vendredi 20 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA00194 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SELARL ABEILLE & ASSOCIÉS - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Marseille de condamner la métropole Aix-Marseille-Provence à lui payer la somme globale de 13 176 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait d'une chute survenue à Marseille le 21 mars 2018.
Par un jugement n° 2000219 du 19 novembre 2021, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande, mis à sa charge les frais de l'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 000 euros et déclaré son jugement commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la régie des transports métropolitains.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2022, M. A, représenté par Me Kalifa, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 19 novembre 2021 du tribunal administratif de Marseille ;
2°) de condamner la métropole Aix-Marseille-Provence à lui payer la somme de 13 176 euros en réparation de ses préjudices subis et des frais d'expertise qu'il a exposés ;
3°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence la somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la métropole d'Aix-Marseille-Provence est responsable de la chute dont il a été victime le 21 mars 2018 en descendant du bus n° 3, chemin Notre-Dame de la Consolation à Marseille, en raison d'une plaque d'égout descellée qui s'est soulevée à son passage ;
- il établit la matérialité des faits ainsi que le lien de causalité entre cet accident et le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ;
- son déficit fonctionnel temporaire partiel doit être indemnisé par la somme de 576 euros ;
- les souffrances qu'il a endurées, évaluées à 2,5 sur une échelle de 1 à 7, doivent être indemnisées à hauteur de 5 000 euros ;
- les atteintes à son intégrité physique et psychique doivent être indemnisées par la somme de 5 000 euros ;
- le préjudice esthétique sera indemnisé par la somme de 1 000 euros ;
- il a droit au remboursement des frais d'expertise et d'assistance à expertise pour des montants respectifs de 1 000 et 600 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2022, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par la société Abeille et associés, agissant par Me Pontier, demande à la cour :
1°) à titre principal, de rejeter la requête ;
2°) à titre subsidiaire, en cas de condamnation, de ramener l'indemnisation des préjudices de M. A à de plus justes proportions ;
3°) de mettre à la charge de M. A la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la matérialité des faits et le lien de causalité entre la défectuosité de l'ouvrage et la chute de M. A ne sont pas établis ;
- elle n'a commis aucun défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ;
- la victime a commis une faute d'inattention, exonératoire de sa responsabilité ;
- l'indemnisation demandée doit être ramenée à de plus justes proportions.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 2 décembre 2022.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la régie des transports métropolitains qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mahmouti,
- et les conclusions de M. Gautron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A relève appel du jugement du 19 novembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande aux fins de condamnation de la métropole Aix-Marseille-Provence à lui payer la somme de 13 176 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait d'une chute survenue à Marseille le 21 mars 2018.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. La collectivité en charge de l'ouvrage public ne peut être exonérée de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve soit que cet ouvrage faisait l'objet d'un entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction que si M. A soutient avoir été victime d'une chute le 21 mars 2018, après être descendu du bus n° 3, chemin Notre-Dame de la Consolation à Marseille, en raison d'une plaque d'égout descellée qui s'est soulevée à son passage, les deux témoignages des collègues qui l'accompagnaient ce jour-là ne mentionnent pas l'endroit où l'accident serait survenu. Comme le relève la défense, le requérant ne produit pas non plus la preuve de l'intervention des marins-pompiers qui seraient, selon ses écritures, venus lui porter secours. Les certificats médicaux et la déclaration d'accident qu'il a faite à son employeur faisant état de son récit ne sont pas non plus de nature à établir le lieu de l'accident. Les photographies produites pour la première fois en appel ne suffisent par ailleurs pas à démontrer la localisation exacte de la plaque d'égout identifiée par le requérant comme se situant sur le chemin suivant la descente de bus n°3 sur le 52 chemin Notre-Dame de la consolation. Dans ces conditions, il ne rapporte pas la preuve qui lui incombe d'un lien de causalité entre l'état de l'ouvrage public et les préjudices dont il demande réparation. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité de la métropole Aix-Marseille-Provence est engagée à son égard en raison d'un défaut d'entretien normal de l'ouvrage à l'origine de son accident.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Sur la déclaration d'arrêt commun :
5. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et la régie des transports métropolitains, mises en cause, n'ont pas produit d'observations en appel. Il y a lieu, dès lors, de leur déclarer commun la présente décision.
Sur les dépens :
6. Compte tenu de ce qui a été dit au point 4, il y a lieu de laisser, dans les circonstances de l'espèce, les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal à la charge définitive de M. A.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la métropole Aix-Marseille-Provence.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la métropole Aix-Marseille-Provence est rejeté.
Article 3 : Le présent arrêt est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la régie des transports métropolitains.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A, à la métropole Aix-Marseille-Provence, à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la régie des transports métropolitains.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023 où siégeaient :
- Mme Fedi, présidente de chambre,
- Mme Rigaud, présidente-assesseure,
- M. Mahmouti, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 octobre 2023.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026