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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-23MA01499

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-23MA01499

mardi 7 novembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-23MA01499
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A B a demandé au tribunal administratif de Toulon d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.

Par un jugement n° 2300607 du 22 mai 2023, le tribunal administratif de Toulon a rejeté la requête de M. A B.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 14 juin 2023, M. A B, représenté par Me Bochnakian, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 22 mai 2023 du tribunal administratif de Toulon ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 du préfet du Var ;

3°) d'enjoindre au préfet du Var de lui délivrer un certificat de résidence algérien mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'il emporte sur sa situation personnelle ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, de nationalité algérienne, demande l'annulation du jugement par lequel le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande dirigée contre l'arrêté du 6 février 2023 par lequel le préfet du Var a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. M. A B soutient qu'il réside en France depuis l'été 2021 et qu'il y a établi sa vie privée compte tenu de son insertion socio-professionnelle. Célibataire et sans enfant, M. A B ne se prévaut d'aucun lien privé ou familial en France ni ne démontre qu'il serait dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de seize ans et où vivent ses deux parents et sa fratrie. Pris en charge par l'aide sociale à l'enfance à Toulon, il soutient avoir intégré le centre de formation des apprentis de Toulon en 2019, et produit un contrat d'apprentissage dans le cadre d'un CAP peintre application de revêtement, du 25 janvier 2022 au 31 août 2023 et produit les bulletins de salaire correspondant. Cette activité revêt un caractère très récent à la date de l'arrêté attaqué, et les documents et attestations qu'il produit, relatifs à son sérieux et à son implication, ne sauraient caractériser une insertion socio-professionnelle notable. Dans ces conditions, l'arrêté du préfet du Var ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale eu égard aux buts en vue desquels il a été pris et n'a, par suite, pas méconnu les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A B, qui est manifestement dépourvue de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doit être rejetée, en application de ces dispositions, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.

Copie en sera adressée au préfet du Var.

Fait à Marseille, le 7 novembre 2023.

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