lundi 5 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA01247 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BENDER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 20 décembre 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2200266 du 24 mars 2022, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2022, Mme A, représentée par Me Bender, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif ;
2°) d'annuler l'arrêté préfectoral ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer le titre de séjour sollicité à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à défaut, de procéder à une nouvelle instruction de sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que son conseil renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation dès lors que le préfet n'a pas suffisamment tenu compte de sa situation personnelle ;
- elle est entachée aussi d'une erreur de droit et d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
En ce qui concerne la décision de pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et celle portant obligation de quitter le territoire français.
La caducité de la demande d'aide juridictionnelle a été constatée par décision du 30 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, de nationalité albanaise, née en 1993, demande l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa requête dirigée contre l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 20 décembre 2021 portant refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les premiers vice-présidents () des cours, () peuvent, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur le refus de séjour :
3. En premier lieu, Mme A reprend ses moyens tirés de l'insuffisante motivation et de l'erreur de droit lesquels doivent être écartés par adoption des motifs appropriés du tribunal, la requérante n'apportant pas d'élément distinct susceptible de remettre en cause leur bien-fondé. Au surplus, l'intéressée, âgée de plus de dix-huit ans, ne peut utilement prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L.424-11-3° du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En deuxième lieu, s'agissant de l'erreur de fait commise par l'administration dès lors que Mme A soutient disposer de ressources pérennes, il ressort de l'examen de la demande de séjour du 28 janvier 2021 et de la liste des pièces qui y étaient annexées, qu'aucun document ne démontrait l'existence de ressources. En tout état de cause, les pièces versées au dossier constituées d'un contrat de travail à durée déterminée couvrant la période allant du 20 octobre 2021 au 19 novembre 2021, d'attestations de bénévolat et d'une demande de souscription de livret A sont insuffisantes. Par ailleurs, la production des bulletins de salaire de sa mère pour la période de mars 2021 à décembre 2021 ne peut suffire pour considérer que la requérante dispose de ressources suffisantes.
5. En troisième lieu, Mme A fait valoir à nouveau que sa vie est en danger en Albanie en raison des violences et menaces de mort qu'elle a subi par son père, que sa mère bénéficie de la protection subsidiaire en France. Mais, comme relevé par les premiers juges, les documents produits ne sont pas suffisamment probants pour établir la réalité des risques et menaces dont elle ferait personnellement l'objet en cas de retour en Albanie étant précisé que L'OFPRA, par une décision du 30 mai 2016 qui a été confirmée par la CNDA, a rejeté sa demande d'asile. Par ailleurs, l'intéressée fait valoir aussi ses attaches personnelles et familiales en France en raison de la présence sur le territoire français de sa mère, bénéficiaire de la protection subsidiaire et de son frère. Cependant, Mme A, célibataire et sans enfant, qui n'établit pas une insertion professionnelle significative, ne démontre pas ne plus être dépourvue de tout lien avec son pays d'origine. Dans ces conditions, elle ne peut soutenir, en tout état de cause, une méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne, ni pour les mêmes raisons la présence d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur la mesure d'éloignement et sur la décision fixant le pays de destination :
6. Les moyens portant sur ces deux décisions doivent être écartés par adoption des motifs du tribunal, la requérante n'apportant pas d'élément distinct susceptible de remettre en cause leur bien-fondé.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à Me Bender et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Fait à Marseille, le 5 décembre 2022.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026