jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA01950 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Avocat requérant | SARL LE PRADO - GILBERT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par une ordonnance n° 1703998 du 9 janvier 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a ordonné une expertise, confiée au docteur E K, portant sur les conditions dans lesquelles Mme A H a été hospitalisée à l'hôpital de La Timone, après avoir été prise en charge à la clinique de Marignane, à compter du 16 mai 2016, à la suite d'un malaise, en présence de Mme I G et M. F H, ses parents, N publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Par une ordonnance n° 1703998 du 14 décembre 2022, l'expertise a été étendue au docteur L J.
Le docteur K a demandé au juge des référés, en application de l'article R. 532-3 du code de justice administrative, d'étendre les opérations d'expertise au docteur M C et au docteur B.
Par une ordonnance du 12 juillet 2023, il n'a pas été fait droit à ces demandes.
Procédures devant la Cour :
I. Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2023 sous le n° 23MA01950, Mme H, représentée par Me Humbert, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du 12 juillet 2023 en tant qu'elle n'a pas fait droit à la demande de l'expert tendant à ce que les opérations d'expertise soient étendues au docteur C ;
2°) statuant en référé, de faire droit à cette demande.
Elle soutient que la mise en cause du docteur C est jugée nécessaire par l'expert et par l'ensemble des parties dès lors que ce cardiologue est intervenu dans sa prise à charge à la clinique de Marignane, ainsi que cela a été révélé par la mise en cause du docteur J ; que, conformément à la jurisprudence du Tribunal des conflits, rien ne s'oppose à ce qu'une partie qui n'est pas une personne publique, puisse être mise en cause, d'autant plus que l'expertise doit, en l'espèce, déterminer les responsabilités entre les personnes morales et privées ; que, s'il est vrai que l'expert peut entendre tout sachant, en cas de refus du docteur C, l'expertise ne pourrait pas lui être opposable.
Par un mémoire, enregistré le 19 septembre 2023, l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, représentée par Me Le Prado, s'associe aux conclusions de la requête.
La requête a également été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, au docteur J, au docteur C, au professeur D et au docteure Perez-Guillaumet qui n'ont pas produit de mémoire.
II. Par une requête sommaire et un mémoire ampliatif, enregistrés les 27 juillet et 19 septembre 2023 sous le n° 23MA01960, l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, représentée par Me Le Prado, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du 12 juillet 2023 en tant qu'elle n'a pas fait droit à la demande de l'expert tendant à ce que les opérations d'expertise soient étendues au docteur C ;
2°) statuant en référé, de faire droit à cette demande.
Elle soutient que l'ordonnance est insuffisamment motivée au regard des moyens dont le juge des référés était saisi ; que c'est à tort que le juge des référés a considéré que, l'expertise étant " dirigée contre " elle et le docteur C exerçant à l'hôpital de Marignane, la demande d'extension n'apparaissait pas utile en ce qu'elle " n'engageait que la responsabilité de l'AP-HM ".
La requête a également été communiquée à Mme H, à M. H, à Mme G, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, au docteur J et au docteur C, qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête () prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". Aux termes de l'article R. 532-3 du même code : " Le juge des référés peut () à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance () ". En vertu de l'article L. 555-1 du même code, le président de la cour administrative d'appel est compétent pour statuer sur les appels formés contre les décisions rendues par le juge des référés.
2. Par une ordonnance du 9 janvier 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a ordonné une expertise, confiée au docteur E K, portant sur les conditions dans lesquelles Mme A H a été prise en charge par l'hôpital de La Timone, vers lequel elle a été transférée par la clinique de Marignane le 16 mai 2016, à la suite d'un malaise. Cette expertise a été initialement ordonnée en présence des parents de l'intéressée, Mme I G et M. F H, celle-ci étant depuis devenue majeure, N publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) et de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône. Par l'ordonnance du 14 décembre 2022, les opérations d'expertise ont été étendues au docteur L J " en tant qu'expert, ayant pris en charge la patiente, Mme A H, lors de son transfert vers l'hôpital de la Timone le 16 mai 2016 ". Par l'ordonnance attaquée, la juge des référés du tribunal administratif de Marseille a refusé de faire droit à la nouvelle demande de l'expert, présentée sur le fondement de l'article R. 532-3 du code de justice administrative, tendant à l'extension des opérations d'expertise au docteur M C, médecin cardiologue libéral qui a émis un avis sur les résultats des examens subis par l'intéressée à la clinique de Marignane, avant son transfert à l'hôpital de La Timone. Mme H et l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille relèvent appel de cette ordonnance.
3. Peuvent être appelées en qualité de parties à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, les personnes qui ne sont pas manifestement étrangères au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise. En outre, le juge du référé peut appeler à l'expertise en qualité de sachant toute personne dont la présence est de nature à éclairer ses travaux (cf. CE, 26.09.2008, n° 312140). Dès lors que le fond du litige est de nature à relever, au moins pour partie, de la compétence de la juridiction administrative, le juge administratif des référés peut ainsi mettre à bon droit en cause une personne qui n'est liée avec les autres parties que par des relations de droit privé (cf. CE, 30.10.1989, n° 55571).
4. Dès lors que le docteur C a participé à la prise en charge de Mme H à la suite du malaise qui a finalement conduit à son transfert à l'hôpital de La Timone, sa présence aux opérations d'expertise apparaît utile, sans que puisse être opposée à cette extension la circonstance que les opérations d'expertise visaient initialement la mise en cause de la responsabilité N publique - Hôpitaux de Marseille.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la régularité de l'ordonnance attaquée, que Mme H, d'une part, et l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, d'autre part, sont fondées à soutenir que c'est à tort que le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a refusé de faire droit à la demande de l'expert tendant à ce que les opérations d'expertise soient étendues au docteur C. Cette ordonnance doit, en conséquence, être réformée.
O R D O N N E :
Article 1er : Les opérations d'expertise prescrites par l'ordonnance n° 1703998 du 9 janvier 2018 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille auront lieu en présence, outre des parties initialement désignées et de celle désignée par l'ordonnance n° 1703998 du 14 décembre 2022, du docteur M C.
Article 2 : L'ordonnance n° 1703998 du 12 juillet 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille est réformée en ce qu'elle a de contraire à la présente ordonnance.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A H, à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille, au docteur L J, au docteur M C, à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et au docteur E K, expert.
Fait à Marseille, le 12 octobre 2023
- 23MA01960
LH
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026