lundi 10 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-20MA00625 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CABINET WILSON - DAUMAS - DAUMAS - BERGE-ROSSI - LASALARIE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société civile professionnelle (SCP) Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondoloni a demandé au tribunal administratif de Marseille, de condamner l'Etat à lui payer la somme de 171 720,90 euros hors taxes, soit 206 065,22 euros toutes taxes comprises sur un fondement contractuel ou, subsidiairement, au titre de l'enrichissement sans cause.
Par un jugement n° 1806958 du 17 décembre 2019, le tribunal administratif de Marseille a rejeté cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2020, et un mémoire enregistré le 9 mars 2021, la SCP Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondoloni, représentée par Me Lasalarie, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler la décision en date du 5 juillet 2018 rejetant sa demande indemnitaire préalable ;
3°) à titre principal, de condamner la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur à lui payer la somme de 171 720,90 euros hors taxes, soit 206 065,22 euros toutes taxes comprises, au titre de la faute contractuelle ;
4°) à titre subsidiaire, de la condamner à payer la même somme sur le fondement de l'enrichissement sans cause ;
5°) de mettre à sa charge la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- c'est à tort que le tribunal administratif a considéré que l'Etat n'avait pas commis les deux fautes contractuelles alléguées ;
- c'est à tort qu'il a écarté le fondement de l'enrichissement sans cause, alors que selon les premiers juges les diligences en cause n'entraient pas dans le champ des prestations couvertes par le marché public ;
- les documents qu'elle produit sont fiables et de nature à justifier ses prétentions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2020, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de l'appel sont infondés.
Par ordonnance du 12 mars 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 avril 2021 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- l'ordonnance n° 43-2592 du 2 novembre 1945 relative au statut des huissiers ;
- la loi n° 2004-1485 du 30 décembre 2004 portant loi de finances rectificative pour 2004 ;
- le décret n° 2008-554 du 11 juin 2008 instituant un montant minimum pour les frais mentionnés au 7° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et à l'article 128-I de la loi n° 2004-1485 du 30 décembre 2004 et autorisant les comptables directs du Trésor à les encaisser ;
- l'arrêté du 11 juin 2008 fixant le taux de rémunération, proportionnel aux sommes recouvrées, des huissiers de justice en cas de recouvrement obtenu selon la procédure prévue au 7e de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et à l'article 128-I de la loi de finances rectificative pour 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Renaud Thielé, rapporteur,
- les conclusions de M. François Point, rapporteur public,
- et les observations de Me Sube, substituant Me Lasalarie pour la société Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondoloni.
Considérant ce qui suit :
1. Par contrat du 1er septembre 2013, la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur a confié à la société d'huissiers de justice Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondoloni, le lot n° 1 d'un marché public ayant pour objet, pendant une durée de trois ans, l'accomplissement, pour les débiteurs domiciliés dans le ressort du tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence, des phases comminatoires en vue du recouvrement des créances prises en charge par les comptables relevant de la direction générale des finances publiques. Estimant qu'une somme de 206 065,22 euros toutes taxes comprises lui restait due au titre de frais d'huissier pour les dettes acquittées directement auprès du comptable public, la société a saisi le tribunal administratif de Marseille d'une demande tendant à la condamnation de l'Etat à lui payer cette somme sur le fondement du contrat ou, à défaut, sur le fondement de l'enrichissement sans cause. Par le jugement attaqué, dont la société Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondoloni relève appel, le tribunal administratif a rejeté ces demandes.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne la responsabilité contractuelle :
2. Aux termes de l'article 3 du décret du 11 juin 2008 susvisé : " Lorsque le débiteur verse entre les mains d'un comptable direct du Trésor, dans le cadre de la phase d'intervention de l'huissier prévue au 7° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, une somme supérieure à la dette dont le recouvrement a été confié à l'huissier de justice, le comptable direct du Trésor encaisse la différence entre ces deux sommes et peut la reverser à l'huissier de justice en l'absence d'autre dette exigible à sa caisse. ".
3. En premier lieu, en mentionnant le " 7° " de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, le pouvoir réglementaire a entendu se référer au cas visé par le 7° de cet article dans sa rédaction en vigueur au moment de l'édiction du décret. Ce cas correspond à l'hypothèse visée par les dispositions du 6° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction ultérieure, applicable au présent litige. Contrairement à ce que soutient la société appelante, les dispositions précitées de l'article 3 du décret du 11 juin 2008 sont donc applicables au présent litige.
4. En deuxième lieu, ces dispositions prévoient expressément la faculté pour le débiteur de régler directement sa dette au Trésor public, même dans l'hypothèse où une phase comminatoire a été engagée. La société appelante n'est donc pas fondée à soutenir qu'en acceptant de tels règlements directs, l'Etat aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Elle ne peut utilement se prévaloir, à ce titre, de l'instruction administrative du 15 février 2012, laquelle, si elle a demandé aux comptables publics d'encourager les redevables à payer directement leur dette entre les mains des huissiers, n'a pas eu, en tout état de cause, pour effet de priver les comptables publics de la faculté réglementaire de recevoir les paiements directement.
5. En troisième lieu, ces mêmes dispositions du décret du 11 juin 2008 prévoient que, dans le cas où le comptable public obtient du débiteur un règlement direct d'une dette vis-à-vis d'une collectivité territoriale après l'engagement de la phase comminatoire, il n'a l'obligation de reverser à l'huissier les frais de recouvrement que dans l'hypothèse où la somme qui lui est réglée excède le montant total des dettes de ce débiteur. La société appelante n'allègue pas que les frais dont elle sollicite le paiement auraient été réglés par les débiteurs au comptable public en sus du montant de leurs dettes. Dès lors, elle n'est fondée ni à soutenir que le comptable public avait l'obligation de lui reverser les frais de recouvrement, ni qu'en s'abstenant de le faire, il aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
6. En quatrième et dernier lieu, le contrat conclu entre la société appelante et l'Etat ne comporte aucune stipulation contraire à l'interprétation qui vient d'être faite du décret du 11 juin 2008. Une telle stipulation serait d'ailleurs, en tout état de cause, illicite, un contrat ne pouvant légalement déroger à une disposition législative ou réglementaire.
7. Il résulte de ce qui précède que la société appelante n'est pas fondée à invoquer la responsabilité contractuelle de l'Etat.
En ce qui concerne l'enrichissement sans cause :
8. Le service que la société appelante a rendu à l'Etat l'a été en application du contrat conclu le 1er septembre 2013. L'enrichissement de l'Etat n'est donc pas dépourvu de cause. En tout état de cause, la société, qui peut, en vertu de l'article 128 de la loi du 30 décembre 2004, percevoir ses frais de recouvrement directement auprès des débiteurs, dispose d'une voie de droit pour obtenir le paiement de ces sommes. La société ne peut donc solliciter une indemnité au titre de l'enrichissement sans cause de l'Etat.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la société Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondolini n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Ses conclusions à fin d'annulation du jugement attaqué, de la décision rejetant sa réclamation préalable et de condamnation de l'Etat doivent donc être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondolini est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société Pansard, Marans, Cunin, Sala, Mondolini et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et au département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022, où siégeaient :
- M. Alexandre Badie, président,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Isabelle Gougot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2022. 2
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026