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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-20MA02767

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-20MA02767

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-20MA02767
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSCHOUKROUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Procédure contentieuse antérieure :


La société coopérative agricole du Mentonnais a demandé au tribunal administratif de Nice de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2009, 2010, 2011, 2012 et 2013, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la TVA 2008/2009 à hauteur de 69 796 euros et des intérêts de retard afférents à hauteur de 10 888 euros, ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la TVA 2009/2010 à hauteur de 46 792 euros et des intérêts de retard afférents à hauteur de 5 053 euros.


Le tribunal administratif de Nice, par l’article 1er du jugement n° 1801595 du 25 juin 2020, a décidé qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions relatives aux exercices clos en 2009 et 2010 à concurrence des dégrèvements de taxe de valeur ajoutée accordés par l’administration en cours d’instance, par son article 2, a prononcé la décharge des rappels d’impôts sur les sociétés auxquels la société coopérative agricole du Mentonnais a été assujettie au titre des exercices clos les 31 août 2009, 2010, 2011, 2012 et 2013 correspondant à l’imputation des seuls déficits constatés au titre des exercices clos de 2006 à 2010 et, par son article 3, a prononcé le rejet du surplus de la requête.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 6 août 2020, la société coopérative agricole du Mentonnais, représentée par Me Schoukroun, demande à la Cour :

1°) de réformer ce jugement du tribunal administratif de Nice du 25 juin 2020 en tant qu’il a refusé l’imputation des déficits des exercices clos en 2004 et 2005 ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés correspondant à ces déficits ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la déclaration de résultat de l’exercice clos le 31 août 2005 fait ressortir des reports déficitaires à hauteur de 29 136 euros au titre de l’exercice clos en 2004 et de 46 483 euros au titre de l’exercice clos en 2005, et l’administration ne saurait contester les déficits apparaissant sur une déclaration régulièrement souscrite ;
- les résultats de ces exercices n’ont fait l’objet d’aucun rehaussement de la part de l’administration ;
- le tribunal administratif de Nice a méconnu les dispositions de l’article 209 du code général des impôts qui, depuis la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003 de finances pour 2004, autorise les reports des déficits d’un exercice sur les exercices ultérieurs sans limitation dans le temps.



Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2021, le ministre de l’action et des comptes publics conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2003-1311 du 30 décembre 2003 pour 2004, notamment son article 89 ;
- le code de justice administrative.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. A...,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :


1. La société coopérative agricole du Mentonnais, qui exerce, à titre principal, une activité de commerce de céréales, tabac manufacturé, semences et aliments pour bétail, a fait l’objet d’une première vérification de comptabilité portant sur la période allant du 1er septembre 2008 au 31 décembre 2010, à l’issue de laquelle elle a été assujettie à des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés ainsi qu’à des rappels de TVA. Elle a fait l’objet d’une seconde vérification de comptabilité, au titre de la période courant du 1er septembre 2010 au 31 août 2013 qui ont également abouti à des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés et des rappels de TVA. La société coopérative agricole du Mentonnais a saisi le tribunal administratif de Nice d’une requête tendant à la décharge de ces impositions supplémentaires. En cours d’instance, l’administration a prononcé le dégrèvement de la totalité des rappels de TVA issu du premier contrôle. Par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a décidé de la décharge des cotisations supplémentaires d’impôts sur les sociétés auxquelles la société coopérative agricole du Mentonnais a été assujettie au titre des exercices clos les 31 août 2009, 2010, 2011, 2012 et 2013 correspondant au report des seuls déficits constatés au titre des exercices clos de 2006 à 2010. La société coopérative agricole du Mentonnais relève appel de ce jugement en ce qu’il n’a pas fait droit à sa demande tendant au report des déficits issus des exercices 2004 et 2005 et à la décharge des cotisations d’impôt sur les sociétés en résultant au titre de l’exercice clos le 31 août 2013.

2. Aux termes du troisième alinéa du I de l’article 209 du code général des impôts dans sa rédaction alors applicable : « (…) en cas de déficit subi pendant un exercice, ce déficit est considéré comme une charge de l'exercice suivant et déduit du bénéfice réalisé pendant ledit exercice. Si ce bénéfice n'est pas suffisant pour que la déduction puisse être intégralement opérée, l'excédent du déficit est reporté dans les mêmes conditions sur les exercices suivants. (…) ». Il incombe au contribuable d’apporter la preuve de la réalité comme du montant des déficits dont il demande la déduction, laquelle ne peut résulter de la seule circonstance qu’il en a fait mention dans ses déclarations de résultats.

3. Si la société appelante demande le report des déficits qu’elle aurait subi au cours des exercices 2004 et 2005 à hauteur respectivement des sommes de 29 136 euros et de 46 483 euros, elle ne produit aucun élément de nature à justifier de leur réalité et de leur montant alors que, ainsi qu’il a été dit au point précédent et contrairement à ce qu’elle soutient, leur mention dans les déclarations de résultats n’est pas de nature, à elle seule, à justifier leur déductibilité. La circonstance que les résultats déclarés de ces exercices n’ont fait l’objet d’aucun rehaussement est, à ce même égard, sans incidence sur le bien-fondé du jugement attaqué qui, même s’il se réfère la rédaction de l’article 209 du code général des impôts dans sa rédaction antérieure à la loi susvisée de finances pour 2004, n’est pas fondé sur la circonstance que les déficits des exercices 2004 et 2005 étaient antérieurs de plus de cinq ans à ceux vérifiés, mais sur l’absence d’élément justifiant de leur réalité.

4. Il résulte de ce qui précède que la société coopérative agricole du Mentonnais n’est pas fondée à se plaindre de ce que par le jugement attaqué, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D É C I D E :





Article 1er : La requête de la société coopérative agricole du Mentonnais est rejetée.


Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société coopérative agricole du Mentonnais et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.



Délibéré après l’audience du 15 septembre 2022, où siégeaient :

- Mme Paix, présidente,
- Mme Carotenuto, première conseillère,
- M. Claudé-Mougel, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 septembre 2022.



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