jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA01313 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | KUHN-MASSOT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2210523 du 23 janvier 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2023, M. A, représenté par Me Kuhn-Massot, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Marseille du 23 janvier 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 11 décembre 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé ;
- M. A ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- il est inséré socialement dès lors qu'il réside sur le territoire depuis trois années et qu'il a travaillé durant une année en qualité de préparateur de commande ;
- la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;
- elle est infondée dès lors qu'il travaille de manière officielle et déclarée ;
- dès lors que la décision de refus d'octroi d'un délai de départ est illégale, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est également illégale ;
- la décision d'interdiction de retour pour une durée de deux ans est insuffisamment motivée ;
- la durée de l'interdiction de retour est entachée d'une erreur d'appréciation.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25 %) par une décision du 28 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-640 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, relève appel du jugement du 23 janvier 2023 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 11 décembre 2022 du préfet des Bouches-du-Rhône l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de sa destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur les moyens communs aux décisions contestées :
3. En premier lieu, les moyens tirés de ce que l'arrêté en litige serait entaché d'incompétence de son signataire et de ce que M. A ne représente pas une menace pour l'ordre public, précédemment invoqués dans les mêmes termes devant le tribunal administratif, doivent être écartés par adoption des motifs retenus par la première juge aux points 4 et 5 du jugement attaqué, le requérant ne faisant valoir aucun élément distinct de ceux soumis à son appréciation.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. La décision portant obligation de quitter le territoire français cite le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et vise notamment l'article L. 611-1 de ce code. Le préfet des Bouches-du-Rhône rappelle que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire, en avril 2020 selon ses déclarations et qu'il s'est maintenu sur le territoire sans titre de séjour. Il mentionne également sa situation familiale et précise qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Par suite, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de ce qu'elle serait insuffisamment motivée doit dès lors être écarté.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. A déclare être entré sur le territoire en avril 2020 sans toutefois l'établir, et fait valoir son insertion dans la société par l'emploi qu'il occupe depuis une année. Il ressort cependant des pièces du dossier que les bulletins de salaires et contrats de mission produits par le requérant ne permettent d'établir le début de son emploi en qualité de préparateur de commandes qu'à compter du mois de mars 2022, ce qui est récent à la date de l'arrêté en litige. Aucune autre pièce du dossier ne permet en outre d'établir la présence de M. A avant cette date. M. A, célibataire et sans enfant, n'établit par ailleurs l'existence d'aucun lien personnel ou familial sur le territoire, où il serait entré à l'âge de vingt-trois ans, alors que ses parents et l'une de ses sœurs résident dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet des Bouches-du-Rhône par l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ce refus a été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. Il y a lieu d'écarter les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et de ce que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation par adoption des motifs retenus par la première juge aux points 10 à 12 du jugement attaqué, le requérant ne faisant valoir en appel aucun élément nouveau ou déterminant à l'appui de ces moyens.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
8. La décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire n'est pas illégale, ainsi que cela résulte du point précédent. M. A n'est dès lors pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale par voie d'exception d'illégalité de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
10. Il résulte des dispositions précitées que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ volontaire, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
11. L'interdiction de retour en litige vise notamment l'article L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que M. A déclare être entré en France en avril 2020 et s'est maintenu en situation irrégulière depuis cette date, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il est célibataire, sans enfant et ne justifie pas être dépourvu d'attaches personnelles ou familiales dans son pays d'origine où résident notamment ses parents. Si la décision contestée ne mentionne pas la circonstance qu'il a fait l'objet ou non d'une précédente mesure d'éloignement, ni qu'il représenterait ou non une menace pour l'ordre public, il ne ressort pas des pièces du dossier que de telles circonstances aient été retenues à son égard. Ainsi, dans la mesure où les termes de l'ensemble de la décision contestée établissent que la situation du requérant a été appréciée au regard de sa durée de présence en France, et de ses conditions de séjour, le requérant n'ayant par ailleurs pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, celle-ci est suffisamment motivée.
12. Il ressort de ce qui a été dit au point 6 que la présence établie de M. A sur le territoire est très récente, et qu'il ne dispose pas de liens anciens dont il pourrait se prévaloir. Ainsi et quand bien même M. A n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne représente pas une menace pour l'ordre public, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a prononcé l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Kuhn-Massot.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 16 novembre 2023.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026