le 27 mars 2024, l’avocat du requérant a adressé un courriel à la cheffe d’unité dont l’objet était rédigé de la manière suivante : « Commission médicale – [AW] – dossier accident du 16/08/2010 – contestation/réclamation de la Décision AIPN ». Par ailleurs, ce courriel était accompagné d’une pièce jointe qui exposait sur six pages les raisons pour lesquelles il y avait lieu de « modifier » la décision du 21 mars 2024.

63 Dès lors, l’objet du courriel envoyé par le requérant le 27 mars 2024 ainsi que le contenu du document joint à ce courriel manifestaient de façon non équivoque la volonté du requérant de contester la décision du 21 mars 2024, prise par la cheffe d’unité, qui lui faisait grief. Partant, le courriel du requérant du 27 mars 2024 constitue une réclamation introduite à l’encontre de la décision du 21 mars 2024 au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut (ci-après la « réclamation du 27 mars 2024 »), indépendamment du fait que ce courriel n’a pas été adressé directement à l’AIPN compétente au sein de l’institution. De plus, étant donné que cette réclamation du 27 mars 2024 a été introduite dans le délai de trois mois après la prise de connaissance de la décision du 21 mars 2024, il y a lieu de considérer que ladite réclamation n’a pas été introduite tardivement.

64 En cinquième lieu, il convient de rappeler qu’un acte faisant grief ne peut faire l’objet que d’une seule réclamation. Lorsque deux réclamations ont le même objet, seule l’une d’entre elles, à savoir celle ayant été introduite en premier, constitue la réclamation au sens de l’article 90, paragraphe 2, du statut, tandis que l’autre, introduite ultérieurement, doit être considérée comme étant une simple note réitérative de la réclamation et ne peut avoir pour effet de prolonger la procédure (voir, en ce sens, ordonnances du 7 juin 1991, Weyrich/Commission, T‑14/91, EU:T:1991:28, point 41 ; du 25 février 1992, Torre/Commission, T‑67/91, EU:T:1992:23, point 32, et arrêt du 11 décembre 2007, Sack/Commission, T‑66/05, EU:T:2007:370, points 37 et 41).

65 Il s’ensuit que la demande du 22 juillet 2024, qui a été adressée par le requérant au Parlement et qui a le même objet que la réclamation du 27 mars 2024, ne peut pas constituer une réclamation, mais doit être regardée comme étant simplement une réitération de la réclamation du 27 mars 2024.

66 De plus, le fait que, par courriel du 22 avril 2024, la cheffe d’unité a répondu au courriel qui contenait la réclamation du 27 mars 2024 n’est pas susceptible d’autoriser le requérant à introduire une seconde réclamation, distincte de la réclamation du 27 mars 2024. En effet, aucun fait nouveau et substantiel n’est intervenu entre la réclamation du 27 mars 2024 et le courriel du 22 avril 2024. Par ailleurs, dans son courriel du 22 avril 2024, la cheffe d’unité s’est limitée à indiquer qu’elle confirmait que la décision du 21 mars 2024 était bien conforme au projet de décision du 19 octobre 2018 mentionné au point 5 ci‑dessus. Enfin, il ressort de la demande du requérant du 22 juillet 2024 que cette demande visait à contester la décision du 21 mars 2024 qui avait été « confirmée » par le courriel de la cheffe d’unité du 22 avril 2024.

67 Le courriel de la cheffe d’unité du 22 avril 2024 et la demande du requérant du 22 juillet 2024 ne peuvent donc pas avoir pour effet de prolonger la procédure précontentieuse.

68 Par conséquent, en l’espèce, le requérant a respecté les conditions prévues à l’article 91, paragraphe 2, premier tiret, du statut.

69 Il y a donc lieu de rejeter l’exception d’irrecevabilité soulevée par le Parlement en ce qu’elle est tirée de la tardiveté de la réclamation ainsi que l’exception d’irrecevabilité dans son ensemble.

Sur le caractère tardif du recours introduit devant le Tribunal

70 Selon l’article 129 du règlement de procédure, sur proposition du juge rapporteur, le Tribunal peut, à tout moment, d’office, les parties principales entendues, décider de statuer par voie d’ordonnance motivée sur les fins de non-recevoir d’ordre public.

71 Les délais de réclamation et de recours visés aux articles 90 et 91 du statut sont d’ordre public et ne sauraient être laissés ni à la disposition des parties ni à celle du juge auquel il appartient de vérifier, même d’office, s’ils sont respectés. Ces délais répondent à l’exigence de sécurité juridique et à la nécessité d’éviter toute discrimination ou tout traitement arbitraire dans l’administration de la justice (voir, en ce sens, arrêt du 29 juin 2000, Politi/ETF, C‑154/99 P, EU:C:2000:354, point 15 et jurisprudence citée).

72 En l’espèce, après avoir entendu les parties par le biais d’une mesure d’organisation de la procédure, le Tribunal s’estime suffisamment éclairé par les pièces du dossier et décide de statuer sans poursuivre la procédure.

Sur le respect du délai de recours

73 L’article 91, paragraphe 3, du statut prévoit que le recours contre une décision de rejet d’une réclamation doit être formé dans un délai de trois mois. Ce délai court du jour de la notification de la décision prise en réponse à la réclamation ou à compter de la date d’expiration du délai de réponse, lorsque le recours porte sur une décision implicite de rejet d’une réclamation. L’article 91, paragraphe 3, du statut précise que, lorsqu’une décision explicite de rejet d’une réclamation intervient après la décision implicite de rejet, mais dans le délai de recours, elle fait à nouveau courir le délai de recours.

74 L’article 60 du règlement de procédure prévoit que les délais de procédure sont augmentés d’un délai de distance forfaitaire de dix jours.

75 Selon l’article 90, paragraphe 2, deuxième alinéa, du statut, l’AIPN notifie sa décision motivée sur la réclamation à l’intéressé dans un délai de quatre mois à partir du jour de l’introduction de la réclamation. Cette disposition précise que, à l’expiration de ce délai, le défaut de réponse à la réclamation vaut décision implicite de rejet susceptible de faire l’objet d’un recours au sens de l’article 91 du statut.

76 Il ressort des points 50 à 68 ci‑dessus que, le 27 mars 2024, le requérant a introduit une réclamation contre la décision du 21 mars 2024 qui lui faisait grief. Par ailleurs, le courriel de la cheffe d’unité du 22 avril 2024 et la demande du requérant du 22 juillet 2024 ne peuvent avoir pour effet de prolonger la procédure contentieuse.

77 Ainsi, en l’espèce, le délai de quatre mois pour notifier une décision explicite sur la réclamation du 27 mars 2024 ou pour faire naître une décision implicite de rejet de cette réclamation expirait le lundi 29 juillet 2024, en application de l’article 90, paragraphe 2, deuxième alinéa, du statut, lu conjointement avec l’article 3, paragraphe 4, du règlement (CEE, Euratom) no 1182/71 du Conseil, du 3 juin 1971, portant détermination des règles applicables aux délais, aux dates et aux termes (JO 1971, L 124, p. 1) (voir, en ce sens, ordonnance du 13 mars 1998, Lonuzzo-Murgante/Parlement, T‑247/97, EU:T:1998:55, points 37 et 38, et arrêt du 6 février 2019, Karp/Parlement, T‑580/17, non publié, EU:T:2019:62, point 42).

78 Par ailleurs, il convient de relever qu’aucun élément figurant dans le dossier soumis au Tribunal ne permet d’identifier un acte qui pourrait être qualifié de décision adoptée sur le fondement de l’article 90, paragraphe 2, du statut à la suite de la réclamation du 27 mars 2024.

79 À cet égard, il est vrai que, par courriel du 22 avril 2024, la cheffe d’unité a répondu au courriel du requérant du 27 mars 2024.

80 Toutefois, la cheffe d’unité n’était pas l’AIPN compétente pour adopter une décision sur la réclamation du 27 mars 2024. En effet, comme le confirment les pièces produites par le Parlement en réponse à une demande de production de documents décidée par le Tribunal, c’est le secrétaire général du Parlement qui est l’AIPN compétente dans cette institution pour connaître des réclamations introduites sur le fondement de l’article 90, paragraphe 2, du statut (voir, en ce sens et par analogie, ordonnance du 19 octobre 2007, Beyatli/Commission, C‑238/07 P, EU:C:2007:618, point 38).

81 Il convient d’ajouter que le contenu du courriel du 22 avril 2024 s’oppose à sa qualification de décision de rejet de la réclamation (voir point 66 ci‑dessus). En effet, dans ce courriel, la cheffe d’unité n’a pas pris position sur les arguments avancés par le requérant dans la réclamation du 27 mars 2024 et tirés, notamment, d’irrégularités dans le fonctionnement de la commission médicale et de la présence d’incohérences et d’erreurs dans le rapport de cette commission. Le contenu du courriel du 22 avril 2024 ne démontre donc pas l’intention de la cheffe d’unité de rejeter la réclamation du 27 mars 2024.

82 Dès lors, il y a lieu de considérer que le courriel de la cheffe d’unité du 22 avril 2024 ne constitue pas une décision explicite de rejet de la réclamation du 27 mars 2024 susceptible de faire courir le délai de trois mois, augmenté du délai de distance forfaitaire de dix jours, pour introduire un recours devant le Tribunal (voir points 73 et 74 ci‑dessus).

83 Il s’ensuit que l’AIPN compétente n’a pas apporté de réponse explicite à la réclamation du 27 mars 2024 dans le délai de quatre mois prévu à l’article 90, paragraphe 2, deuxième alinéa, du statut.

84 Une décision implicite de rejet de la réclamation du 27 mars 2024 est donc intervenue le 29 juillet 2024. Par voie de conséquence, le délai de trois mois, augmenté du délai de distance forfaitaire de dix jours, pour introduire un recours devant le Tribunal a commencé à courir à cette date (voir point 77 ci‑dessus) et expirait le 8 novembre 2024.

85 Par ailleurs, aucune décision explicite de rejet de la réclamation du 27 mars 2024 n’est intervenue après la décision implicite du 29 juillet 2024 de rejet de cette réclamation, mais avant l’expiration du délai pour introduire un recours devant le Tribunal.

86 Le délai de trois mois, augmenté du délai de distance forfaitaire de dix jours, pour introduire un recours devant le Tribunal a donc effectivement expiré le 8 novembre 2024 en l’espèce.

87 Dans la mesure où le requérant a déposé la requête au greffe du Tribunal le 19 mars 2025, le délai pour introduire un recours contre la décision du 21 mars 2024 a été dépassé.

Sur l’existence d’une erreur excusable

88 Compte tenu de ce qu’elle constitue une exception à la sanction d’irrecevabilité de l’inobservation des délais de réclamation et de recours, qui sont d’ordre public, l’existence d’une erreur excusable doit être alléguée et démontrée par la partie qui entend en bénéficier (voir, en ce sens, arrêts du 5 octobre 2009, de Brito Sequeira Carvalho et Commission/Commission et de Brito Sequeira Carvalho, T‑40/07 P et T‑62/07 P, EU:T:2009:382, point 205, et du 13 décembre 2012, Commission/Strack, T‑197/11 P et T‑198/11 P, EU:T:2012:690, point 166).

89 En l’espèce, il importe de relever que le Tribunal a, au moyen d’une mesure d’organisation de la procédure, interrogé le requérant sur l’éventuelle tardiveté du présent recours dans l’hypothèse où la réclamation aurait été introduite valablement, par ledit requérant, le 27 mars 2024 et où une décision implicite de rejet de cette réclamation serait, en conséquence, intervenue quatre mois plus tard.

90 Il est certes regrettable que la cheffe d’unité ait fourni une information inexacte au requérant lorsqu’elle a qualifié le courriel du 27 mars 2024 de ce dernier de demande de réexamen, et non de réclamation (voir point 14 ci‑dessus), qu’elle n’ait pas transféré cette réclamation à l’AIPN compétente au sein de l’institution et qu’elle ait indiqué, en substance, au requérant, les 11 et 16 juillet 2024, qu’il pouvait introduire une réclamation au titre de l’article 90 du statut contre la décision du 21 mars 2024. Toutefois, le requérant n’a ni invoqué ni a fortiori démontré l’existence d’une erreur excusable dans ses écritures.

91 Les éléments dont dispose le Tribunal ne permettent donc pas de conclure à l’existence d’une erreur excusable en l’espèce.

92 Eu égard aux considérations qui précèdent, le recours doit être rejeté dans son intégralité comme étant irrecevable sur le fondement de l’article 129 du règlement de procédure en raison de sa tardiveté.

Sur les dépens

93 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.

94 Le requérant ayant succombé, il y a lieu de le condamner aux dépens, conformément aux conclusions du Parlement.

Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (quatrième chambre)

ordonne :

1) Le recours est rejeté comme étant irrecevable.

2) AW est condamné aux dépens.

Fait à Luxembourg, le 9 juillet 2026.

Le greffier

Le président

V. Di Bucci

G. De Baere


* Langue de procédure : le portugais.

Documents similaires

Jurisprudence CJUE62026TO0267

Ordonnance du président du Tribunal du 4 août 2026.#Christoph Klein contre Commission européenne.#Référé – Clause de sauvegarde – Dispositif médical – Demande de sursis à exécution – Demande de mesures provisoires – Défaut d’urgence.#Affaire T-267/26 R.

04/08/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0280(01)

Ordonnance du président du Tribunal du 3 août 2026.#Broadcom Inc. et VMware International Unlimited Company contre Commission européenne.#Référé – Concurrence – Article 18, paragraphe 3, du règlement (CE) no 1/2003 – Demande de renseignements – Demande de sursis à exécution et de mesures provisoires – Non-lieu à statuer partiel – Défaut de fumus boni juris – Mise en balance des intérêts.#Affaire T-280/26 R.

03/08/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0017

Jurisprudence CJUE — 62026TO0017

22/07/2026

Jurisprudence CJUE62026TO0272

Ordonnance du président du Tribunal du 22 juillet 2026.#Marek Lovás contre Parquet européen.#Référé – Rejet du recours principal – Non-lieu à statuer.#Affaire T-272/26 R.

22/07/2026

← Retour au droit européenVoir aussi sur EUR-Lex →