mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA01284 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | STUART |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
D'une part, M. B A a demandé au tribunal administratif de Bastia d'annuler l'arrêté du maire d'Eccica-Suarella en date du 23 juin 2020 retirant le permis de construire une maison individuelle sur un terrain cadastré section D n° 342 au lieu-dit " Migliacciola ", ainsi que d'enjoindre à la commune d'Eccica-Suarella de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite à la date du 3 janvier 2018, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 1 500 euros par jour de retard, et de mettre à la charge de la commune d'Eccica-Suarella une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D'autre part, le préfet de Corse et de la Corse-du-Sud a, par déféré, demandé au tribunal administratif de Bastia d'annuler le permis de construire tacite dont bénéficie M. A pour l'édification de la maison individuelle au lieu-dit " Migliacciola ".
Par un jugement n° 2001294 et 2001417 du 2 mai 2023, le tribunal administratif de Bastia, joignant les deux instances, a fait droit à la demande de M. A en ce qu'il a annulé l'arrêté du maire d'Eccica-Suarella du 23 juin 2020, a rejeté le surplus de ses conclusions, et a annulé l'arrêté du maire d'Eccica-Suarella en date du 9 décembre 2020, ainsi que le permis de construire tacite du 6 mars 2020 et le certificat de permis tacite du 8 décembre 2020.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2023, M. A, représenté par Me Stuart, demande à la Cour :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 811-15 du code de justice administrative, le sursis à l'exécution du jugement rendu le 2 mai 2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est irrégulière pour n'avoir pas respecté le principe du contradictoire ; le tribunal s'est fondé sur l'arrêté du 23 juin 2020 qui n'a pas été versé au contradictoire ;
- le jugement est également irrégulier en ce que le tribunal a statué ultra petita, le préfet n'ayant pas entendu poursuivre l'annulation de l'arrêté du 9 décembre 2020 ;
- le déféré préfectoral est irrecevable en raison de sa tardiveté.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 septembre 2023, la commune d'Eccica-Suarella, représentée par Me Cesari, conclut au rejet de la requête ; elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 septembre 2023, le préfet de Corse et de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête ; il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- la copie de la requête au fond, enregistrée le 24 mai 2023, sous le n° 23MA01285 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la Cour a désigné M. C pour statuer par ordonnance dans les cas prévus à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a obtenu le 3 janvier 2018 un permis de construire tacite
n° PC02A1041700020 pour l'édification d'une maison individuelle sur la parcelle D 342 sise au lieu-dit " Migliacciola ", sur la commune d'Eccica-Suarella. Par un arrêté du 23 juin 2020, le maire de la commune a retiré ce permis. Un certificat de permis tacite a été délivré par la commune le 8 décembre 2020. Le 9 décembre 2020, le maire de la commune a pris un arrêté de retrait de la décision du 23 juin 2020. Par un jugement du 2 mai 2023, le tribunal administratif de Bastia a annulé l'arrêté du 9 décembre 2020. M. A sollicite, par la présente requête, le sursis à exécution de ce jugement en tant qu'il a également annulé l'arrêté du 23 juin 2020, le permis de construire tacite, ainsi que le certificat de permis tacite, et rejeté sa demande tendant à ce que soit enjoint à la commune d'Eccica-Suarella de lui délivrer ce certificat.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des cours () peuvent en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
3. Aux termes de l'article R. 811-15 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel d'un jugement de tribunal administratif prononçant l'annulation d'une décision administrative, la juridiction d'appel peut, à la demande de l'appelant, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement si les moyens invoqués par l'appelant paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, le rejet des conclusions à fin d'annulation accueillies par ce jugement ". En application de ces dispositions, il appartient au juge d'appel saisi d'une demande de sursis à exécution d'un jugement prononçant l'annulation d'une décision administrative de statuer sur les moyens soulevés par les parties, et de tenir compte, le cas échéant, des moyens qu'il est tenu de soulever d'office. Il peut toutefois, après avoir analysé ces moyens dans les visas ou les motifs de la décision, se borner à relever qu'aucun d'eux n'est de nature, en l'état de l'instruction, à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué et rejeter, pour ce motif, la demande de sursis. Si un moyen lui paraît, en l'état de l'instruction, de nature à justifier l'annulation ou la réformation du jugement attaqué, il lui appartient de vérifier que ce moyen est de nature à infirmer ou à confirmer l'annulation de la décision administrative en litige avant de faire droit à la demande de sursis, ou de la rejeter (Conseil d'Etat, 26 mars 2014, n° 370300, A).
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. A ne paraît de nature à justifier, outre l'annulation du jugement attaqué, le rejet des conclusions du préfet de Corse accueillies par le tribunal administratif de Bastia. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A tendant au sursis à exécution du jugement du tribunal administratif de Bastia doit être rejetée de même que les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune d'Eccica-Suarella.
Copie en sera adressée au préfet de Corse et de la Corse-du-Sud.
Fait à Marseille, le 26 septembre 2023.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026