lundi 12 septembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA01429 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LAVIE-KOLIOUSIS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 10 janvier 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.
Par un jugement n° 2200752 du 26 avril 2022, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, M. A, représenté par Me Lavie, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 26 avril 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour l'autorisant à travailler.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier dès lors qu'il comporte une erreur quant à l'année de l'audience publique et de la décision juridictionnelle ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité algérienne, demande l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa requête dirigée contre l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 10 janvier 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. La circonstance selon laquelle le jugement attaqué mentionne, en première page, des dates erronées en ce qu'elles visent l'année 2021 et non 2022, est sans incidence sur sa régularité, dès lors qu'il s'agit d'une erreur purement matérielle et qu'ainsi, du reste, que le requérant le reconnaît lui-même, la date tant de l'audience que de la mise à disposition du jugement peuvent être établies par ses autres mentions, en pages 2 et 4, et par les avis d'audience.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
3. En premier lieu, aux termes du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité´ professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail vise´ par les services du ministre charge´ de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarie´ " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; () ". Aux termes de l'article 7 bis du même accord : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années./ Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande./ Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées ".
4. Pour rejeter la demande de titre de séjour en qualité de salarié présentée par M. A, le préfet lui a opposé qu'il ne justifiait pas d'un contrat de travail vise´ par les services du ministre charge´ de l'emploi au sens de l'article 7 de l'accord précité, ni d'une demande d'autorisation de travail souscrite par son employeur. La circonstance que M. A ait précédemment bénéficié d'un certificat de résidence en qualité de visiteur depuis le 3 octobre 2019, n'était pas de nature à le dispenser de produire une autorisation de travail, sur le fondement des stipulations du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien. Elle n'était pas davantage de nature à lui ouvrir droit à la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans, sur le fondement des stipulations de l'article 7 bis du même accord, à défaut de justification de moyens d'existence provenant notamment de l'exercice régulier d'une activité professionnelle, et, alors, au surplus, qu'à la date de l'arrêté attaqué, il ne comptait pas trois années de résidence en situation régulière. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes a méconnu les stipulations du b) de l'article 7 ou celles de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien.
5. En second lieu, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissant d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne lui sont pas applicables. Toutefois, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".
6. A supposer même que M. A réside en France depuis 2013, étant toutefois précisé qu'il n'est pas en mesure d'établir les conditions de son entrée sur le territoire français, il ne justifie pas d'une insertion sociale ou professionnelle significative. Il est constant qu'il est désormais séparé de la ressortissante française avec laquelle il avait conclu un pacte civil de solidarité le 24 mars 2017. La circonstance que trois de ses frères et sœurs disposent d'un certificat de résidence d'une durée de validité de dix ans ne saurait suffire à établir, alors que le requérant a vécu au moins jusqu'à ses 25 ans dans son pays d'origine et ne fait état d'aucun élément sur les relations qu'il entretient avec sa fratrie, que le préfet des Alpes-Maritimes a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision contestée a été prise et a ainsi méconnu les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de des Alpes-Martimes.
Fait à Marseille, le 12 septembre 202
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026