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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-23MA00525

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-23MA00525

mercredi 25 octobre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-23MA00525
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDESFOUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 12 décembre 2022 lui refusant l'asile, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et fixant le pays de sa destination.

Par un jugement n° 2211001 du 2 février 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 2 mars 2023, Mme A, représentée par Me Desfour, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Marseille du 2 février 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du Préfet des Bouches-du-Rhône du 12 décembre 2022 ;

3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour au titre d'asile, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir, et à titre subsidiaire, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de cent euros par jour de retard à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;

4°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, son conseil renonçant, le cas échéant, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour

- Sa qualité de réfugié lui ouvre droit à un titre de séjour.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français

- Elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen individuel de sa situation ;

- Elle viole l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- Elle viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- Elle viole l'article 8 de cette convention, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

Sur la décision fixant le pays de sa destination

- Elle viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et l'article 33 de la convention de Genève.

Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 avril 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention de Genève sur les réfugiés ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations du public avec l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A, de nationalité russe, relève appel du jugement du 2 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 12 décembre 2022 lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours peuvent en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Par une décision du 28 avril 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille a statué sur la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme A et l'a admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale pour la présente instance d'appel. Dès lors, les conclusions présentées par Mme A tendant à ce que la Cour l'admette provisoirement à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet à la date de la présente ordonnance.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

Sur la décision de refus de titre de séjour :

4. Il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la prétendue qualité de réfugié de Mme A, qui a été précédemment invoqué dans les mêmes termes devant les juges de première instance, par adoption du motif adopté à bon droit par le tribunal au point 4 du jugement attaqué.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il y a lieu d'écarter les moyens soulevés par Mme A, tirés l'insuffisance de motivation de l'arrêté contesté, de la violation des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale, et de l'erreur manifeste d'appréciation, qui ont été précédemment invoqués dans les mêmes termes devant les juges de première instance, par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif aux points 7, 9 et 13 de son jugement, qui n'appellent pas de précisions en appel. En particulier, la nouvelle pièce produite devant la Cour, soit la carte d'identité de la grand-mère de la requérante, ne fait que confirmer le contenu des pièces déjà produites devant le tribunal.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. () ". Aux termes de l'article D. 431-7 du même code : " Pour l'application de l'article L. 431-2, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-9, ce délai est porté à trois mois ".

7. Madame A ne conteste pas avoir déposé sa demande d'admission au séjour au titre de la vie privée et familiale le 12 novembre 2022, après expiration du délai de deux mois qui lui était imparti pour déposer une demande de titre de séjour complémentaire à sa demande d'asile, déposée le 28 février 2022. Si elle soutient avoir été dans l'impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour complémentaire dans le délai de deux mois qui lui était imparti pour déposer une demande de titre de séjour complémentaire à sa demande d'asile, en raison des difficultés qu'elle a rencontrées lors de son arrivée en France, ces circonstances, bien que dignes de considération, ne sont pas de nature à l'exonérer de l'application des dispositions précitées des articles L. 431-2 et D. 431-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de sa destination :

8. Il y a lieu d'écarter les moyens soulevés par Mme A, tirés de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde et des libertés fondamentales, et de l'article 33 de la convention de Genève, qui ont été invoqués dans les mêmes termes devant le tribunal administratif, par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal, aux points 14 et 16 du jugement attaqué.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à Me Desfour.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Fait à Marseille, le 25 octobre 2023

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