lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA01881 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C A a demandé au tribunal administratif de Marseille, en premier lieu, d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le directeur académique des services de l'éducation nationale des Bouches-du-Rhône a accepté sa réintégration dans le corps des adjoints administratifs hospitaliers et l'a radiée du corps des professeurs des écoles à compter du 21 janvier 2019, en deuxième lieu, d'annuler le rejet implicite de son recours gracieux contre cet arrêté, en troisième lieu, d'annuler le titre de perception du 19 janvier 2021, en quatrième lieu, d'annuler la décision expresse du 14 juin 2021 rejetant son recours gracieux contre ce titre, et, en cinquième lieu, d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de procéder à la reconstitution de sa carrière.
Par un jugement n° 2106890 du 25 mai 2023, le tribunal administratif de Marseille a rejeté ses demandes.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2023, Mme A, représentée par la SELARL Freichet AMG, demande à la Cour d'annuler ce jugement, de faire droit à ses demandes de première instance et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle avait droit à un placement en congé de longue durée à compter du 21 janvier 2021 ;
- elle ne pouvait donc être radiée des cadres ;
- aucun des éléments du dossier ne permet de conclure à son inaptitude définitive à tout poste au sein de la fonction publique ;
- le titre de perception est illégal par voie de conséquence.
Par une lettre en date du 15 décembre 2023, la Cour a informé les parties qu'il était envisagé d'inscrire l'affaire à une audience qui pourrait avoir lieu d'ici le 4 juillet 2024, et que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance à compter du 10 février 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille demande à la Cour de rejeter la requête d'appel.
Il soutient que :
- les moyens présentés à l'appui de la requête d'appel sont infondés ;
- la demande d'annulation de l'arrêté du 9 octobre 2020 est tardive.
Par ordonnance du 26 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Renaud Thielé, rapporteur,
- et les conclusions de M. François Point, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Ayant réussi le concours de professeur des écoles, Mme A, qui auparavant exerçait les fonctions d'adjointe administrative hospitalière de l'Assistance publique des Hôpitaux de Paris, a été détachée à partir de septembre 2015 dans le corps des professeurs des écoles et affectée dans le département des Bouches-du-Rhône comme professeure des écoles stagiaires. Le 4 décembre 2019, le comité départemental des Bouches-du-Rhône a rendu un avis d'inaptitude absolue et définitive à compter du 21 janvier 2019. Par un arrêté du 9 octobre 2020, le directeur académique des services de l'éducation nationale des Bouches-du-Rhône a accepté la réintégration de Mme A dans le corps des adjoints administratifs hospitaliers et l'a radiée du corps des professeurs des écoles à compter du 21 janvier 2019. Le 19 janvier 2021, un titre exécutoire a été émis le 19 janvier 2021 à son encontre pour recouvrement d'une somme de 20 083,09 euros correspondant à la rémunération perçue du 21 janvier 2019 au 31 octobre 2020. Mme A a saisi le tribunal administratif de Marseille d'une demande tendant à l'annulation, d'une part, de l'arrêté du 9 octobre 2020 et du rejet implicite du recours gracieux formé à son encontre, et, d'autre part, du titre de perception du 19 janvier 2021 et du rejet explicite du 14 juin 2021 du recours gracieux formé contre ce titre. Par le jugement attaqué, dont Mme A relève appel, le tribunal administratif de Marseille a rejeté ces demandes.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par l'administration :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".
3. Le recteur soutient avoir notifié l'arrêté du 9 octobre 2020 par lettre recommandée avec accusé de réception. Toutefois, il se borne à cet égard à produire la copie de l'enveloppe, qui porte la mention " pli avisé et non réclamé ", sans l'avis attestant de la date de vaine présentation de ce pli. Cette production ne suffit pas à justifier de la notification régulière du pli à Mme A. La fin de non-recevoir présentée par le recteur ne peut donc être accueillie.
En ce qui concerne la légalité des décisions attaquées :
4. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 4° A un congé de longue durée, en cas de () maladie mentale () de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement () [L]e congé de longue durée n'est attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée () ".
5. Un état anxiodépressif chronique revêt le caractère d'une maladie mentale au sens des dispositions du 4° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984.
6. Il ressort des pièces du dossier que le certificat médical établi le 26 juin 2019 par le docteur B, qui a examiné Mme A fait mention d'un " état dépressif sévère ". La circonstance que cet état dépressif est consécutif à une polypathologie n'est pas de nature à ôter à cet état le caractère d'une maladie mentale au sens des dispositions précitées du 4° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984. Mme A n'avait donc, à la date de l'arrêté attaqué, épuisé les droits à congé qu'elle retirait des dispositions précitées de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984. Elle ne pouvait donc, à cette date, être radiée du corps des professeurs des écoles.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté ses demandes tendant à l'annulation de l'arrêté du 9 octobre 2020, à celle du titre de perception du 19 janvier 2021 qui en tire les conséquences et à celle des décisions rejetant ses recours gracieux contre ces deux décisions.
Sur l'injonction :
8. Le présent arrêt implique nécessairement la reconstitution de la carrière de Mme A. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'Etat d'y procéder.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros demandée par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Le jugement n° 2106890 du 25 mai 2023 du tribunal administratif de Marseille est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le directeur académique des services de l'éducation nationale des Bouches-du-Rhône a accepté sa réintégration dans le corps des adjoints administratifs hospitaliers et l'a radiée du corps des professeurs des écoles à compter du 21 janvier 2019, la décision implicite rejetant le recours gracieux de Mme A contre cet arrêté, le titre de perception du 19 janvier 2021 et la décision du 14 juin 2021 rejetant le recours gracieux contre ce titre sont annulés.
Article 3 : Il est enjoint au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de procéder en conséquence à la reconstitution de la carrière de Mme A.
Article 4 : L'Etat versera à Mme A la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C A et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille et à l'Assistance publique des Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2024, où siégeaient :
- M. Alexandre Badie, président,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Isabelle Ruiz, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 octobre 2024. 2
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026