LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-19MA05620

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-19MA05620

jeudi 30 juin 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-19MA05620
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantFAYOLLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par une demande, enregistrée le 10 novembre 2017 sous le n° 1709022, la société par actions simplifiée (SAS) B a demandé, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal administratif de Marseille de prononcer à titre principal, la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016, ou à titre subsidiaire, la réduction de ces impositions à hauteur de 3 980,64 euros pour la période correspondant à l'exercice clos en 2014, 4 027,13 euros pour celle correspondant à l'exercice clos en 2013 et 3 297,05 euros pour celle correspondant à l'exercice clos en 2016.

Par une demande, enregistrée le 18 décembre 2018 sous le n° 1810463, la SAS B a demandé au tribunal administratif de Marseille de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 6 000 euros en réparation des préjudices moral et financier qu'elle estime avoir subis du fait de la faute commise par les services fiscaux dans l'établissement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été indûment réclamés pour la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016.

Par un jugement n° 1709022, 1810463 du 16 octobre 2019, le tribunal administratif de Marseille a accordé à la SAS B la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés pour la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016, et rejeté la requête n° 1810463 ainsi que le surplus des conclusions de la requête n° 1709022.

Procédure suivie devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2019, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 4 juin 2020, 24 septembre 2020, 16 novembre 2020, 19 novembre 2020 et 24 février 2021, le ministre de l'action et des comptes publics demande à la Cour :

1°) d'annuler l'article 1er du jugement du 16 octobre 2019 du tribunal administratif de Marseille ;

2°) de remettre à la charge de la SAS B les rappels de taxe sur la valeur ajoutée réclamés au titre de la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016 à concurrence de la décharge prononcée en première instance pour un montant total de 21 394 euros ;

3°) de rejeter les conclusions de la SAS B présentées, par la voie de l'appel incident, tendant à l'annulation de l'article 2 du jugement ainsi qu'à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 324,15 euros au titre des frais engagés et la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices financier et moral.

Il soutient que :

- contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, la proposition de rectification a été régulièrement notifiée à la société, de sorte que la procédure d'imposition n'est entachée d'aucune irrégularité ;

- l'appel incident de la société B est irrecevable en ce qu'il soulève un litige distinct.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 février 2020, 12 octobre 2020, 9 février 2021 et 10 mars 2021, la SAS B, représentée par Me Fayolle, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet du recours du ministre, et, par la voie de l'appel incident, à l'annulation de l'article 2 du jugement, à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 324,15 euros au titre des frais engagés et la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices financier et moral, ainsi qu'à la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- s'agissant de la décharge prononcée par le jugement attaqué, le moyen invoqué en appel par le ministre n'est pas fondé ;

- son appel incident, qui ne soulève aucun litige distinct, est parfaitement recevable ;

- en n'ayant pas procédé à la notification régulière de la proposition de rectification, les services fiscaux ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- le bien-fondé des impositions n'est pas établi ; en effet, les rectifications sont affectées de nombreuses erreurs qui n'ont pas été corrigées par l'administration dès lors qu'elle n'a pas été en mesure de présenter ses observations au service en l'absence de notification de cette proposition de rectification ;

- elle justifie de préjudices financier et moral en lien direct et certain avec la faute commise.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les conclusions de Mme Courbon, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société B a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle ont été mis en recouvrement, le 25 juillet 2017, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016. Par deux demandes enregistrées sous les n° 1709022 et 1810463 devant le tribunal administratif de Marseille, la société B a demandé, d'une part, la décharge ou la réduction des impositions supplémentaires qui ont été mises à sa charge au titre de la période précitée et, d'autre part, la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'irrégularité de la procédure ayant conduit à ces impositions supplémentaires. Par un jugement du 16 octobre 2019, le tribunal, après avoir joint les deux requêtes, a prononcé, en son article 1er, la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés pour la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016, et, en son article 2, rejeté la requête n° 1810463 et le surplus des conclusions de la requête n° 1709022. Le ministre de l'action et des comptes publics relève appel de ce jugement en tant qu'il a fait droit à la demande de la société B tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée précités. La SAS B, par la voie de l'appel incident, demande à la Cour d'annuler le jugement en tant que, par son article 2, il a rejeté sa demande indemnitaire.

Sur l'appel incident de la société B :

2. Un appel incident est recevable, sans condition de délai, s'il ne soumet pas au juge un litige distinct de celui soulevé par l'appel principal.

3. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que la société B n'a pas interjeté appel, dans le délai du recours contentieux, du jugement du tribunal administratif de Marseille susvisé, en tant que ce jugement a rejeté ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat à réparer les conséquences dommageables des irrégularités commises par les services fiscaux dans l'établissement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016. Par suite, elle n'est pas recevable à former un appel incident devant la Cour concernant ces conclusions indemnitaires, lesquelles soulèvent un litige distinct de celui qui fait l'objet de l'appel principal présenté par le ministre de l'action et des comptes publics, qui ne concerne que la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée précités prononcée par le tribunal administratif. Contrairement à ce que fait valoir la société intimée, la circonstance qu'une action en responsabilité pour faute des services fiscaux puisse être considérée comme un litige distinct d'un litige fiscal tendant à la décharge d'impositions supplémentaires, alors même que les impositions concernées sont les mêmes, ne constitue pas une atteinte au droit au procès équitable garanti par l'article 6 § 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il lui était loisible, si elle le souhaitait, de faire appel dans les délais requis du jugement qu'elle critique en tant qu'il lui est défavorable. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée en défense doit être admise et que les conclusions présentées, par la voie de l'appel incident, par la société B doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur l'appel du ministre de l'action et des comptes publics :

4. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. / () ".

5. La proposition de rectification doit être envoyée à l'adresse que le contribuable a donnée à l'administration. Celui-ci n'est toutefois pas privé des garanties que lui assure la procédure d'imposition au seul motif que le pli contenant l'acte de procédure a été envoyé à une autre adresse si ce pli lui est effectivement parvenu.

6. Il incombe à l'administration d'établir que le contribuable a reçu notification régulière de la proposition de rectification. La preuve de cette notification résulte des mentions précises, claires et concordantes portées sur l''enveloppe et l'avis de réception retourné à l'expéditeur ou, à défaut, des attestations de l'administration postale ou de tout autre élément de preuve, établissant en particulier que le pli a été présenté à l'adresse connue du contribuable. A cet égard, les informations précises, claires et concordantes renseignées dans un logiciel de gestion interne du courrier utilisé par La Poste peuvent revêtir une valeur probante.

7. L'administration fiscale fait valoir que, contrairement à ce qu'ont retenu les premiers juges, la proposition de rectification du 22 mai 2017 portant sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à la société B au titre de la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016 a été envoyée par pli recommandé avec accusé de réception à l'adresse du siège social de la société et que l'avis de réception a été signé par son destinataire le 26 mai 2017. Cependant, l'administration ne produit toujours pas à l'instance l'avis de réception signé par une personne ayant qualité pour recevoir le pli qui permettrait également d'attester que l'adresse à laquelle le pli a été envoyé correspond à celle indiquée par la contribuable au service, à savoir le siège de la société, alors que cette circonstance est contestée par l'intimée. En outre, l'attestation des services postaux, établie le 11 juillet 2017, selon laquelle l'avis de réception d'un pli numéroté 2C10886408135 a été signé par son destinataire le 26 mai 2017 à 13h30, et accompagnée d'un tableau de suivi émanant d'un logiciel de gestion interne du courrier utilisé par La Poste, n'est pas suffisamment probante dès lors que ni cette attestation postale ni le tableau précité ne mentionne l'adresse précise de distribution du pli. La circonstance invoquée par l'administration que l'avis de vérification adressé à la société, ainsi que d'autres courriers postérieurs à la proposition de rectification, ont bien été envoyés au siège de la société qui les a réceptionnés est sans incidence sur la régularité de la notification des rappels de taxe sur la valeur ajoutée contestés, tout comme l'est la circonstance que la proposition de rectification relative à une procédure d'imposition distincte menée à l'égard des associés de la société a été régulièrement notifiée à cette même adresse le 31 mai 2017. Enfin, il n'est ni établi, ni même allégué, que la société aurait pu avoir connaissance, par une autre voie, du contenu de la proposition de rectification concernée avant la mise en recouvrement des impositions en litige le 25 juillet 2017. Dans ces conditions, l'administration n'apporte toujours pas en appel la preuve, qui lui incombe, que la SAS B aurait effectivement reçu la proposition de rectification, de sorte que cette dernière a été privée des garanties que lui assure la procédure d'imposition contradictoire, notamment celle relative à la possibilité de présenter des observations en réponse à cette proposition de rectification. Par suite, la procédure d'imposition suivie à son encontre pour établir les impositions en litige est entachée d'irrégularité.

8. Il résulte de ce qui précède que le ministre de l'action et des comptes publics n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a fait droit à la demande de la société B tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été assignés pour la période du 1er mai 2013 au 30 avril 2016.

Sur les frais de justice :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à la société B, qui est pour l'essentiel la partie gagnante, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du ministre de l'action et des comptes publics est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées, par la voie de l'appel incident, par la société B sont rejetées.

Article 3 : L'Etat versera à la société B une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la société par actions simplifiée B.

Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer et au service de la sécurité juridique et du contrôle fiscal - sous-direction du contrôle fiscal, du pilotage et de l'expertise juridique - bureau SJCF-1B.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, où siégeaient :

- Mme Paix, présidente,

- Mme Bernabeu, présidente assesseure,

- Mme Carotenuto, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 juin 2022.

nc

Décisions similaires

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245

03/08/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

← Retour aux décisions