lundi 1 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Marseille |
| Section | Cour administrative d'appel de Marseille |
| N° Dossier | CAA13-24MA00412 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Par un jugement n° 2004709 du 17 mai 2022, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B A et a enjoint à cette même autorité de procéder au réexamen de cette demande dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.
M. B A a demandé au tribunal administratif de Nice, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'assurer l'exécution de ce jugement.
Par une ordonnance du 22 juin 2023, la présidente du tribunal administratif de Nice a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 2004709 du 17 mai 2022.
Par un jugement n° 2303015 du 18 janvier 2024, le tribunal administratif de Nice a jugé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur cette demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 21 février 2024, M. A, représenté par Me Carrez, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler la décision implicite du 23 août 2020 par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer ce titre de séjour dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les dépens.
Il soutient que :
- le caractère contradictoire de l'instruction a été méconnu, dès lors que l'arrêté du 2 septembre 2022 dont le tribunal administratif a jugé que l'édiction privait d'objet sa demande, ne lui a pas été communiqué ;
- le refus de séjour qui lui a été opposé est illégal, en l'absence de communication des motifs de la décision implicite du préfet, en raison de la méconnaissance de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du fait d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Renaud Thielé, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Par le jugement attaqué, dont M. A relève appel, le tribunal administratif, statuant sur une demande de M. A tendant à l'exécution du jugement n° 2004709 du 17 mai 2022, a jugé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur cette demande d'exécution, compte tenu du fait que, réexaminant la demande de l'intéressé, le préfet des Alpes-Maritimes avait, par arrêté du 2 septembre 2022, prononcé une nouvelle décision de refus de séjour.
2. Il ne ressort pas de la fiche d'instruction, ni des autres pièces du dossier de première instance, que les observations en défense présentées par le préfet des Alpes-Maritimes le 18 décembre 2023, après la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience publique du 21 décembre 2023, auraient été communiquées à M. A. Rien n'indique, par ailleurs, qu'il aurait pu avoir connaissance de l'existence de l'arrêté du 2 septembre 2022. Dans ces conditions, les premiers juges ont, en se fondant sur cet arrêté pour rejeter la demande de M. A, méconnu le caractère contradictoire de la procédure.
3. Il y a donc lieu pour la Cour d'annuler ce jugement pour irrégularité et d'évoquer le litige pour y statuer immédiatement.
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Alpes-Maritimes, déférant à l'injonction prononcée par le jugement du tribunal administratif, a statué à nouveau sur la demande d'admission au séjour de M. A, qu'il a rejetée par un arrêté du 2 septembre 2022. Le préfet produit par ailleurs une fiche de suivi des services postaux attestant que cet arrêté a été notifié à l'intéressé par pli présenté le 6 septembre 2022 et qui, n'ayant pas été retiré par l'intéressé pendant la mise en instance au bureau de poste, est réputé avoir été régulièrement notifié à cette date. Il en résulte qu'à la date du 5 décembre 2022, à laquelle M. A a présenté sa demande d'exécution du jugement, ce dernier avait été entièrement exécuté. A cet égard, il n'appartient pas au juge de l'exécution d'apprécier la légalité du refus de séjour opposé par le préfet à l'intéressé.
5. Il résulte de ce qui précède que les demandes de M. A aux fins d'exécution du jugement et d'annulation du refus de séjour, ainsi que, par voie de conséquence, ses demandes à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Le jugement n° 2303015 du 18 janvier 2024 du tribunal administratif de Nice est annulé.
Article 2 : Les demandes dont M. A a saisi le tribunal administratif de Nice, ainsi que le surplus de ses conclusions d'appel, sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, où siégeaient :
- M. Alexandre Badie, président,
- M. Renaud Thielé, président assesseur,
- Mme Isabelle Gougot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er juillet 2024. 2
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026