| CELEX | 62025TO0839 |
| Type | Jurisprudence CJUE |
| Date | jeudi 16 juillet 2026 |
DOCUMENT DE TRAVAIL
ORDONNANCE DU TRIBUNAL (sixième chambre)
16 juillet 2026 (*)
« Marque de l’Union européenne – Procédure de nullité – Marque de l’Union européenne verbale TEAM – Cause de nullité absolue – Procédure devant la division d’annulation – Recours manifestement dépourvu de tout fondement en droit »
Dans l’affaire T‑839/25,
Team Beverage AG, établie à Brême (Allemagne), représentée par Mes O. Spieker, J. Selbmann-Romano et L. van Bracht, avocats,
partie requérante,
contre
Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), représenté par M. D. Hanf, en qualité d’agent,
partie défenderesse,
l’autre partie à la procédure devant la chambre de recours de l’EUIPO, intervenant devant le Tribunal, étant
Zurich Deutscher Herold Lebensversicherung AG, établie à Cologne (Allemagne), représentée par Me F. Kramer,
LE TRIBUNAL (sixième chambre),
composé de Mme P. Škvařilová‑Pelzl (rapporteure), présidente, MM. I. Nõmm et D. Kukovec, juges,
greffier : M. V. Di Bucci,
vu la phase écrite de la procédure,
rend la présente
Ordonnance
1 Par son recours fondé sur l’article 263 TFUE, la requérante, Team Beverage AG, demande l’annulation de la décision de la deuxième chambre de recours de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) du 6 octobre 2025 (affaire R 432/2025‑2) (ci-après la « décision attaquée »).
Antécédents du litige
2 Le 11 juin 2021, la requérante a présenté à l’EUIPO une demande de nullité de la marque de l’Union européenne ayant été enregistrée à la suite d’une demande déposée par l’intervenante, Zurich Deutscher Herold Lebensversicherung AG, le 26 février 2013, pour le signe verbal TEAM. Cette demande a été enregistrée par l’EUIPO sous la référence 50195 C.
3 Par décision du 20 janvier 2022, la division d’annulation a rejeté la demande en nullité dans l’affaire 50195 C comme étant non fondée, au motif que la requérante n’avait pas fourni la motivation et les pièces justificatives étayant celle-ci avant la clôture de la phase contradictoire de la procédure, qui, en l’absence d’observations de l’intervenante et conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement délégué (UE) 2018/625 de la Commission, du 5 mars 2018, complétant le règlement 2017/1001, et abrogeant le règlement délégué (UE) 2017/1430 (JO 2018, L 104, p. 1), était intervenue dès l’expiration du délai que l’EUIPO avait imparti à celle-ci pour faire valoir ses observations.
4 Le 3 mai 2024, la requérante a présenté à l’EUIPO une nouvelle demande en nullité de la marque de l’Union européenne verbale TEAM. En page 4 de ladite demande, dans la rubrique intitulée « Justificatifs à l’appui », la requérante avait coché la case « À suivre ».
5 Les services couverts par la marque contestée pour lesquels la nullité était demandée relevaient de la classe 36 au sens de l’arrangement de Nice concernant la classification internationale des produits et des services aux fins de l’enregistrement des marques, du 15 juin 1957, tel que révisé et modifié, et correspondaient à la description suivante : « Assurances, en particulier assurances sur la vie et souscription d’assurances invalidité et temporaires ».
6 La cause invoquée à l’appui de la demande en nullité était celle visée à l’article 59, paragraphe 1, sous a), du règlement (UE) 2017/1001 du Parlement européen et du Conseil, du 14 juin 2017, sur la marque de l’Union européenne (JO 2017, L 154, p. 1), lu conjointement avec l’article 7, paragraphe 1, sous b) et c), de ce règlement.
7 Par lettre du 10 mai 2024, la division d’annulation a informé la requérante avoir transmis sa demande en nullité à l’intervenante en l’invitant à faire valoir ses observations en réponse jusqu’au 15 juillet 2024, date à laquelle, à défaut d’observations, elle statuerait en l’état sur ladite demande, conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement délégué 2018/625. À cet égard, elle avertissait également la requérante du fait que les éléments qu’elle avait présentés pourraient ne pas suffire à étayer sa demande. En outre, dans la fiche d’information jointe à la lettre, la division d’annulation renvoyait aux directives de l’EUIPO relatives à l’examen des marques de l’Union européenne [partie D (Nullité), section 1 (Procédure de nullité), point 3.2 (Présentation de preuves à l’appui de la demande)], qui indiquaient expressément qu’il était dans l’intérêt du demandeur en nullité de fournir, en même temps que la demande, tous les faits, les preuves et les arguments venant à l’appui de celle-ci, faute de quoi il courait le risque que, si le titulaire de la marque de l’Union européenne ne formulait pas d’observations en réponse, la phase contradictoire fût close sans qu’il eût eu la possibilité d’en présenter d’autres en application de l’article 17, paragraphe 2, du règlement délégué 2018/625.
8 Le 10 janvier 2025, la division d’annulation a rejeté intégralement la demande en nullité comme étant non fondée. D’une part, elle a observé que, dans la mesure où la communication des motifs et des éléments de preuve était facultative au moment de l’introduction de celle-ci, la demande en nullité de la requérante avait été jugée recevable, par lettre du 10 mai 2024, quand bien même elle ne contenait pas lesdits motifs et éléments. D’autre part, la division d’annulation a rappelé que, aux termes de l’article 17, paragraphe 2, du règlement délégué 2018/625, lorsque l’EUIPO invitait une partie, conformément à l’article 64 du règlement 2017/1001, à présenter des observations dans un délai déterminé et que ladite partie ne présentait pas ses observations dans le délai imparti, l’EUIPO clôturait la phase contradictoire de la procédure et statuait sur la nullité sur la base des preuves dont il disposait. En l’espèce, selon la division d’annulation, l’intervenante, titulaire de la marque de l’Union européenne contestée, n’ayant pas présenté d’observations, la phase contradictoire de la procédure a été clôturée par lettre du 22 juillet 2024, de sorte que, lorsque la requérante a déposé, le 16 août 2024, un mémoire contenant plusieurs annexes, elle l’a informée, par lettre du 26 août 2024, ne pas pouvoir prendre ces documents en considération. Par ailleurs, la division d’annulation a observé que la requérante n’avait pas présenté de requête en poursuite de la procédure. En conséquence, elle a rejeté la demande en nullité comme étant non fondée, conformément à l’article 17, paragraphe 3, du règlement délégué 2018/625, faute pour la requérante d’avoir présenté dans les délais les faits, les arguments et les preuves venant à l’appui de ladite demande.
9 Le 10 mars 2025, la requérante a formé un recours auprès de l’EUIPO contre la décision de la division d’annulation.
10 Par la décision attaquée, la chambre de recours a rejeté le recours. Elle a rejeté le grief tiré d’une violation du droit de la requérante d’être entendue, dans la mesure où cette dernière avait été informée, par lettre du 10 mai 2024, faisant référence expressément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement délégué 2018/625, que la division d’annulation statuerait sur la demande en nullité sur la base des preuves disponibles à l’expiration du délai qu’elle avait fixé au 15 juillet 2024, si l’intervenante ne prenait pas position sur cette demande dans ledit délai. Il aurait ainsi incombé à la requérante ou à son représentant de prendre connaissance de cette disposition et de veiller, en conséquence, à ce que le mémoire exposant les motifs de la demande en nullité soit déposé dans le délai imparti. La requérante aurait d’ailleurs eu pleine connaissance de ladite disposition, car sa précédente demande en nullité dans l’affaire 50195 C avait déjà été rejetée sur le fondement de celle-ci. Par ailleurs, la chambre de recours a estimé que ni l’annonce d’un exposé des motifs à suivre dans la demande en nullité ni le dépôt de cet exposé, par mémoire du 16 août 2024, ne constituaient une requête en poursuite de la procédure au sens de l’article 105, paragraphe 1, du règlement 2017/1001, dès lors qu’une telle requête devait être présentée explicitement et que la requérante n’avait pas acquitté la taxe de poursuite de la procédure.
Conclusions des parties
11 La requérante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– annuler la décision attaquée ;
– condamner l’EUIPO aux dépens.
12 L’EUIPO conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter le recours ;
– condamner la requérante aux dépens si une audience est organisée.
13 L’intervenante conclut à ce qu’il plaise au Tribunal :
– rejeter le recours ;
– condamner la requérante aux dépens.
En droit
14 Aux termes de l’article 126 du règlement de procédure du Tribunal, lorsqu’un recours est manifestement dépourvu de tout fondement en droit, le Tribunal peut, sur proposition du juge rapporteur, à tout moment décider de statuer par voie d’ordonnance motivée, sans poursuivre la procédure.
15 En l’espèce, le Tribunal s’estime suffisamment éclairé par les pièces du dossier et décide, en application de l’article 126 du règlement de procédure, de statuer sans poursuivre la procédure, et ce même si une partie a demandé la tenue d’une audience [voir, en ce sens, ordonnance du 6 octobre 2015, GEA Group/OHMI (engineering for a better world), T‑545/14, EU:T:2015:789, point 13].
16 À l’appui du recours, la requérante invoque deux moyens, relatifs, le premier, à son droit d’être entendue devant la division d’annulation et, le second, à l’absence de qualification du mémoire du 16 août 2024 de requête en poursuite de la procédure au sens de l’article 105 du règlement 2017/1001.
Sur le premier moyen, relatif à la violation du droit de la requérante d’être entendue devant la division d’annulation
17 Par le premier moyen, la requérante invoque la violation de son droit d’être entendue devant la division d’annulation résultant de ce que, alors même qu’elle avait déclaré, lors du dépôt de la demande en nullité, que les motifs complets de celle-ci seraient fournis ultérieurement, l’EUIPO a refusé de prendre en compte le mémoire du 16 août 2024, au motif que la phase contradictoire de la procédure avait été close le 22 juillet précédent, sans préalablement l’avoir informée de cette clôture ni lui avoir fixé un délai pour fournir les motifs de la demande et sans qu’elle puisse s’y attendre.
18 L’EUIPO et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.
19 À titre liminaire, il convient de rappeler que, selon l’article 41, paragraphe 2, sous a), de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, toute personne a le droit d’être entendue avant qu’une mesure individuelle qui l’affecterait défavorablement ne soit prise à son égard. Le respect du droit d’être entendu s’impose même lorsque la réglementation applicable ne prévoit pas expressément une telle formalité (arrêt du 3 juillet 2014, Kamino International Logistics et Datema Hellmann Worldwide Logistics, C‑129/13 et C‑130/13, EU:C:2014:2041, point 39).
20 Selon la jurisprudence, le droit d’être entendu garantit à toute personne la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative et avant l’adoption d’une décision susceptible d’affecter de manière défavorable ses intérêts (ordonnance du 12 novembre 2025, Fashion TV RO et Maestro, C‑475/24, EU:C:2025:898, point 43).
21 L’article 94, paragraphe 1, deuxième phrase, du règlement 2017/1001, qui dispose que les décisions de l’EUIPO ne peuvent être fondées que sur des motifs ou sur des preuves au sujet desquels les parties ont pu prendre position, constitue une application spécifique du principe général du respect des droits de la défense, consacré, par ailleurs, à l’article 41, paragraphe 2, sous a), de la charte des droits fondamentaux [arrêt du 8 juin 2022, Apple/EUIPO – Swatch (THINK DIFFERENT), T‑26/21 à T‑28/21, non publié, EU:T:2022:350, points 39 et 40].
22 En l’espèce, il convient de constater que la décision de la division d’annulation, portant rejet de la demande en nullité introduite par la requérante sur le fondement de l’article 63 du règlement 2017/1001, est une mesure individuelle affectant défavorablement la requérante et, partant, lui ouvrant le droit d’exercer un recours devant la chambre de recours conformément aux articles 66 à 71 de ce règlement. Cette décision ne pouvait donc être adoptée sans que le droit d’être entendue de la requérante soit respecté et, partant, sans qu’elle ait eu la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative ayant abouti à ladite décision.
23 Selon la requérante, la décision de la division d’annulation a été adoptée sans respecter son droit d’être entendue, dans la mesure où elle ne l’a pas mise en mesure de communiquer les faits, les preuves et les arguments à l’appui de la demande en nullité avant de clore la phase contradictoire de la procédure ouverte devant elle, le 22 juillet 2024.
24 À cet égard, il convient de constater que, dans la mesure où l’article 12 du règlement délégué 2018/625 n’impose pas qu’une demande en nullité introduite auprès de l’EUIPO en vertu de l’article 63 du règlement 2017/1001 contienne les faits, les preuves et les arguments venant à l’appui de celle-ci, la demande en nullité de la requérante a pu être déclarée recevable en l’absence même de tels renseignements.
25 Il ressort toutefois de l’article 16, paragraphe 1, du règlement délégué 2018/625 que le demandeur en nullité doit présenter les faits, les preuves et les arguments venant à l’appui de sa demande jusqu’à la clôture de la phase contradictoire de la procédure.
26 En ce qui concerne l’ouverture et la clôture de la phase contradictoire de la procédure, d’une part, l’article 17, paragraphe 1, du règlement délégué 2018/625 dispose que, lorsque la demande en nullité est déclarée recevable, l’EUIPO informe les parties que la phase contradictoire de la procédure de nullité est ouverte et invite le titulaire de la marque de l’Union européenne à présenter ses observations dans un délai déterminé. D’autre part, il découle de l’article 17, paragraphe 2, du règlement délégué 2018/625 que, si le titulaire ne répond pas dans le délai imparti à l’invitation ainsi adressée par l’EUIPO, ce dernier clôt la phase contradictoire de la procédure et statue sur la nullité sur la base des preuves dont il dispose.
27 En l’espèce, l’EUIPO s’est pleinement conformé aux obligations d’information qui lui incombaient en vertu l’article 17, paragraphes 1 et 2, du règlement délégué 2018/625. En effet, par la lettre du 10 mai 2024, celui-ci a informé la requérante que sa demande en nullité était recevable, que la phase contradictoire de la procédure avait commencé et qu’un délai courant jusqu’au 15 juillet 2024 avait été fixé à l’intervenante, titulaire de la marque contestée, pour formuler ses observations. En outre, dans cette lettre, l’EUIPO attirait expressément l’attention de la requérante sur le fait que l’ensemble des documents soumis à l’appui de sa demande en nullité pouvait ne pas être suffisant pour justifier celle-ci et que, si l’intervenante ne soumettait pas d’observations dans le délai imparti, la division d’annulation devrait statuer sur ladite demande sur la base des seuls éléments justificatifs dont elle disposait, conformément à l’article 17, paragraphe 2, du règlement délégué 2018/625.
28 Dans ce contexte, la division d’annulation a donné à la requérante, conformément à la règlementation applicable, la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative et il appartenait dès lors à cette dernière, si elle voulait s’assurer que la division d’annulation prenne en compte des faits, des preuves et des arguments justificatifs lorsqu’elle statuerait sur sa demande en nullité, de lui communiquer ceux-ci avant la clôture de la phase contradictoire de la procédure qui, en l’absence d’observations de l’intervenante, pouvait intervenir dès le 15 juillet 2024. En retardant ladite communication, la requérante a, de fait, elle-même pris le risque de ne pouvoir exercer son droit d’être entendue dans le délai légalement imparti pour ce faire prévu par l’article 16, paragraphe 1, du règlement délégué 2018/625.
29 Par ailleurs et concernant le non-respect du délai prévu, il importe de rappeler que, selon la jurisprudence, l’application stricte des règles de l’Union européenne en matière de délais de procédure répond à l’exigence de sécurité juridique et à la nécessité d’éviter toute discrimination ou tout traitement arbitraire dans l’administration de la justice. Il ne peut y être dérogé que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. Que de telles circonstances soient qualifiées de cas fortuit, de force majeure ou bien d’erreur excusable, elles comportent, en tout état de cause, un élément subjectif tenant à l’obligation, pour le justiciable de bonne foi, de faire preuve de la vigilance et de la diligence requises d’un opérateur normalement averti afin de surveiller le déroulement de la procédure et de respecter les délais prévus [voir arrêt du 23 septembre 2020, Seven/EUIPO (7Seven), T‑557/19, EU:T:2020:450, point 34 et jurisprudence citée].
30 Or, en l’espèce, la division d’annulation avait expressément attiré l’attention de la requérante sur le délai à respecter pour s’assurer que des faits, des preuves et des arguments justificatifs éventuellement communiqués par celle-ci puissent être pris en compte lorsqu’elle statuerait sur sa demande en nullité. De plus, ainsi que l’observe à juste titre la chambre de recours au point 22 de la décision attaquée, la requérante était parfaitement consciente du risque qu’elle courait à ne pas communiquer lesdits faits, lesdites preuves et lesdits arguments dans le délai imparti par l’EUIPO à l’intervenante pour faire valoir ses observations, dès lors que, dans l’affaire 50195 C, sa précédente demande en nullité avait déjà été rejetée sur ce fondement.
31 Ainsi, comme le relève à juste titre l’intervenante, la communication tardive de ces éléments est exclusivement imputable, dans les circonstances de l’espèce, à la négligence de la requérante, laquelle, au demeurant, n’a ni invoqué ni, a fortiori, établi l’existence d’un cas fortuit, d’une force majeure ou d’une erreur excusable pour justifier la communication tardive des éléments figurant dans le mémoire du 16 août 2024.
32 Il s’ensuit que le premier moyen, relatif à une violation du droit de la requérante d’être entendue devant la division d’annulation, doit être rejeté comme étant manifestement dépourvu de tout fondement en droit.
Sur le second moyen, relatif à l’interprétation du mémoire de la requérante du 16 août 2024
33 Par le second moyen, la requérante conteste le fait que la chambre de recours a confirmé l’absence de requalification d’office, par la division d’annulation, du mémoire du 16 août 2024 comme étant une requête en poursuite de la procédure au sens de l’article 105 du règlement 2017/1001. En l’absence d’information reçue sur la clôture de la phase contradictoire de la procédure, l’envoi dudit mémoire, contenant les arguments et les preuves nécessaires et essentiels pour étayer la demande en nullité, aurait exprimé son intention de poursuivre la procédure déjà engagée.
34 L’EUIPO et l’intervenante contestent les arguments de la requérante.
35 À cet égard, il importe de rappeler que, aux termes de l’article 105, paragraphe 1, du règlement 2017/1001, dans les cas où une partie a omis d’observer un délai à l’égard de l’EUIPO, il lui est possible d’obtenir, sur requête, la poursuite de la procédure, à condition que, au moment où la requête est introduite, l’acte omis ait été accompli et que la taxe de poursuite de la procédure ait été payée [arrêt du 12 décembre 2017, Hochmann Marketing/EUIPO – BitTorrent (bittorrent), T‑771/15, non publié, EU:T:2017:887, point 65].
36 Il en découle que la poursuite de la procédure en vertu de l’article 105 du règlement 2017/1001 est accordée en réponse à une requête formelle en ce sens.
37 En l’espèce, ainsi que le relève à juste titre la chambre de recours au point 24 de la décision attaquée, le mémoire du 16 août 2024 ne contenait aucune requête formelle, c’est-à-dire exprimée de manière explicite, de poursuite de la procédure au sens de l’article 105 du règlement 2017/1001.
38 En tout état de cause, à supposer que le mémoire du 16 août 2024 eût pu être interprété d’office par l’EUIPO comme étant une requête en poursuite de la procédure en vertu de l’article 105 du règlement 2017/1001, celle-ci ne pouvait être réputée lui avoir été présentée, au sens de ladite disposition, faute pour la requérante de s’être acquittée de la taxe de poursuite de la procédure prévue par cette disposition.
39 En effet, la requérante ne prétend ni, a fortiori, n’établit s’être acquittée d’une taxe de poursuite de la procédure, alors que l’absence de paiement d’une telle taxe est, en l’espèce, confirmée par l’EUIPO.
40 Par ailleurs, la requérante ne peut invoquer, à cet égard, l’absence de toute demande de paiement adressée par l’EUIPO, dès lors que, selon la règlementation applicable, c’est à elle qu’il incombait, si elle souhaitait que sa requête éventuelle fût admise, d’accomplir toutes les démarches nécessaires à cette fin.
41 Par ailleurs, il importe de rappeler que, tout particulièrement dans une procédure inter partes, dans le cadre de laquelle un avantage accordé à l’une des parties constitue un désavantage pour l’autre, l’EUIPO doit veiller à garder son impartialité à l’égard des parties [arrêts du 12 décembre 2007, K & L Ruppert Stiftung/OHMI – Lopes de Almeida Cunha e.a. (CORPO livre), T‑86/05, EU:T:2007:379, point 21, et du 13 février 2015, Husky CZ/OHMI – Husky of Tostock (HUSKY), T‑287/13, EU:T:2015:99, point 40].
42 Ainsi, lorsqu’aucune disposition ne fait obligation à l’EUIPO d’informer une partie des procédures qui sont à sa disposition au titre de la réglementation applicable, il ne lui incombe pas, à plus forte raison, de conseiller ladite partie de suivre une voie procédurale quelconque [voir, en ce sens et par analogie, arrêts du 6 octobre 2021, Dermavita Company/EUIPO – Allergan Holdings France (JUVÉDERM VYBRANCE), T‑635/20, non publié, EU:T:2021:656, point 36, et du 8 octobre 2025, Doors Bulgaria/EUIPO – Top Ten (Portes), T‑585/24, non publié, EU:T:2025:945, point 43 et jurisprudence citée]. Par ailleurs, il y a lieu de tenir compte de ce que des indications pour les parties figurent dans les directives de l’EUIPO relatives à l’examen des marques de l’Union européenne, notamment en cas d’expiration d’un délai [voir, en ce sens, arrêt du 4 mai 2018, Skyleader/EUIPO – Sky International (SKYLEADER), T‑34/17, non publié, EU:T:2018:256, point 43].
43 En l’absence de disposition faisant obligation à l’EUIPO d’informer la requérante de la possibilité d’introduire une requête en poursuite de la procédure en vertu de l’article 105 du règlement 2017/100, il ne saurait être reproché à celui-ci de ne pas avoir spécifiquement, en l’espèce, informé ou conseillé la requérante sur cette possibilité qui s’offrait à elle, et ce d’autant plus que les directives de l’EUIPO relatives à l’examen des marques de l’Union européenne contenaient des indications précises à cet égard, qui étaient publiquement disponibles et auxquelles la requérante pouvait se référer.
44 Le second moyen, relatif à l’interprétation du mémoire de la requérante du 16 août 2024, doit ainsi également être rejeté comme étant manifestement dépourvu de tout fondement en droit.
45 Il s’ensuit que le présent recours doit être intégralement rejeté comme étant manifestement dépourvu de tout fondement en droit.
Sur les dépens
46 Aux termes de l’article 134, paragraphe 1, du règlement de procédure, toute partie qui succombe est condamnée aux dépens, s’il est conclu en ce sens.
47 La requérante ayant succombé, il y a lieu de la condamner aux dépens exposés par l’intervenante, conformément aux conclusions de celle-ci.
48 En revanche, l’EUIPO n’ayant conclu à la condamnation de la requérante aux dépens qu’en cas d’organisation d’une audience, il convient, en l’absence d’audience, de décider qu’il supportera ses propres dépens.
Par ces motifs,
LE TRIBUNAL (sixième chambre)
ordonne :
1) Le recours est rejeté comme étant manifestement dépourvu de tout fondement en droit.
2) Team Beverage AG supportera, outre ses propres dépens, ceux exposés par Zurich Deutscher Herold Lebensversicherung AG.
3) L’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) supportera ses propres dépens.
Fait à Luxembourg, le 16 juillet 2026.
| Le greffier | La présidente |
| V. Di Bucci | P. Škvařilová-Pelzl |
* Langue de procédure : l’allemand.
Ordonnance du président du Tribunal du 4 août 2026.#Christoph Klein contre Commission européenne.#Référé – Clause de sauvegarde – Dispositif médical – Demande de sursis à exécution – Demande de mesures provisoires – Défaut d’urgence.#Affaire T-267/26 R.
04/08/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 3 août 2026.#Broadcom Inc. et VMware International Unlimited Company contre Commission européenne.#Référé – Concurrence – Article 18, paragraphe 3, du règlement (CE) no 1/2003 – Demande de renseignements – Demande de sursis à exécution et de mesures provisoires – Non-lieu à statuer partiel – Défaut de fumus boni juris – Mise en balance des intérêts.#Affaire T-280/26 R.
03/08/2026
Jurisprudence CJUE — 62026TO0017
22/07/2026
Ordonnance du président du Tribunal du 22 juillet 2026.#Marek Lovás contre Parquet européen.#Référé – Rejet du recours principal – Non-lieu à statuer.#Affaire T-272/26 R.
22/07/2026