lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA02710 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | LEBRETON;GONAND |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Toulon d'annuler l'arrêté du 13 juin 2023 par lequel le préfet du Var a assorti la mesure d'éloignement édictée à son encontre le 17 mai 2023 par le préfet des Alpes-Maritimes d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an.
Par un jugement n° 2301994 du 1er août 2023, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2023, M. A, représenté par Me Lebreton, demande à la Cour d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Toulon du 1er août 2023 ainsi que l'arrêté attaqué.
Il soutient que le préfet ne pouvait prendre à son encontre l'arrêté attaqué alors qu'il est mineur et que par une ordonnance du 31 juillet 2023 le juge des enfants a maintenu son placement et qu'il est pris en charge par l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité.
Le préfet du Var n'a pas produit de mémoire en défense.
Un courrier du 6 mars 2024 adressé aux parties en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, les a informées de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et a indiqué la date à partir de laquelle l'instruction pourrait être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2.
Un avis d'audience a été émis le 26 mars 2024.
M. A été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Isabelle Gougot, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, de nationalité malienne, désigné par erreur, aux termes de l'arrêté attaqué, sous le prénom de Bandjouga, relève appel du jugement du 1er août 2023 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 juin 2023 du préfet du Var prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, sur le fondement de l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 17 mai 2023 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, situé dans un chapitre II intitulé " Décision pouvant assortir la décision portant obligation de quitter le territoire ", dans sa version alors en vigueur : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 611-3 du même code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / 1° L'étranger mineur de dix-huit ans () ".
4. Il ressort des pièces du dossier, produites pour la première fois en appel, que, par une ordonnance du 19 juillet 2023, le substitut du procureur du tribunal judiciaire de Paris a ordonné le placement provisoire à l'aide sociale à l'enfance de M. A au motif qu'il était alors " considéré comme mineur non accompagné sur le territoire français ". Puis, par une ordonnance du 31 juillet 2023, le juge des enfants du tribunal pour enfants de C a maintenu ce placement du 31 juillet 2023 jusqu'à sa majorité, le 17 mai 2024. En conséquence, quand bien même M. A n'est plus recevable à exciper, par voie d'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 17 mai 2023, faute d'avoir contesté cette décision en temps utile, laquelle ne saurait, en tout état de cause, faire l'objet d'une exécution du fait de la reconnaissance par l'autorité judiciaire de sa minorité à la date à laquelle elle a été prise, le requérant est fondé à soutenir que le préfet du Var ne pouvait légalement édicter une interdiction de retour sur le territoire à son encontre.
5. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Var du 13 juin 2023 prononçant à son encontre une interdiction du territoire pour une durée d'un an. Aucun autre moyen ne devant être examiné par la voie de l'effet dévolutif de l'appel, il y a lieu, en conséquence, de prononcer l'annulation de cet arrêté.
D É C I D E :
Article 1er : Le jugement n° 2301994 du 1er août 2023 et l'arrêté du préfet du Var du 13 juin 2023 sont annulés.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Lebreton.
Copie en sera adressée au préfet du Var et au Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Toulon.
Délibéré après l'audience du 15 avril 2024, où siégeaient :
- Mme Laurence Helmlinger, présidente de la Cour,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Isabelle Gougot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 avril 2024.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026