lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA00884 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DRIDI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation.
Par un jugement n° 2109968 du 21 février 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 21 mars 2022, M. A, représenté par Me Dridi, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 21 février 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2021 du préfet des Bouches-du-Rhône lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, ainsi qu'à ses enfants, à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, au profit de Me Dridi.
Il soutient que :
- l'arrêté est signé par une autorité incompétente ;
- l'arrêté n'est pas numéroté ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le préfet a méconnu l'article L. 511-1-I du code de l'entrée et du séjour des étrangers dès lors qu'il est entré régulièrement sur le territoire français ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation dans la situation de l'intéressée, a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet du département des Bouches-du-Rhône qui n'a pas produit de mémoire.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille a constaté la caducité de la demande de M. A par une décision du 2 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien née le 20 février 1979, a sollicité le 16 février 2021 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de la vie privée et familiale. Par arrêté du 5 octobre 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Il relève appel du jugement du 21 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction issue de l'article 3 du décret n° 2016-1480 du 2 novembre 2016 :
" Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. Le requérant soutient que l'arrêté n'est pas numéroté. Mais cette seule circonstance, alors que cet arrêté, qui comporte deux pages, et aucune ambigüité, n'est pas de nature à vicier la décision en cause. Par lui-même le défaut de mention de la date de la décision est sans effet sur sa légalité. Les moyens ne peuvent qu'être écartés.
4. Il y a lieu d'adopter les motifs des premiers juges qui ont écarté à bon droit par le paragraphe 2 du jugement le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué.
5. Il y a lieu d'adopter les motifs des premiers juges qui ont écarté à bon droit par les paragraphe 4 et 5 du jugement le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée.
6. Le requérant fait valoir qu'il est entré régulièrement sur le territoire français. Il ressort toutefois de l'examen de l'acte attaqué que le préfet ne s'est pas mépris sur ce point. Ainsi, le moyen tiré de ce que " la décision du préfet est entachée d'une erreur manifeste de droit " ne peut qu'être écarté.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde
des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de
sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans
l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle
constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale,
à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention
des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits
et libertés d'autrui. ". L'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 stipule
notamment que : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale
" est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories
précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels
et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au
respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du
refus ".
8. Si M. A se prévaut de la présence en France de son épouse et de leurs
cinq enfants, son épouse est également en situation irrégulière et s'est vue refuser le séjour par une décision du même jour que celle contestée dans la présente instance. Elle n'a donc pas vocation à rester en France. Le requérant n'établit par ailleurs pas que la scolarité de leurs enfants ne pourrait pas se poursuivre en Algérie ou qu'elles seraient d'une qualité particulière en France. Par ailleurs, le requérant ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle notable, n'ayant jamais travaillé en France. Enfin, il dispose d'attaches familiales en Algérie, où résident deux de ses enfants. Dans ces conditions, en lui refusant le titre de séjour qu'il sollicitait, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché sa décision d'une erreur de fait ou d'une erreur d'appréciation.
9. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 8, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaîtrait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Me Dridi et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 5 décembre 2022.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026