LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-20MA03705

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-20MA03705

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-20MA03705
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantIKHLEF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société à responsabilité limitée (SARL) Sorestlux a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2011 et 2012 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012, ainsi que des pénalités correspondantes.

Par un jugement n° 1900271 du 29 juillet 2020, le tribunal administratif de Marseille a rejeté cette demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 septembre 2020 et le 16 mai 2021, la SARL Sorestlux, représentée par Me Ikhlef, demande à la Cour :

1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Marseille du 29 juillet 2020 ;

2°) de prononcer la décharge des impositions et pénalités en litige ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la méthode de reconstitution de son chiffre d’affaires est radicalement viciée ;
- cette méthode est excessivement sommaire et aboutit à des résultats excessifs ;
- elle propose une méthode de reconstitution alternative, qui conduit à déterminer des résultats inférieurs à ceux retenus par l’administration.


Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la SARL Sorestlux ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme A...,
- les conclusions de M. Ury, rapporteur public,
- et les observations de Me Ikhlef, représentant la SARL Sorestlux.



Considérant ce qui suit :


1. A l’issue d’une vérification de comptabilité de la SARL Sorestlux, qui exerce une activité de restauration à Aix-en-Provence, sous l’enseigne « La Follia », l’administration fiscale a procédé à la reconstitution du chiffre d’affaires de la société, et l’a en conséquence assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012 et à des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2011 et 2012. La SARL Sorestlux relève appel du jugement du 29 juillet 2020 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à la décharge de ces suppléments d’impôt sur les sociétés et rappels de taxe sur la valeur ajoutée, ainsi que des pénalités correspondantes.


2. Aux termes de l’article L. 192 du livre des procédures fiscales : « Lorsque l'une des commissions ou le comité mentionnés à l'article L. 59 est saisi d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission ou le comité. / Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission ou du comité (…) ».

3. Il résulte de l’instruction que l’administration fiscale a rejeté la comptabilité de la SARL Sorestlux et que les impositions en litige ont été établies conformément à l’avis rendu par la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires à l’issue de sa séance du 11 décembre 2014. Par suite, la SARL Sorestlux, qui ne conteste pas les motifs de rejet de sa comptabilité en raison des graves irrégularités relevées par le service vérificateur, supporte la charge de la preuve de l’exagération des bases d’imposition.



4. En premier lieu, la méthode retenue pour reconstituer les recettes de l’entreprise a consisté à déterminer, dans un premier temps, les recettes théoriques des ventes de boissons à partir des achats revendus, dont le montant a été établi grâce au dépouillement exhaustif des factures, et corrigé des variations de stocks, sans tenir compte des vins utilisés en cuisine, des sirops et crèmes utilisées en additif, des cafés consommés par le personnel et des digestifs offerts. Le coefficient correspondant à la proportion des boissons vendues dans le chiffre d’affaires total, soit respectivement 22 et 23 % pour les années 2011 et 2012, a été déterminé par la société elle-même, et corroboré par l’analyse par le vérificateur d’échantillons de tickets. Le chiffre d’affaires total a été déterminé par l’application de ces coefficients aux recettes théoriques correspondant aux achats revendus de liquides. En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée, ce chiffre d’affaires a été ventilé selon les différents taux en tenant compte des indications du gérant de la société. Si la société requérante fait valoir que l’administration n’a pas tenu compte des conditions réelles d’exploitation de son établissement, notamment de l’existence d’une activité de bar exercée lorsque sa terrasse est ouverte, et des circonstances que les menus « enfant », ainsi que les cafés et thés « gourmands » incluaient le prix de la boisson, la société a indiqué elle-même la proportion entre le chiffre d’affaires des liquides et le chiffre d’affaires total, laquelle a d’ailleurs été corroborée par l’analyse d’échantillons de tickets, et ne produit aucun élément de nature à démontrer que cette proportion ne correspondrait pas aux conditions réelles d’exploitation. De même, à supposer que des erreurs affectent le calcul du coefficient déterminé par rapport aux échantillons de tickets, de telles erreurs seraient sans incidence sur la pertinence de la méthode de reconstitution, fondée sur l’application des seuls coefficients indiqués par la société. Par ailleurs, si elle fait valoir que les coefficients de marge et les prix de revient résultant de la reconstitution démontrent le caractère radicalement vicié de la méthode, elle ne verse pas aux débats les éléments sur lesquels repose le calcul de ces coefficients et de ces prix. Enfin, si la SARL Sorestlux fait état d’erreurs relatives à la détermination des achats revendus de liquides au titre de l’année 2011, ses allégations ne sont appuyées d’aucun élément de justification, et si la proposition de rectification comporte une erreur de plume relative au ratio retenu au titre de l’année 2011, le chiffre d’affaires reconstitué, qui tient compte du ratio de 22 %, n’est pas erroné. De même, la circonstance que les chiffres d’affaires des années postérieures seraient moindres que les chiffres d’affaires reconstitués est sans incidence sur la pertinence de la méthode de reconstitution retenue au titre de la période en litige. Ainsi, contrairement à ce qui est soutenu, cette méthode n’apparaît ni radicalement viciée ni excessivement sommaire.



5. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la SARL Sorestlux, qui propose d’appliquer la même méthode de reconstitution en corrigeant les prétendues erreurs affectant les quantités de liquides revendus et le coefficient entre le chiffre d’affaires des liquides et le chiffre d’affaires total, ne démontre pas l’exagération des bases d’imposition retenues par l’administration.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Sorestlux n’est pas fondée à soutenir que c’est à tort que le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Par conséquent, ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.




D É C I D E :




Article 1er : La requête de la SARL Sorestlux est rejetée.


Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la société à responsabilité limitée Sorestlux et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.


Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, où siégeaient :

‑ Mme Paix, présidente,
‑ Mme Carotenuto, première conseillère,
‑ Mme Mastrantuono, première conseillère.

Lu en audience publique, le 1er décembre 2022.


Décisions similaires

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-26MA02245

03/08/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

← Retour aux décisions