mercredi 29 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA02170 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | KARZAZI ABDELLATIF |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 du préfet des Alpes-Maritimes l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de sa destination, avec interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2202228 du 17 juin 2022, la magistrate désignée du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 1er aout 2022, M. A B, représenté par Me Kardazi, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 17 juin 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2022 du préfet des Alpes-Maritimes ;
3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de réexaminer sa situation et de lui
délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 30 jours sous astreinte de 50 euros
par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes est intervenu à la suite d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- le préfet a commis plusieurs erreurs manifestes d'appréciation en ce qu'il a retenu qu'il n'était pas entré en France sous couvert d'un visa, qu'il ne justifiait pas résider sur le territoire français depuis 2001, qu'il ne pouvait présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente et qu'il était " connu à trois reprises pour entrée ou séjour irrégulier sur le territoire français au traitement des antécédants judiciaires " ;
- le préfet n'indique pas sur quel fondement il est obligé de quitter le territoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité algérienne, relève appel du jugement par lequel la magistrate désignée du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 3 mai 2022 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de sa destination, avec interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté attaqué en tant qu'il oblige M. B à quitter le territoire français :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 611-2 du même code : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un des États parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les 1° et 2° de l'article L. 611-1 lorsqu'il ne peut justifier être entré ou s'être maintenu sur le territoire métropolitain en se conformant aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20 et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21 de cette même convention ".
3. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a entendu se fonder sur les dispositions précitées pour obliger M. B à quitter le territoire français, aux motifs, d'une part, qu'il ne justifiait pas y être entré régulièrement et, d'autre part, qu'il s'y maintenait en situation irrégulière.
4. En deuxième lieu, si M. B doit être regardé comme soutenant que le préfet a commis une erreur de fait en retenant qu'il ne justifiait pas être entré régulièrement en France, il ne produit ni le visa sous le couvert duquel il allègue être entré sur le territoire français, ni n'établit, en tout état de cause, les conditions de cette entrée.
5. En troisième lieu, M. B ne conteste pas s'être maintenu en situation irrégulière sur le territoire français. S'il soutient que l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire du Nice du 5 mai 2022 indique qu'il " vit depuis 20 ans en France ", cette mention qui n'est pas revêtue d'une autorité de chose jugée ne saurait, à elle seule, établir la réalité de ses allégations, étant, au demeurant, précisé que la première des pièces qu'il produit pour justifier sa durée de résidence en France est relative à l'année 2008. En tout état de cause, quelle que soit la durée de sa présence en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur de fait ou une erreur d'appréciation en se bornant à retenir qu'il " ne justifie d'aucune circonstance particulière pour s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire français ".
6. En quatrième lieu, M. B ne saurait, en tout état de cause, utilement soutenir que le préfet aurait dû, avant de prendre l'arrêté attaqué, consulter préalablement la commission du titre de séjour prévue aux articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'arrêté attaqué qui l'oblige à quitter le territoire français en raison de l'irrégularité de sa situation ne statue pas sur une demande de titre de séjour.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté attaqué en tant qu'il n'a pas octroyé à M. B un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans :
7. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ()/ 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ;/ 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ". Aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français ".
8. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et prononcer, en conséquence, à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans, le préfet s'est fondé sur la circonstance que M. B est " connu à trois reprises pour entrée ou séjour irrégulier sur le territoire français au traitement des antécédants (sic) judiciaires ", qu'il ne peut présenter des documents d'identité et de voyage en cours de validité, qu'il se maintient de manière irrégulière depuis le 6 juillet 2020, date de sa précédente obligation de quitter le territoire français, sans avoir entrepris de démarches en vue de régulariser sa situation, qu'il s'est soustrait à cette précédente mesure toujours exécutoire, qu'il a présenté au cours de la procédure un faux titre de séjour français et qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale.
9. Il résulte des termes de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire du Nice du 5 mai 2022 mentionnée au point 5 que M. B dispose d'un passeport en cours de validité ainsi que d'un domicile. Toutefois, si le requérant conteste avoir des antécédents judiciaires, il ne conteste pas avoir été en situation irrégulière et s'être notamment soustrait à l'exécution de l'arrêté du préfet du Gard du 6 juillet 2020 l'obligeant à quitter le territoire français pas plus que le bien-fondé des autres motifs ainsi retenus par le préfet. Or il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur ces autres motifs et, en particulier, sur la circonstance qu'il s'est déjà soustrait à l'exécution d'une précédente obligation de quitter le territoire français.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet du département des Alpes-Maritimes.
Fait à Marseille, le 29 mars 2023
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026