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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA13-24MA00286

Cour administrative d'appel de Marseille — Décision N° CAA13-24MA00286

vendredi 20 décembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Marseille
SectionCour administrative d'appel de Marseille
N° DossierCAA13-24MA00286
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation2ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSCP CARLINI & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A E a demandé au tribunal administratif de Marseille de condamner le centre hospitalier d'Aubagne et le docteur C à lui verser la somme de 2 000 euros à titre provisionnel et de désigner un expert " afin de déterminer toutes les conséquences du manque de maîtrise chirurgicale du docteur C lors de son intervention du 26 mars 2018 ".

Par un jugement n° 2006073 du 11 avril 2022, le tribunal administratif de Marseille a, avant dire droit, diligenté une expertise en fixant la mission confiée à l'expert et rejeté les conclusions de M. E dirigées contre le docteur C et celles tendant à l'octroi d'une provision.

Le 4 juin 2023, le docteur B, expert désigné par le tribunal par une ordonnance du 16 mai 2022, a rendu un rapport de carence déposé en l'état de ses investigations.

Par un jugement n° 2006073 du 16 janvier 2024, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de M. E, mis à sa charge les frais d'expertise et déclaré son jugement commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 février et 17 mai 2024, M. E, représenté par Me Bonan, demande à la cour, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler le jugement du 16 janvier 2024 en tant qu'il a rejeté sa demande et mis à sa charge les frais d'expertise ;

2°) d'ordonner la poursuite des opérations d'expertise confiées à l'expert, le docteur B, telles que fixées par le jugement avant dire droit du tribunal rendu le 11 avril 2022 ;

3°) de déclarer le centre hospitalier d'Aubagne responsable au titre de la faute qu'il a commise lors de son hospitalisation le 26 mars 2018 ;

4°) de condamner ce même établissement à lui payer la somme de 2 000 euros à titre provisionnel ;

5°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Aubagne la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

6°) de débouter ce centre hospitalier de toutes ses conclusions d'appel.

Il soutient que :

- l'affaire, inscrite au rôle de l'audience du 19 décembre 2023 devant le tribunal, aurait dû être renvoyée dès lors qu'il avait adressé, par une lettre envoyée avec accusé de réception en date du 1er décembre 2023, le règlement des frais d'expertise qui étaient à sa charge, son conseil en ayant en outre informé la présidente du tribunal ;

- par courrier recommandé avec accusé réception en date du 6 mai 2024, il a adressé à l'expert la somme de 802,75 euros à titre de complément de consignation provisionnelle ;

- il convient donc de poursuivre les opérations d'expertise et de déclarer le centre hospitalier d'Aubagne responsable d'une faute médicale.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 mars et 21 mai 2024, le centre hospitalier d'Aubagne, représenté par Me Carlini, conclut :

1°) à la confirmation du jugement attaqué en tant qu'il a rejeté la demande de M. E ;

2°) à l'infirmation de celui-ci en tant qu'il a rejeté ses conclusions tendant à la mise à la charge du demandeur de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une lettre du 28 novembre 2024, la cour a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la demande présentée par M. A E devant le tribunal administratif de Marseille tendait, entre autres, à la condamnation indemnitaire du docteur C ; il n'appartient cependant qu'aux juridictions judiciaires de connaître d'un litige dans lequel la victime d'un dommage causé par un agent public dans l'exercice de ses fonctions recherche, en cas de faute personnelle détachable de l'exercice des fonctions, la responsabilité de l'agent concerné ; dès lors, il y a lieu, d'annuler, dans cette mesure, le jugement n° 2006073 du 11 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Marseille s'est reconnu compétent pour connaître de la demande de M. A E tendant à la condamnation du docteur C et de rejeter cette demande comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

La procédure a été communiquée à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mahmouti,

- les conclusions de M. Gautron, rapporteur public,

- et les observations de Me Boubenna, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E a été opéré le 26 mars 2018 par le docteur C au centre hospitalier d'Aubagne pour une cholécystectomie en ambulatoire par coelioscopie. Estimant que la réalisation de cet acte n'avait pas été conforme aux règles de l'art, M. E a demandé au tribunal administratif de Marseille, d'une part, de condamner cet établissement et ce médecin à lui payer la somme de 2 000 euros à titre provisionnel et, d'autre part, de désigner un expert afin d'évaluer ses préjudices. Par un jugement du 11 avril 2022, le tribunal a, avant dire droit, diligenté une expertise en fixant la mission confiée à l'expert et rejeté les conclusions de M. E dirigées contre le docteur C et celles tendant à l'octroi d'une provision. Le 4 juin 2023, le docteur B, expert désigné par le tribunal par une ordonnance du 16 mai 2022, a rendu un rapport de carence déposé en l'état de ses investigations. Par un jugement du 16 janvier 2024, le tribunal a rejeté la demande de M. E, mis à sa charge les frais d'expertise et déclaré son jugement commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône. M. E relève appel de ce jugement. Il doit être regardé comme demandant à la cour d'annuler celui-ci au motif qu'il est irrégulier, de diligenter un complément d'expertise et de lui octroyer une provision. En ne dirigeant par ailleurs plus ses conclusions à l'encontre du docteur C, il doit aussi être regardé comme demandant l'annulation du jugement attaqué uniquement en tant qu'il a rejeté sa demande dirigée contre le centre hospitalier d'Aubagne. Pour sa part, ce dernier demande à la cour la confirmation du jugement attaqué en tant qu'il a rejeté la demande de M. E et à l'infirmation de celui-ci en tant qu'il a rejeté ses conclusions tendant à la mise à la charge du demandeur de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. Aux termes de l'article R. 621-12-1 du code de justice administrative : " L'absence de versement, par la partie qui en a la charge, de l'allocation provisionnelle, dans le mois qui suit la notification de la décision mentionnée à l'article R. 621-12, peut donner lieu, à la demande de l'expert, à une mise en demeure signée du président de la juridiction. / Si le délai fixé par cette dernière n'est pas respecté, et si le rapport d'expertise n'a pas été déposé à cette date, l'expert est appelé par le président à déposer, avec sa note de frais et honoraires, un rapport se limitant au constat des diligences effectuées et de cette carence, dont la juridiction tire les conséquences, notamment pour l'application des dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 761-1. / Le président peut toutefois, avant d'inviter l'expert à produire un rapport de carence, soumettre l'incident à la séance prévue à l'article R. 621-8-1. ".

3. Il résulte de l'instruction que, par une ordonnance du 14 novembre 2022, la présidente du tribunal administratif de Marseille a accordé au docteur B, expert désigné par le tribunal par ordonnance du 16 mai 2022, une allocation provisionnelle de 2 500 euros qu'elle a mise à la charge de M. E. L'expert a, par la suite, informé le tribunal qu'il n'avait pas été payé et M. E n'a pas respecté son obligation de paiement bien qu'il ait été mis en demeure, par une lettre du 22 mars 2023 adressée à son avocat, d'acquitter cette allocation. Le conseil de M. E a adressé au tribunal un courrier daté du 16 mai 2023 indiquant que son client " est dans l'impossibilité de procéder à ce règlement ". Conformément aux dispositions citées au point 2 et aux instructions du tribunal, le docteur B a rendu, le 4 juin 2023, un rapport faisant état de toutes ses diligences et de la carence du requérant. Par une ordonnance du 10 juillet 2023, la présidente du tribunal administratif de Marseille a taxé et liquidé les honoraires d'expertise à hauteur de 1 697, 25 euros au titre des diligences ainsi accomplies et les a mis à la charge de M. E. Ce dernier soutient que, lorsque l'affaire au fond a été inscrite au rôle de l'audience du 19 décembre 2023, il a adressé deux courriers en date du 1er décembre 2023, l'un à l'expert lui adressant un règlement d'un montant de 1 697,25 euros, et l'autre à la présidente du tribunal informant celle-ci de ce règlement et lui demandant de renvoyer l'affaire. Toutefois et malgré ces circonstances, l'expert avait achevé sa mission depuis la remise de son rapport au greffe. Par ailleurs, si le requérant expose avoir réglé les frais définitifs en décembre 2023, cette somme portait sur le rapport remis en l'état par l'expert et ne correspondait en tout état de cause pas à l'intégralité de la somme de 2 500 euros demandée à titre provisionnel par l'expert pour réaliser l'ensemble de la mission qui lui était confiée par le tribunal. Par suite, l'expertise était achevée lorsque l'affaire a été appelée à l'audience du 19 décembre 2023 et le tribunal n'a, par conséquent, pas commis d'irrégularité en ne renvoyant pas l'affaire au regard des seules considérations énoncées par M. E dans son courrier du 1er décembre 2023 précité. Le requérant n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que le jugement attaqué a été rendu à la suite d'une procédure irrégulière.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ".

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ".

6. Le requérant demande à la cour de faire achever les opérations d'expertise de première instance. Dès lors, il appartient à la cour de déterminer si celle-ci présente un caractère utile.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport en l'état remis par l'expert, que M. E a subi, le 26 mars 2018, au centre hospitalier d'Aubagne une cholécystectomie en ambulatoire par coelioscopie. Des complications postopératoires sont survenues et ont occasionné plusieurs nouvelles hospitalisations et interventions. Il résulte également de l'instruction que le rapport d'expertise, s'il précise expressément qu'il a été déposé sans intervention d'un sapiteur radiologue, sans analyse médico-légale complète et sans évaluation des préjudices, explique néanmoins de manière précise et circonstanciée qu'il apparaît que, si " la survenue d'une blessure accidentelle d'un élément vasculaire en cours de dissection est un accident médical non fautif, en l'absence de faute technique objectivée, () l'importance du saignement per-opératoire aurait dû conduire à remettre en cause le diagnostic évoqué de plaie de l'artère cystique ". L'expert poursuit son analyse en indiquant que ce saignement, qui était une fistule biliaire, n'a pas été diagnostiqué, d'où il s'en est suivi un écoulement biliaire qui " a donné lieu à des collections intra-péritonéales multiples. Ces collections ont nécessité de nombreuses procédures de radiologie interventionnelles avec des séjours hospitaliers prolongés. ". De tels éléments, même en présence d'un rapport d'expertise inachevé, sont de nature à corroborer les allégations du requérant selon lesquelles une faute aurait été commise lors de l'intervention qu'il a subie le 26 mars 2018. Ils sont toutefois insuffisants, eu égard aux précautions rédactionnelles prises par l'expert, pour l'établir et, dès lors, il s'avère nécessaire de diligenter un complément d'expertise pour éclairer la cour sur ce point. Par suite, le complément d'expertise demandé par le requérant présente un caractère utile, peu important à ce stade de la procédure de savoir quelle partie supportera les dépens et, dans l'hypothèse où ce serait M. E, s'il en aura la capacité financière. Enfin, eu égard aux conclusions du requérant et à son argumentation qui se limite à rechercher la responsabilité du centre hospitalier d'Aubagne, il y a lieu de circonscrire la mission de l'expert aux seuls actes effectués par cet établissement public.

8. Compte tenu de tout ce qui vient d'être dit, il y a lieu d'ordonner une expertise aux fins qui seront précisées dans le dispositif de la présente décision et de réserver jusqu'en fin d'instance tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent arrêt.

Sur la demande de provision :

9. M. E sollicite la condamnation du centre hospitalier d'Aubagne au versement d'une provision. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'en l'état de l'instruction, et dans l'attente notamment de la mesure d'expertise, tant le principe que l'étendue d'une éventuelle responsabilité du centre hospitalier d'Aubagne ne sont pas suffisamment établis. Dès lors, l'existence de l'obligation dont l'intéressé se prévaut à l'encontre du centre hospitalier d'Aubagne ne présente pas un caractère non sérieusement contestable. Par suite, les conclusions de M. E, tendant au versement d'une provision, doivent être rejetées.

Sur la déclaration d'arrêt commun :

10. Il y a lieu de déclarer le présent arrêt commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône qui, régulièrement mis en cause dans la présente instance, n'a pas produit de mémoire.

D É C I D E :

Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de M. E, procédé à une expertise médicale confiée à un expert spécialisé en chirurgie viscérale et digestive en présence de M. E, du centre hospitalier d'Aubagne et de la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Article 2 : L'expert aura pour mission de :

1°) se faire communiquer l'entier dossier médical de M. E ;

2°) procéder à la description de l'état de santé de M. E, décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec les soins dispensés par le centre hospitalier de d'Aubagne ;

3°) décrire les conditions dans lesquelles M. E a été pris en charge dans les services du centre hospitalier d'Aubagne, notamment les examens pratiqués, les traitements entrepris et les soins reçus ; dire si les soins prodigués par cet établissement ont été attentifs, diligents, conformes aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, analyser de façon détaillée et motivée la nature des fautes médicales, de soins, dans l'organisation ou le fonctionnement du service, erreurs, imprudences, manquements aux précautions nécessaires, négligences, maladresses ou autres défaillances afin d'éclairer le tribunal sur l'engagement, éventuel, de la responsabilité du centre hospitalier d'Aubagne ; à cet égard, de préciser tout particulièrement si le protocole de soins appliqué à M. E lors l'intervention du 26 mars 2018 était adapté à son état de santé, si le chirurgien a correctement évalué l'état de M. E et effectué les soins requis ; dire si M. E a été victime d'un accident médical ;

4°) dans l'hypothèse où des manquements du service hospitalier mis en cause seraient relevés, indiquer précisément les séquelles en relation directe et exclusive avec chacun de ces manquements ; déterminer, dans le cas où ces manquements ne seraient pas la cause directe des préjudices subis mais auraient fait perdre à M. E des chances de les éviter, l'importance de cette perte de chance, en pourcentage, et préciser, notamment, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, la date de consolidation, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de M. E, notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel, et de décrire l'ensemble des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux, notamment les souffrances endurées, subis par M. E du seul fait desdits manquements ;

5°) dans l'hypothèse où M. E aurait été victime d'un accident médical, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur l'importance des préjudices éventuellement subis par M. E, notamment ceux propres à justifier une indemnisation, ainsi que toute information utile à la solution du litige.

Article 3 : L'expert sera désigné par le président de la Cour. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 4 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.

Article 5 : Les conclusions de M. E tendant à ce que le centre hospitalier d'Aubagne soit condamné à lui verser une provision sont rejetées.

Article 6 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent arrêt, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 7 : Le présent arrêt est déclaré commun à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Article 8 : Le présent arrêt sera notifié à M. A E, au centre hospitalier d'Aubagne et à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au docteur B, expert médical.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024 où siégeaient :

- Mme Fedi, présidente de chambre,

- Mme Rigaud, présidente-assesseure,

- M. Mahmouti, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

J. MAHMOUTILa présidente,

signé

C. FEDILa greffière,

signé

M. D

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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