jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-20MA04743 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SELARL HAUSSMANN-PARADIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) E a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015 ainsi que des pénalités correspondantes.
Par un jugement n° 1902867 du 13 octobre 2020, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2020, la SARL E, représentée par Me Aboujaoude et Spadola, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Marseille du 13 octobre 2020 ;
2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration n'apporte pas la preuve de l'existence d'une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée de la part de son fournisseur, la société B;
- si elle ne conteste pas que M. était le gérant d'un commerce d'alimentation générale dans un local attenant à celui de la société B, il n'est qu'un de ses associés à hauteur de 50 % de ses parts, qui n'a aucune fonction de gestion ou de représentation ;
- elle s'approvisionnait auprès d'autres fournisseurs ;
- l'administration ne saurait exiger d'elle qu'elle vérifie si les statuts de ses fournisseurs leur permettent de réaliser les prestations qu'ils font à son profit ;
- la corrélation entre la marge réalisée par la société B et le prix qu'elle pratique n'est pas pertinente et il appartenait à l'administration de démontrer que le prix qu'elle payait était inférieur au prix le plus faible du marché ;
- rien n'interdit à des partenaires commerciaux d'établir librement les conditions et modes de paiement entre eux nonobstant les usages commerciaux et elle a constamment été livrée en temps et en heure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Ury, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2015, la SARL E a fait l'objet de rappels de taxe sur la valeur ajoutée résultant de la remise en cause par l'administration fiscale, de la taxe déduite à raison d'achats de canettes de boissons réalisés durant cette période auprès de l'EURL B, au motif, fondé sur le 3 de l'article 272 du code général des impôts, que cette société se livrait à une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée que la SARL E ne pouvait ignorer. Cette dernière relève appel du jugement du 13 octobre 2020 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande tendant à la décharge de ces rappels.
2. Aux termes de l'article 272 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " () / 3. La taxe sur la valeur ajoutée afférente à une livraison de biens ne peut faire l'objet d'aucune déduction lorsqu'il est démontré que l'acquéreur savait ou ne pouvait ignorer que, par son acquisition, il participait à une fraude consistant à ne pas reverser la taxe due à raison de cette livraison ".
3. En premier lieu, il résulte de la proposition de rectification du 26 janvier 2016 notifiée à la SARL E, qui reproduit en partie les termes de celle notifiée à l'EURL B, que l'examen des factures émises par cette dernière montre qu'elle facturait quasi exclusivement à la SARL E et que la facturation enregistrée en comptabilité dans le compte client de celle-ci ne correspond en rien à la facturation physique présentée à la vérificatrice, tant dans leur montant que dans leur numérotation. De plus, alors que le montant total des achats apparaissant dans la comptabilité de la SARL E auprès de l'EURL B s'élevait, sur la période contrôlée, à un montant de 1 139 521 euros TTC, cette dernière ne pouvait ignorer qu'elle avait dépassé les limites du régime simplifié d'imposition en matière de taxe sur la valeur ajoutée. L'EURL B s'est ainsi prévalue sciemment d'un régime de taxe sur la valeur ajoutée erroné, s'est dispensée ainsi de reverser dans les délais légaux la taxe qu'elle facturait, en ne permettant pas à l'administration d'appréhender le volume de facturation réellement effectué sur la période contrôlée. Ce faisant, et contrairement à ce que soutient la requérante, l'administration a suffisamment démontré l'existence d'une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée de la part de l'EURL B.
4. En second lieu, pour établir que la SARL E ne pouvait ignorer que l'EURL B se livrait à une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée, l'administration a d'abord relevé que celle-ci ne disposait d'aucun moyen humain et matériel lui permettant d'effectuer les importantes livraisons de canettes de boissons à la SARL E durant la période contrôlée, en étant implantée dans un local qui abritait un cyber café, les livraisons étant directement effectuées dans les locaux de la SARL. Si cette dernière soutient qu'elle n'avait pas à vérifier les conditions d'organisation et de fonctionnement de son fournisseur, la circonstance que M. A, son associé à hauteur de 50 %, disposait d'un local commercial voisin de celui de l'EURL au travers d'une autre société, bien que ne caractérisant pas à elle seule la circonstance qu'elle ne pouvait ignorer la fraude, lui permettait d'avoir connaissance de cette absence de moyen humain et matériel, d'autant que cette société lui sous-louait une chambre froide destinée au stockage de produit frigorifique. L'administration a également relevé que la marge brute réalisée par l'EURL B sur ses ventes à la SARL E était quasi nulle, en s'élevant à 0,01 %, et que l'EURL n'a pas répercuté sur la SARL la hausse des prix pratiqués par ses propres fournisseurs. Si la requérante soutient qu'elle s'approvisionnait auprès d'autres fournisseurs que l'EURL, elle ne conteste pas que cette dernière représentait son principal fournisseur, à proportion de plus de 56 % de ses achats au cours de la période contrôlée, et n'allègue pas même que les autres fournisseurs auraient pratiqué des prix similaires. En outre, il résulte de l'instruction que, pour la majeure partie des transactions, la SARL E acquittait les factures de l'EURL B dès leur émission, voire avant même la facturation. L'administration a pu ainsi suffisamment établir que l'EURL B n'avait vocation qu'à s'interposer artificiellement entre elle-même et ses fournisseurs, et que la SARL E ne pouvait ignorer que, par ses acquisitions auprès de l'EURL, elle participait à une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a remis en cause la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée que la requérante a réglée sur ces acquisitions.
5. Il résulte de tout de tout ce qui précède que la SARL E n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
D É C I D E
Article 1er : La requête de la SARL E est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL E et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, où siégeaient :
- Mme Paix, présidente,
- M. Platillero, président assesseur,
- M. Claudé-Mougel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 mars 2023
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026