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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-22MA01980

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-22MA01980

mercredi 11 janvier 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-22MA01980
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAARPI OLOUMI & HMAD AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 26 novembre 2021 lui refusant l'octroi d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

Par un jugement n° 2106767 du 8 juin 2022, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2022, et des pièces complémentaires produites le 3 décembre 2022, M. A, représenté par Me Hmad, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 8 juin 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois et dans l'attente de lui délivrer une autorisation de travail ou, à défaut de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation de travail dans l'attente de ce réexamen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité du jugement :

- il est insuffisamment motivé ;

- le tribunal a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne le bien-fondé du jugement :

- l'arrêté méconnaît son droit à une vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne ;

- l'article 10 a de l'accord franco-tunisien a été méconnu ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, de nationalité tunisienne né le 24 juin 1985, demande l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa requête dirigée contre l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes en date du 26 novembre 2021 lui refusant l'octroi d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne la régularité du jugement :

2. D'abord, les premiers juges ont examiné et répondu suffisamment aux points 4 et 6 du jugement aux moyens tirés de l'erreur de fait et de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par l'arrêté en litige. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le tribunal a insuffisamment motivé le jugement sur ces points, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 9 du code de justice administrative.

3. Ensuite, hormis le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Le requérant ne peut donc utilement se prévaloir d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commis le tribunal pour demander l'annulation du jugement attaqué.

En ce qui concerne le bien-fondé du jugement :

4. En premier lieu, M. A reprend son moyen tiré d'une erreur de fait commise par le préfet qui a mentionné dans l'arrêté en litige qu'il ne faisait valoir aucun document relatif au suivi d'une quelconque formation ou l'exercice d'une activité professionnelle. Si le requérant a produit au soutien de ses écritures contentieuses quelques documents portant sur son activité professionnelle, il n'est pas établi que sa demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français ait été accompagnée de pièces relatives à sa formation ou à son activité professionnelle. Dans ces conditions, ce moyen ne peut être qu'écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien précité : " Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : / a) Au conjoint tunisien d'un ressortissant français, marié depuis au moins un an, à condition que la communauté de vie entre époux n'ait pas cessé, que le conjoint ait conservé sa nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état-civil français ". M. A ne peut valablement invoquer ses stipulations dès lors qu'il s'est marié le 22 juillet 2021 et que, par conséquent, la durée d'un an requise n'était pas acquise.

6. En troisième lieu, M. A, entré irrégulièrement en France en 2019, fait valoir son mariage avec une ressortissante française. Mais à la date de l'arrêté attaqué, ce mariage était très récent et M. A n'établit pas, par les documents produits constitués notamment d'attestations de proches qui sont en tout état de cause insuffisamment précises ou de factures postérieures à l'arrêté en litige, l'ancienneté de cette relation. Par ailleurs, l'intéressé ne conteste pas avoir conservé des attaches familiales dans son pays d'origine. En outre, les bulletins de salaire produits dans le cadre d'une activité par intérim, dont la plupart sont postérieurs à l'arrêté en litige, ne peuvent suffire pour admettre une intégration professionnelle suffisante. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale eu égard aux buts poursuivis par cette mesure. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Marseille, le 11 janvier 2023.

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