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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-20MA01527

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-20MA01527

jeudi 23 juin 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-20MA01527
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantCABINET JEAN-CLAUDE BENSA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2012, ainsi que des pénalités correspondantes.

Le tribunal administratif de Marseille, par l'article 1er du jugement n° 1804832 du 4 décembre 2019, a prononcé la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles M. B a été assujetti au titre de l'année 2012, résultant de la réintégration dans les bases d'imposition du montant des travaux de réfection de couverture et de peinture réalisés dans les locaux loués par la société à responsabilité limitée (SARL) F, à proportion de sa participation dans la société civile immobilière (SCI) A et, par son article 2, a rejeté le surplus des conclusions de la demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 2 avril 2020, le ministre de l'action et des comptes publics demande à la Cour :

1°) d'annuler l'article 1er du jugement du 4 décembre 2019 du tribunal administratif de Marseille ;

2°) de remettre à la charge de M. B les impositions et pénalités en litige, soit une somme globale de 28 826 euros.

Il soutient que les travaux de couverture et de peinture immobilisés par la SARL F ont bénéficié à la SCI A, et les sommes correspondantes constituent dès lors des avantages occultes au profit de M. B, à hauteur de sa quote-part dans le capital de la société.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2020, M. B, représenté par Me Bensa, conclut au rejet de la requête et demande à la Cour de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que le moyen soulevé par le ministre n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la Cour a désigné Mme Bernabeu, présidente assesseure, pour présider la formation de jugement, en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- et les conclusions de Mme Courbon, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL F, dont M. B est gérant et associé, a pris en location, par un bail commercial signé le 1er janvier 2012, des locaux à usage d'entrepôt d'une superficie de 255 m², au sein d'un ensemble immobilier situé à Marseille. La SARL F a pris en charge au titre de l'année 2012 des travaux de réfection de couverture et de peinture de l'immeuble, pour un montant global de 65 632 euros, et a inscrit les dépenses correspondantes à l'actif de son bilan. L'administration fiscale, à l'issue d'une vérification de comptabilité de la SARL F et d'un contrôle sur pièces du dossier de M. B, a notamment estimé que les sommes correspondantes constituaient des revenus distribués au profit de ce dernier sur le fondement de l'article 109-1 du code général des impôts. M. B a ainsi été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2012. La réclamation préalable présentée par M. B a été partiellement admise, l'administration ayant notamment, en ce qui concerne les travaux pris en charge par la SARL F, substitué au fondement légal initial l'article 111-c du code général des impôts et estimé que la société avait accordé un avantage injustifié au bailleur, la SCI A, constitutif d'une distribution occulte taxable entre les mains de M. B à hauteur de sa participation dans le capital de la SCI, soit la somme de 32 816 euros. Le ministre de l'action et des comptes publics relève appel du jugement du tribunal administratif de Marseille n° 1804832 du 4 décembre 2019 en tant qu'il a prononcé la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles M. B a été assujetti et résultant de la réintégration dans ses bases d'imposition du montant des travaux ainsi réalisés dans les locaux loués par la SARL F, à proportion de sa participation dans la SCI A.

Sur les conclusions du ministre :

2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ; () ".

3. Il ressort du bail commercial conclu le 1er janvier 2012 entre la SARL F et la SCI A, pour une durée de neuf ans, et notamment de son article 4, que tous les travaux faits par le preneur en cours de bail deviendront lors du départ du preneur la propriété du bailleur sans indemnité. Par ailleurs, M. B fait valoir sans être contredit que les locaux en cause ont été affectés à l'exploitation de la SARL F dès la fin des travaux réalisés en 2012. Dans ces conditions, aucun avantage correspondant à la prise en charge par la SARL F des travaux réalisés sur l'immeuble appartenant à la SCI A ne pouvait en tout état de cause être regardé comme consenti à la SCI A avant le départ du preneur. Ainsi, le ministre n'est pas fondé à soutenir que les sommes correspondant aux travaux pris en charge par la SARL F constituent des avantages occultes imposables au profit de M. B, à hauteur de sa quote-part dans le capital de la société, au titre de l'année 2012.

4. Il résulte de ce qui précède que le ministre n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a prononcé la décharge des impositions et pénalités en litige.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D É C I D E

Article 1er : La requête du ministre de l'action et des comptes publics est rejetée.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à M. C B.

Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 2 juin 2022, où siégeaient :

- Mme Bernabeu, présidente assesseure, présidente de la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,

- Mme D et Mme E, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 23 juin 2022.

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