lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-21MA00102 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | HOURMANT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler la décision du 8 août 2018 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a déclaré caduque une autorisation de défrichement précédemment délivrée le 20 juin 2011.
Par un jugement n° 1804482 du 10 novembre 2020, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 9 janvier 2021, Mme C, représentée par Me Hourmant, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 10 novembre 2020 du tribunal administratif de Nice ;
2°) d'annuler la décision du 8 août 2018 du préfet des Alpes-Maritimes ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la décision contestée est entachée d'incompétence ;
-l'autorisation devait être prorogée sur le fondement du a) de l'article D. 341-7-1 du code forestier ;
-elle devait également être prorogée sur le fondement du b) du même article ;
-la délivrance du permis de construire impliquait nécessairement que l'autorisation de défrichement était encore valable ;
-le délai a été interrompu du fait de l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code forestier ;
-le code de justice administrative.
Après avoir entendu en audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Pecchioli, rapporteur public,
- et les observations de Me Akacha, substituant Me Hourmant, avocat de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 juillet 2011, le préfet des Alpes-Maritimes a autorisé Mme C à défricher une superficie de 0,2510 hectare sur les parcelles cadastrées section C, nos 392 à 395, 1472 et 1475, à Gorbio. Après plusieurs évènements relatifs à la demande de permis de construire pour l'opération afférente, Mme C, par un courriel du 11 juin 2018, a demandé au préfet des Alpes-Maritimes si l'autorisation de défrichement initialement accordée était en cours de validité. Le préfet a regardé cette demande comme portant sur la prorogation de la durée de validité de l'autorisation et y a répondu négativement par une décision du 8 août 2018.
2. Mme C fait appel du jugement du 10 novembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.
3. Les dispositions de l'article L. 341-3 du code forestier, reprises à l'article D. 341-7-1 du même code, prévoient que la durée de validité des autorisations de défrichement est de cinq ans. Ces dispositions ne peuvent recevoir application lorsque l'absence d'exécution des travaux de défrichement est imputable au fait de l'administration. Le fait de l'administration a pour effet, non de suspendre, mais d'interrompre la durée de validité de l'autorisation. Celle-ci recommence à courir dans son intégralité lorsque le fait de l'administration cesse de produire son effet interruptif.
4. Les agents de la direction départementale des territoires et de la mer se sont rendus sur les parcelles en question le 3 juillet 2014. Par un procès-verbal du 10 juillet 2014, ils ont entendu constater l'infraction de défrichement sans autorisation, et ont ordonné l'interruption immédiate des travaux de défrichement sur le fondement de l'article L. 363-4 du même code. Par un procès-verbal du 13 juin 2016, les mêmes agents ont entendu constater les infractions de défrichement sans autorisation et de poursuite de défrichement illicite à l'encontre de la société qui entendait effectuer le défrichement autorisé par l'arrêté du 15 juillet 2011. Ils ont également consigné le matériel présent sur place. Le ministère public a classé sans suite ces procédures pénales. Par une ordonnance du 6 octobre 2020, le juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire de Nice a ordonné la mainlevée des mesures conservatoires et d'interruption des travaux sur le fondement du deuxième alinéa de l'article L. 363-4 du code forestier. Il suit de là que la durée de validité de l'autorisation de défrichement accordée le 15 juillet 2011 a été interrompue du fait de l'administration le 10 juillet 2014, et a recommencé à courir à compter du 6 octobre 2020. Par suite, le préfet des Alpes-Maritimes a fait une inexacte application de l'article D. 341-7-1 du code forestier en considérant que la durée de validité de cette autorisation était expirée.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
6. Dès lors, il n'est pas nécessaire de se prononcer sur les autres moyens invoqués par Mme C.
7. Il y a lieu, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme 2 000 euros à Mme C au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le jugement du 10 novembre 2020 du tribunal administratif de Nice est annulé.
Article 2 : La décision du 8 août 2018 du préfet des Alpes-Maritimes est annulée.
Article 3 : L'État versera la somme de 2 000 euros à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A C et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée pour information au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2023, où siégeaient :
- M. Bocquet, président,
- Mme Vincent, présidente-assesseure,
- M. Mérenne, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
No 21MA0010
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026