lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA00803 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | BRACCINI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté en date du 3 décembre 2021 par lequel la préfète des Alpes-de-Haute-Provence a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par une ordonnance n° 2200101 du 7 février 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa requête.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2022, M. A, représenté par Me Braccini, demande à la Cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du 7 février 2022 pour irrégularité ;
2°) à titre principal, de renvoyer l'affaire au tribunal administratif de Marseille ;
3°) à titre subsidiaire, évoquant l'affaire :
- d'annuler l'arrêté du 3 décembre 2021 ;
- d'enjoindre à la préfète des Alpes-de-Haute-Provence de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant la durée du réexamen dans ce même délai, dans les deux cas sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;
4°) en toute hypothèse, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande de première instance n'est pas tardive ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- ce défaut de motivation révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la préfète a méconnu les articles L. 435-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a violé l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il a fait une inexacte application du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il dispose de nombreuses attaches familiales et amicales en France ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle retient qu'il n'établissait pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour et la décision d'inscription au fichier " SIS " sont illégales par voie de conséquence ;
- la décision d'interdiction de retour est entachée d'erreur de droit ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2022, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête d'appel sont infondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Renaud Thielé, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant de nationalité turque né le 15 août 1993, a, le 16 septembre 2020, demandé à être admis au séjour à titre exceptionnel sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 3 décembre 2021, la préfète des Alpes-de-Haute-Provence a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour pendant une durée de deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. Par l'ordonnance attaquée, dont M. A relève appel, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Marseille a, sur le fondement du 4° de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, rejeté comme tardive la demande présentée par M. A et tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ( ) ". Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision (). ".
3. La décision portant obligation de quitter le territoire français qui a été prise le 3 décembre 2021 par la préfète des Alpes-de-Haute-Provence est fondée sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision, notifiée le 14 décembre 2021, était assortie d'un délai de départ volontaire. Par conséquent, contrairement à ce qu'a indiqué l'administration dans sa décision et contrairement à ce qu'a jugé la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif, M. A disposait, en vertu de l'article L. 614-4 du même code, non d'un délai de quinze jours mais d'un délai de trente jours pour saisir le tribunal administratif. Dans ces conditions, la requête de M. A, enregistrée le 6 janvier 2022 au greffe du tribunal administratif de Marseille, a été introduite avant l'expiration du délai de recours contentieux.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande comme entachée d'une irrecevabilité manifeste. Il y a lieu de l'annuler et de renvoyer l'affaire au tribunal administratif de Marseille.
5. Si M. A sollicite le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il n'établit, ni même n'allègue, avoir supporté des frais dans le cadre de la présente instance pour laquelle il a bénéficié de l'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : L'ordonnance n° 2200101 du 7 février 2022, par laquelle la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Marseille a rejeté comme tardive la demande de M. A est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée au tribunal administratif de Marseille.
Article 3 : Le surplus des conclusions de M. A est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Braccini et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet des Alpes-de-Haute-Provence.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2022, où siégeaient :
- M. Alexandre Badie, président,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Isabelle Gougot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022. 2
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026