jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA00699 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | RIGHI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
I/ M. et Mme A ont demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014.
II/ M. et Mme A ont demandé au tribunal administratif de Marseille de prononcer la décharge en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2008, 2010, 2011, 2012 et 2013.
Par un jugement n° 2010175, 2102905 du 4 novembre 2022, le tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la Cour :
I/ Par une requête, enregistrée le 22 mars 2023, sous le n° 23MA00699, M. et Mme A représentés par Me Righi, demandent au juge des référés de la Cour :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la mise en recouvrement des impositions contestées au titre de l'année 2014.
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite, compte tenu de l'importance de la somme restant due qu'ils ne sont pas en mesure d'acquitter ;
- la requête d'appel, enregistrée sous le n° 22MA03137 le 22 décembre 2022 comporte des moyens sérieux tirés de l'inopposabilité des pièces sur lesquelles s'est fondé le service pour asseoir les impositions litigieuses et de l'absence de preuve de l'appréhension des sommes par M. A.
II/ Par une requête, enregistrée le 22 mars 2023, sous le n° 23MA00700, M. et Mme A représentés par Me Righi, demandent au juge des référés de la Cour :
1°) De suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la mise en recouvrement des impositions contestées au titre des années 2008, 2010, 2011, 2012 et 2013.
2°) De mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Ils invoquent les mêmes moyens que ceux invoqués dans la requête n° 23MA00699.
Vu la requête, enregistrée au greffe de la Cour le 22 décembre 2022 sous le n° 22MA03137, par laquelle M. et Mme A demandent l'annulation du jugement du tribunal administratif de Marseille du 4 novembre 2022 et la décharge des impositions litigieuses.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente de la cour a désigné Mme Paix, présidente en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour juger les référés.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 23MA0699 et 23MA0700 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y être statué par une seule et même ordonnance.
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Le contribuable qui a saisi le juge de l'impôt de conclusions tendant à la décharge de tout ou partie d'une imposition à laquelle il a été assujetti est recevable à demander au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la mise en recouvrement de l'imposition dont il s'agit, dès lors que celle-ci est exigible. Le prononcé de cette suspension est subordonné à la double condition, d'une part, qu'il soit fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la régularité de la procédure d'imposition ou sur le bien-fondé de l'imposition et, d'autre part, que l'urgence justifie la mesure de suspension sollicitée. Pour vérifier si cette condition d'urgence est satisfaite, le juge des référés doit apprécier, d'une part, la gravité des conséquences que pourraient entraîner, à brève échéance, l'obligation pour le contribuable de payer ou les mesures mises en œuvre ou susceptibles de l'être en vue du recouvrement des sommes qui lui sont réclamées, eu égard à ses capacités à acquitter ces sommes et, d'autre part, les autres intérêts en présence.
4. Il résulte en premier lieu de la proposition de rectification du 11 décembre 2018, que les redressements ayant fondé les impositions en litige proviennent de l'exercice de son droit de communication exercé par l'administration fiscale, auprès de l'autorité judiciaire, en application des article L. 81, L 101 et R 84-1 du livre des procédures fiscales. Si dans son arrêt du 28 juin 2018 la Cour d'appel d'Aix en Provence a annulé la mise en examen de M. A sur le fondement de l'article 80-1 du code de procédure pénale, ainsi que la pièce cotée C1, ces éléments ne sont pas à l'origine des impositions litigieuses lesquelles proviennent notamment des auditions de M. A, réalisées les 21 et 22 novembre 2017, pièces cotées n° D09257 à D 09272, au cours desquelles celui-ci a reconnu avoir reçu des espèces pour un montant de 740 640 euros. Dans ces conditions, et comme l'a relevé le tribunal administratif de Marseille, l'annulation des pièces de procédure par la Cour d'Appel d'Aix en Provence est sans incidence sur les redressements effectués par l'administration fiscale qui ne sont pas fondés sur ces documents.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction que pour imposer les sommes litigieuses en qualité de revenus distribués sur le fondement du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts, l'administration fiscale s'est fondée sur divers éléments et notamment sur les auditions de M. A dont il a été fait état ci-dessus, ainsi que sur des devis signés par lui. Dès lors l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe de l'appréhension, par l'intéressé, des sommes en litige.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède qu'en l'état des dossiers, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le caractère d'urgence, les requêtes de M. et Mme A tendant à la suspension des impositions en litige doivent être rejetées.
7. Les conclusions relatives aux frais d'instance seront rejetées par voie de conséquence.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Sud-Est Outre mer.
Fait à Marseille, le 25 mai 2023.
2, 23MA00700
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026