mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA01914 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HARUTYUNYAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. F E et Mme C D épouse E ont demandé au tribunal administratif de Marseille, respectivement par les requêtes n°2302056 et n°2302059 d'annuler les arrêtés du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 1er février 2023 leur faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de leur destination.
Par des jugements n° 2302056 et n°2302059 du 5 avril 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
I. Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2023, M. E, représenté par Me Harutyunyan, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Marseille du 5 avril 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er février 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er février 2023, entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale dès lors que ses deux enfants sont scolarisés sur le territoire et que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont il ne peut bénéficier en Arménie ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire n'a pas pris en compte l'intérêt supérieur de ses enfants qui sont scolarisés sur le territoire et méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 juin 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
II. Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2023, Mme E représentée par Me Harutyunyan, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Marseille du 5 avril 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er février 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er février 2023, entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale dès lors que ses deux enfants sont scolarisés sur le territoire et que l'état de santé de son époux nécessite une prise en charge médicale dont il ne peut bénéficier en Arménie ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire n'a pas pris en compte l'intérêt supérieur de ses enfants qui sont scolarisés sur le territoire et méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Mme E a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 juin 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Marseille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations du public avec l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. E et Mme E, ressortissants arméniens, relèvent appel des jugements n° 2302056 et n°2302059 du 5 avril 2023 par lesquels le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation des arrêtés du préfet des Bouches-du-Rhône du 1er février 2023 leur faisant obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et fixant le pays de leur destination.
2. Les requêtes susvisées, n°23MA01914 et n°23MA01915, présentées par M. E et Mme E présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule décision.
3. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours peuvent en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
4. Les moyens tirés de ce que les arrêtés attaqués seraient insuffisamment motivés, de ce que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux des situations personnelles des intéressés, doivent être écartés par adoption des motifs suffisamment circonstanciés retenus à bon droit par le premier juge aux points 5 des jugements attaqués, les requérants ne faisant valoir en appel aucun élément nouveau ou déterminant distinct de ceux soumis à son appréciation.
5. Il y a également lieu d'écarter les moyens tirés de ce que les arrêtés en litige seraient entachés d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaitraient les dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par adoption des motifs retenus à bon droit par le premier juge aux points 7 des jugements attaqués dès lors que M. E ne fait valoir aucun nouvel élément concernant son état de santé et le suivi qu'il nécessite, et que Mme E ne peut utilement se prévaloir de ces moyens qui concernent l'état de santé de son époux.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
7. M. et Mme E déclarent être entrés en France le 19 mars 2022 avec leurs deux enfants, A et B, pour y solliciter l'asile. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 15 juillet 2022 et par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 11 janvier 2023. Les requérants font valoir qu'ils sont bien intégrés en France et se prévalent, à ce titre, des cours de langue française qu'ils suivent, d'une promesse d'embauche consentie à M. E de la société SG Travaux en qualité de dessinateur du 18 mars 2023, postérieure aux arrêtés litigieux, et de la formation de validation des acquis suivie par la requérante à l'université Aix-Marseille pour faire reconnaître son Master en biologie obtenu en Arménie. Ils se prévalent, en outre, de la scolarité de leurs deux fils en France, l'aîné étant en classe de cours élémentaire de 2ème année à la date des décisions contestées, et le second en grande section de maternelle. Toutefois, les requérants qui ne sont présents en France que depuis un an à la date des arrêtés attaqués, n'établissent pas avoir tissé des liens personnels et familiaux sur le territoire, ne produisent aucun élément de nature à démontrer que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer dans leur pays d'origine et que la scolarité de leurs enfants ne pourrait pas se poursuivre normalement en Arménie. Par ailleurs, ils n'établissent pas être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine où ils ont vécu jusqu'à l'âge de 46 ans et de 33 ans. Dans ces conditions, eu égard notamment aux conditions de séjour des requérants sur le territoire, en édictant les décisions contestées, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. et Mme E. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
9. La circonstance que les deux fils de G et Mme E poursuivaient leurs scolarités sur le territoire français à la date des arrêtés n'est pas de nature à établir que le préfet des Bouches-du-Rhône aurait méconnu l'intérêt supérieur de leurs enfants en ne leur accordant pas un délai de départ supérieur à trente jours. En effet, comme il a été dit au point 7, les requérants ne démontrent pas que leurs enfants ne pourraient pas poursuivre une scolarité normale dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d'appel de M. E et de Mme D épouse E, qui sont manifestement dépourvues de fondement, au sens des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées, en application de ces dispositions, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de M. E et de Mme D épouse E sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F E, à Mme C D épouse E, et à Me Harutyunyan.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 29 novembre 2023.
2, N°23MA01915
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026