mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA03029 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | M'HAMDI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 30 décembre 2021 rejetant son admission au séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et fixant le pays de destination.
Par un jugement n° 2203122 du 18 juillet 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 10 décembre 2022, M. A, représenté par Me M'Hamdi, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 18 juillet 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou à défaut de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'arrêté dans son ensemble :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
Sur la décision refusant l'octroi d'un titre de séjour :
- elle méconnaît l'article L. 423-23 et l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la circulaire du 30 octobre 2004 ;
- elle méconnaît son droit à une vie privée et familiale ;
- le rapport relatif à la communauté de vie n'est pas valable à défaut de pouvoir identifier l'agent qui l'a rédigé ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur de droit, il n'entre dans aucun des critères permettant d'édicter une telle décision.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 octobre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité ivoirienne né le 8 mars 1978, demande l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa requête dirigée contre l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 30 décembre 2021 lui refusant l'octroi d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les premiers vice-présidents () des cours, () peuvent, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur l'arrêté dans son ensemble :
3. L'arrêté contesté vise les dispositions sur lesquelles il se fonde, en particulier les articles L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article L. 423-23 du même code. Par ailleurs, le préfet a fait état de la situation personnelle du requérant, notamment qu'il ne justifie pas d'une communauté de vie réelle et effective, qu'il ne démontre pas une insertion sociale ou professionnelle significative sur le territoire français et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attache dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation sera écarté.
Sur la décision refusant l'octroi d'un titre de séjour :
4. M. A est entré en France le 3 juillet 2014 sous couvert d'un visa d'une validité de dix jours. Il n'a déposé une demande de régularisation de son séjour au titre de la vie privée et familiale que le 30 juillet 2020. S'il se prévaut, comme en première instance, d'une résidence en France depuis 2014, les pièces produites, en particulier pour les années 2014, 2015, 2016 et 2017, constituées pour l'essentiel d'ordonnances médicales, de documents bancaires et d'attestations, peuvent être regardées comme attestant d'une présence ponctuelle sur le territoire français mais sont insuffisantes pour démontrer une résidence habituelle et continue. Par ailleurs, s'il fait valoir le pacte de solidarité civile qu'il a contracté le 10 avril 2019 avec une ressortissante française, le rapport de l'enquête de communauté de vie du 8 novembre 2021 révèle que M. A a tenu des propos vagues et confus sur cette relation récente et note la présence très faible d'affaires appartenant à M. A au domicile de sa partenaire. Ce rapport, signé par le brigadier-chef dont le nom apparaît sur le document n'est pas valablement contesté par les témoignages de proches. En outre et alors même que M. A ait aidé ponctuellement des associations, il ne fait état d'aucune insertion professionnelle. Enfin, l'intéressé qui a vécu la majeure partie de sa vie en Côte d'Ivoire, ne démontre pas ne plus avoir d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions et comme décidé par le tribunal, M. A n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article 8 de la convention européenne et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues, ni en tout état de cause que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation.
5. Les moyens portant sur l'article L. 435-1 du code précité et sur la circulaire du 30 octobre 2004 doivent être écartés par adoption des motifs du tribunal figurant aux points 6 et 8 du jugement. Il convient d'ajouter au surplus qu'il ne ressort pas du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'exercer son pouvoir de régularisation.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
6. M. A s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour. Par conséquent et contrairement à ce qu'il soutient, le préfet pouvait édicter une obligation de quitter le territoire français en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me M'Hamdi et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 19 avril 2023.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026