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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-20MA03417

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-20MA03417

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-20MA03417
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantCABINET SOLLBERGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Procédure contentieuse antérieure :

M. et Mme B... A... ont demandé au tribunal administratif de Nice de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôts sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014, et des pénalités correspondantes.

Par un jugement n° 1800299 du 10 juillet 2020, le tribunal administratif de Nice a rejeté leur demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2020, et deux mémoires complémentaires enregistrés le 6 août 2021 et le 29 octobre 2021, M. et Mme B... A..., représentés par Me Sollberger, demandent à la Cour :

1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Nice du 10 juillet 2020 ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôts sur le revenu et de contributions sociales en litige ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



Ils soutiennent que :


- la G... n’a procédé à aucun partage d’actifs et ne leur a versé aucune somme d’argent ; les conditions de l’applicabilité du 3° de l’article 120 du code général des impôts ne sont pas réunies ;

- le total de 578 055,08 euros des sommes créditées sur le compte courant de M. A... au titre de l’exercice de la G... clos le 31 décembre 2013 constituent des avances consenties par M. A... à cette société ;

- les sommes de 277 021,82 euros, 197 233,90 euros et 12 482,36 euros créditées sur le compte courant de M. A... respectivement les 30 janvier, 18 avril et 28 juin 2013 proviennent d’un compte titre personnel ouvert depuis 2007 à la société générale « private banking » ;

- il a été procédé par erreur à deux virements de 197 233,90 euros le 18 avril 2013 dont l’un a été annulé ;

- l’enregistrement du crédit de 70 000 euros à la date du 31 janvier 2013 provient d’une erreur ;

- la production de l’intégralité des relevés bancaires et les libellés des autres virements démontrent que les crédits en cause proviennent d’un compte personnel de M. A....



Par deux mémoires en défense, enregistrés le 5 février 2021 et le 22 septembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. C...,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :


1. A l’issue d’un examen de leur situation fiscale personnelle portant sur les années 2013 et 2014, les époux A... ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, à raison de revenus distribués par la société Richard A... Distribution en 2013, et de revenus distribués par la D... en 2014. Ils relèvent appel du jugement du 10 juillet 2020 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté leur demande tendant à la décharge de ces rehaussements.


Sur les conclusions à fin de décharge :


En ce qui concerne les revenus distribués en 2013 :


2. Aux termes de l’article 120 du code général des impôts, relatif aux revenus des valeurs mobilières émises hors de France et revenus assimilés : « Sont considérés comme revenus au sens du présent article : / (…) 3° Les répartitions faites aux associés, aux actionnaires et aux porteurs de parts de fondateur des mêmes sociétés, à un titre autre que celui de remboursement d'apports ou de primes d'émission. Une répartition n'est réputée présenter le caractère d'un remboursement d'apport ou de prime que si tous les bénéfices ou réserves ont été auparavant répartis (…) ». Les sommes inscrites au crédit du compte courant d’un associé ont, sauf preuve contraire apportée par l’associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

3. En premier lieu, il résulte de l’instruction que des sommes de 277 021,82 euros, 197 233,90 euros et 12 482,36 euros ont été portées au crédit du compte courant d’associé de M. A... dans la comptabilité de la G..., enregistrée à Monaco, respectivement les 30 janvier, 18 avril et 28 juin 2013. Si les appelants produisent ce qu’ils présentent comme des extraits d’un portefeuille titres d’un compte au nom de M. A..., ceux-ci, consistant en une copie interne de relevés d’écritures, sont dépourvues d’une quelconque mention de l’établissement bancaire auprès duquel ce portefeuille est détenu. S’ils produisent également une attestation à l’en-tête de la Société générale « Private Banking » dont le siège est à Monaco, celle-ci se limite à confirmer l’ouverture d’un compte personnel par M. A... dans cet établissement en 2007, et non que ces relevés émaneraient bien de cet établissement alors que le montant du premier de ces trois crédits en date du 30 janvier 2013 n’y est pas lisible. En outre, si le crédit de 197 233,90 euros apparaît sur le relevé du compte 30003 01504 000201156570 80 détenu par la H... à la Société générale, un débit du même montant apparaît à la même date sur le compte 30003 01504 00020113621 14 détenu par ladite société dans cette même banque sous le libellé « REGULATION VIREMENT A... R ». Si les appelants soutiennent qu’il s’agit de l’annulation d’un second virement d’un même montant effectué le même jour par erreur, celui-ci n’apparaît sur aucun des relevés bancaires de cette société, dont ils affirment pourtant avoir produit l’intégralité, et ils n’en précisent pas l’origine, alors qu’en tout état de cause, l’existence de ce crédit sur le compte courant de M. A... dans cette société au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2013 n’est pas contestée. Dans ces conditions, les appelants n’établissent pas que les sommes en cause constituent des avances faites par M. A... à la H....
4. En second lieu, s’agissant des virements de 15 250 euros, 70 000 euros et 6 066,82 euros portées au crédit du compte courant d’associé de M. A... dans la comptabilité de la G... respectivement le 31 janvier 2013 pour les deux premiers, et le 10 avril 2013 pour le dernier, aucun document de nature à justifier qu’il s’agirait d’avances consenties par le premier à la seconde n’est produit à l’instance. En outre, alors que le crédit de 70 000 euros, qui consiste en un dépôt d’espèces, apparaît sur les relevés bancaires de la société à la date du 13 février 2013, l’auteur du virement de 6 066,82 euros ne peut être identifié par le libellé « VIRT solde compte Griffin et C », et les appelants ne contestent pas qu’au moins cinq sociétés sont enregistrées en France sous le nom de M. B... A..., dont les virements apparaissant sur les relevés bancaires de la société F... pourraient provenir. Les requérants n’établissent dès lors pas davantage que ces trois virements constitueraient des avances consenties par M. A... à cette dernière.


En ce qui concerne les revenus distribués en 2014 :


5. Aux termes de l’article 109 du code général des impôts : « 1. Sont considérés comme revenus distribués : / (…) 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. / Les sommes imposables sont déterminées pour chaque période retenue pour l'établissement de l'impôt sur les sociétés par la comparaison des bilans de clôture de ladite période et de la période précédente selon des modalités fixées par décret en conseil d'Etat ». Aux termes de l’article 111 du même code : « Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d’avances, de prêts ou d’acomptes ». En application des articles 109, 111 et du 3° de l’article 120 du code général des impôts, doivent être regardés comme des revenus distribués, sauf preuve contraire, les montants des soldes débiteurs des comptes courants ouverts dans les écritures d’une société au nom de ses associés, actionnaires ou porteurs de parts au 31 décembre de l’année en cause. En cas de variation de ce solde d’une année civile sur l’autre, seule la différence positive entre ces deux soldes peut légalement être incluse dans le revenu imposable de l’associé, l’actionnaire ou le porteur de parts pour l’année en cause.


6. Si les appelants entendent, par leur requête, demander la décharge des revenus distribués par la D... ainsi que l’annulation sur ce point du jugement attaqué, ils ne font valoir aucun moyen, ni ne produisent aucune pièce à l’appui de cette demande, laquelle ne peut, dès lors, qu’être rejetée.


7. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A... ne sont pas fondés à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté leur demande.


Sur les frais liés au litige :


8. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, font obstacle à ce que l’Etat, qui n’a pas, dans la présente instance, la qualité de partie perdante, verse à M. et Mme A... la somme qu’ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.



D É C I D E





Article 1er : La requête de M. et Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. et Mme B... A... et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.



Délibéré après l’audience du 15 septembre 2022, où siégeaient :

- Mme Paix, présidente,
- Mme Mastrantuono, première conseillère,
-. M. Claudé-Mougel, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 septembre 2022.



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