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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-22MA02551

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-22MA02551

lundi 13 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-22MA02551
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantTAPIERO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2206782 du 14 septembre 2022, la magistrate désignée du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 5 octobre 2022, M. B, représenté par Me Tapiero, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 14 septembre 2022 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Marseille ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 du préfet des Bouches-du-Rhône ;

3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, la mention " étudiant / stagiaire ", dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de sa situation, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte, et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de rejeter les demandes du préfet des Bouches-du-Rhône ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée ;

- l'arrêté contesté méconnaît les articles 2 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 6, 7 et 7 bis de l'accord franco-algérien et L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le jugement attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire sont insuffisamment motivées au regard de la loi du 11 juillet 1979 ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, par la voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations des articles 2 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, de nationalité algérienne, demande l'annulation du jugement par lequel la magistrate désignée du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours peuvent en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Hormis le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Le requérant ne peut donc utilement se prévaloir d'une erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commis la magistrate désignée pour demander l'annulation du jugement attaqué.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".

5. La décision portant obligation de quitter le territoire français contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, et vise notamment l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, retrace le parcours de M. B en France, rappelle ses conditions de séjour sur le territoire français et sa situation privée et familiale, et relève qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de ce que cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.

6. En deuxième lieu, l'arrêté contesté précise en outre qu'il existe un risque que M. B se soustraie à une obligation de quitter le territoire français, dans la mesure où il est entré et se maintient irrégulièrement sur le territoire français, qu'il ne présente pas de document d'identité en cours de validité et qu'il ne dispose pas d'un lieu de résidence permanent. Cet arrêté comporte ainsi, en ce qu'il refuse à M. B un délai pour quitter le territoire français, l'indication des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a souffert d'une hernie et a été opéré à ce titre le 8 décembre 2020, et qu'il souffre d'une déviation de la cloison nasale, suit à ce titre un traitement médicamenteux et a subi une septoplastie le 21 juin 2022 au sein de l'hôpital Saint-Joseph à Marseille. L'intéressé, qui n'a par ailleurs pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en sa qualité d'étranger malade, ne fait toutefois pas état de la gravité de sa condition ou du défaut de prise en charge de celle-ci, pas plus que de la nécessité du traitement suivi ou de l'absence d'un tel traitement dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6-7) de l'accord franco-algérien doit être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien : " () a) Les ressortissants algériens qui justifient de moyens d'existence suffisants et qui prennent l'engagement de n'exercer, en France, aucune activité professionnelle soumise à autorisation reçoivent après le contrôle médical d'usage un certificat valable un an renouvelable et portant la mention " visiteur " ; / b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que si M. B se prévaut de sa qualité de salarié, il n'apporte toutefois aucune pièce au soutien de cette allégation. Le seul contrat d'apprentissage au sein de la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) LK Autos daté du 17 octobre 2021, qui n'est au demeurant pas accompagné de la convention de stage qui aurait dû en découler, concerne non pas un contrat de travail ou une activité professionnelle au sens des stipulations précitées de l'article 7 de l'accord franco-algérien mais un stage. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. / Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande. () ".

12. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 10 que M. B ne relève pas des stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien. D'autre part et en tout état de cause, l'intéressé n'établit pas, par la seule production de quelques documents relatifs à ses études, d'autres documents sur lesquels la date a été modifiée comme sa carte de membre d'une association sportive, de documents médicaux et d'un document préalable à l'établissement d'une assurance habitation datés de 2022, une résidence ininterrompue sur le territoire français depuis trois ans à la date de la décision contestée. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Selon l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".

14. Il ressort des pièces du dossier que M. B soutient être entré en France " il y a 5 ans et demi ", à une date inconnue, et se maintenir de manière habituelle sur le territoire français depuis cette date, sans toutefois l'établir. Il a été interpellé par les services de la police nationale le 1er août 2022 pour des faits de rébellion, outrage et violences volontaires sur une personne dépositaire de l'autorité publique. Si l'intéressé soutient être marié et résider avec son épouse et leur enfant âgé, à la date de la décision contestée, de 7 mois, il n'établit aucunement la réalité de ce mariage ou de cette paternité. S'il ressort des pièces du dossier que M. B aurait été scolarisé en France au titre des années scolaires 2019-2020 et 2020-2021, il n'établit toutefois pas l'insertion professionnelle dont il se prévaut, par la seule production, ainsi qu'il a été dit au point 10, d'une promesse de convention de stage. Il ne se prévaut en outre d'aucune insertion sociale particulière, et la présence de membres de sa famille sur le territoire français n'est pas établie, notamment au regard des incohérences du discours de l'intéressé sur ce point. Enfin, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où réside au moins sa grand-mère. Dans ces conditions, le préfet des Bouches-du-Rhône, en l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette obligation a été prise. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 6-5) de l'accord franco-algérien doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.

15. En septième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas assorti des précisions permettant à la Cour d'en apprécier le bien-fondé.

16. En huitième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions permettant à la Cour d'en apprécier le bien-fondé.

17. En dernier lieu, l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône fait obligation à M. B de quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de sa destination et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ne comporte pas de décision de refus de titre de séjour. Par conséquent, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale, par la voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour que contiendrait l'arrêté en litige, ne peut qu'être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

19. Il résulte des termes mêmes des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

20. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

21. Il ressort des termes mêmes de la décision contestée que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était accompagnée d'aucun délai de départ volontaire, et que le préfet des Bouches-du-Rhône a donc également prononcé à son encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Pour déterminer la durée de cette interdiction de retour, le préfet des Bouches-du-Rhône a mentionné la durée de présence non établie mais en tout état de cause assez récente de M. B, a relevé qu'il ne justifiait pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, pas plus que de la réalité et de l'ancienneté de sa vie de couple, ni de la contribution à l'entretien et à l'éducation de son enfant, et qu'il n'établissait pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Si le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas fait référence, dans sa décision, au critère relatif à la menace à l'ordre public que représenterait la présence de l'intéressé sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle circonstance ait été retenue à l'encontre de M. B sur ce point. Il en va de même concernant le critère relatif aux précédentes mesures d'éloignement, l'intéressé n'ayant pas fait l'objet d'une telle mesure auparavant. Ainsi, dans la mesure où l'ensemble des termes de l'arrêté litigieux établissent que la situation du requérant a été appréciée au regard de sa durée de présence en France, de ses conditions de séjour et de sa vie privée et familiale, le préfet des Bouches-du-Rhône a suffisamment motivé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français contestée.

22. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 13 février 2023

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