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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-23MA01851

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-23MA01851

vendredi 15 décembre 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-23MA01851
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantJAIDANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler l'arrêté du 7 février 2023 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.

Par un jugement n° 2301125 du 15 juin 2023, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2023, M. B, représenté par Me Jaidane, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Nice du 15 juin 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 7 février 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation familiale ;

- le juge de première instance n'a pas motivé son jugement par rapport à l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- le préfet n'a cité les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ni dans ses visas ni dans ses considérants, ce qui entache l'arrêté en litige d'un défaut de motivation et d'une erreur de droit ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il est entaché d'une erreur de droit et d'une dénaturation des faits dès lors que la situation de M. B n'a pas été examinée sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien, mais uniquement sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien ;

- il est entaché d'une erreur de fait dès lors que M. B était titulaire à la date de la décision en litige d'un contrat à durée indéterminée et non d'une promesse d'embauche ;

- le jugement a écarté le moyen tiré de la violation des articles 5, 6 et 21 de l'accord de Schengen sans motivation ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations combinées des articles 5, 6 et 21 de l'accord de Schengen ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 ;

- le jugement attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 ;

- le règlement (UE) n° 562/2006 du parlement et du Conseil du 15 mars 2006 établissant un code communautaire relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, de nationalité tunisienne, a présenté le 31 août 2020 son admission au séjour dans le cadre des dispositions de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux étrangers titulaires de la carte de résident de longue durée-UE. Par un arrêté du 7 février 2023, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination. M. B relève appel du jugement du 15 juin 2023 par lequel le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande aux fins d'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Il ressort des termes mêmes du jugement attaqué que les premiers juges ont répondu au point 15 du jugement au moyen tiré de la méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant de façon suffisamment motivée.

4. S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 5, 6 et 21 de l'accord de Schengen, les premiers juges, qui l'ont écarté au point 7 du jugement en considérant que le requérant avait séjourné plus de quatre-vingt dix jours sur le sol français dans la période de cent quatre-vingt jours ayant précédé le jour du dépôt de sa demande de titre de séjour, ont également suffisamment motivé leur réponse sur ce point.

5. Par ailleurs, si M. B soutient que les premiers juges auraient entaché leur jugement d'une erreur manifeste d'appréciation, une telle erreur, à la supposer établie, relève du bien-fondé du jugement et est sans incidence sur sa régularité.

Sur le bienfondé du jugement attaqué :

6. Il ressort de la lecture même de l'arrêté en litige que le préfet des Alpes-Maritimes a visé l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et a examiné la situation familiale de M. B en faisant référence notamment à sa fille née le 16 mai 2018 à Nice. M. B n'est par suite pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'insuffisance de motivation ou d'erreur de droit.

7. L'article 11 de l'accord franco-tunisien du 17 juin 1988 en matière de séjour et de travail stipule que : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. / Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent accord, dans les conditions prévues par sa législation. ". Aux termes de l'article 3 du même accord : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention " salarié " (). ".

8. S'agissant des bénéficiaires d'un titre de séjour longue durée-UE désireux d'exercer une activité salariée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, le point 3 de l'article 14 de la directive n° 2003/109/CE modifiée du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée renvoie à l'application de la législation nationale prévue à cet effet. Aux termes de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile transposant cette directive n° 2003/109/CE : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE, définie par les dispositions de la directive 2003/109/ CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L. 412-1 soit opposable : 1° La carte de séjour temporaire portant la mention portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " entrepreneur/ profession libérale " s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou L. 421-5 ; () ".

9. Les dispositions citées au point précédent, prises pour la transposition de la directive n° 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, sont applicables à un ressortissant tunisien titulaire d'une telle carte, dont la situation à cet égard n'est pas régie par les stipulations de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.

10. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 et suivants du code du travail. " Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ". Aux termes de l'article R. 5221-1 du même code : " Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; 2° Etranger ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne pendant la période d'application des mesures transitoires relatives à la libre circulation des travailleurs. II.- La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. ".

11. Il ressort des pièces du dossier que lors de la présentation le 31 août 2020 de sa demande de titre de séjour, M. B était titulaire d'une carte de résident de longue durée-UE qui lui avait été délivrée le 6 novembre 2017 par les autorités italiennes. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7, 8 et 9 que sa demande relative à l'exercice d'une activité salariée devait être examinée par le préfet des Alpes-Maritimes sur le fondement de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'accord franco-tunisien ne prévoit pas la situation relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée UE. Ces dispositions renvoient aux conditions à remplir pour se voir délivrer un tel titre qui sont précisées par l'article L. 421-1 du même code, citées au point précédent. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de droit ni de dénaturation des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes a examiné la demande de M. B sur le fondement de l'article L. 426-11, qui renvoie à l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Les moyens tirés de l'erreur de droit et de la dénaturation des pièces du dossier doivent dès lors être écartés.

12. Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. B, alors qu'au surplus il ne ressort pas des pièces du dossier que sa demande d'admission au séjour aurait été formulée sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-tunisien, ne peut utilement invoquer la méconnaissance par le préfet des Alpes-Maritimes des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien.

13. M. B soutient à nouveau devant la cour que l'arrêté en litige est entaché d'une erreur de fait dans la mesure où il indique qu'il ne disposait que d'une promesse d'embauche alors qu'il était titulaire d'un contrat à durée indéterminée. Toutefois, l'arrêté en litige a refusé de délivrer un titre de séjour au requérant sur le fondement de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux motifs qu'il n'était pas titulaire d'une autorisation de travail et qu'il ne justifiait pas avoir déposé sa demande de titre de séjour dans les trois mois qui ont suivi son entrée en France. Dès lors qu'il ressort des dispositions citées au point 9 du code du travail que M. B devait être en possession d'une autorisation de travail, le préfet pouvait légalement fonder son arrêté sur ce seul motif. La circonstance que M. B était titulaire d'un contrat à durée indéterminée n'a pas eu pour effet de le dispenser de l'obtention de cette autorisation. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté comme manquant en fait.

14. L'article 21 de la convention Schengen prévoit que les étrangers titulaires d'un titre de séjour délivré par l'un des Etats parties peuvent, sous couvert de ce titre ainsi que d'un document de voyage, ces documents étant en cours de validité, circuler librement pendant une période de trois mois au maximum sur le territoire des autres parties contractantes, pour autant qu'ils remplissent certaines conditions d'entrée visées à l'article 5, paragraphe 1, points a), c) et e), et qu'ils ne figurent pas sur la liste de signalement nationale de la Partie contractante concernée. L'article 5 de cette convention précise que pour un séjour n'excédant pas trois mois, l'entrée sur les territoires des Parties contractantes peut être accordée à l'étranger justifiant de l'objet et des conditions du séjour envisagé et disposant des moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans le pays de provenance ou le transit vers un État tiers dans lequel son admission est garantie, ou étant en mesure d'acquérir légalement ces moyens. Et aux termes de l'article 5 du code frontières Schengen visé ci-dessus : " Pour un séjour prévu sur le territoire des Etats membres, d'une durée n'excédant pas 90 jours sur toute la période de 180 jours, ce qui implique d'examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes : a) être en possession d'un document de voyage en cours de validité autorisant son titulaire à franchir la frontière qui remplisse les critères suivants () ; b) être en possession d'un visa en cours de validité si celui-ci est requis en vertu du règlement (CE) no 539/2001 du Conseil sauf s'ils sont titulaires d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour en cours de validité () " ;

15. Le requérant ne utilement soutenir que le préfet des Alpes-Maritimes aurait méconnu les stipulations des articles 5 et 21 de l'accord Schengen, et 5 du code de frontières Shengen qui concernent la libre circulation des étrangers titulaires d'un titre de séjour délivrés par l'un des Etats partie à l'accord pour une durée de trois mois maximum sur le territoire des autres parties contractantes, dès lors que l'arrêté en litige n'a pas pour objet de l'obliger à quitter le territoire français pour ce motif mais qu'il est fondé sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permet à l'autorité administrative d'obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour.

16. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

17. M. B se prévaut de son contrat de travail à durée indéterminée et de sa vie familiale avec son épouse et leur fille née le 16 mai 2018 sur le territoire national. Les pièces versées au dossier, constituées des fiches de paie du mois d'août 2019 à décembre 2022 correspondant à un emploi dans une entreprise de restauration rapide, de plusieurs factures EDF sur les années 2019, 2020 et 2021 correspondant à une adresse à son nom et à celui de son épouse à Nice, ainsi que le certificat de scolarité de sa fille attestant qu'elle est en classe de moyenne section à la date de l'arrêté en litige, ne permettent pas d'établir que le requérant aurait fixé de façon stable et ancienne le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire. En effet, par ailleurs,il est titulaire d'une carte de séjour longue durée-UE délivrée le 6 novembre 2017 par les autorités italiennes pour une durée illimitée et d'une carte d'identité italienne, son épouse est en situation irrégulière sur le territoire ainsi que l'indiquent les mentions non contestées de l'arrêté en litige, et sa fille est également titulaire d'une carte de long séjour-UE à durée illimitée. En outre, M. B n'établit pas l'existence de circonstances faisant obstacle à la reconstitution de la cellule familiale ou à la poursuite de la scolarité de sa fille en Tunisie, ou en Italie, pays dans lesquels il n'établit pas en outre être dépourvu de toute attache. Dans ces conditions, le préfet des Alpes-Maritimes, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ce refus a été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

18. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant susvisée : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un refus de séjour, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

19. M. B n'établit pas que l'intérêt supérieur de sa fille est méconnu par l'arrêté en litige dès lors, ainsi qu'il a été dit précédemment au point 17, que rien ne fait obstacle à la reconstitution de la cellule familiale en Tunisie ou en Italie et à la poursuite de la scolarité de sa fille dans l'un ou l'autre de ces deux pays. Par suite, le moyen tiré des stipulations précitées doit être écarté.

20. La situation personnelle et familiale de M. B, telle qu'exposée au point 17, ne permet pas de regarder le préfet comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

21. Le requérant ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui se borne à énoncer des orientations générales destinées à éclairer les préfets dans l'exercice de leur pouvoir de prendre des mesures de régularisation, sans les priver de leur pouvoir d'appréciation.

22. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, et doit être rejetée en application de ces dispositions, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1 : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Jaidane.

Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.

Fait à Marseille, le 15 décembre 2023.

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