jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA00025 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | BANCHETRI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société Hermès Informatique a demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge, en droits et majorations, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012 et de rectifier les erreurs commises dans la détermination de son résultat imposable au titre de l'exercice 2012.
Par un jugement n° 2005183 du 16 novembre 2021, le tribunal administratif de Marseille a déchargé la société Hermès Informatique des rappels de taxe sur la valeur ajoutée résultant de la remise en cause de la taxe sur la valeur ajoutée déductible ayant grevé les factures acquittées auprès des sociétés Mondial Company et Mondial France au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012, mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la Cour :
Par un recours et des mémoires, enregistrés les 4 janvier 2022, 6 avril 2022 et 16 septembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique demande à la Cour :
1°) d'annuler l'article 1er du jugement n° 2005183 du 16 novembre 2021 du tribunal administratif de Marseille ;
2°) de remettre à la charge de la société Hermès Informatique, en droits et majorations, les rappels de taxe sur la valeur ajoutée dont la décharge a été accordée par le tribunal, pour un montant total de 361 147 euros ;
3°) de rejeter l'appel incident de la société Hermès Informatique.
Il soutient que :
- l'appel incident en matière d'impôt sur les sociétés est irrecevable ;
- contrairement à ce qu'a jugé le tribunal, il est établi que la société Hermès Informatique savait ou ne pouvait ignorer qu'elle participait à une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les moyens invoqués à l'appui de l'appel incident ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mars 2022, la société Hermès Informatique, représentée par Me Banchetri, conclut au rejet du recours et, par la voie de l'appel incident, à la réformation de l'article 3 du jugement n° 2005183 du 16 novembre 2021 du tribunal administratif de Marseille, à la décharge du surplus des impositions auxquelles elle a été assujettie et à la mise à la charge de l'Etat de la somme de 3 500 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le tribunal a omis d'examiner le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;
- l'administration n'établit pas qu'elle savait ou ne pouvait ignorer qu'elle participait à une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée ;
- les impositions ont été mises en recouvrement avant la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, ce qui porte atteinte au principe de loyauté ;
- elle a été privée de la possibilité de saisir l'interlocuteur départemental ;
- le service était tenu de lui adresser une nouvelle proposition de rectification à l'issue du dégrèvement notifié le 4 juillet 2017 ;
- l'inspecteur principal était lié par la prise de position dans la décision de dégrèvement ;
- l'administration a méconnu l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;
- elle est fondée à déduire la facture correspondant à des honoraires d'avocat et une facture du 13 mars 2012 qui ouvre également droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée.
Par une ordonnance du 23 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 77/388/CEE du Conseil du 17 mai 1977 ;
- la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Platillero,
- les conclusions de M. Ury, rapporteur public,
- et les observations de Me Banchetri, pour la société Hermès Informatique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Hermès Informatique, qui exerce une activité de négoce de détail ou en gros de matériel informatique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle des propositions de rectification des 15 décembre 2014 et 28 juillet 2015 lui ont été notifiées. Au terme de la procédure, elle a été assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012, assortis des intérêts de retard et de la majoration pour manquement délibéré. Par un jugement du 16 novembre 2021, le tribunal administratif de Marseille l'a déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée résultant de la remise en cause de la taxe sur la valeur ajoutée déductible ayant grevé les factures acquittées auprès des sociétés Mondial Company et Mondial France au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012, a mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus des conclusions de sa demande tendant à la décharge, en droits et majorations, de ces rappels de taxe sur la valeur ajoutée et à la rectification des erreurs commises dans la détermination de son résultat imposable à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice 2012. Le ministre relève appel de ce jugement dont il demande l'annulation de l'article 1er. Par un appel incident, la société Hermès Informatique demande la réformation de l'article 3 du même jugement.
Sur la recevabilité de l'appel incident :
2. Ainsi que l'oppose le ministre, les conclusions de l'appel incident de la société Hermès Informatique en matière d'impôt sur les sociétés, enregistrées le 3 mars 2022 alors que le jugement a été notifié le 17 novembre 2021, ne sont pas recevables, dès lors qu'elles soulèvent un litige distinct de l'appel principal qui porte seulement, en droits et majorations, sur le rappel de taxe sur la valeur ajoutée du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012 mis en recouvrement au nom de la requérante.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ".
4. Si la société Hermès Informatique fait valoir que le tribunal n'a pas répondu au moyen tiré de la méconnaissance par l'administration de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, ce moyen n'était opérant qu'en ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée dont les premiers juges ont prononcé la décharge. Le moyen tiré de ce que ce jugement, qui n'avait pas à se prononcer sur les autres moyens susceptibles de justifier cette décharge, serait insuffisamment motivé, faute d'examen de ce moyen, doit dès lors être écarté.
Sur le motif de décharge retenu par le tribunal :
5. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ". Aux termes de l'article 271 du même code : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération () II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures () ". Aux termes de l'article 272 de ce code : " () 3. La taxe sur la valeur ajoutée afférente à une livraison de biens ou à une prestation de services ne peut faire l'objet d'aucune déduction lorsqu'il est démontré que l'acquéreur savait ou ne pouvait ignorer que, par son acquisition, il participait à une fraude consistant à ne pas reverser la taxe due à raison de cette livraison ou de cette prestation ".
6. Il résulte des dispositions de l'article 17 de la sixième directive 77/388/CEE du 17 mai 1977, reprises en substance à l'article 168 de la directive 2006/112/CE du 28 novembre 2006 et dont les dispositions du I et du a) du 1 du II de l'article 271 du code général des impôts citées au point 5 assurent la transposition, que le bénéfice du droit à déduction de taxe sur la valeur ajoutée doit être refusé à un assujetti lorsqu'il est établi, au vu d'éléments objectifs, que celui-ci savait ou aurait dû savoir que, par l'opération invoquée pour fonder ce droit, il participait à une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée commise dans le cadre d'une chaîne de livraisons ou de prestations, ainsi que l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne, notamment par son arrêt du 18 décembre 2014, Staatssecretaris van Financiën c/ Schoenimport " Italmoda " Mariano Previti vof et Turbu.com BV, Turbu.com Mobile Phone's BV (C-131/13, 163/13 et 164/13).
7. Si les opérateurs qui prennent toute mesure pouvant raisonnablement être exigée d'eux pour s'assurer que leurs opérations ne sont pas impliquées dans une fraude, qu'il s'agisse de la fraude à la taxe sur la valeur ajoutée ou d'autres fraudes, ne doivent pas perdre leur droit à déduire la taxe sur la valeur ajoutée acquittée en amont, en revanche, un assujetti qui savait ou aurait dû savoir que, par son acquisition, il participait à une opération impliquée dans une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée, doit être considéré comme participant à cette fraude, indépendamment de la question de savoir s'il tire ou non un bénéfice de la revente des biens, dès lors que, dans une telle situation, l'assujetti devient complice de la fraude, comme l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne dans son arrêt du 6 juillet 2006, Axel Kittel et Recolta Recycling SRPL (C-439/04 et C-440/04).
8. Si l'administration fiscale ne peut exiger de manière générale de l'assujetti souhaitant exercer le droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée, d'une part, qu'il vérifie que l'émetteur de la facture correspondant aux biens et aux services au titre desquels l'exercice de ce droit est demandé dispose de la qualité d'assujetti, qu'il disposait des biens en cause et était en mesure de les livrer et qu'il a rempli ses obligations de déclaration et de paiement de la taxe, afin de s'assurer qu'il n'existe pas d'irrégularités ou de fraude au niveau des opérateurs en amont, ou, d'autre part, qu'il dispose de documents à cet égard, un opérateur avisé peut, en revanche, lorsqu'il existe des indices permettant de soupçonner l'existence d'irrégularités ou de fraude, se voir contraint de prendre des renseignements sur un autre opérateur auprès duquel il envisage d'acheter des biens ou des services afin de s'assurer qu'il s'est acquitté de ses obligations fiscales, comme l'a jugé la Cour de justice de l'Union européenne dans son arrêt du 21 juin 2012, Mahagében kft (C-80/11). Lorsque les indices permettent de soupçonner une méconnaissance, par un fournisseur de biens ou un prestataire de services, de ses obligations de déclaration ou de paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, il appartient ainsi à l'assujetti qui a acquis certains de ces biens ou services, pour les céder à son tour, de s'assurer qu'en ce qui concerne ces biens et services, son fournisseur ou son prestataire s'est acquitté de ses obligations.
9. Enfin, il incombe à l'administration fiscale d'établir les éléments objectifs permettant de conclure que l'assujetti savait ou aurait dû savoir que l'opération invoquée pour fonder le droit à déduction était impliquée dans une fraude. Lorsque sont en cause des opérations similaires réalisées par des sociétés différentes pendant une courte période, ces éléments doivent porter sur chacune de ces sociétés, qu'il s'agisse de l'existence de la fraude reprochée, des indices permettant à l'assujetti mis en cause de la soupçonner ou encore des mesures qui peuvent raisonnablement être exigées.
En ce qui concerne l'existence d'une fraude :
10. Il résulte de l'instruction que la société de droit letton Mondial Company, créée le 17 mai 2011, inscrite au registre du commerce et des sociétés de Paris le 23 juin 2011 et dirigée par M. A, a été radiée par jugement du tribunal de commerce de Paris le 17 février 2012. La société de droit français Mondial France a quant à elle été créée par statuts du 20 février 2012, trois jours après la radiation de la société Mondial Company et immatriculée au greffe le 30 mars suivant, était dirigée par la même personne physique et a été radiée par un jugement du tribunal de commerce de Paris du 14 novembre 2012. Ces sociétés, d'une durée éphémère et qui ont procédé à un volume important de transactions sur une courte période, étaient établies à des adresses de domiciliation commerciale et ne disposaient d'aucun moyen technique et humain, les marchandises étant d'ailleurs livrées directement vers leurs clients français par des sociétés tierces voire par leurs propres fournisseurs directement. Elles n'ont déposé aucune déclaration de taxe sur la valeur ajoutée et étaient ainsi défaillantes fiscalement pendant la durée de leur activité. Dans ces conditions, l'administration établit que les sociétés Mondial Company et Mondial France omettaient frauduleusement de reverser la taxe due à raison de livraisons de matériel dont la destinataire était la société Hermès Informatique, qui ne conteste d'ailleurs pas l'existence de la fraude, le ministre produisant au demeurant le jugement du 20 juin 2019 du tribunal de grande instance de Paris qui a condamné M. A à raison de cette fraude à la taxe sur la valeur ajoutée.
En ce qui concerne les indices permettant à la société Hermès Informatique de soupçonner la fraude :
11. Il résulte de l'instruction que la société Hermès Informatique a acquis en 2011 des matériels informatiques auprès de la société Mondial Company pour un montant représentant près de 15 % de ses achats, alors que la société n'a été créée qu'au mois de juin. Elle a acquis en 2012 des matériels auprès de cette société et de la société Mondial France qui lui a succédé pour des montants représentant plus de 40 % de ses achats. Elle ne pouvait ignorer que ces approvisionnements s'effectuaient pour des montants importants sur une courte période et représentaient une part significative de ses achats auprès de sociétés de création récente, qui ont eu une brève durée d'existence et qui se sont succédées en étant dirigées par une personne physique avec qui elle était antérieurement en relation d'affaires au travers d'autres sociétés intervenant dans le même domaine économique.
12. Par ailleurs, alors que les sociétés Mondial Company et Mondial France ne disposaient d'aucun moyen nécessaire à l'exercice de leur activité économique, la société Hermès Informatique n'ignorait pas que les biens acquis par ces sociétés auprès de sociétés établies dans d'autres Etats de l'Union européenne étaient livrés au travers de plateformes logistiques, certaines livraisons ayant de surcroît été ponctuellement effectuées directement par les fournisseurs des sociétés à l'origine de la fraude. En outre, en dépit de leur volume et de leur montant, la société Hermès Informatique a réglé ses achats auprès des sociétés Mondial Company et Mondial France dès la commande pour des achats d'un montant significatif ou à la livraison. A cet égard, la requérante n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations selon lesquelles ces modalités de paiement seraient conformes aux usages du secteur d'activité, ce qui ne résulte pas de la circonstance que cette pratique a été mise en œuvre auprès d'autres fournisseurs en février 2009 et en juin-juillet 2014 et de la présentation de divers comptes fournisseurs.
13. Enfin, les sociétés Mondial Company et Mondial France réalisaient des marges négatives et vendaient à perte, ce qui est établi par les éléments relevés dans les propositions de rectification du 10 juillet 2014 adressées à ces sociétés, notamment de leurs annexes, qui, contrairement à ce que soutient la société Hermès Informatique, ne portent pas que sur un échantillon marginal de factures, mais établissent la réalisation de marges négatives sur de très nombreuses factures révélant une pratique systématique et non pas la réalisation ponctuelle de " marges arrières ". Au demeurant, c'est l'existence d'un système global de vente à perte caractérisant une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée qui a fondé la condamnation de M. A par le jugement du 20 juin 2019 du tribunal de grande instance de Paris. La société Hermès Informatique fait néanmoins valoir que l'administration n'établit pas que ses achats auprès des sociétés Mondial Company et Mondial France n'ont pas été faits au prix du marché. Toutefois, elle se borne à se prévaloir de six références de produits acquis à des tarifs légèrement plus chers que ceux proposés par un concurrent et à produire un tableau comparatif des prix proposés par la société Mondial Company et un autre fournisseur, la société Textorm, dont elle reconnaît qu'il ne porte pas sur les produits visés dans les propositions de rectification et qui mentionne les mois d'août et décembre 2021, alors que l'essentiel des rectifications porte sur l'année 2012 pour des achats effectués principalement auprès de la société Mondial France et qu'elle reconnaît également que les prix sont particulièrement volatiles dans le secteur d'activité. Dans ces conditions, la société Hermès Informatique n'apporte aucun élément pertinent permettant de supposer qu'en dépit des ventes à perte pratiqués par ses fournisseurs, elle aurait acquis les biens concernés au prix du marché, ce qui ne résulte pas du seul fait qu'elle a réalisé sur ces biens une marge conforme à sa marge générale.
14. Il résulte des éléments mentionnés aux points 11 et 13 que l'administration fiscale apporte des éléments objectifs suffisants permettant de conclure que la société Hermès Informatique aurait dû savoir que les opérations en litige étaient impliquées dans la fraude mise en œuvre successivement par les sociétés Mondial Company et Mondial France.
En ce qui concerne les mesures qui pouvaient raisonnablement être exigées de la société Hermès Informatique :
15. L'administration fait valoir que la société Hermès Informatique, pourtant implantée sur le marché depuis 2005, s'est bornée à vérifier auprès des sociétés Mondial Company et Mondial France leurs extraits K-bis et leurs relevés bancaires. Il est constant qu'elle n'a procédé à aucune vérification quant à la réalité des moyens d'exploitation et des conditions effectives d'exploitation de ces fournisseurs. La société Hermès Informatique fait valoir qu'elle connaissait le dirigeant de ces sociétés, car il avait dirigé des sociétés auprès desquelles elle s'était antérieurement fournie. Cependant, cette circonstance ne la dispensait pas de s'assurer des conditions d'exploitation de ses fournisseurs de création récente et d'une durée de vie éphémère, compte tenu du volume important des affaires conclues avec ces sociétés, sur une très brève période et de l'ensemble des éléments précités lui permettant de soupçonner l'existence d'une fraude. L'ensemble de ces indices auraient dû la conduire à prendre toutes les mesures pouvant raisonnablement être requises de sa part dans un secteur dans lequel les fraudes à la taxe sur la valeur ajoutée sont fréquentes. L'administration établit ainsi que la société Hermès Informatique n'a pas mis en œuvre les diligences qui pouvaient raisonnablement être exigées d'elle afin de s'assurer de l'absence de fraude.
16. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement attaqué s'agissant de ce rappel, que le ministre est fondé à soutenir que c'est à tort que, pour prononcer la décharge de la taxe sur la valeur ajoutée en litige, le tribunal administratif de Marseille a jugé que les éléments relevés par l'administration ne suffisaient pas à établir que la société Hermès Informatique savait ou ne pouvait ignorer qu'elle participait à une fraude à la taxe sur la valeur ajoutée. Il appartient toutefois à la Cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par la société Hermès Informatique devant le tribunal administratif de Marseille et devant la Cour.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales dans sa version applicable au litige : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ". Aux termes de l'article L. 169 du même livre dans sa version applicable au litige : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due () ". Enfin, l'article L. 189 du même livre dispose que : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification () ".
18. Il résulte des dispositions du livre des procédures fiscales relatives tant à la procédure de redressement contradictoire qu'aux procédures d'imposition d'office, notamment de celles des articles L. 57 et suivants et de l'article L. 69 de ce livre, qu'après avoir prononcé le dégrèvement d'une imposition, l'administration ne peut établir, sur les mêmes bases, une nouvelle imposition sans avoir préalablement informé le contribuable de la persistance de son intention de l'imposer. En outre, si aucune disposition du code général des impôts ne fait obstacle à ce que l'administration, après avoir reconnu, à la suite notamment d'une réclamation contentieuse du contribuable, l'irrégularité de la procédure de redressement suivie, reprenne cette procédure dans la seule mesure nécessaire à sa régularisation et dans le délai imparti par l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, afin de parvenir à la fixation de l'imposition dans des conditions régulières, cette faculté ne lui est cependant ouverte qu'autant qu'elle a expressément constaté l'irrégularité de la première procédure en notifiant le dégrèvement de l'imposition précédente.
19. Il résulte de l'instruction que, à la suite d'une réclamation de la société Hermès Informatique du 8 décembre 2016 faisant valoir que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige initialement mis en recouvrement étaient entachés d'une irrégularité de procédure, en l'absence de notification personnelle de la réponse aux observations du contribuable du 13 mai 2016, l'administration a prononcé un dégrèvement de ces rappels le 4 juillet 2017, en informant la société de la persistance de son intention de procéder à l'imposition. La procédure d'imposition a été reprise par la notification à la société Hermès Informatique de la réponse aux observations du contribuable. Contrairement à ce que soutient la requérante, la procédure d'imposition n'est ainsi pas irrégulière, l'administration n'étant pas tenue, après avoir prononcé le dégrèvement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée primitivement établis, de reprendre entièrement la procédure et de notifier une nouvelle proposition de rectification.
20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors en vigueur : " Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, l'administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l'avis () de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires () ". Aux termes de l'article L. 59 A du même livre : " I. La commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires intervient lorsque le désaccord porte : 1° Sur le montant du résultat industriel et commercial, non commercial, agricole ou du chiffre d'affaires, déterminé selon un mode réel d'imposition () ".
21. Le différend qui opposait la société Hermès Informatique à l'administration portait sur la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée ayant grevé les factures émises par les sociétés Mondial Company et Mondial France et non pas sur le montant de son chiffre d'affaires. Il n'était ainsi pas de ceux dont la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires était compétente pour connaître en vertu de l'article L. 59 du livre des procédures fiscales. A cet égard, la société Hermès Informatique n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir que l'administration aurait méconnu son devoir de loyauté et le principe des droits de la défense en lui indiquant que la commission serait saisie, le compte-rendu du recours hiérarchique du 3 octobre 2017 dont elle se prévaut se bornant à mentionner, après avoir rappelé les dispositions du 1° de l'article L. 59 A du livre des procédures fiscales, que la commission serait saisie sur les seuls points relevant de sa compétence. Pour les mêmes raisons, la société Hermès Informatique n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait attendu la réunion de cette commission pour formuler sa demande de saisine de l'interlocuteur départemental et que l'administration, du fait de son comportement, aurait méconnu son devoir de loyauté et les droits de la défense en la privant de la possibilité de formuler cette demande.
22. En troisième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales : " Les dispositions contenues dans la charte des droits et obligations du contribuable vérifié mentionnée au troisième alinéa de l'article L. 47 sont opposables à l'administration ".
23. D'une part, la société Hermès Informatique fait valoir qu'elle n'a pas bénéficié d'un recours effectif auprès de l'inspecteur principal, supérieur hiérarchique du vérificateur, malgré l'entretien qui s'est tenu le 3 octobre 2017, dès lors que celui-ci était lié par la prise de position de l'administration dans la décision de dégrèvement du 4 juillet 2017 tenant à la persistance de l'intention de procéder à l'imposition. Toutefois, le courrier d'accompagnement de cette décision de dégrèvement, s'il fait état de la persistance de l'intention de l'administration de procéder à l'imposition, précise que les moyens allégués par la société contribuable ne sont pas de nature à remettre en cause l'analyse du service en l'état du dossier et offre à la société Hermès Informatique les recours qu'elle estime possible d'exercer. Il n'en ressort ainsi aucunement que le supérieur hiérarchique se serait estimé tenu d'écarter les arguments de la requérante.
24. D'autre part, la société Hermès Informatique soutient qu'elle a été privée de la possibilité de demander la saisine de l'interlocuteur départemental avant la mise en recouvrement intervenue le 30 novembre 2017. Toutefois, dans le courrier du 30 août 2017 dont elle se prévaut, la société Hermès Informatique s'est bornée à demander la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires et un entretien avec l'inspecteur principal. Elle n'a à aucun moment demandé la saisine de l'interlocuteur départemental. En l'absence de demande expresse, la procédure n'est ainsi pas irrégulière
25. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent.
26. D'une part, la proposition de rectification du 15 décembre 2014 relative à l'année 2011 mentionne que des informations ont été obtenues lors de la vérification de la société Mondial Company en ce qui concerne l'environnement de la société Hermès Informatique et précise que des réponses ont été obtenues dans le cadre de l'assistance administrative internationale et du droit de communication auprès d'une plateforme logistique exercés au cours de ce contrôle. La proposition de rectification, si elle ne détaille pas la liste des documents et renseignements obtenus, précise ainsi l'origine des renseignements obtenus et fait en outre état de leur teneur sur le fondement de laquelle l'administration a motivé les rectifications, avec une précision suffisante. Par ailleurs, la proposition de rectification du 28 juillet 2015 relative à l'année 2012 mentionne, en identifiant précisément leur origine, que des renseignements ont été obtenus lors de la vérification des sociétés Mondial Company et Mondial France en ce qui concerne l'environnement de la société Hermès Informatique, qui ont permis de connaître les conditions d'achat des produits revendus à la requérante, ainsi que dans le cadre de l'assistance administrative internationale et d'un droit de communication exercé auprès de plateformes logistiques. Si la proposition de rectification ne détaille pas la liste des documents et renseignements obtenus, elle fait état de leur origine et de leur teneur, sur le fondement desquels l'administration a motivé les rectifications, avec une précision suffisante. Dans ces conditions, l'administration a informé la société Hermès Informatique de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressée d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent.
27. D'autre part, l'administration, à la suite de la demande de la société Hermès Informatique dans ses observations sur les propositions de rectification, lui a communiqué 365 pages de documents, notamment les propositions de rectification adressées aux sociétés Mondial Company et Mondial France, qui contiennent à elles seules les renseignements que l'administration a utilisés pour fonder et motiver les rectifications en litige, les documents relatifs au droit de communication exercé auprès d'une plateforme logistique et les documents issus de l'assistance administrative internationale. En se bornant à soutenir qu'il n'est pas " possible de déterminer si l'envoi comprenait la totalité des documents et renseignements sur lesquels l'administration s'est fondée " et que celle-ci ne lui a pas communiqué l'ensemble des documents et renseignements obtenus de tiers dans le cadre des vérifications de comptabilité des sociétés Mondial Company et Mondial France, notamment les contrats de bail souscrits par ces sociétés auprès des plateformes logistiques et des courriels adressés par leur dirigeant à une de ces plateformes utilisés pour motiver les rectifications notifiées à ces sociétés, la société Hermès Informatique n'apporte aucun élément précis à l'appui de ses allégations selon lesquelles des documents autres que ceux qui lui ont été communiqués auraient été effectivement utilisés pour fonder les rectifications qui lui ont été notifiées. Dans ces conditions, la société Hermès Informatique n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
Sur l'appel incident en matière de taxe sur la valeur ajoutée :
28. Aux termes de l'article 272 du code général des impôts : " () 2. La taxe sur la valeur ajoutée facturée dans les conditions définies au 4 de l'article 283 ne peut faire l'objet d'aucune déduction par celui qui a reçu la facture () ". Aux termes de l'article 283 de ce code : " () 4. Lorsque la facture ne correspond pas à la livraison d'une marchandise ou à l'exécution d'une prestation de services, ou fait état d'un prix qui ne doit pas être acquitté effectivement par l'acheteur, la taxe est due par la personne qui l'a facturée () ".
29. Il résulte de l'instruction que l'administration a remis en cause la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur une facture émise le 13 mars 2012 par la société Mondial Company au nom d'une société tierce, la société FSB 86280, au motif que cette facture ne correspondait pas à une livraison de marchandises à la société Hermès Informatique dans le cadre de ses opérations imposables.
30. En premier lieu, il y a lieu d'écarter les moyens opérants tirés de l'irrégularité de la procédure d'imposition, par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 17 à 24.
31. En second lieu, la société Hermès Informatique soutient que la facture en litige correspond à une commande qu'elle avait passée auprès de la société Mondial Company, qu'elle a effectivement réglée, et que la mention d'un autre client ne constitue qu'une erreur dans le renseignement de la facture par le prestataire. Toutefois, elle n'apporte aucun élément, qu'elle est seule en mesure de produire à l'appui de ses allégations selon lesquelles cette facture, émise par un fournisseur habituel, serait entachée d'une simple erreur matérielle et aurait été reçue et acquittée dans le cadre de ses propres opérations imposables. C'est par suite à bon droit que l'administration n'a pas admis la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur cette facture, en application des dispositions mentionnées au point 28. A cet égard, la société Hermès Informatique n'est en tout état de cause pas fondée à se prévaloir de l'interprétation administrative référencée BOI-TVA-DED-40-10-10 n° 55 du 18 octobre 2013, qui ne donne pas d'interprétation différente de la loi fiscale de celle dont il est fait application par le présent arrêt.
32. Il résulte de tout ce qui précède que le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique est fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'article 1er du jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a déchargé la société Hermès Informatique, en droits et majorations, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée résultant de la remise en cause de la taxe sur la valeur ajoutée déductible ayant grevé les factures acquittées auprès des sociétés Mondial Company et Mondial France au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012. L'article 1er de ce jugement doit ainsi être annulé et ces rappels de taxe sur la valeur ajoutée doivent être remis à la charge de la société Hermès Informatique, en droits et majorations. En revanche, l'appel incident de la société Hermès Informatique doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Hermès Informatique demande au titre des frais qu'elle a exposés.
D E C I D E :
Article 1 : L'article 1er du jugement n° 2005183 du 16 novembre 2021 du tribunal administratif de Marseille est annulé.
Article 2 : Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à la société Hermès Informatique au titre de la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012 et dont la décharge a été prononcée sur le fondement du jugement mentionné à l'article 1er sont remis à sa charge, en droits et majorations.
Article 3 : L'appel incident de la société Hermès Informatique et ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société à responsabilité limitée Hermès Informatique et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au service de la sécurité juridique et du contrôle fiscal.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, où siégeaient :
- Mme Paix, présidente,
- M. Platillero, président assesseur,
- Mme Mastrantuono, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 mars 2024.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026