lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-23MA02825 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | FIEVET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme F A a demandé au tribunal administratif de Nice d'annuler la décision du 29 juillet 2020 par laquelle le président de l'université Côte d'Azur a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie, de condamner l'université à lui verser la somme de 30 000 euros au titre de dommages et intérêts, d'ordonner la communication sans délai du rapport d'enquête administrative de mai 2018 et de mettre à la charge de l'université la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2004746 du 3 octobre 2023, le tribunal administratif de Nice a rejeté ces demandes.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023, et un mémoire, enregistré le 2 mai 2024, Mme A, représentée par Me Bezzina, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de faire droit à ses demandes de première instance.
Elle soutient que l'état anxio-dépressif dont elle souffre est imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2024, l'université Côte d'Azur, représentée par Me Laridan, conclut au rejet de la requête d'appel et à ce qu'une somme de 2 600 euros soit mise à la charge de Mme A.
Elle soutient que le moyen présenté par Mme A est infondé.
Par une lettre en date du 6 février 2024, la Cour a informé les parties qu'il était envisagé d'inscrire l'affaire à une audience qui pourrait avoir lieu avant le 31 décembre 2024, et que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance à compter du 1er mars 2024.
Par ordonnance du 13 mai 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Renaud Thielé, rapporteur,
- les conclusions de M. François Point, rapporteur public,
- et les observations de Me Fievet pour Mme A, et de Me Ratouit pour l'université Côte d'Azur.
Connaissance prise de la note en délibéré présentée le 5 septembre 2024 pour l'université Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, titulaire du grade d'ingénieur de recherche de deuxième classe, exerce ses fonctions à l'université de Nice depuis le mois de septembre 2000. A la suite d'un congé de maladie ordinaire ayant eu lieu du 21 juin au 23 août 2019, Mme A a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de son état anxio-dépressif. Le 25 juin 2020, la commission de réforme a émis un avis favorable à cette demande. Toutefois, par décision du 29 juillet 2020, l'université Côte d'Azur a refusé de reconnaître cette imputabilité. Mme A a alors saisi le tribunal administratif de Nice d'une demande tendant à l'annulation de la décision de refus d'imputabilité, et à la condamnation de l'université à lui payer la somme de 30 000 euros à titre de dommages et intérêts. Par le jugement attaqué, dont Mme A relève appel, le tribunal administratif de Nice a rejeté ces demandes.
Sur le bien-fondé du jugement :
En ce qui concerne le refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'affection de Mme A :
2. Selon le IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles () lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions () ". Le 2° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 prévoit que " si la maladie provient d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement, jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit en outre au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ".
3. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
4. Dans un avis rendu le 9 janvier 2020, le docteur C B, expert psychiatre missionnée par l'université, a conclu, après avoir examiné Mme A, qu'il existait un " lien de cause à effet entre les lésions " et l'activité professionnelle. Il ressort du rapport d'expertise psychiatrique établi le 17 mars 2020 par le docteur E D, psychiatre, que l'état dépressif de Mme A, qui n'avait pas d'antécédent médical, est apparu concomitamment à la dégradation de ses conditions de travail. De même, le docteur G, médecin du travail du service de médecine préventive des personnels de l'université, a estimé que Mme A souffrait d'une " dépression réactionnelle " qui devait être regardée comme une maladie contractée en service, Mme A n'ayant aucun antécédent médical en lien avec sa pathologie professionnelle. Le 25 juin 2020, la commission de réforme a émis un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A.
5. Il ressort en effet des pièces du dossier qu'entre l'année 2015 et l'année 2019, les relations de travail entre Mme A et son supérieur se sont dégradées. Alors même que le syndrome anxiodépressif n'a été diagnostiqué qu'en juin 2018, et en l'absence même d'agissements susceptibles d'être qualifiés de harcèlement moral ou de violences sexuelles et sexistes, cette pathologie résulte de cette dégradation de la relation de travail, dont l'université reconnaît qu'elle est notamment imputable à une surcharge de travail consécutive à l'attribution à Mme A de missions auparavant attribuées à son binôme, ainsi qu'à la " maladresse managériale " de son supérieur, qui a persisté à tutoyer l'intéressée alors même qu'elle avait indiqué ne pas souhaiter l'être, et qui avait accordé une large diffusion à une note mettant en cause sa responsabilité dans les dysfonctionnements du système d'information dont elle devait assurer l'administration.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 29 juillet 2020 par laquelle le président de l'université Côte d'Azur a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie.
En ce qui concerne le rejet de la demande indemnitaire et de la demande tendant à ce que soit ordonnée la production du rapport de la commission d'enquête de mai 2018 :
7. Mme A ne critique pas les motifs du jugement qui rejettent ces demandes.
Sur les frais liés au litige :
8. L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'université une somme de 2 500 euros à verser à Mme A à ce titre.
D É C I D E :
Article 1er : Le jugement n° 2004746 du 3 octobre 2023 du tribunal administratif de Nice est annulé.
Article 2 : La décision du 29 juillet 2020 par laquelle le président de l'université Côte d'Azur a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A est annulée.
Article 3 : L'université Côte d'Azur versera à Mme A une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en remboursement des frais exposés par elle en première instance et en appel et non compris dans les dépens.
Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par Mme A est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de l'université Côte d'Azur tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à Mme F A et à l'université Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2024, où siégeaient :
- M. Alexandre Badie, président,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Isabelle Ruiz, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 septembre 2024. 2
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026