LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-23MA00509

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-23MA00509

mardi 1 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-23MA00509
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre-formation à 3
Avocat requérantPOLETTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Le préfet de la Corse-du-Sud a déféré devant le tribunal administratif de Bastia l'arrêté du 29 janvier 2021 par lequel le maire de Lecci a délivré à M. D B et à M. E C un permis de construire en vue de la réalisation de deux villas, de deux garages et de deux piscines, sur la parcelle alors cadastrée section C n° 1109, au lieu-dit Mora dell Onda, sur le territoire communal.

Par un jugement n° 2100749 du 24 janvier 2023, le tribunal administratif de Bastia a, après avoir admis l'intervention de Mme A F, annulé cet arrêté du maire de Lecci du 29 janvier 2021 et rejeté les conclusions présentées tant par cette dernière que par M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 28 février 2023, Mme F, représentée par Me Poletti, demande à la Cour d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Bastia du 24 janvier 2023 et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- alors qu'elle est liée aux bénéficiaires du permis de construire litigieux par une promesse de vente et que son intervention volontaire a été admise par les premiers juges, elle a un intérêt légitime à agir ;

- en annulant ce permis de construire au visa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et du plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC), les premiers juges se sont livrés à une appréciation erronée en fait et ont commis une erreur de droit ;

- le projet ne se trouve pas dans les limites des espaces stratégiques agricoles (ESA) du PADDUC ;

- elle entend opposer aux arguments du préfet de la Corse-du-Sud les dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme ;

- le projet participerait à la structuration d'une partie urbanisée de la commune qui serait de nature à garantir l'utilité des équipements publics de ce secteur urbanisé.

La requête a été communiquée au préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Lecci, à M. D B et à M. E C, qui n'ont pas présenté de mémoire.

Un courrier du 3 juillet 2024, adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et leur a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourrait être close, dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du même code.

Par une ordonnance du 5 août 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat, en application du dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.

Par des lettres du 11 septembre 2024, la Cour a informé les parties, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, qu'elle était susceptible de fonder son arrêt sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions d'appel présentées par Mme F, cette dernière n'ayant pas qualité pour faire appel dès lors qu'elle ne justifie pas qu'à défaut d'intervenir devant le tribunal administratif de Bastia, elle aurait eu qualité pour former tierce opposition au jugement attaqué alors qu'ayant consenti une promesse de vente à MM. B et C au titre de laquelle ces derniers ont pu déposer une demande de permis de construire sur un terrain lui appartenant, Mme F dispose d'intérêts concordants avec ceux de ces derniers et doit, dès lors, être regardée comme ayant été représentée par eux en première instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lombart,

- et les conclusions de Mme Balaresque, rapporteure publique.

Une note en délibéré, présentée pour Mme F. par Me Poletti, a été enregistrée le 19 septembre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 23 août 2018, le maire de Lecci ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par Mme F en vue de la division de la parcelle cadastrée section C n° 1109, située au lieu-dit Mora dell Onda, en quatre lots à bâtir, dont un lot D d'une superficie de 1 860 m2. Puis, par un arrêté du 29 janvier 2021, le maire a délivré à MM. B et C un permis de construire en vue de la réalisation de deux villas, de deux garages et de deux piscines, sur la parcelle nouvellement cadastrée section C n° 2010, laquelle correspond à ce lot D. Par la présente requête, Mme F, qui est la propriétaire du terrain d'assiette et dont l'intervention a été admise par les premiers juges, relève appel du jugement du 24 janvier 2023 par lequel le tribunal administratif de Bastia a, sur déféré du préfet de

la Corse-du-Sud, annulé cet arrêté du maire de Lecci du 29 janvier 2021.

2. En application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, il appartient au juge d'appel, saisi d'un jugement annulant un acte en matière d'urbanisme, de se prononcer sur les différents motifs d'annulation retenus par les premiers juges, dès lors que ceux-ci sont contestés devant lui, et d'apprécier si l'un au moins de ces moyens justifie la solution d'annulation.

3. En l'espèce, pour annuler l'arrêté du maire de Lecci du 29 janvier 2021, le tribunal administratif de Bastia a jugé que le projet de construction litigieux avait été autorisé en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, telles que précisées par le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC).

4. Aux termes de cet article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue de la loi susvisée du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. () ". Il résulte de ces dispositions que l'urbanisation peut être autorisée en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions, mais qu'aucune construction nouvelle ne peut en revanche être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les zones d'urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages.

Le respect du principe de continuité posé par ces dispositions s'apprécie en resituant le terrain d'assiette du projet dans l'ensemble de son environnement, sans s'en tenir aux constructions situées sur les seules parcelles limitrophes de ce terrain.

5. En outre, le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC), qui précise, en application du I de l'article L. 4424-11 du code général des collectivités territoriales, les modalités d'application des dispositions citées ci-dessus, prévoit que, dans le contexte géographique, urbain et socioéconomique de la Corse, une agglomération est identifiée selon des critères tenant au caractère permanent du lieu de vie qu'elle constitue, à l'importance et à la densité significative de l'espace considéré et à la fonction structurante qu'il joue à l'échelle de la micro-région ou de l'armature urbaine insulaire, et que, par ailleurs, un village est identifié selon des critères tenant à la trame et la morphologie urbaine, aux indices de vie sociale dans l'espace considéré et au caractère stratégique de celui-ci pour l'organisation et le développement de la commune. Les prescriptions du PADDUC apportent ainsi des précisions aux dispositions du code de l'urbanisme citées au point précédent et sont compatibles avec elles.

6. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des documents photographiques et cartographiques qui y sont joints, complétés par les données publiques de référence produites par l'Institut géographique national (IGN) et librement accessibles aux parties comme au juge sur le site internet geoportail.gouv.fr., que le terrain d'assiette du projet de construction en litige, constitué par la parcelle nouvellement cadastrée section C n° 2010 qui correspond au lot D issu de la division de la parcelle initialement cadastrée section C n° 1109, d'une superficie de 1 860 m2, est situé à plusieurs kilomètres du village de Lecci. Il est entouré, au Nord, à l'Ouest et au Sud, par des vastes parcelles demeurées à l'état naturel et vierges de toute construction.

Son flanc Est borde un terrain bâti mais qui s'inscrit dans un espace d'habitat diffus et limité. Dans ces conditions, ce secteur, dont l'appelante n'établit pas davantage devant la Cour que devant le tribunal administratif de Bastia qu'il jouerait une fonction structurante à l'échelle de la micro-région ou de l'armature urbaine insulaire et serait identifié, eu égard à sa trame, à sa morphologie urbaine et aux indices de vie sociale, comme ayant un caractère stratégique pour l'organisation et le développement de la commune de Lecci, ne peut être regardé, compte tenu de la faible densité de ces constructions et de son absence de structuration, comme une agglomération, ni comme un village, au sens des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, telles que précisées par le PADDUC. Par suite, et alors que Mme F, qui en tout état de cause n'établit ni même n'allègue que le projet en cause serait situé dans un hameau nouveau intégré à l'environnement, ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article

L. 442-14 du code de l'urbanisme, c'est donc à bon droit que les premiers juges ont accueilli le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme telles que précisées par le PADDUC.

7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de sa requête, Mme F n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Bastia a fait droit à la demande du préfet de la Corse-du-Sud. Ses conclusions tendant à l'annulation de ce jugement et, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A F, à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques, à la commune de Lecci,

à M. D B et à M. E C.

Copie en sera adressée au préfet de la Corse-du-Sud.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, où siégeaient :

- M. Marcovici, président,

- M. Revert, président assesseur,

- M. Lombart, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

No 23MA00509

fm

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions