mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-22MA03033 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AHMED |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du préfet de des Bouches-du-Rhône en date du 21 juin 2022 refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Par un jugement n° 2206316 du 21 novembre 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa requête.
Procédure devant la Cour :
I- Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2022 sous le n°22MA03033, M. B, représenté par Me Ahmed, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du 21 novembre 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, à défaut de procéder au réexamen de sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- les premiers juges ont méconnu le principe du contradictoire en neutralisant les erreurs commises par le préfet ;
- les juges ont statué ultra petita ;
Sur le bien-fondé du jugement :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen ;
- il méconnaît l'article 3 de l'accord franco-marocain ;
- il est entaché d'un vice de procédure, à défaut d'avoir procédé à la saisine de la commission du titre de séjour ;
- il peut se prévaloir de l'autorité de chose jugée par la cour dans l'arrêt n°20MA01460 ;
- il est entaché d'une erreur de droit, le préfet ne pouvant lui opposer les conditions de détention d'un visa de long séjour posées par l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la détention d'une autorisation préalable de travail dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet pouvait procéder à la régularisation par application des critères fixés par la circulaire du 28 novembre 2012 dite circulaire Valls ;
- le préfet ne pouvait lui opposer les mesures d'éloignement dont il avait précédemment fait l'objet ;
- le requérant justifie d'une activité salariée ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'il justifie d'une vie privée et familiale.
II- Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2022 sous le n°22MA03051, M. B, représenté par Me Ahmed, demande à la Cour :
1°) de prononcer le sursis à exécution du jugement du 21 novembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour temporaire valable jusqu'à la décision au fond dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance prononçant le sursis ou à défaut, de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et de travail jusqu'à la décision statuant au fond dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance prononçant le sursis ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conséquences de l'exécution de l'arrêt seront difficilement réparables ;
- il apporte des moyens sérieux au soutien de ses conclusions à fin d'annulation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité marocaine né le 28 juin 1989, demande par la requête n°22MA03033 l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa requête dirigée contre l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 21 juin 2022 lui refusant l'octroi d'un titre de séjour sollicité sur le fondement de l'admission exceptionnelle, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi. Par la requête n°22MA03051 M. B sollicite le sursis à exécution du jugement du 21 novembre 2022.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°22MA03033 et n°22MA03051 sont présentées par la même personne, portent sur la même affaire, ont fait l'objet d'une instruction commune et sont dirigées contre le même jugement. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même décision.
Sur la requête enregistrée sous le n° 22MA03033 :
3. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les premiers vice-présidents () des cours, () peuvent, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
En ce qui concerne la régularité du jugement :
4. Comme l'a rappelé à juste titre le tribunal dans son point 10, il est de l'office du juge de l'excès de pouvoir, après neutralisation d'un motif entaché d'illégalité, d'examiner si l'autorité administrative aurait pris la même décision en se fondant sur un autre motif légal. En procédant de la sorte et contrairement à ce qui est affirmé, les premiers juges n'ont pas statué ultra petita ni méconnu le principe du contradictoire. Par ailleurs et pour répondre au moyen portant sur la consultation de la commission du titre de séjour, il est également de l'office du juge de l'excès de pouvoir d'apprécier si les pièces produites par le demandeur établissent sa présence en France et ce, alors même que le préfet ne s'est pas prononcé sur ce point. Par suite, le tribunal n'a pas davantage statué ultra petita ni, en tout état de cause, méconnu le principe " qui ne dit mot consent ".
En ce qui concerne le bien-fondé du jugement :
5. En premier lieu, le préfet, qui n'est pas tenu de relever l'ensemble des éléments de la situation du demandeur, a visé dans l'arrêté en litige les textes applicables et a suffisamment fait référence à la situation personnelle du requérant notamment son entrée en France, les précédentes décisions prises à son encontre, son insertion professionnelle insuffisante et une absence de justification de liens personnels et familiaux en France. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut être qu'écarté.
6. En deuxième lieu, il ne résulte ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas pris en compte la situation personnelle de M. B. Par suite, à supposer même qu'il ait entendu se prévaloir du défaut d'examen de sa situation, ce moyen ne saurait être accueilli.
7. En troisième lieu et s'agissant du bénéfice des stipulations de la convention européenne et des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Tout d'abord, il convient d'adopter la motivation appropriée du tribunal figurant aux points 9, 10, 11, 12 et 13 de son jugement. Ensuite, il ressort du dossier et le préfet pouvait en faire état dans son arrêté que M. B, qui déclare être entré en France en 2008, a déjà fait l'objet de trois arrêtés de refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français en date des 3 juillet 2014, 27 mars 2015 et 24 octobre 2018. A cet égard, la requête de fond dirigée contre le jugement du tribunal administratif de Marseille rejetant sa demande présentée contre l'arrêté du 27 mars 2015 a été rejetée par un arrêt n°15MA02968, 15MA02969 de la cour administrative d'appel de Marseille lu le 28 avril 2016. Par un arrêt n°20MA01460 en date du 6 mai 2021, la Cour a également confirmé le jugement du même tribunal qui a rejeté sa requête présentée à l'encontre de l'arrêté du 24 octobre 2018. Par ailleurs, contrairement à ce qui est affirmé, M. B ne démontre pas avoir établi sa résidence habituelle en France depuis la période revendiquée. D'une part, il ne peut utilement invoquer l'arrêt du 6 mai 2021 lequel ne s'est pas prononcé sur les années 2012, 2013, 2016 et 2017. D'autre part, sa présence habituelle ne peut être regardée comme établie notamment pour les années 2012 et 2013. Ainsi les pièces portant sur l'année 2012 constituées par un certificat médical daté du 31 janvier 2012, une attestation d'élection de domicile en vue de l'aide médicale signée le 1er février 2012, un contrat de domiciliation administrative dans le cadre d'une mission sociale établi le 1er février 2012, quelques relevés bancaires et 5 attestations de témoignages sont insuffisantes. Il en va de même pour les pièces de l'année 2013 composées d'un unique relevé bancaire, d'un courrier de l'assurance maladie, de pièces provenant d'un chirurgien-dentiste pour les mois de mai, juin et début juillet et de trois témoignages. En outre, M. B, célibataire et sans enfant, ne conteste pas sérieusement avoir des attaches familiales fortes dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de dix-neuf ans. Comme déjà jugé par l'arrêt du 6 mai 2021, l'intéressé ne démontre pas davantage qu'il aurait en France le centre de ses intérêts privés et familiaux et il ne peut valablement se prévaloir d'une insertion socio-professionnelle notable et durable dès lors que sur une présence alléguée depuis 2008, il revendique 10 mois de travail en 2015, 5 mois en 2020 et un contrat à durée indéterminée depuis octobre 2021. Au total, il résulte de ce qui précède que M. B, qui ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir, n'est pas fondé à soutenir que le préfet a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. C'est aussi sans commettre d'erreur de fait ou de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation, que le préfet des Bouches-du-Rhône a estimé qu'il ne justifiait ni de considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels pour pouvoir prétendre à une admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou au titre de son pouvoir de régularisation. Enfin, ainsi qu'il a été dit, le requérant ne justifie pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans, à la date de l'arrêté contesté et donc, le préfet n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de prendre son arrêté.
8. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est assorti d'aucun argument suffisant permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il ne peut donc qu'être rejeté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur la requête enregistrée sous le n°22MA03051 :
10. La présente ordonnance statuant sur la requête en annulation présentée contre le jugement du 21 novembre 2022 du tribunal administratif de Marseille, la requête n° 22MA03051 tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement est devenue sans objet. Dès lors, il doit être constaté, en application des dispositions du 3° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, qu'il n'y a pas lieu de statuer.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n°22MA03051.
Article 2 : La requête n°22MA03033 est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 19 avril 2023.
N°s 22MA03033 - 22MA03051
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026