mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-21MA02650 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CABINET DE LA GRANGE ET FITOUSSI AVOCATS |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. I,
- et les conclusions de M. E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A ainsi que son mari et ses enfants ont demandé au tribunal administratif de Toulon, à titre principal, d'ordonner une expertise afin d'évaluer les préjudices de Mme A et de lui accorder une provision et, à titre subsidiaire, de condamner l'ONIAM à l'indemniser des préjudices subis du fait de cette contamination transfusionnelle. K un jugement du 20 mai 2021, le tribunal a, sans ordonner l'expertise sollicitée, d'une part, condamné l'ONIAM à verser à Mme A la somme de 15 000 euros et à Mme D G, à M. C H ainsi qu'à M. F B la somme de 3 000 euros chacun, en disant que ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter du 12 mars 2018 et, d'autre part, rejeté le surplus de leur demande. Mme A relève appel de ce jugement et demande à la Cour d'ordonner une mesure d'expertise avant-dire droit aux fins d'évaluer ses préjudices ou, à défaut, de porter à la somme de 298 033,31 euros le montant de la somme que l'ONIAM a été condamné à lui verser. K ses conclusions, cet établissement public conclut, à titre principal, à la confirmation du jugement attaqué, et, à titre subsidiaire, à ce que la Cour diligente une mesure d'expertise portant à la fois sur le principe de responsabilité et sur l'évaluation des préjudices subis K l'appelante.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne l'imputabilité aux transfusions sanguines de la contamination de Mme A K le VHC :
2. Aux termes de l'article 102 de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé : " En cas de contestation relative à l'imputabilité d'une contamination K le virus de l'hépatite C antérieure à la date d'entrée en vigueur de la présente loi, le demandeur apporte des éléments qui permettent de présumer que cette contamination a pour origine une transfusion de produits sanguins labiles ou une injection de médicaments dérivés du sang. Au vu de ces éléments, il incombe à la partie défenderesse de prouver que cette transfusion ou cette injection n'est pas à l'origine de la contamination. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. Le doute profite au demandeur. () ".
3. Il est constant que Mme A a subi des transfusions sanguines, le 12 avril 1985, au sein de l'Hôpital de Sarreguemines, à l'occasion d'un curetage après l'accouchement de son premier enfant. Il résulte de l'instruction que l'enquête transfusionnelle réalisée K l'Etablissement français du sang, dont les résultats ont été adressés à l'ONIAM qui les a reçus le 11 octobre 2018, n'a pas permis de retrouver les donneurs à l'origine des produits sanguins labiles (PSL) qui ont été administrés à Mme A le 12 avril 1985. L'innocuité de ces produits sanguins n'a donc pas pu être établie. Dès lors, c'est à bon droit que les premiers juges, après avoir constaté que l'ONIAM se bornait à faire valoir, tout comme il le fait de nouveau en appel, qu'en l'absence d'expertise, il n'est pas établi que Mme A ne présentait pas d'autres facteurs de risque, a retenu que l'origine transfusionnelle de cette contamination présentait un degré suffisamment élevé de vraisemblance. Il résulte également de l'instruction que Mme A a été détectée positive au virus de l'hépatite C lors d'examens pratiqués au mois de janvier 1998 et qu'un fibrotest, effectué le 26 juillet 2017, a évalué la fibrose du foie dont elle était atteinte à un stade F4. Enfin, aucun élément du dossier ne permet de considérer que d'autres causes seraient à l'origine de cette contamination. K suite, et sans qu'il soit besoin de diligenter une mesure d'expertise sur ce point, il y a lieu d'admettre que la contamination de Mme A K le virus de l'hépatite C a pour origine la transfusion de produits sanguins labiles pratiquée le 12 avril 1985. C'est donc à juste titre que le tribunal administratif de Toulon a retenu que Mme A est fondée à demander à l'ONIAM de l'indemniser, au titre de la solidarité nationale, des conséquences dommageables de sa contamination K le VHC.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices subis K Mme A du fait de sa contamination K le virus de l'hépatite C :
4. Il résulte de l'instruction que si, le 26 juillet 2017, une fibrose du foie évaluée à F4 a été diagnostiquée chez Mme A et qu'un traitement de plusieurs mois a abouti à la guérison virologique en décembre 2017, il a toutefois été diagnostiqué en 2017 une cryoglobulinémie ainsi qu'un syndrome de Gougerot-Sjögren qui ont fait l'objet d'une prise en charge thérapeutique. Il résulte également de l'instruction, et notamment du certificat médical établi le 3 février 2022 à la demande de la requérante, que ces maladies " continuent à évoluer et à être prises en charge ". La requérante fait K ailleurs état de divers préjudices dont elle demande réparation sans que les pièces qu'elle verse à l'appui de ses prétentions ne permettent d'en déterminer l'étendue exacte. Dans ces conditions, et compte tenu de ce qu'aucune expertise n'a été diligentée sur ce point tant devant l'ONIAM que devant le tribunal, l'état du dossier ne permet à la Cour ni de déterminer si l'état de santé de Mme A est stabilisé ou consolidé, ni de fixer la date à laquelle ces évènements seraient intervenus, ni d'évaluer les préjudices subis K celle-ci en lien avec sa contamination K le virus de l'hépatite C. K suite, il y a lieu, avant de statuer sur les droits à réparation de la victime, d'ordonner une expertise sur ces points dans les conditions précisées dans le dispositif du présent arrêt.
Sur la déclaration de jugement commun :
5. La mutualité sociale agricole Provence Azur, régulièrement mise en cause, n'a pas produit de mémoire. K suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent arrêt.
D É C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de l'ONIAM et les conclusions de Mme A, procédé K un expert, désigné K la présidente de la Cour, à une expertise avec mission de :
1°) d'examiner Mme A et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
2°) décrire l'état de santé de Mme A ;
3°) fixer la date de consolidation ou de stabilisation de son état de santé ; dans l'hypothèse où l'état de santé de Mme A ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressée devra à nouveau être examiné ; indiquer si l'état de santé de Mme A est susceptible de modification en aggravation ou amélioration ; fournir toutes informations sur une évolution probable et dans le cas où de nouveaux examens seraient nécessaires, mentionner dans quel délai ;
4°) préciser, notamment, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de Mme A, notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel, l'importance des souffrances endurées, le préjudice d'anxiété, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel, ainsi que tout autre élément de nature à permettre de se prononcer sur les préjudices subis K Mme A directement imputables à la contamination K le VHC ;
5°) d'une façon générale, dégager en les spécifiant tous les éléments de préjudice, notamment ceux propres à justifier une indemnisation ;
6°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis K Mme A ;
7°) s'il y a lieu, dire si Mme A est au plan médical, physiquement et intellectuellement, apte à reprendre dans les conditions antérieures ou autres, l'activité exercée auparavant ;
8°) s'il y a lieu, évaluer le besoin d'assistance à une tierce personne et dans l'affirmative en définir les conditions ;
9°) s'il y a lieu, décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap de la victime (dépenses de santé, logement adapté, frais divers, appareillage spécifique, véhicule adapté), en précisant la fréquence de leur renouvellement ;
10°) d'indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des dommages subis K la victime ;
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues K les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment K écrit devant le greffier en chef de la Cour. L'expert déposera son rapport au greffe de la Cour en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé K le président de la Cour dans sa décision le désignant.
Article 3 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 4 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué K le présent arrêt, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 5 : Le présent arrêt est déclaré commun à la mutualité sociale agricole Provence Azur.
Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à Mme J A, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la mutualité sociale agricole Provence Azur.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022 où siégeaient :
- M. Alfonsi, président de chambre,
- Mme Massé-Degois, présidente-assesseure,
- M. Mahmouti, premier conseiller.
Rendu public K mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.
nl
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026