vendredi 28 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA00795 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | WW & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A a demandé au tribunal administratif de Nice de condamner la commune de Toudon à lui payer la somme de 12 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait, d'une part, de l'illégalité de la décision du 22 mars 2018 par laquelle le maire de Toudon n'a pas renouvelé son contrat de travail à durée déterminée, d'autre part, du défaut de réexamen de sa situation auquel a été enjoint le maire de Toudon par un jugement n° 1803168 du tribunal administratif de Nice du 29 mai 2019.
Par un jugement n° 1905122 du 31 janvier 2023, le tribunal administratif de Nice a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 31 mars 2023, M. A, représenté par Me Lambert, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Nice du 31 janvier 2023 ;
2°) de condamner la commune de Toudon à lui payer la somme de 12 000 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toudon la somme de 4 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ce qu'elle n'a pas satisfait à l'injonction de réexamen prescrite par jugement n° 1803168 du 29 mai 2019 du tribunal administratif de Nice ;
- la commune a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ce que la suppression de son poste ne saurait constituer une mesure d'exécution utile du jugement du 29 mai 2019.
Par un mémoire, enregistré le 6 décembre 2023, la commune de Toudon, représentée par la SELARL WW et associés, agissant par Me Willm, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de l'absence de réexamen de la situation de M. A par la commune de Toudon est infondé ;
- la décision de refus de réintégrer M. A n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir ;
- M. A ne justifie d'aucun préjudice direct et certain.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rigaud ;
- et les conclusions de M. Gautron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté le 19 septembre 2016 en qualité d'agent technique, par contrat à durée déterminée renouvelé sans interruption en dernier lieu jusqu'au 31 mars 2018. Par décision du 22 mars 2018, le maire de Toudon a décidé de ne pas renouveler le contrat de travail de M. A. Saisi par M. A, le tribunal administratif de Nice a, par jugement n° 1803168 du 29 mai 2019, annulé la décision du 22 mars 2018 et enjoint à la commune de Toudon de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai d'un mois. Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille n° 19MA03625 du 11 février 2021. Par courrier du 4 juillet 2019, la commune de Toudon a informé M. A de ce qu'après réexamen de sa situation le poste qu'il occupait, devenu vacant, était en cours de suppression suite à la disparition du service, et qu'elle ne disposait pas de poste vacant à lui proposer. Par courrier du 25 juillet 2019, M. A a demandé à la commune de Toudon l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait, d'une part, de l'illégalité de la décision du 22 mars 2018, d'autre part, du défaut de réexamen de sa situation. Cette demande a été rejetée par courrier du 23 septembre 2019. M. A relève appel du jugement n° 1905122 du 31 janvier 2023 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Sur le bien-fondé du jugement :
2. A supposer que M. A ait entendu engager la responsabilité de la commune de Toudon en raison de l'illégalité fautive entachant la décision du 22 mars 2018 portant refus de renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée, il n'apporte cependant aucun élément démontrant l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre cette illégalité et les préjudices dont il demande réparation.
3. Le requérant soutient que la commune de Toudon aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en l'absence de réexamen de sa situation auquel a été enjoint son maire par le jugement du 29 mai 2019 du tribunal administratif de Nice. Il ajoute que la suppression, par la commune de Toudon, d'un poste de technicien à temps complet ne permet pas de considérer que le besoin auquel répondait son emploi à temps partiel a disparu.
4. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 4 juillet 2019, le maire de Toudon a informé M. A que le poste qu'il occupait était devenu vacant et était en cours de suppression du fait de la disparition du service. Une copie du projet de délibération municipale portant suppression du poste a été joint à ce courrier. La commune de Toudon produit en outre l'avis du comité technique du centre de gestion des Alpes-Maritimes du 16 septembre 2019 favorable à la suppression du poste. Le poste a été effectivement supprimé par une délibération du conseil municipal de Toudon du 8 octobre 2019, dont il ressort que la collectivité ne dispose plus que d'un emploi à temps complet, déjà pourvu, pour le cadre d'emploi d'adjoint technique et au grade d'adjoint technique territorial. M. A, qui ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat, n'est donc pas fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont écarté la responsabilité de la commune de Toudon en raison d'un défaut d'exécution de l'injonction prononcée par le jugement du 29 mai 2019.
5. En se bornant à soutenir que la suppression du poste qu'il occupait ne constitue pas une exécution utile du jugement du 29 mai 2019, M. A ne caractérise ni la faute commise par la commune dans l'exécution du jugement, ni le lien direct de cause à effet qui existerait entre celle-ci et le dommage qui en aurait résulté. En tout état de cause, l'existence d'un tel préjudice n'est pas établie.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de laisser à chacune des parties à l'instance la charge des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Toudon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et à la commune de Toudon.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme C. Fedi, présidente ;
- Mme L. Rigaud, présidente assesseure,
- M. N. Danveau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2025.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026