vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA02092 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SARL LE PRADO - GILBERT |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Danveau,
- les conclusions de M. Gautron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. G F, présentant des douleurs dans la fosse iliaque droite évoluant depuis trois jours, a été hospitalisé le 18 mai 2016 au centre hospitalier d'Arles pour une appendicectomie, qui a conduit à pratiquer une hémicolectomie droite par coelioscopie. Le 21 mai 2016, une reprise chirurgicale a été pratiquée afin d'évacuer un hématome de la zone opératoire. A partir du 25 mai 2016, l'état de santé de M. F, présentant des signes infectieux, s'est dégradé. Un scanner abdominal, réalisé le 31 mai suivant, a mis en évidence une péritonite stercorale évoluée, qui a donné lieu à une nouvelle intervention chirurgicale le 1er juin 2016. Le 13 juin 2016, un scanner du rachis cervical a objectivé une paresthésie des deux membres supérieurs. L'intéressé a regagné son domicile le 18 juin 2016 mais a souffert, dans les suites de ces interventions, d'hypoglycémies, de troubles du transit invalidants et d'une déhiscence pariétale au niveau de la cicatrice de la laparotomie, cette dernière ayant donné lieu à une intervention chirurgicale le 6 septembre 2017. Estimant que sa prise en charge par le centre hospitalier d'Arles avait été fautive, M. F a saisi la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), aux droits de laquelle vient la société Relyens Mutual Insurance, d'une demande indemnitaire préalable. Un protocole transactionnel a été conclu entre M. F et la SHAM le 9 août 2019, prévoyant une indemnisation de 150 877 euros pour l'ensemble des postes de préjudice, à l'exception de la perte de gains professionnels. Une nouvelle demande indemnitaire a été présentée le 11 mai 2020 par l'intéressé ainsi que par Mme B F, son épouse, et M. C F, son fils, Mme A F, sa fille et Mme D E, sa belle-fille, qui a été implicitement rejetée.
2. Par un jugement du 27 juin 2022, le tribunal administratif de Marseille a condamné solidairement le centre hospitalier d'Arles et la SHAM à verser à Mme B F la somme de 8 000 euros, à M. C F, Mme A F et Mme D E, la somme de 3 000 euros chacun et a rejeté le surplus des conclusions des parties. M. G F relève appel de ce jugement en tant qu'il n'a pas fait droit à sa demande d'indemnisation de son préjudice d'incidence professionnelle.
Sur la demande d'indemnisation du préjudice d'incidence professionnelle :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 2044 du code civil : " La transaction est un contrat par lequel les parties terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître ". Aux termes de son article 2052 : " Les transactions ont, entre les parties, l'autorité de la chose jugée en dernier ressort. Elles ne peuvent être attaquées pour cause d'erreur de droit, ni pour cause de lésion ". En vertu des dispositions précitées de l'article 2052 du code civil, le contrat de transaction, par lequel les parties terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître, a entre ces parties l'autorité de la chose jugée en dernier ressort.
4. Il résulte de l'instruction et des termes mêmes du procès-verbal de transaction conclu le 9 août 2019 entre M. F et la SHAM et dont la validité n'est pas contestée, que, sous réserve de paiement effectif, M. F tient et reconnaît le centre hospitalier d'Arles et la SHAM entièrement quittes et déchargés de toute réclamation de sa part s'agissant des préjudices listés et déclare se désister de toute instance et de toute action devant quelque juridiction que ce soit pour l'accident en cause, sauf aggravation de son état de santé en lien avec la faute médicale commise. Il suit de là que les parties ont entendu réparer par l'octroi de cette indemnité l'ensemble des préjudices subis du fait de l'ensemble des fautes reconnues et commises lors de l'hospitalisation de M. F au centre hospitalier d'Arles.
5. L'indemnité fixée aux termes de ce protocole transactionnel s'élève à la somme totale de 150 777 euros, sous déduction d'une provision versée de 2 000 euros, et recouvre notamment le préjudice d'incidence professionnelle, indemnisé à hauteur de 63 750 euros. Dès lors, et ainsi que le font valoir le centre hospitalier d'Arles et la société Relyens Mutual Insurance, M. F ne peut demander, au seul motif qu'il subirait des pertes de droits à la retraite, la réparation devant le juge de ce même préjudice qui a déjà été indemnisé et qui se distingue des pertes de gains professionnels, non visés par la transaction. Par ailleurs, il n'est ni établi ni même allégué que l'état de santé de M. F se serait, du fait de la faute commise par le centre hospitalier d'Arles, aggravé depuis la conclusion de la transaction et qu'il serait donc en droit de bénéficier d'une des clauses de celle-ci stipulant que l'aggravation de l'état de la victime pourra faire l'objet d'une indemnisation complémentaire dès lors que celle-ci apparaît en lien avec les fautes commises lors de son hospitalisation. Enfin, il ne résulte pas davantage de l'instruction que la transaction n'aurait pas été exécutée par la société Relyens Mutual Insurance, qui vient aux droits de la SHAM. Par suite, la demande de réparation devant le juge du préjudice d'incidence professionnelle présentée par M. F doit être rejetée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise sollicitée à titre subsidiaire ni de se prononcer sur l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, que M. F n'est pas fondé à se plaindre que c'est à tort que, par le jugement attaqué, les premiers juges ont rejeté ses conclusions tendant à la réparation du préjudice d'incidence professionnelle.
Sur la déclaration d'arrêt commun :
7. Il résulte de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que la caisse doit être appelée en déclaration d'arrêt commun dans l'instance ouverte par la victime contre le tiers responsable, le juge étant, le cas échéant, tenu de mettre en cause d'office la caisse si elle n'a pas été appelée en déclaration d'arrêt commun. La caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône n'a fait valoir aucune observation devant la cour. Par suite, il y a lieu de lui déclarer le présent arrêt commun.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge solidaire du centre hospitalier d'Arles et de la société Relyens Mutual Insurance qui, dans la présente instance, ne sont pas parties perdantes, une somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. G F, au centre hospitalier d'Arles, à la société Relyens Mutual Insurance et à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, où siégeaient :
- Mme Fedi, présidente de chambre,
- Mme Rigaud, présidente assesseure,
- M. Danveau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 décembre 2023.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026