jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-20MA03567 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | FORTE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) Bar Le Central a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2011, 2012 et 2013 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013, ainsi que des pénalités correspondantes.
Par un jugement n° 1810581 du 20 juillet 2020, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2020, la SARL Bar Le Central, représentée par Me Errera, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 20 juillet 2020 du tribunal administratif de Marseille ;
2°) de prononcer la décharge des impositions en litige et des pénalités correspondantes.
Elle soutient que :
- le jugement attaqué, entaché d'erreur de droit, est irrégulier ;
- l'administration était tenue de lui adresser une proposition de rectification rectificative annulant et remplaçant la proposition de rectification du 26 juin 2015 dès lors que cette dernière n'a pas respecté la période de contrôle mentionnée sur l'avis de vérification de comptabilité du 12 décembre 2014 ;
- l'absence d'envoi d'une nouvelle proposition de rectification l'a privée d'une garantie en l'absence de réouverture du délai de saisine de la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires, et la correction opérée par la lettre du 17 mai 2016 a créé une confusion dans l'appréciation et l'analyse des données comptables.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2020, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'une vérification de comptabilité de la société à responsabilité limitée (SARL) Bar Le Central, l'administration l'a assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2012 et 2013 et à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013. La SARL Bar Le Central relève appel du jugement du 20 juillet 2020 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à la décharge de ces suppléments d'imposition auxquels elle a ainsi été assujettie, et pénalités correspondantes.
Sur la régularité du jugement :
2. Hormis le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis mais de se prononcer directement sur les moyens dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. La SARL Bar Le Central ne peut donc utilement se prévaloir, pour demander l'annulation du jugement attaqué, de l'erreur de droit que les premiers juges auraient commise.
Sur le bien-fondé du jugement :
3. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu ou une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. ". Aux termes de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. ".
4. Il résulte de l'instruction que l'avis de vérification de comptabilité du 12 décembre 2014, régulièrement adressé au représentant légal de la SARL Bar Le Central, fixait la période vérifiée du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013, étendue au 31 octobre 2014 en matière de taxe sur la valeur ajoutée, alors qu'en réalité la vérification a commencé à partir du 6 février 2011 et que des rectifications sur l'ensemble de cette période ont été notifiées à la société requérante, ainsi qu'il résulte de la proposition de rectification du 26 juin 2015. Toutefois, prenant acte de cette erreur, l'administration, à l'issue de la réunion organisée entre l'interlocuteur départemental et la société requérante, a rectifié le montant des impositions auxquelles la SARL Bar Le Central était assujettie au titre de l'année 2012, en écartant les données antérieures à l'année 2012, par une lettre du 17 mai 2016, dont la société a accusé réception le 20 mai suivant, soit avant la mise en recouvrement des rectifications en litige le 31 mai 2016. Cette lettre, dont l'objet est " Nouvelles conséquences financières suite à interlocution ", indique clairement, dans des tableaux récapitulatifs, les montants des rehaussements à la charge de la société en matière d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2012 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2012, en précisant que les impositions au titre de l'année 2013 restaient inchangées. A cet égard, si les tableaux des " conséquences financières du contrôle " annexés à cette lettre mentionnent comme période " 01/01/2011-31/12/2012 ", cette erreur purement matérielle n'a pu induire en erreur la société requérante sur la compréhension des montants des impositions et pénalités supplémentaires laissées à sa charge. En effet, il résulte des motifs de cette lettre du 17 mai 2016 que la reconstitution du chiffre d'affaires de l'exercice clos en 2012 a été déterminée en tenant pour nulle la valeur des stocks au 1er janvier 2012 et en ne tenant pas compte des achats réalisés par la société pour la période antérieure au 1er janvier 2012, approche favorable à la société dans la mesure où des achats en 2011 ont pu générer un chiffre d'affaires l'année suivante, et que l'ensemble des données de calcul de la reconstitution était exposé dans un tableau annexé à ladite lettre. Ainsi, les rectifications en litige ont été strictement limitées à la période indiquée sur l'avis de vérification et ont été portées à la connaissance de la société requérante avant leur mise en recouvrement. Par suite, la SARL Bar Le Central n'est pas fondée à soutenir que l'administration était tenue de lui adresser une nouvelle proposition de rectification, rectificative, alors au demeurant que l'administration n'a pas modifié la méthode de reconstitution proprement dite. Enfin, si la société requérante soutient que l'administration, en ne lui notifiant pas une proposition rectificative, l'a privée d'une garantie en l'absence de réouverture du délai de saisine de la commission départementale des impôts et des taxes sur le chiffre d'affaires, elle n'établit pas, en tout état de cause, avoir sollicité la saisine de cette commission dans le délai d'un mois après la réception, le 7 octobre 2015, de la réponse du service à ses observations. Par suite, la procédure suivie par l'administration n'est entachée d'aucune irrégularité.
5. Il résulte de tout ce qui précède, que la SARL Bar Le Central n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille, qui a, à bon droit, écarté les conclusions tendant à la décharge des suppléments d'imposition au titre de l'année 2011 comme irrecevables, a rejeté sa demande.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Bar Le Central est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société à responsabilité limitée Bar Le Central et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, où siégeaient :
- Mme Paix, présidente,
- Mme Carotenuto, première conseillère,
- Mme Mastrantuono, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 novembre 2022.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026