mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-21MA03899 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PENE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Toulon d'annuler l'arrêté du 9 août 2021 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de sa destination.
Par un jugement n° 2102205 du 14 août 2021, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2021, M. B, représenté par Me Pene, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 14 août 2021 du magistrat désigné du tribunal administratif de Toulon ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2021 du préfet du Var.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La demande d'aide juridictionnelle de M. B a été rejetée par une décision du 26 novembre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité marocaine, demande l'annulation du jugement par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 9 août 2021 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de sa destination.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours peuvent en outre, par ordonnance, rejeter, (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. En premier lieu, M. B soutient que c'est à tort que le préfet du Var a estimé qu'il ne justifiait pas sa résidence habituelle depuis son entrée en France. Toutefois, il ressort de la décision attaquée que la circonstance invoquée n'est qu'un des éléments sur lequel le préfet s'est fondé pour estimer qu'une mesure d'éloignement ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Sa décision décrit la situation familiale de l'intéressé et notamment l'existence d'un pacte civil de solidarité (PACS) conclu le 31 mai 2021 avec une ressortissante française, l'absence d'enfant et l'existence de liens familiaux au Maroc. Dans ces conditions, en admettant même que l'intéressé justifie par les pièces versées au dossier résider en France depuis qu'il y est entré en 2016, il apparaît que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur les autres éléments qu'il a pris en compte dans l'appréciation de l'atteinte portée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé. Les erreurs de droit et d'appréciation invoquées sont donc, par elles-mêmes, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en 2016 muni d'un visa D d'une durée de validité d'un an ayant expiré le 18 février 2017 et a ensuite bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle qui lui a été retirée le 5 février 2019 à la suite de l'annulation de son mariage avec une ressortissante française par le juge judiciaire, lequel a constaté que l'intéressé n'avait jamais eu la moindre intention d'entretenir une vie conjugale avec son épouse. Il n'a pas déféré à une première décision portant obligation de quitter le territoire français prise le 5 avril 2019, dont la légalité a été confirmée par jugement du 14 mai 2019 du tribunal administratif de Toulon. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a été employé en qualité de plongeur au sein de la SARL Les 2A en contrat à durée déterminée à compter du 21 juin 2016 puis en contrat à durée indéterminée à compter du 6 août 2016, ce contrat ayant pris fin par rupture conventionnelle en mars 2019. La circonstance que M. B aurait la qualité de directeur général de la société Zappi Pasta qu'il a créée alors que, au demeurant, les derniers documents versés au dossier relatifs à cette société datent de 2019, ne fait pas obstacle à son éloignement, alors même que l'article 4 des statuts de la société, relatif à l'objet de celle-ci, mentionne une activité tant en France qu'à l'étranger. Si l'intéressé a conclu, le 31 mai 2021, un Pacs avec une ressortissante française, pour laquelle un certificat médical indique que la stabilité de la relation avec le requérant est un élément de son équilibre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la vie commune excédait quelques mois à la date de la décision attaquée. En outre, M. B n'établit ni même n'allègue être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où résident ses parents et ses sœurs et où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de 35 ans. Dans ces conditions, le préfet du Var, en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette obligation a été prise. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet du Var.
Fait à Marseille, le 20 juillet 2022.
hw
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026