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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-20MA00444

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-20MA00444

lundi 19 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-20MA00444
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSCP CARLINI & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

I. Sous le n°1800440, Mme D... B... A... a demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler la décision du 29 novembre 2017 prononçant sa mise à la retraite pour inaptitude définitive et absolue à toutes fonctions ainsi que la décision du 22 novembre 2017 la plaçant en disponibilité d’office jusqu’à la décision de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL).

II. Sous le n° 1802596, Mme D... B... A... a demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler la décision du 29 mai 2018 l’admettant à la retraite pour invalidité à compter du 15 avril 2017.

III. Sous le n° 1804602, Mme D... B... A... a demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler le titre de recette d’un montant de 5 848,32 euros émis le 23 juillet 2018 et de prononcer la décharge du paiement de la somme mise à sa charge.

Par un jugement n°1800440, 1802596, 1804602 du 5 décembre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a annulé les décisions des 22 et 29 novembre 2017 et du 29 mai 2018 ainsi que le titre de recette exécutoire émis le 23 juillet 2018 à l’encontre de Mme B... A... et a déchargé l’intéressée du paiement de la somme mise à sa charge, a enjoint au directeur de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées de reconstituer la carrière de Mme B... A... à compter du 15 avril 2017 et de prendre une nouvelle décision afin de la placer dans une situation statutaire régulière le temps du reclassement dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement et a mis à la charge de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées « Les Romarins » les dépens de l’instance ainsi qu’une somme de 3 000 euros à verser à Mme B... A... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 février 2020 et 8 juillet 2022, l’établissement d'hébergement pour personnes âgées (EHPAD) « Les Romarins », représenté par la SELARL Lysis Avocats, demande à la Cour :

1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 5 décembre 2019 ;

2°) de rejeter l’ensemble des demandes présentées par Mme B... A... ;

3°) de mettre à la charge de Mme B... A... la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
Sur la régularité du jugement attaqué :
- le jugement attaqué a condamné à tort l’EHPAD à verser à Mme B... A... une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative alors que l’EHPAD, qui n’est qu’un service du CCAS de Pennautier, est dépourvu de la personnalité juridique ;
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé ; le tribunal n’a pas démontré l’illégalité de la décision du 22 novembre 2017 prononçant la mise en disponibilité de Mme B... A... ni indiqué les raisons de l’annulation du titre exécutoire émis le 23 juillet 2018 ;
- la date d’audience mentionnée est erronée ;
- le tribunal a statué ultra petita en enjoignant au directeur de l’EPHAD de reconstituer la carrière de Mme B... A... à compter du 15 avril 2017 et de prendre une nouvelle décision afin de la placer dans une situation statutaire régulière le temps du reclassement ;
Sur son bien-fondé :
-l’inaptitude définitive et absolue de Mme B... A... à toutes fonctions est établie par l’avis de la commission de réforme du 19 septembre 2017, confirmé par les conclusions de l’expert du 28 février 2018 ;
- aucun reclassement ne pouvait être mis en œuvre en l’espèce, eu égard à l’état de santé de Mme B... A... et à son manque de qualification pour occuper les seuls emplois vacants ;
- aucun aménagement du poste de Mme B... A... ne pouvait être envisagé au vu de l’avis de la commission de réforme et des conclusions de l’expert.

Par des mémoires en défense, enregistrées les 30 mars 2020 et 10 février 2022, Mme D... B... A..., représentée par la SELARL Maillot Avocats et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l’EHPAD « Les Romarins » la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la requête n’est pas fondée dans les moyens qu’elle soulève ;
- l’absence de saisine du comité médical supérieur en dépit des demandes qu’elle avait adressées en ce sens justifiait également l’annulation des décisions attaquées.

Les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l’arrêt de la Cour était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office tiré de l’irrecevabilité de la requête présentée au nom d’un établissement qui n’a pas la personnalité morale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience au cours de laquelle ont été entendus :
- le rapport de Mme C... ;
- les conclusions de M. Pecchioli, rapporteur public ;
- les observations de Me Girard, représentant l’établissement d'hébergement pour personnes âgées (EHPAD) « Les Romarins ».

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., qui occupait les fonctions d’agent social de 2ème classe au sein de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées « les Romarins » rattaché au centre communal d’action sociale de Pennautier, a été victime le 26 janvier 2010 d’une chute reconnue imputable au service. Des douleurs lombaires s’en sont suivies et ont été à l’origine d’arrêts de travail. Par une décision du 29 novembre 2017, le président du centre communal d’action sociale de Pennautier l’a admise à la retraite pour inaptitude définitive et absolue à toutes fonctions et a reconnu l’imputabilité au service de ces arrêts de travail pour les périodes du 22 mars 2010 au 10 avril 2010, du 18 avril 2010 au 7 août 2011 et du 10 avril 2014 au 12 septembre 2014. Par une décision du 22 novembre 2017, le président du centre communal d’action sociale de Pennautier a placé Mme B... A... en disponibilité d’office du 15 avril 2017 jusqu’à ce que la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales statue sur ses droits à retraite. Par une décision du 29 mai 2018, le président du centre communal d’action sociale de Pennautier a admis Mme B... A... à la retraite pour invalidité à compter du 15 avril 2017. Enfin, le président du centre communal d’action sociale de Pennautier a émis le 23 juillet 2018 à l’encontre de Mme B... A... un titre exécutoire d’un montant de 5 848,32 euros. Par un jugement du 5 décembre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a annulé les décisions des 22 et 29 novembre 2017 et du 29 mai 2018 ainsi que le titre de recette exécutoire émis le 23 juillet 2018 à l’encontre de Mme B... A... et a enjoint au directeur de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées de reconstituer la carrière de Mme B... A... à compter du 15 avril 2017 et de prendre une nouvelle décision afin de la placer dans une situation statutaire régulière le temps du reclassement dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement. L’établissement d'hébergement pour personnes âgées « Les Romarins » relève appel de ce jugement et demande à la Cour de rejeter l’ensemble des demandes de Mme B... A....

Sur la recevabilité de l’appel :

2. Aux termes de l’article L. 315-1 du code de l’action sociale et des familles : « Les interventions à but social et médico-social des personnes morales de droit public sont assurées soit par des établissements publics communaux, intercommunaux, départementaux, interdépartementaux ou nationaux, soit par des services non personnalisés ».

3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des écritures de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées « Les Romarins », que ce dernier ne dispose pas de la personnalité juridique et ne constitue qu’un service non personnalisé du centre communal d’action sociale de Pennautier. Dans ces conditions, l’établissement d'hébergement pour personnes âgées « Les Romarins », qui n’est pas doté de la personnalité juridique, ne dispose pas de la capacité pour agir en justice. Sa requête ne peut, par suite, qu’être rejetée comme irrecevable.

Sur les conclusions présentées en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

4. Les conclusions présentées en application de cet article par Mme B... A... tendant à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées « Les Romarins », lequel ainsi qu’il a été dit n’est pas doté de la personnalité juridique, ne peuvent qu’être rejetées comme irrecevables.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de l’établissement d'hébergement pour personnes âgées (EHPAD) « Les Romarins » est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par Mme B... A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme D... B... A..., au centre communal d'action sociale de Pennautier et à l’établissement d'hébergement pour personnes âgées « Les Romarins ».

Délibéré après l’audience du 5 décembre 2022, où siégeaient :
- M. Bocquet, président,
- Mme Vincent, présidente assesseure,
- Mme Balaresque, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.

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