Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Bastia d’annuler la décision du 4 décembre 2017 par laquelle le directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) de Corse lui a supprimé le bénéfice de l’allocation temporaire d’invalidité ainsi que la décision du 21 février 2018 valant rejet implicite de son recours gracieux et de sa demande indemnitaire du 21 janvier 2018 ; d’enjoindre, à titre principal, à l’administration de lui octroyer un taux d’incapacité partielle permanente (IPP) de 3 % au titre de l’accident de service du 20 avril 2009, de 5 % au titre de l’accident de service du 9 août 2010, de 8 % au titre de l’accident de service du 23 février 2011 et de 3 % au titre de l’accident de service du 21 décembre 2015 dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à venir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, d’ordonner une expertise médicale afin de fixer les taux d’IPP relatifs aux quatre accidents de service dont elle est victime ; de condamner l’Etat à lui verser la somme de 3 000 euros, à parfaire, pour les troubles dans les conditions d’existence qu’elle a subis, à assortir des intérêts et de leur capitalisation à compter du 1er février 2018 et de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1800433 du 6 mars 2020, le tribunal administratif de Bastia a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 5 mai 2020, le 1er avril 2021 et le 25 mai 2021, Mme A..., représentée par Me Giansily, demande à la Cour :
1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Bastia du 6 mars 2020 ;
2°) d’annuler la décision du 4 décembre 2017 par laquelle le directeur régional de la DREAL de Corse lui a supprimé le bénéfice de l’allocation temporaire d’invalidité et la décision implicite de rejet par laquelle l’administration a rejeté son recours gracieux et sa demande indemnitaire du 21 janvier 2018 ;
3°) d’enjoindre, à titre principal, à l’administration de lui octroyer un taux d’incapacité partielle permanente : de 3 % au titre de l’accident de service du 20 avril 2009, de 5 % au titre de l’accident de service du 9 août 2010 , de 8 % au titre de l’accident de service du 23 février 2011 et de 3 % au titre de l’accident de service du 21 décembre 2015 dans un délai d’un mois à compter de la notification de l’arrêt à venir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, d’ordonner une expertise médicale afin de fixer les taux d’IPP relatifs aux quatre accidents de service dont elle est victime ;
4°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 3 000 euros, en réparation des troubles dans les conditions d’existence, à assortir des intérêts à compter du 1er février 2018 date de réception de la demande préalable d’indemnisation, avec capitalisation des intérêts échus ;
5°) de mettre à la charge de l’Etat, la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commission de réforme était irrégulièrement composée, faute de comporter un expert rhumatologue ;
- les décisions attaquées méconnaissent les articles du 7, 18 et 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 en ce que la requérante n’a pas été informée de ses droits préalablement à la tenue de la commission de réforme, que le médecin de la prévention n’a pas été informé de la réunion et de son objet, que son médecin traitant n’a pas obtenu communication de son dossier, alors même qu’il en avait fait la demande ;
- les décisions attaquées sont entachées d’un défaut de motivation en droit et en fait ;
- l’autorité administrative s’est crue liée par l’avis rendu par la commission de réforme de sorte que la décision du 4 décembre 2017 est entachée d’incompétence négative ;
- l’administration a commis une erreur manifeste d’appréciation dans la fixation des taux d’IPP ;
- elle est fondée à ce qui lui soit allouée la somme de 3 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d’existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2021, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et de la mer conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l’avis du Conseil d’Etat statuant au contentieux n° 412285 du 23 octobre 2017.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 83‑634 du 13 juillet 1983 ;
‑ la loi n° 84‑16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 60-1086 du 6 octobre 1960 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Marcovici, président rapporteur,
- et les conclusions de M. Angéniol, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Mme A..., attachée d’administration de l’Etat affectée à la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) de Corse, a été victime le 20 avril 2009 d’un accident de trajet lui occasionnant une entorse du genou gauche, d’un accident de trajet survenu le 9 août 2010 lui occasionnant un nouveau traumatisme au genou gauche, d’un accident de voiture survenu le 23 février 2011 lui occasionnant une limitation fonctionnelle de l’épaule droite et un état de stress post-traumatique et, le 21 décembre 2015, d’une chute survenue en service lui occasionnant une entorse de la cheville gauche. L’allocation temporaire d’invalidité (ATI) lui a été attribuée pour la période du 30 mai 2011 au 29 mai 2016, liquidée sur la base d’un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) de 16 %. Le 1er novembre 2016, Mme A... a fait valoir ses droits à la retraite. Par suite, dans le cadre de la procédure de révision de ses droits à l’issue d’une période de cinq ans, le ministre de la transition écologique a estimé, par décision du 4 décembre 2017, que son taux d’IPP se situait désormais à 9 % et que l’ATI ne pouvait en conséquence être maintenue. Par un jugement du 6 mars 2020, dont elle relève appel, le tribunal administratif de Bastia a rejeté sa demande tendant à l’annulation des décisions du 4 décembre 2017, du rejet implicite de son recours gracieux, de ses conclusions à fin d’injonction, de sa demande d’expertise médicale et de ses conclusions indemnitaires.
Aux termes des dispositions de l’article R. 811-1 du code de justice administrative dans leur rédaction applicable à la présente instance : « …le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort : …7° Sur les litiges en matière de pensions de retraite des agents publics ». Selon l’article R. 351-2 du même code : « Lorsqu’une cour administrative d’appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu’il estime relever de la compétence du Conseil d’État, son président transmet sans délai le dossier au Conseil d’État qui poursuit l’instruction de l’affaire... ». Et aux termes de l’article 4 du décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960 portant règlement d'administration publique pour l'application des dispositions de l'article 23 bis de l'ordonnance n° 59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires : « L'entrée en jouissance de l'allocation temporaire d'invalidité est fixée à la date de reprise des fonctions après consolidation ou, dans les cas prévus au quatrième alinéa de l'article 1er, à la date de la constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de l'état de santé de l'intéressé. / Cette allocation est concédée et payée dans les conditions prévues pour les pensions civiles et militaires de retraite. Elle est soumise en matière de contentieux aux règles applicables auxdites pensions. ».
La demande de Mme A... devant le tribunal administratif de Bastia était relative à une décision en matière d’allocation temporaire d’invalidité, laquelle relève des règles contentieuses applicables en matière de pension de retraite. Il résulte des dispositions précitées du 7° de l’article R. 811-1 du code de justice administrative que le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort sur un tel litige. Par ailleurs, les conclusions indemnitaires de Mme A... étant inférieures à 10 000 euros, le tribunal administratif y a statué en premier et dernier ressort, par application de l’article R. 811-1 du code de justice administrative. Par suite, en application de l’article R. 351-2 du même code, il y a lieu de transmettre au Conseil d’Etat le dossier de la requête de Mme A....
DéCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A... est renvoyée au Conseil d’Etat.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B... A..., au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au président de la section du contentieux du Conseil d’Etat.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, où siégeaient :
- M. Marcovici, président,
- M. Revert, président assesseur,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.