lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-21MA01197 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre-formation à 3 |
| Avocat requérant | BROWN JENNA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
I. Sous le n° 1900835, M. C A a demandé au tribunal administratif de Marseille, d'une part, d'annuler la décision du 26 juin 2018 par laquelle le chef de centre de Mimet relevant du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Bouches-du-Rhône l'a suspendu de ses fonctions ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux, d'autre part, d'enjoindre au SDIS des Bouches-du-Rhône de procéder à la reconstitution de sa carrière à compter du 2 juillet 2018, dans un délai de deux mois suivant la notification de ce jugement et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et, enfin, de mettre à la charge du SDIS une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II. Sous le n° 1901936, M. A a demandé au tribunal administratif de Marseille, d'une part, d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2018 par lequel le président du conseil d'administration du SDIS des Bouches-du-Rhône a prolongé la suspension de ses fonctions pour une durée maximale de quatre mois ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux et de sa demande de réintégration, d'autre part, d'enjoindre au SDIS des Bouches-du-Rhône de reconstituer sa carrière à compter du 2 novembre 2018, dans un délai de deux mois suivant la notification de ce jugement et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et, enfin, de mettre à la charge du SDIS une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
III. Sous le n° 1904065, M. A a demandé au tribunal administratif de Marseille, d'une part, d'annuler l'arrêté n° 1584-2018, notifié le 8 mars 2019, par lequel le président du conseil d'administration du SDIS des Bouches-du-Rhône l'a exclu de ses fonctions pour une durée de six mois, d'autre part, d'enjoindre au SDIS des Bouches-du-Rhône de reconstituer sa carrière à compter du 8 mars 2019, dans un délai de deux mois à compter de la notification de ce jugement et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et, enfin, de mettre à la charge du SDIS une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Après avoir joint ces trois demandes, le tribunal administratif de Marseille a, par un jugement nos 1900835, 1904065, 191936 du 25 janvier 2021, annulé la décision du président du conseil d'administration du SDIS des Bouches-du-Rhône du 26 juin 2018 et son arrêté du 7 septembre 2018, ensemble les décisions implicites portant rejet des recours gracieux formés par M. A, a enjoint au président du conseil d'administration de cet établissement de réexaminer la situation de ce dernier, pour la période comprise entre le 2 juillet et le
10 octobre 2018, et de reconstituer sa carrière pour la période courant du 10 octobre 2018 jusqu'à la fin de la suspension de ses fonctions, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, a mis à la charge du SDIS des Bouches-du-Rhône une somme de
1 500 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et a rejeté le surplus des conclusions de ce dernier.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mars et 27 juillet 2021, M. A, représenté par Me Brown, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Marseille du 25 janvier 2021 en tant qu'il a rejeté ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté n° 1584-2018, notifié le 8 mars 2019, portant exclusion temporaire de fonctions pour six mois, ainsi que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ;
2°) d'annuler cet arrêté n° 1584/2018 du président du conseil d'administration du SDIS des Bouches-du-Rhône ;
3°) d'enjoindre au SDIS des Bouches-du-Rhône, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de reconstituer sa carrière à compter du 8 mars 2019, au grade et à l'échelon qu'il détenait au moment de son éviction, dans un délai de deux mois suivant notification de l'arrêt à intervenir et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du premier jour suivant l'expiration de ce délai ;
4°) de mettre à la charge du SDIS des Bouches-du-Rhône la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal a commis plusieurs erreurs de droit et d'appréciation entachant son jugement du 25 janvier 2021 ;
- en estimant, au point 18 de leur jugement, que le non-respect de l'article 5 du décret
n° 89-677 du 18 septembre 1989 par l'autorité disciplinaire n'a pas eu pour effet de le priver d'une garantie et n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de l'avis émis par le conseil de discipline, les premiers juges ont commis une erreur d'appréciation ;
- en affirmant que ses observations écrites ont été lues préalablement à l'ouverture des débats devant le conseil de discipline, le tribunal a commis une autre erreur d'appréciation, l'irrégularité procédurale tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article 9 du décret du 18 septembre 1989 entachant d'illégalité l'avis pris par le conseil de discipline le
12 novembre 2018 ;
- en retenant l'existence d'une faute disciplinaire alors même que les faits qui lui sont reprochés ont été commis dans un cadre strictement privé, en dehors du service et qu'ils sont sans lien avec le service, le tribunal a commis une erreur de droit ; ces faits ne peuvent donner lieu à la caractérisation d'une faute disciplinaire, sauf à méconnaître les dispositions de l'article R. 723-39 du code de la sécurité intérieure et une jurisprudence établie ; la sanction qui lui a été infligée est ainsi dénuée de tout fondement légal ;
- ni la matérialité des faits, ni leur gravité ne sont démontrées et, en tout état de cause, la sanction est disproportionnée, notamment en l'absence de tout antécédent disciplinaire et au regard de ses états de service ;
- il s'en remet pour le surplus à ses écritures de première instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2021, le SDIS des Bouches-du-Rhône, représenté par Me Valette, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré du vice de procédure pris en ses deux branches est inopérant, les dispositions du décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ne s'appliquant pas aux sapeurs-pompiers volontaires qui sont régis par le code de la sécurité intérieure et, en tout état de cause, ce moyen est infondé ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas davantage fondés.
Par une ordonnance du 29 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er septembre 2021, à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le décret n° 2012-1132 du 5 octobre 2012 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la Cour a désigné M. Revert, président assesseur, pour présider la formation de jugement de la 4ème chambre, en application des dispositions de l'article R. 222-26 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Angéniol, rapporteur public,
- et les observations de Me Brown, représentant M. A, et de Me Valette, représentant le SDIS des Bouches-du-Rhône.
Considérant ce qui suit :
1. Caporal des sapeurs-pompiers volontaires, en poste au centre de secours de Mimet, M. A relève appel du jugement du tribunal administratif de Marseille du 25 janvier 2021 en tant qu'il rejette ses conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté n° 1584-2018, non daté, qui lui a été notifié le 8 mars 2019, par lequel le président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Bouches-du-Rhône l'a exclu de ses fonctions, à titre de sanction disciplinaire, pour une durée de six mois.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté en litige :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 723-5 du code de la sécurité intérieure : " L'activité de sapeur-pompier volontaire, qui repose sur le volontariat et le bénévolat, n'est pas exercée à titre professionnel mais dans des conditions qui lui sont propres. " L'article L. 723-8 du même code précise que : " L'engagement du sapeur-pompier volontaire est régi par le présent livre ainsi que par la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers. / Ni le code du travail ni le statut de la fonction publique ne lui sont applicables, sauf dispositions législatives contraires, et notamment les articles 6-1 et 8 de la loi n° 96-370 du 3 mai 1996 relative au développement du volontariat dans les corps de sapeurs-pompiers. () ". Il résulte clairement de ces dispositions que l'engagement et la carrière des sapeurs-pompiers volontaires, qui n'ont pas la qualité de fonctionnaires, ne sont pas régis par le statut de la fonction publique. Par suite, pour critiquer la régularité procédurale de la mesure en litige, M. A ne peut pas utilement se prévaloir des dispositions des articles 5 et 9 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 723-41 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le conseil de discipline départemental est saisi par un rapport introductif de l'autorité de gestion qui exerce le pouvoir disciplinaire. / () / Le rapport précise les faits reprochés et les circonstances dans lesquelles ils ont été commis. / Une convocation est adressée à l'intéressé quinze jours au moins avant la date de la séance du conseil de discipline départemental. " Selon l'article R. 723-42 du même code, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le sapeur-pompier à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes. / L'autorité de gestion doit informer le sapeur-pompier volontaire de son droit à communication de son dossier. / Il peut présenter devant le conseil de discipline départemental des observations écrites ou verbales, citer des témoins et se faire assister d'un défenseur de son choix. () ". Par ailleurs, le respect des droits de la défense implique que l'intéressé à l'encontre duquel des poursuites disciplinaires sont engagées ait connaissance de tous les éléments et faits qui leur servent de fondement. Ainsi, en l'absence de dispositions expresses le prévoyant, le rapport introductif prévu par l'article R. 723-41 du code de la sécurité intérieure, qui ne peut être regardé comme faisant partie du dossier individuel du sapeur-pompier volontaire mentionné à l'article R. 723-42 du même code, n'a pas à être communiqué à celui-ci préalablement à la tenue du conseil de discipline, à moins que ce rapport contienne des griefs dont l'intéressé ne pouvait pas avoir connaissance, notamment en consultant son dossier individuel.
4. En l'espèce, par des courriers des 10 et 25 octobre 2018, M. A a été respectivement informé de l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre et convoqué devant le conseil de discipline départemental. A ces deux occasions, il a été porté à sa connaissance la possibilité de consulter son dossier individuel. Il est constant que le rapport rédigé par le président du conseil d'administration du SDIS des Bouches-du-Rhône à l'intention des membres du conseil de discipline ne figurait pas dans ce dossier individuel et il n'est pas contesté que ce rapport n'a pas été communiqué à l'appelant préalablement à la réunion, le 12 novembre 2018, du conseil de discipline départemental. Il ressort toutefois des pièces du dossier que ce rapport de saisine, versé aux débats, ne contenait pas d'autres griefs ou éléments que ceux reprochés à M. A tant dans ces courriers des 10 et 25 octobre 2018 que dans la décision du 26 juin 2018 le suspendant de ses fonctions ou l'arrêté du 7 septembre 2018 prolongeant cette suspension pour une durée de quatre mois, et que ceux contenus dans le dossier individuel qu'il a été mis à même de consulter. Si l'appelant se plaint de ne pas avoir reçu communication d'un témoignage du 2 septembre 2018 évoqué dans ce rapport et émanant d'un sergent-chef, de garde la nuit du 22 juin 2018, cette pièce se borne à corroborer les griefs dont il avait déjà connaissance. Par conséquent le moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense préalablement à la réunion du conseil de discipline ne peut qu'être écarté.
5. En dernier lieu, et d'une part, à supposer cette argumentation maintenue en cause d'appel, il ressort des termes mêmes du compte rendu de la séance du conseil de discipline du
12 novembre 2018, que, en tout état de cause, le rapport de saisine du conseil a été lu en début de séance. D'autre part, en se bornant à affirmer que ses observations écrites n'ont pas été lues préalablement à l'ouverture des débats devant le conseil de discipline départemental, sans préciser devant la Cour le contenu de ces observations, alors que le compte rendu de la séance du conseil de discipline indique que l'intéressé, présent et assisté par son avocat, a pu présenter des observations orales lors de cette séance et qu'il avait la faculté de lire lui-même ses observations écrites, M. A ne justifie pas que la procédure suivie devant cet organe consultatif n'aurait pas respecté les exigences posées par l'article R. 723-42 du code de la sécurité intérieure.
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté en litige :
6. Aux termes de l'article L. 723-10 du code de la sécurité intérieure : " Une charte nationale du sapeur-pompier volontaire, élaborée en concertation notamment avec les représentants de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, est approuvée par voie réglementaire. / Elle rappelle les valeurs du volontariat et détermine les droits et les devoirs des sapeurs-pompiers volontaires. (). Elle est signée par le sapeur-pompier volontaire lors de son premier engagement. " Selon l'article D. 723-8 du même code : " La charte nationale du sapeur-pompier volontaire prévue à l'article L. 723-10 constitue l'annexe 3. / Le sapeur-pompier volontaire signe la charte devant l'autorité de gestion dont il relève. " Aux termes de la charte nationale du sapeur-pompier volontaire, approuvée par le décret susvisé du 5 octobre 2012 et constituant l'annexe 3 du code de la sécurité intérieure : " () La charte nationale du sapeur-pompier volontaire a pour objet de rappeler les valeurs du volontariat et de déterminer les droits et les devoirs du sapeur-pompier volontaire. / () Lors de son premier engagement, cette charte est signée par le sapeur-pompier volontaire. / Toute personne, qu'elle soit ou non en activité et quelle que soit son activité professionnelle, peut devenir sapeur-pompier volontaire, sous réserve de satisfaire aux conditions d'engagement : / En tant que sapeur-pompier volontaire, je m'engage à servir avec honneur, humilité et dignité au sein du corps (départemental, communal ou intercommunal ou du service de l'Etat investi à titre permanent des missions de sécurité civile) de et à avoir un comportement irréprochable lorsque je porte la tenue de sapeur-pompier. / () En tant que sapeur-pompier volontaire, je ferai preuve de discrétion et de réserve dans le cadre du service et en dehors du service. Je respecterai une parfaite neutralité pendant mon service et j'agirai toujours et partout avec la plus grande honnêteté. / En tant que sapeur-pompier volontaire, je m'attacherai à l'extérieur de mon service à avoir un comportement respectueux de l'image des sapeurs-pompiers. () ".
7. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 723-40 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction applicable au présent litige : " L'autorité de gestion peut, après avis du conseil de discipline départemental, prononcer contre tout sapeur-pompier volontaire : / 1° L'exclusion temporaire de fonctions pour six mois au maximum ; / 2° La rétrogradation ; / 3° La résiliation de l'engagement. "
8. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un sapeur-pompier volontaire ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
9. Par l'arrêté en litige, le président du conseil d'administration du SDIS des Bouches-du-Rhône, après avis du conseil de discipline départemental, émis le 12 novembre 2018 à l'unanimité de ses membres, a prononcé l'exclusion temporaire de M. A de ses fonctions pour une durée de six mois, pour avoir, dans la nuit du vendredi 22 juin 2018, et dans l'enceinte de son unité opérationnelle, sur le parking de la caserne, adopté une attitude violente envers ses collègues et, plus particulièrement avoir porté des coups à l'un d'entre eux lui occasionnant un arrêt de travail de deux semaines, et pour avoir endommagé un véhicule civil par un jet de pierre. De tels faits, dont M. A a reconnu la matérialité devant le conseil de discipline et qu'il ne conteste pas sérieusement devant la Cour, et qui, bien que commis en dehors de son temps de service, se sont déroulés sur son lieu de service et à l'encontre des collègues de l'appelant de garde ou hors garde, constituent un manquement de l'intéressé à ses obligations de sapeur-pompier volontaire, et en particulier à ses devoirs de dignité et d'exemplarité tel que rappelés par la charte nationale du sapeur-pompier volontaire prévue à l'article L. 723-10 du code de la sécurité intérieure et dotée d'une valeur réglementaire. Ils sont ainsi de nature à justifier le prononcé d'une sanction disciplinaire, contrairement à ce que soutient l'appelant.
10. Eu égard à la nature et à la gravité des manquements commis par M. A, et compte tenu des rappels à l'ordre dont il avait déjà fait l'objet, même si ces derniers n'ont pas donné lieu à des sanctions disciplinaires, et en admettant même que sa manière de servir ait été satisfaisante, le président du conseil d'administration du SDIS des Bouches-du-Rhône n'a pas commis d'erreur d'appréciation en lui infligeant, pour de tels manquements, la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de six mois. Le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction en litige doit être écarté.
En ce qui concerne le surplus des moyens invoqués par M. A :
11. Si M. A indique par ailleurs " s'en remettre pour le surplus à ses écritures de première instance ", il n'a ni exposé de moyens afférents à cette argumentation devant la Cour, ni joint une copie de sa demande de première instance sur ce point. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme ayant repris en appel le surplus des moyens qu'il avait soulevés devant les premiers juges.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent arrêt, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'implique aucune mesure d'exécution. Ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent, par conséquent, être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
15. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
16. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, et sur le fondement de ces mêmes dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de l'appelant une somme de 1 000 euros à verser au SDIS des Bouches-du-Rhône.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 000 euros au SDIS des Bouches-du-Rhône au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A et au service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, où siégeaient :
- M. Revert, président,
- M. Martin, premier conseiller,
- M. Lombart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
No 21MA01197
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026