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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-23MA02771

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-23MA02771

lundi 22 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-23MA02771
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSAIDJI & MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C A A, retenue en zone d'attente à l'aéroport de Nice, a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler la décision du 16 novembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé l'admission sur le territoire au titre de l'asile et a fixé le pays de destination de son réacheminement.

Par un jugement n° 2305689 du 20 novembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2023 sous le n° 23MA02771, Mme A A, représentée par Me Traoré, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 20 novembre 2023 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nice ;

2°) d'annuler la décision du 16 novembre 2023 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de mettre fin aux mesures de privation de liberté en application de l'article L. 352-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision contestée viole son droit à un recours effectif ;

- elle porte atteinte à la confidentialité des éléments de sa demande d'asile ;

- il ne peut lui être reproché d'avoir tenu des propos peu crédibles compte tenu des conditions matérielles de son entretien ;

- son droit à la présence d'un tiers lors des entretiens de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a été méconnu ;

- la visioconférence constitue une atteinte aux droits de la défense ;

- il n'est pas établi que le directeur de l'OFPRA se soit déplacé dans la zone d'attente de Nice pour constater l'adéquation de la salle d'entretien avec les impératifs techniques ;

- l'entretien par téléphone avec l'officier de protection de l'OFPRA est irrégulier ;

- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte en violation de l'article L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision contestée qui fixe le pays de renvoi a été prise en violation de l'article 33 de la convention de Genève et des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle viole le principe de non-refoulement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, représenté par Me Moreau, conclut au rejet de la requête de Mme A A.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 2003-1119 du 26 novembre 2003 ;

- la décision du Conseil constitutionnel n° 2003-484 DC du 20 novembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la Cour a désigné Mme Aurélia Vincent, présidente assesseure, pour présider la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Marchessaux a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A A, née le 15 juin 1988 et de nationalité camerounaise, est arrivée à l'aéroport de Nice le 13 novembre 2023. Elle a, le même jour, été placée en zone d'attente et a sollicité son entrée sur le territoire français au titre de l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a émis un avis de non-admission le 16 novembre 2023. Par une décision du 16 novembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté la demande d'entrée de la requérante et a fixé le pays de réacheminement. Mme A A relève appel du jugement du 20 novembre 2023 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision du 16 novembre 2023.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

En ce qui concerne la décision portant refus d'entrée sur le territoire français :

2. Mme A A reprend en appel le moyen tiré de la violation du droit au recours effectif et de l'atteinte à la confidentialité des éléments de sa demande d'asile. Toutefois, il y a lieu d'écarter ces moyens, qui ne comportent aucun développement nouveau, par adoption des motifs retenus à juste titre par le premier juge.

3. Aux termes de l'article L. 352-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf dans le cas où l'examen de la demande d'asile relève de la compétence d'un autre Etat, la décision de refus d'entrée ne peut être prise qu'après consultation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui rend son avis dans un délai fixé par voie réglementaire et dans le respect des garanties procédurales prévues au titre III du livre V. L'office tient compte de la vulnérabilité du demandeur d'asile. / L'avocat ou le représentant d'une des associations mentionnées à l'article L. 531-15, désigné par l'étranger, est autorisé à pénétrer dans la zone d'attente pour l'accompagner à son entretien dans les conditions prévues au même article. / Sauf si l'accès de l'étranger au territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public, l'avis de l'office, s'il est favorable à l'entrée en France de l'intéressé au titre de l'asile, lie le ministre chargé de l'immigration ". Aux termes de l'article R. 351-1 du code précité : " Lorsque l'étranger qui se présente à la frontière demande à bénéficier du droit d'asile, il est informé sans délai, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, de la procédure de demande d'asile et de son déroulement, de ses droits et obligations au cours de cette procédure, des conséquences que pourrait avoir le non-respect de ses obligations ou le refus de coopérer avec les autorités et des moyens dont il dispose pour l'aider à présenter sa demande () ".

4. Mme A A soutient que le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne pouvait conclure au caractère insuffisamment étayé et détaillé de ses déclarations sans prendre en compte les conditions matérielles de son entretien avec le représentant de l'OFPRA et la circonstance qu'elle venait d'arriver en France et n'avait pas eu le temps de le préparer ou de rassembler des preuves. Toutefois, le compte-rendu de cet entretien du 16 novembre 2023, qui s'est déroulé par visioconférence, ne relève aucune difficulté de compréhension des questions posées à Mme A A, ni aucune difficulté technique sur la plan de la sonorisation et démontre qu'elle a été mise en mesure d'exposer sa situation de manière suffisamment précise et approfondie pour permettre à l'administration de se prononcer sur sa situation au regard de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.

5. Le procès-verbal rédigé le 13 novembre 2023 par les services de la police aux frontières établit que Mme A A a été informée, à cette occasion, de la possibilité de se faire assister, au cours de la procédure d'asile, par un avocat ou une association humanitaire habilitée à assister juridiquement les étrangers en zone d'attente, ainsi que de la possibilité de communiquer avec un représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Mme A A n'établit pas, en tout état de cause, que l'absence de connexion internet l'aurait privée de l'exercice de ce droit. Par suite, ce moyen doit être écarté.

6. Aux termes de l'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut décider de procéder à l'entretien personnel en ayant recours à un moyen de communication audiovisuelle dans les cas suivants : / () 2° Lorsqu'il est retenu dans un lieu privatif de liberté ; / () L'officier de protection chargé de la conduite de l'entretien a la maîtrise des opérations. Il lui appartient de veiller au respect des droits de la personne. Il doit à tout instant pouvoir s'assurer du respect des bonnes conditions d'audition et de visionnage. Il peut mettre fin à l'entretien si ces conditions ne sont pas réunies ou si les circonstances de l'espèce l'exigent. Dans ce cas, l'entretien a lieu en présence de l'intéressé. / L'intéressé entendu par un moyen de communication audiovisuelle doit, si besoin avec l'aide d'un interprète, être informé par l'office avant le commencement de l'entretien du déroulement des opérations, notamment des modalités permettant d'assurer le respect des règles de confidentialité ".

7. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'avis du 16 novembre 2023 du directeur général de l'OFPRA, que l'entretien personnel de Mme A A a été réalisé par visioconférence, conformément aux dispositions du 2° de l'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen de communication audiovisuelle ne saurait porter atteinte aux droits de la défense de la requérante dès lors que comme dit au point 5, cette dernière a été informée, à cette occasion, de la possibilité de se faire assister au cours de la procédure d'asile par un avocat ou une association humanitaire habilitée à assister juridiquement les étrangers en zone d'attente, ainsi que de la possibilité de communiquer avec un représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Si la requérante se prévaut d'une décision du Conseil constitutionnel n° 2003-484 DC du 20 novembre 2003, ce dernier a estimé que la possibilité d'organiser des audiences dans des salles spéciales ou par des moyens de télécommunication audiovisuelle prévue par l'article 50 de la loi n° 2003-1119 du 26 novembre 2003 relative à la maîtrise de l'immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité garantissait de façon suffisante la tenue d'un procès juste et équitable. Elle ne peut utilement se prévaloir d'un communiqué de presse du 21 février 2018 du contrôleur général des lieux de privation de liberté ni de ce que son consentement devait être recueilli dès lors que les dispositions de l'article R. 531-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne le prévoient pas. Enfin, Mme A A n'est pas fondée à soutenir que son entretien avec l'officier de l'OFPRA s'est déroulé via un téléphone alors que l'avis du 16 novembre 2023 précité mentionne que cet entretien a eu lieu en visioconférence.

8. Si Mme A A soutient que l'administration ne rapporte pas la preuve que le directeur de l'OFPRA se serait déplacé sur la zone d'attente de Nice et aurait constaté par lui-même, ou via ses services techniques, l'adéquation de la salle d'entretien avec les impératifs techniques liés à la spécificité d'un local destiné à recueillir les confidences d'un demandeur d'asile, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 20 décembre 2022, laquelle est librement accessible sur le site internet de l'OFPRA, son directeur a fixé la liste des locaux agréés destinés à recevoir des demandeurs d'asile dans le cadre d'un entretien personnel mené par un moyen de communication audiovisuelle, au nombre desquels il a intégré la zone d'attente de l'aéroport de Nice Côte-d'Azur. Il ne ressort d'aucun élément du dossier que cet agrément n'aurait pas été délivré dans des conditions légales, notamment après une visite des lieux permettant de s'assurer de leur compatibilité à cet usage. Par suite, le moyen précité doit être écarté.

9. Aux termes de l'article L. 352-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refuser l'entrée en France à un étranger qui se présente à la frontière et demande à bénéficier du droit d'asile ne peut être prise que dans les cas suivants : / () 3° La demande d'asile est manifestement infondée. / Constitue une demande d'asile manifestement infondée une demande qui, au regard des déclarations faites par l'étranger et des documents le cas échéant produits, est manifestement dénuée de pertinence au regard des conditions d'octroi de l'asile ou manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves ".

10. Il résulte de ces dispositions que la demande d'asile présentée par un étranger se présentant aux frontières du territoire national peut être rejetée lorsque ses déclarations et les documents qu'il produit à leur appui, du fait notamment de leur caractère incohérent, inconsistant ou trop général, sont manifestement dépourvus de crédibilité et font apparaître comme manifestement dénuées de fondement les menaces de persécutions alléguées par l'intéressé au titre du 2° du A de l'article 1er de la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés.

11. Mme A A a fait valoir, dans le cadre de son entretien avec un agent de l'OFPRA, qu'au cours de l'année 2019, elle a subi une agression sexuelle dans la région anglophone du Cameroun par un groupe de personnes faisant partie des forces armées camerounaises, sous les yeux de son compagnon, lequel l'a menacée de mort. Elle a également précisé qu'elle craignait des persécutions en cas de retour dans son pays d'origine de la part de son ex-compagnon et de sa famille, en particulier de sa tante, compte tenu de son orientation sexuelle. Toutefois, il ressort de l'avis de l'OFPRA que la requérante a livré un récit particulièrement peu consistant s'agissant de la relation amoureuse qu'elle aurait entretenue avec un homme originaire d'une région anglophone du Cameroun et qu'elle s'est bornée à des assertions lapidaires et peu concluantes s'agissant des opinions politiques de celui-ci en faveur de l'indépendance de l'Ambazonie. Par ailleurs, l'OFPRA a estimé qu'il était peu plausible que cet homme, ainsi que les amis de ce dernier, lui aient infligé de graves sévices en octobre ou novembre 2019 et que la relation qu'elle allègue avoir entretenue avec une femme rencontrée en 2020 donne lieu à un récit dénué de toute information personnalisée. Quant à sa tante, il a estimé que Mme A A ne faisait état d'aucun élément de nature à considérer qu'elle serait en mesure de lui nuire alors qu'elle a indiqué avoir obtenu le pardon de ses parents. En outre, cette dernière ne réside pas dans son pays d'origine mais au Gabon. Par suite, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a pu légalement estimer que sa demande était manifestement dépourvue de toute crédibilité en ce qui concerne le risque de persécutions ou d'atteintes graves en cas de retour dans son pays d'origine. Pour les mêmes motifs, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

12. Comme l'a estimé à juste titre le premier juge, il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier et, notamment, du compte-rendu de l'entretien dont elle a bénéficié le 16 novembre 2023, que l'OFPRA n'aurait pas tenu compte de la vulnérabilité de Mme A A sur laquelle elle n'apporte, au demeurant, aucune précision. Par suite, le moyen tiré de l'absence de prise en compte de la vulnérabilité de l'intéressée ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de réacheminement :

13. Aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 2. La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire : / a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale ; / b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue ; c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection ". L'article 3 de la convention précitée stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 : " 1. Aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. / 2. Le bénéfice de la présente disposition ne pourra toutefois être invoqué par un réfugié qu'il y aura des raisons sérieuses de considérer comme un danger pour la sécurité du pays où il se trouve ou qui, ayant été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime ou délit particulièrement grave, constitue une menace pour la communauté dudit pays ".

14. Mme A A soutient qu'un renvoi vers la Turquie, précédant son réacheminement certain au Cameroun, aura pour conséquence de lui faire subir les violences du contexte politique local et qu'elle craint pour sa sécurité suite aux menaces de persécutions sexuelles et physiques qu'elle a subies. Toutefois, l'appelante n'établissant l'existence d'aucune menace actuelle et personnelle la concernant ainsi qu'il a été dit au point 11, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée, en tant qu'elle ordonne son réacheminement vers la Turquie, pays dont elle provenait lors de son arrivée en France, ou, le cas échéant, vers tout pays dans lequel elle serait légalement admissible, méconnaîtrait les stipulations citées au point 13, ainsi que le principe de non-refoulement.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A A n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 16 novembre 2023.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

16. Le présent arrêt qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A A n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction de Mme A A.

Sur les frais liés au litige :

17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

18. Ces dispositions font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, verse à Mme A A quelque somme que ce soit au titre des frais que celle-ci a exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C A A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, où siégeaient :

- Mme Vincent, présidente assesseure, présidente de la formation de jugement en application de l'article R. 222-26 du code de justice administrative,

- Mme Marchessaux, première conseillère,

- Mme Poullain, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.

bb

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