LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-23MA00333

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-23MA00333

mardi 5 novembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-23MA00333
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation5ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSARL CABINET BRIARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D E et Mme F C épouse E ont demandé au tribunal administratif de Marseille de les décharger de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu mise à leur charge au titre de l'année 2015 et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2102408 du 30 décembre 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de M. et Mme E.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 9 février 2023, M. et Mme E, représentés par la SARL cabinet Briard, demandent à la Cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Marseille ;

2°) de les décharger de la cotisation d'imposition supplémentaire d'impôt sur le revenu mise à leur charge au titre de l'année 2015 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le jugement est entaché d'irrégularités dès lors, d'une part, qu'il ne comporte pas les visas et l'analyse des conclusions et moyens des parties et, d'autre part, que certains mémoires échangés entre les parties n'ont pas été communiqués ;

- la vente du Mas de la Sainte à un prix de 800 000 euros ne constitue pas un acte anormal de gestion dès lors que la valeur vénale du bien a été surestimée par l'administration, que l'écart de prix n'est pas significatif et que le contexte d'urgence imposait de vendre rapidement le bien.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 juin 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Vincent,

- et les conclusions de M. Guillaumont, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société en nom collectif (SNC) Les Quatre Ruisseaux détenue à hauteur de 50 % par M. E et à hauteur de 25 % respectivement par M. A C, et Mme G B épouse C, a cédé, le 27 octobre 2015, un bien immobilier dénommé " Mas de la Sainte " à la SAS Les Quatre Ruisseaux, dont M. E est actionnaire et président, pour une valeur de 800 000 euros. À l'issue d'une vérification de comptabilité de la société, l'administration fiscale, constatant que la SNC avait réalisé une marge brute négative sur cette vente, a considéré que cette vente à perte caractérisait un acte anormal de gestion, et a procédé en conséquence à un rehaussement en base du résultat imposable de la SNC. Les associés des SNC étant personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société, M. E et Mme C épouse E se sont vus notifier en conséquence, par une proposition de rectification datée du 5 juillet 2017, une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015, à raison de la part de M. E dans la SNC. M. E et Mme C épouse E interjettent appel du jugement en date du 30 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs conclusions tendant à la décharge de cette imposition.

Sur la régularité du jugement :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 741-2 du code de justice administrative : " La décision () contient le nom des parties, l'analyse des conclusions et mémoires ainsi que les visas des dispositions législatives ou réglementaires dont elle fait application ". Si les requérants font valoir que le jugement attaqué ne comporterait ni les visas ni l'analyse des conclusions et moyens des parties, le moyen manque en fait.

3. En second lieu, il résulte de l'instruction que le seul mémoire en défense produit par l'administration fiscale en première instance, enregistré le 17 septembre 2021, a été communiqué à l'avocat des requérants qui en a accusé réception par l'application Télérecours le même jour à 11 h 52. Par suite, le moyen, au demeurant très flou, tiré de ce que certains mémoires n'auraient pas été communiqués doit être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement :

4. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt. Il appartient, en règle générale, à l'administration, qui n'a pas à se prononcer sur l'opportunité des choix de gestion opérés par une entreprise, d'établir les faits sur lesquels elle se fonde pour invoquer ce caractère anormal.

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le Mas de la Sainte, cédé le 27 octobre 2015, avait fait l'objet, le 24 mars 2015, à la demande de la SNC Les Quatre Ruisseaux, d'une expertise immobilière fondée sur la méthode par comparaison directe. Cette expertise, après prise en compte d'une localisation très attractive à proximité du centre-ville d'Aix-en-Provence, de la qualité des prestations qualifiées d'haut de gamme avec garage, piscine, terrasse dallée et terrain de 594 m² et de l'environnement naturel avec vue panoramique sur la montagne de la Sainte-Victoire, a conclu à une valeur vénale de 950 000 euros, valeur minimale qui a d'ailleurs été retenue par le juge de l'exécution dans son jugement du 6 juillet 2015 autorisant la vente amiable du bien. Si les requérants font valoir que la valeur vénale de ce bien serait en réalité moindre au regard du prix de vente moyen par mètre carré pratiqué pour la vente, le 31 juillet 2015, de deux autres biens immobiliers du domaine de l'Harmas, soit la Bastide de la Sainte et le Mas du Clocher, il est constant que la valeur vénale desdits biens n'était pas comparable dès lors que ceux-ci présentaient de nombreux désordres tenant à d'importantes remontées d'humidité, qui ont finalement été pris en charge par l'assureur dommage ouvrage à hauteur de 98 216,86 euros pour la Bastide de la Sainte et de 57 668,52 euros pour le Mas du Clocher tandis que les seuls désordres affectant le Mas de la Sainte concernaient la piscine et ont été indemnisés à hauteur de 500 euros. Par ailleurs, les requérants ne sont pas non plus fondés à se prévaloir des prix convenus pour la revente du bien, par la SAS Les Quatre Ruisseaux, en juillet 2017 et février 2018, soit à des périodes non contemporaines de celle de la cession litigieuse. Il suit de là que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a, au regard de l'expertise immobilière, fixé la valeur vénale du Mas de la Sainte à la somme de 950 000 euros, ce qui représente un écart de 15,8 % par rapport au prix de cession.

6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que le Mas de la Sainte a été acquis le 15 mars 2011 dans le cadre d'une activité de marchand de biens au prix, calculé au prorata de sa superficie, de 275 000 euros TTC et constitue ainsi un élément du stock de la société. A cette somme se sont ajoutés 650 136 euros TTC de travaux, soit un coût total de 925 136 euros, ce qui représente, pour la SNC Les Quatre Ruisseaux, une vente à perte de 125 136 euros au profit de la SAS Les Quatre Ruisseaux avec laquelle il est constant qu'elle a un lien d'affaire dès lors que M. E, associé à hauteur de 50 % de la SNC, est également président et associé de la SAS, cet élément étant de nature à faire présumer l'existence d'un acte anormal de gestion.

7. En troisième lieu, les requérants font valoir, afin de renverser cette présomption, que la SNC Les Quatre Ruisseaux, qui était débitrice à l'égard de la société marseillaise de crédit de la somme en capital de 2 110 458,88 euros était tenue, en application des dispositions de l'article R. 322-21 du code des procédures civiles d'exécution, de vendre le Mas de la Sainte dans un délai impératif de 4 mois à compter du jugement du 6 juillet 2015 autorisant la vente amiable des biens afin de solder sa dette, d'éviter une vente forcée et, par suite, le risque d'une cession à un prix moindre que celui convenu amiablement. Il résulte toutefois de l'instruction que, dès le 31 juillet 2015, date à laquelle la Bastide de la Sainte et le Mas du Clocher ont été cédés pour un prix global de 2 300 000 euros, la somme de 2 130 000 euros, soit le solde de la dette précitée augmenté des intérêts et des frais de poursuite, a été consignée sur le compte CARPA du notaire et versée à l'organisme bancaire qui s'est, au demeurant, ensuite désisté de la procédure de saisie immobilière qu'il avait initiée. Par suite, bien que cette somme n'ait, contrairement à ce qui était exigé par les dispositions de l'article R. 322-23 du code des procédures civiles d'exécution, pas été consignée à la caisse des dépôts et consignations, et que le juge de l'exécution ait en conséquence refusé, par un jugement du 15 février 2016, de constater la vente amiable, il n'est pas établi que la SNC aurait agi conformément à ses intérêts en vendant, le 27 octobre 2015 et alors qu'à cette date son créancier était totalement désintéressé, le Mas de la Sainte à perte. Au vu de ces éléments, la SNC Les Quatre Ruisseaux doit être regardée comme s'étant délibérément appauvrie à des fins étrangères à son intérêt en procédant, le 27 octobre 2015, à la vente du bien à la somme de 800 000 euros, prix qui, d'une part, présentait un écart de 15,8 % avec la valeur vénale du bien de 950 000 euros et, d'autre part et surtout, caractérisait une importante marge brute négative de 125 136 euros.

8. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs conclusions tendant à la décharge des cotisations d'impositions supplémentaires auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2015.

Sur les frais d'instance :

9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la Cour ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme E doivent, dès lors, être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. D E, à Mme F C épouse E et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Chenal-Peter, présidente de chambre,

- Mme Vincent, présidente assesseure,

- Mme Marchessaux, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 novembre 2024.fa

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

← Retour aux décisions
CAA75
plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026